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  • La feuille de route de Benoît XVI

    Extrait du discours de Benoît XVI devant la curie romaine le 22 décembre dernier. Le Pape aborde des thèmes que nous avons souvent abordés ici, en leur donnant toute leur cohérence.

     

    Dans la foi envers la création se trouve le fondement ultime de notre responsabilité envers la terre. Celle-ci n'est pas simplement notre propriété, que nous pouvons exploiter selon nos intérêts et nos désirs. Elle est plutôt un don du Créateur qui en a dessiné les structures intrinsèques et qui nous a donné les signes d'orientation que nous devons suivre comme administrateurs de sa création. Le fait que la terre, l'univers, reflètent l'Esprit créateur, signifie également que leurs structures rationnelles qui, au-delà de l'ordre mathématique, deviennent presque palpables dans l'expérimentation, contiennent en elles-mêmes également une orientation éthique. L'Esprit qui les a façonnés, est plus que mathématique - c'est le Bien en personne qui, à travers le langage de la création, nous indique la route de la voie juste.

    Etant donné que la foi dans le Créateur est une partie essentielle du Credo chrétien, l'Eglise ne peut pas et ne doit pas se limiter à transmettre uniquement le message du salut à ses fidèles. Celle-ci a une responsabilité à l'égard de la création et doit faire valoir cette responsabilité également en public. Et en le faisant, elle ne doit pas seulement défendre la terre, l'eau et l'air comme des dons de la création appartenant à tous. Elle doit également protéger l'homme contre la destruction de lui-même. Il est nécessaire qu'il existe quelque chose comme une écologie de l'homme, comprise de manière juste. Il ne s'agit pas d'une métaphysique dépassée, si l'Eglise parle de la nature de l'être humain comme homme et femme et demande que cet ordre de la création soit respecté. Ici, il s'agit de fait de la foi dans le Créateur et de l'écoute du langage de la création, dont le mépris serait une autodestruction de l'homme et donc une destruction de l'œuvre de Dieu lui-même. Ce qu'on exprime souvent et ce qu'on entend par le terme « gender », se résout en définitive dans l'auto émancipation de l'homme par rapport à la création et au Créateur. L'homme veut se construire tout seul et décider toujours et exclusivement seul de ce qui le concerne. Mais de cette manière, il vit contre la vérité, il vit contre l'Esprit créateur. Les forêts tropicales méritent, en effet, notre protection, mais l'homme ne la mérite pas moins en tant que créature, dans laquelle est inscrit un message qui ne signifie pas la contradiction de notre liberté, mais sa condition. De grands théologiens de la Scolastique ont qualifié le mariage, c'est-à-dire le lien pour toute la vie entre un homme et une femme, de sacrement de la création, que le Créateur lui-même a institué et que le Christ - sans modifier le message de la création - a ensuite accueilli dans l'histoire du salut comme sacrement de la nouvelle alliance. Le témoignage en faveur de l'Esprit créateur présent dans la nature dans son ensemble et de manière particulière dans la nature de l'homme, créé à l'image de Dieu, fait partie de l'annonce que l'Eglise doit apporter. Il faudrait relire l'Encyclique Humanae vitae à partir de cette perspective : l'intention du Pape Paul VI était de défendre l'amour contre la sexualité en tant que consommation, l'avenir contre la prétention exclusive du présent et la nature de l'homme contre sa manipulation.

  • Télévision : la mise en garde

    Une étude publiée lundi aux États-Unis dans le Journal of the American Medical Association's Archives of Pediatrics and Adolescent Medicine révèle qu’environ 40% des bébés de 3 mois et 90% des enfants de 2 ans regardent régulièrement la télévision. La plupart des enfants américains commenceraient à regarder le petit écran vers l'âge de 9 mois.
    Menée auprès de 1009 familles en février 2006, cette étude montre qu’à 3 mois, les bébés regardent la télévision une heure par jour en moyenne. À 2 ans, cette moyenne atteint deux heures et demie.
    Selon le principal auteur de cette étude, Frederick Zimmerman de l'Université de l'État de Washington, il est clair pourtant que regarder la télévision avant l’âge de deux ans et demi est néfaste pour le développement cérébral.
    La même revue publie également une autre étude qui porte sur les adolescents et la télévision. Cette enquête montrerait que les adolescents trop assidus au petit écran sont sujets plus que les autres à des troubles du comportement, à des difficultés d'attention et ont tendance à s'ennuyer à l'école.

    Pourquoi cette place de la télévision dans la vie des tout-petits ? Tout simplement parce qu’elle sert de garde-bébé. Un « baby-sitter » bien pratique, car jamais malade, toujours disponible, de bonne humeur et qui, surtout, n’entraîne aucun coût supplémentaire. Pour les parents, sortir (qui est parfois bien nécessaire pour bien s’occuper ensuite de ses enfants) entraîne des frais. Dont la charge de la garde d’enfants. La télévision est un recours facile. C’est pourquoi 21 % des parents américains avouent confier leurs enfants âgés de deux à vingt-quatre mois au petit écran.

    La France n’est pas en reste. En moyenne, un adulte passe trois heures vingt-six minutes devant l’écran. Les enfants passent en moyenne 2 heures et 6 minutes devant la télévision chaque jour entre 4 et 14 ans (chiffres 2006, selon les données de Médiamétrie).

    Selon un article du Dr Aric Sigman paru dans la revue scientifique Biologist (février 2007) et reposant sur l’analyse de trente-cinq études scientifiques publiées à ce sujet, plusieurs effets indésirables de la télévision ont été recensés, faisant du petit écran « le plus grand scandale sanitaire méconnu de notre temps ». D’autant plus scandaleux qu’il touche des enfants et des adolescents et qu’il est lié également à de gros intérêts financiers.

    Parmi les effets indésirables de la télévision relevé par le docteur Aric Sigman :

    - Obésité liée au manque d'exercice physique
    - Dérèglement hormonal
    - Système immunitaire diminué
    - Puberté plus précoce
    - Troubles du sommeil
    - Autisme à cause du manque d'interaction sociale
    - Problèmes de concentration
    - Hausse du risque de diabète de type 2
    - Manque de concentration
    - Difficultés à lire à cause du manque de stimulation intellectuelle
    - Hausse du cholestérol liée à l'inactivité
    - Métabolisme ralenti par la position assise ou allongée
    - Problèmes de vue à force de fixer l'écran
    - Augmentation du risque de maladie d'Alzheimer


    Face à ce problème, que faire ?

    – Renoncer progressivement à la télévision pour soi-même, ou, en tous, les cas, s’imposer une véritable ascèse. Progressivement, veut dire qu’à terme on accepte de ne plus la voir, sauf dans des cas très précis et bien encadré. S’imposer, au moins un jour bien précis, le « jeûne » télévisuel proposé par le pape Jean-Paul II: « Dans combien de familles le téléviseur semble remplacer le dialogue. Un certain ‘jeûne’, dans ce domaine aussi, peut être salutaire, soit pour consacrer davantage de temps à la réflexion et à la prière, soit pour cultiver les rapports humains » (10 mars 1996).
    – En renonçant, remplacer. En profiter pour renouer avec des amis, organiser des soirées de détente (jeux de société, lecture à voix haute, musique, etc.…). La télévision habituellement éloigne des autres. En profiter pour recréer ce qu’on appelle aujourd’hui du lien social et d’abord du lien familial.
    – Préférer la sortie au cinéma, malgré la dépense, à la télévision.
    – Préférer la lecture, accessible à tous (bibliothèque) et si possible le jardin qui détend et entretien la forme physique.
    – En profiter pour prier : prière en famille, chapelet, récitation de l'Office, etc.
    – Pour les parents, décider en commun de ne plus jamais confier son enfant à la télévision. Se retrouver entre époux est nécessaire, donc sacrifier autre chose pour pouvoir payer la garde d’enfant (soit en monnaie, soit par un système d’échange de service ou de bien). La santé de l’enfant d’abord. Lui donner le goût de la lecture très tôt. Un enfant qui lit est un enfant heureux. Son imagination est active et non pas passive comme devant une scène de télévision.
    – Il existe certainement mille autres idées pour sortir de cette véritable « dépendance » et retrouver une vraie liberté physique et morale.



    Documents (non exhaustif) :

    Discours de Benoît XVI aux participants de l’Assemblée plénière du Conseil pontifical pour les communications sociales (9 mars 2007).[ici]
     
    Message de Benoît XVI pour la 41ème Journée mondiale des Communications sociales. []
     
    Télévision et style de vie : extrait de l’encyclique de Jean-Paul II, Familiaris consortio. [Television_et_style_de_vie.doc)

    Méditation du Père Raniero Cantalamessa OFM Cap, prédicateur de la Maison pontificale [Cantalamessa_.doc]

  • L'hypothèse Benoît XVI

    Les actes du dernier colloque des juristes catholiques consacré à Loi Naturelle et loi civile viennent d'être publiés aux éditions Pierre Téqui. Outre celle de Joël-Benoît d'Onorio, on peut y lire les interventions du cardinal Grocholewski, Rémi Brague, Marie-Pauline Deswarte, Alain Sériaux, Jean-Baptiste Donnier et Francesco d'Agostino. 

    Professeur à la Faculté de Droit d'Aix-en-Provence, Jean-Baptiste Donnier s'interroge sur "Les droits de l'homme, renouveau de la loi naturelle ?". Il présente, à un moment de son intervention, sous le titre L'hypothèse Benoît XVI, la question du lien entre l'existence de Dieu et la possibilité de formuler des valeurs communes.

    " Dans un discours prononcé devant le clergé du diocèse d'Aoste le 25 juillet 2005, le pape Benoît XVI s'est livré à une réflexion d'une importance capitale. Après avoir rappelé qu'à 'l'époque où la foi était divisé entre catholiques et protestants, on pensa qu'il fallait conserver les valeurs morales communes en leur donnant un fondement suffisant (…) de façon à ce qu'elles existent “etsi Deus non daretur”, le pape constante qu'aujourd'hui “la situation est inversée”, car “les valeurs morales ne sont plus évidentes”; elles “ne deviennent évidentes que si Dieu existe”.
    La tentative de fonder des droits naturels de l'homme sur l'hypothèse de l'inexistence de Dieu a échoué. D'où la suggestion du Saint-Père, adressée aux représentants de l'agnosticisme contemporain, de réfléchir sur le point de savoir si, “pour eux”, ce n'est pas le contraire de l'hypothèse de Grotius (1) qui devient valable aujourd'hui pour fonder une morale commune et des droits naturels de l'homme dotés d'une véritable consistance.
    Et Benoît XVi de conclure : “nous devons vivre 'quasi Deus daretur’, même si nous n'avons pas la force de croire, nous devons vivre sur cette hypothèse, autrement, le monde ne fonctionne pas”. 

    Cette contribution du professeur Donnier me semble capitale et fait bien ressortir l'apport exemplaire et important de Benoît XVI à notre temps. Sa lutte contre le relativisme ne consiste pas seulement en une dénonciation, mais s'épanouit en un rappel du fondement de toute chose qu'est Dieu, nécessaire pour fonder les droits humains (on se souvient du message de Puebla de Jean-Paul II allant dans le même sens) mais aussi notre manière de vivre.

    Autrement dit :

    Pas de droits de l'homme sans droits de Dieu.

    Pas de discours chrétien sans une incarnation du message chrétien.

     

    1) L'hypothèse de Grotius consiste à émettre l'hypothèse de l'inexistence de Dieu pour fonder les droits de l'homme et les valeurs communes aux croyants et aux non croyants. Reprenant l'offensive, et s'appuyant sur le désastre humain né de cette hyptohèse fondatrice de la modernité, Benoît XVI propose à l'agnosticisme honnête de renverser l'hypothèse et de poser désormais l'axiome que Dieu existe.