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mode de vie

  • Caelum et terra

    Je dois à l’amitié de ceux qui prennent le temps de lire ce blogue quelques explications. J’avais annoncé dans un post précédent (ici) que j’indiquerais la manière dont je comptais désormais utiliser cet outil.
    La campagne électorale, et surtout le débat entre catholiques sur la question des « points non-négociables », l’attitude à adopter pour le second tour des présidentielles, le jugement prudentiel à avoir, ont laissé de côté cette présentation.

    Je profite donc de l’accalmie électorale pour présenter ces précisions.

    1°) Caelum et Terra n’est pas un blogue d’actualité et d’informations. À ceux qui en cherchent, j’en recommande (au moins) deux  (voir aussi la liste ci-contre): – le Salon Beige ()
    – et le blogue personnel de Patrice de Plunkett (ici).
    Le passé ne nous a pas toujours vus d’accord mais Patrice de Plunkett propose sur son blogue une analyse de l’information à partir d’au moins deux éléments que je partage : la cohérence de l’agir catholique et le refus du néo-libéralisme.

    2°) Caelum et Terra se voudrait un très modeste lieu de réflexion sur la cohérence catholique, entre notre foi et nos modes de vie en situation de sécularisation, de société moralement pluraliste et de consommation. De ce fait, Caelum et Terra réfléchit et espère recevoir des témoignages et réflexions sur une certaine forme de dissidence, qui ne ressemble en rien à un exil (ni intérieur, ni extérieur), ni à une fuite, ni à une démission. Plutôt à quelque chose à trouver, qui ressemble, peut-être de loin, en tous les cas forcément de manière différente puisque les situations sont autres, aux exigences et aux formes d’action mises en place, en leurs temps, dans les situations historiques de l’époque, par les dissidents de l’Europe de l’Est et de Russie. Sans jouer, bien sûr, aux martyrs ou aux persécutés. Sans se voiler la face non plus sur les difficultés et les entraves. En essayant, surtout, de garder au cœur et à l’âme, la joie chrétienne.

    3°) Le constat de plusieurs mois de fonctionnement de Caelum et Terra est que l’on abandonne facilement, par la tentation propre à Internet, l’essentiel pour l’accessoire. Dès qu’un avis contraire ou complémentaire se présente, la tentation est de rétorquer. Immédiatement. Sans recul. Pour jouer le jeu, parfois nécessaire d’ailleurs, du lien avec le lecteur, et le jeu, jamais important, de « l’audimat » du blogue. Lancer une polémique sur votre blogue et vous êtes sûr de faire grimper vos statistiques de fréquentation.
    Soljenitsyne, naguère, a analysé ce fait, à une autre échelle (plus grave), dans des circonstances plus importantes :
    « L’étouffement général de la pensée aboutit non à son interruption, mais à sa déformation, à la non-information, au dialogue de sourds entre compatriotes et contemporains. (…) Nous voyons aujourd’hui s’ériger en juges des voix venues de l’extérieur et qui prononcent de prime-saut, et sans contradicteur, des jugements irresponsables et arbitraires sur notre propre histoire et sur l’avenir de notre peuple. Nous commençons à leur rétorquer et nous voici donc embourbés dans la polémique, lâchant peut-être l’essentiel pour le fortuit. » (Préface à Des voix sous les décombres, Seuil, 1974).

    4°) Pour aller vers un retour à l’essentiel, du moins pour le tenter, Caelum et Terra proposera habituellement un texte de réflexion par semaine (normalement, en fin de semaine) sans s’interdire, cependant, de temps en temps, de donner des informations de manière plus fréquente, selon les nécessités.

    5°) Dans Des voix sous les décombres, Soljenitsyne écrit les phrases suivantes, à adapter, bien sûr, à notre monde et à l’état de notre société, mais dont l’orientation fondamentale est à prendre en compte :
    « Ce qui différencie absolument notre système actuel de ses prédécesseurs, c’est qu’en plus des contraintes physiques et économiques, il exige de nous une complète reddition de l’âme : une participation active et constante au MENSONGE général, bien connu de tous. Cette corruption de l’âme, cet asservissement spirituel, aucun homme ne peut l’admettre tant qu’il désire être homme.
    Quand César nous a déjà pris ce qui revient à César et plus instamment encore exige de nous ce qui revient à Dieu – malheur à nous si nous lui cédons !
    La part essentielle de notre liberté est intérieure, elle dépend de notre volonté. Si nous la cédons nous-mêmes à la corruption – nous n’avons plus le nom d’homme.
    Encore une remarque : dans la mesure où le devoir impératif ne s’identifie pas à une libération politique mais à la libération de notre âme, à son affranchissement du mensonge imposé, il n’exige de nous ni effort physique, ni initiatives révolutionnaires, sociales ou organisationnelles, ni meetings, ni grèves, ni unions, toutes choses dont la seule pensée nous épouvante et qu’il est naturel de refuser en alléguant les conditions actuelles. Non, non ! Il consiste seulement à franchir un pas moral qui est à la portée de chaque homme. Et personne ne pourra se disculper devant les vivants, ni devant ses descendants, ni devant ses amis, ni devant ses enfants s’il a volontairement assumé le rôle de chien courant du mensonge ou si même il a servi de support au mensonge.
    N’accusons que nous-mêmes ; tous les pamphlets anonymes, les programmes, les déclarations ne valent pas un liard. Si nous sommes, chacun individuellement, dans la fange et le fumier, c’est par notre PROPRE VOLONTÉ, et jamais aucune fange ne s’est purifiée en se mêlant à la fange du voisin. »
    (page 32).