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Vision sacramentelle

  • Chemin de croix avec Eric Gill

    Typographe, artiste, fondateur de la communauté d'artistes de Ditchling, membre du courant distributiste, l'anglais Eric Gill a réalisé plusieurs chemins de croix. On trouvera ci-dessous la reproduction de gravures sur bois qui expriment la Passion du Christ, à méditer en ce vendredi saint. 

     

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    I – Jésus est condamné à mort

     

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    II– Jésus est chargé de sa croix

     

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    III– Jésus tombe sous le poids de la croix

     

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    IV– Jésus rencontre sa très sainte mère

     

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    V– Simon le Cyrénéen aide Jésus à porter sa croix

     

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    VI– Une femme pieuse essuie le visage de Jésus

     

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    VII– Jésus tombe pour la seconde fois

     

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    VIII– Jésus console les filles d'Israël

     

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    IX– Jésus tombe pour la troisième fois

     

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    X– Jésus est dépouillé de ses vêtements

     

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    XI– Jésus est cloué à la croix

     

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    XII– Jésus meurt sur la croix

     

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    XIII– Jésus est descendu de la croix et remis à sa mère

     

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    XIV– Jésus est mis au tombeau.

     

    L'œuvre et la pensée d'Eric Gill sont intéressantes. Ce n'est pas le cas, malheureusement, de son comportement moral. Sur Eric Gill, voir ici et là. 

  • Les Rogations

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    Même si la sainte dévotion des Rogations est tombée en désuétude, il apparaît important de se souvenir de ces jours prévus par la liturgie de l’Église pour prier pour le pardon de nos péchés ainsi que pour les fruits de la terre, et notamment de la moisson.
    Les trois jours des Rogations montrent de manière évidente les liens entre le Ciel et la Terre, Caelum et Terra.
    À notre époque où les questions d’environnement, d’écologie, de protection de la nature – et au sein de cette nature, la protection de l’homme, du début de la vie à sa fin naturelle – prennent tant de relief, on voit combien il a été important que l’on ne supprime pas ces jours de prières comme il l’avait été envisagé lors de la réforme du calendrier liturgique et sous prétexte que le monde moderne ne vivait plus au rythme de la nature, au rythme de la vie paysanne, au rythme de la succession des saisons.
    C’est, hélas, vrai ! Et nous en voyons le résultat. En se détournant du cycle naturel de la vie, l’homme a perdu le sens de Dieu.
    En revanche, en confiant la moisson à Dieu par la prière, l’homme se reconnaissait dépendant de Dieu et, d’une certaine manière, dépendant de la nature, même s’il devait la gérer.
    Les Rogations, temps de prière et de pénitence, n’ont rien perdu de leur nécessité. Ces jours retrouvent même toute leur importance. Prions pour le pardon de nos péchés ; prions pour que la moisson soit abondante et que la nature soit respectée, car elle est œuvre de Dieu. Prions pour que l'homme respecte la nature, œuvre de Dieu et réapprenne à travailler sainement la terre.

    Dans son Année liturgique, Dom Guéranger cite cette vieille prière gallicane qui donne bien le sens de ces trois jours :
    « Ils sont à vous, Seigneur, ces aliments dont chaque jour nous nous servons pour soutenir nos forces ; ils sont à vous aussi, les jeûnes par lesquels nous contenons, pour vous obéir, nos sens entraînés par le désir d'être satisfaits. C'est vous qui, pour notre consolation, avez réglé l'ordre des temps, en sorte que nos corps eussent à attendre une réfection sobre destinée à les nourrir, dans la saison où il est opportun de le faire, et que, en d'autres temps, le devoir du jeûne les châtiât, et fît d'eux un hommage à votre justice. Daignez recevoir aujourd'hui et sanctifier l'hostie que nous vous offrons pour accompagner la sévérité de ce jeûne de trois jouis, et accordez-nous la grâce de sentir en notre âme le penchant au mal s'apaiser, en même temps que nous retirons à nos corps les satisfactions ordinaires. Par Jésus-Christ notre Seigneur. Amen. »
    En peu de mots, tout est dit. Notre nourriture, par le biais de la nature, nous vient de Dieu. Le cycle des saisons est un don de Dieu. Et nous sommes invités à jeûner en une saison où il est à la fois plus facile et nécessaire de le faire.

    Si la première fin des trois jours des Rogations est d’obtenir le pardon de Dieu pour nos péchés, Dom Guéranger, dans L’Année liturgique, insiste aussi dans un texte très actuel sur les fruits de la terre :
    « Une autre fin des Rogations est d'attirer la bénédiction de Dieu sur les moissons et les fruits de la terre ; c'est la demande du pain quotidien qu'il s'agit de présenter solennellement à la majesté divine. « Tous les êtres, dit le Psalmiste, élèvent avec espoir leurs yeux vers vous, Seigneur, et vous leur donnez leur nourriture en la saison convenable ; vous ouvrez la main, et vous répandez votre bénédiction sur tout ce qui respire (Psalm. CXLIV.). » Appuyée sur ces touchantes paroles, la sainte Eglise supplie le Seigneur de donner, cette année encore, aux habitants de la terre la nourriture dont ils ont besoin. Elle confesse qu'ils en sont indignes par leurs offenses ; reconnaissons avec elle les droits de la divine justice sur nous, et conjurons-la de se laisser vaincre par la miséricorde. Les fléaux qui pourraient arrêter tout court les espérances orgueilleuses de l'homme sont dans la main de Dieu ; il ne lui en coûterait pas un effort pour anéantir tant de belles spéculations : un dérangement dans l'atmosphère suffirait pour mettre les peuples aux abois. La science économique a beau faire : bon gré, mal gré, il lui faut compter avec Dieu. Elle parle de lui rarement; il semble consentir à se voir oublié; mais « il ne dort pas, celui qui garde Israël (Psalm. CXX.). » Qu'il retienne sa main bienfaisante, et nos travaux agricoles, dont nous sommes si fiers, nos cultures, à l'aide desquelles nous nous vantons d'avoir rendu la famine impossible, sont aussitôt frappés de stérilité. Une maladie dont la source demeurera inconnue fondra tout à coup, nous l'avons vu, sur les produits de la terre ; et ce serait assez pour affamer les peuples, assez pour amener les plus terribles perturbations dans un ordre social qui s'est affranchi de la loi chrétienne, et n'a plus d'autre raison de tenir debout que la compassion divine.

    Et cependant, si le Seigneur daigne cette année encore octroyer fécondité et protection aux moissons que nos mains ont semées, il sera vrai de dire qu'il aura donné la nourriture à ceux qui l'oublient, à ceux qui le blasphèment, comme à ceux qui pensent à lui et l'honorent. Les aveugles et les pervers, abusant de cette longanimité, en profiteront pour proclamer toujours plus haut l'inviolabilité des lois de la nature; Dieu se taira encore, et il les nourrira. Pourquoi donc n'éclate-t-il pas ? pourquoi contient-il son indignation ? C'est que son Eglise a prié, c'est qu'il a reconnu sur la terre les dix justes (Gen. XVIII, 32.), c'est-à-dire le contingent si faible dont il se contente dans son adorable bonté. Il laissera donc parler et écrire ces savants économistes qu'il lui serait si aisé de confondre. Grâce à cette patience, il adviendra que plusieurs se lasseront de courir ainsi les voies de l'absurde ; une circonstance inattendue leur dessillera les yeux, et un jour ils croiront et prieront avec nous. D'autres s'enfonceront toujours plus avant dans leurs ténèbres ; ils défieront la justice divine jusqu'à la fin, et mériteront que s'accomplisse sur eux ce terrible oracle : « Le Seigneur a fait toutes choses pour lui-même, et l'impie pour le jour mauvais (Prov. XVI, 4.). »

    Pour nous qui nous faisons gloire de la simplicité de notre foi, qui attendons tout de Dieu et rien de nous-mêmes , qui nous reconnaissons pécheurs et indignes de ses dons, nous implorerons, durant ces trois jours, le pain de sa pitié, et nous dirons avec la sainte Eglise: « Daignez donner et conserver les fruits de la terre : Seigneur, nous vous en supplions, exaucez-nous ! » Qu'il daigne exaucer cette fois encore le cri de notre détresse ! Dans un an nous reviendrons lui adresser la même demande. Marchant sous l'étendard de la croix, nous parcourrons encore les mêmes sentiers, faisant retentir les airs des mêmes Litanies, et notre confiance se fortifiera de plus en plus, à la pensée que, par toute la chrétienté, la sainte Eglise conduit ses enfants dans cette marche aussi solennelle qu'elle est suppliante. Depuis quatorze siècles, le Seigneur est accoutumé à recevoir les vœux de ses fidèles à cette époque de l'année; nous ne voudrons plus désormais atténuer les hommages qui lui sont dus, et nous ferons nos efforts pour suppléer, par l'ardeur de nos prières, à l'indifférence et à la mollesse qui s'unissent trop souvent, pour faire disparaître de nos moeurs tant de signes de catholicité qui furent chers à nos pères ».



    Documents :

    SERMON_DE_SAINT_BERNARD_P.doc

    Le_sens_des_Rogations_sel.doc

    Prieres_des_Rogations.doc

  • Contre l'écologisme, caelum et terra

    D’après les sites E-deo (ici) et le Salon Beige (là), le candidat de CPNT, Frédéric Nihous, qui se présente comme le véritable écologiste et le véritable défenseur de la ruralité, ne serait pas choqué par l’avortement et le pseudo « mariage » homosexuel.
    Il se vérifie une fois encore, à travers cet exemple, que la véritable défense de la nature et de la ruralité, ne peut se concevoir en dehors d’un cadre chrétien, dans une vision où l’homme est au centre de la Création, parce que conçu à l’image et à la ressemblance de Dieu et que son rôle dans la gestion de la Création en découle, en commençant par le respect de sa propre nature.
     
    Jean-Paul II l’a dit clairement dans Centesimus annus :
    "En dehors de la destruction irrationnelle du milieu naturel, il faut rappeler ici la destruction encore plus grave du milieu humain, à laquelle on est cependant loin d'accorder l'attention voulue. Alors que l'on se préoccupe à juste titre, même si on est bien loin de ce qui serait nécessaire, de sauvegarder les habitats naturels des différentes espèces animales menacées d'extinction, parce qu'on se rend compte que chacune d'elles apporte sa contribution particulière à l'équilibre général de la terre, on s'engage trop peu dans la sauvegarde des conditions morales d'une « écologie humaine » authentique. Non seulement la terre a été donnée par Dieu à l'homme qui doit en faire usage dans le respect de l'intention primitive, bonne, dans laquelle elle a été donnée, mais l'homme, lui aussi, est donné par Dieu à lui-même et il doit donc respecter la structure naturelle et morale dont il a été doté."
     
    Dans Sacramentum caritatis, Benoît XVI précise :
    « La terre n'est pas une réalité neutre, une simple matière à utiliser indifféremment selon l'instinct humain. Elle se place au cœur même du bon dessein de Dieu, par lequel nous sommes tous appelés à être fils et filles dans l'unique Fils de Dieu, Jésus Christ (cf. Ep 1, 4-12). Les légitimes préoccupations concernant les conditions écologiques de la création en de nombreuses parties du monde trouvent des points d'appui dans la perspective de l'espérance chrétienne, qui nous engage à œuvrer de manière responsable pour la sauvegarde de la création. »
     
    Il ajoute  dans le même texte :
    « Il est important de relever ce que les Pères synodaux ont appelé cohérence eucharistique, à laquelle notre existence est objectivement appelée. En effet, le culte agréable à Dieu n'est jamais un acte purement privé, sans conséquence sur nos relations sociales: il requiert un témoignage public de notre foi. Évidemment, cela vaut pour tous les baptisés, mais s'impose avec une exigence particulière pour ceux qui, par la position sociale ou politique qu'ils occupent, doivent prendre des décisions concernant les valeurs fondamentales, comme le respect et la défense de la vie humaine, de sa conception à sa fin naturelle, comme la famille fondée sur le mariage entre homme et femme, la liberté d'éducation des enfants et la promotion du bien commun sous toutes ses formes. Ces valeurs ne sont pas négociables. Par conséquent, les hommes politiques et les législateurs catholiques, conscients de leur grave responsabilité sociale, doivent se sentir particulièrement interpellés par leur conscience, justement formée, pour présenter et soutenir des lois inspirées par les valeurs fondées sur la nature humaine. »
     
    Contre l’écologisme et la fausse défense de la ruralité, gardons comme critères de discernement, ces valeurs non négociables présentées et répétées par le pape. Il faut tout tenir. La terre, mais aussi le Ciel. Caelum et terra.