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libéralisme

  • À propos de résister au libéralisme


    Image 1.pngÀ ceux qui par hasard, par aventure, par curiosité ou par fidélité, viendraient se promener sur ce blogue, je voudrais en reprenant contact parler d'un ouvrage que je lis actuellement. Son titre : Résister au libéralisme, les penseurs de la communauté. Son auteur ? François Huguenin, auquel on doit déjà plusieurs ouvrages d'exploration des idées politiques françaises. Cet ouvrage est publié aux éditions du CNRS.

    Il aborde, on s'en doute, plusieurs thèmes déjà évoqués sur ce blogue et notamment il touche à la querelle du communautarisme. Face aux penseurs du libéralisme, François Huguenin a réalisé avec ce livre une synthèse passionnante de la critique non marxiste qui s'est faite jour, principalement outre-Atlantique, à travers principalement les penseurs dits « communautariens ». Le livre est donc un état des lieux, une exploration et une mise en perspective de ces penseurs dans une tentative de situer les termes du débat intellectuel. À ce titre, il complète le livre de Denis Sureau, Pour une nouvelle théologie politique, autour de Radical Orthodoxy (Parole et Silence).

    De Radical Orthodoxy, il en est question dans l'ouvrage de François Huguenin, mais pas seulement. Il part en fait de la présentation de la pensée de John Rawls, qui a renouvelé l'approche du libéralisme politique, comme refus de l'utilitarisme et comme affirmation de la priorité du juste sur le bien. C'est principalement à partir de là - même s'il présente également la pensée libertarienne (Robert Nozick) que François Huguenin fait entrer en scène les très divers penseurs qui ont tenté de « penser la communauté » en réponse au libéralisme. On prend ainsi connaissance de Michael Sandel, de MacIntyre, de Charles Taylor, d'Hauerwas, de Cavanaugh, de Milbank, des penseurs du « républicanisme », mais aussi des réponses libérales à ces pensées de la communauté. Chemin faisant, l'auteur nous conduit aussi sur le plan théologique, en bifurquant très adroitement vers Joseph Ratzinger, le débat sur le surnaturel et la pensée lubacienne et la position de la loi naturelle chez saint Thomas d'Aquin.

    N'ayant pas encore fini l'ouvrage, je m'en voudrais de tirer une conclusion trop rapide. Pour l'heure, je dirais que cette étude est claire, passionnante sur bien des plans et qu'elle rehausse le niveau du débat sur le communautarisme tel qu'il a eu lieu (par exemple) sur ce blogue. Il n'est pas sans défaut non plus. Je reprocherais à François Huguenin l'usage de quelques qualificatifs... disqualifiants justement. Quand il aborde la querelle du surnaturel pourquoi qualifier les opposants à Lubac de tenants d'un thomisme conservateur.  Ces derniers ne se seraient pas reconnus dans cette terminologie au fond plus « mondaine » que théologique. Dire qu'il a fallu attendre 2009 et la thèse de Guillaume de Tanoüarn pour parler de Cajetan revient à donner beaucoup de droit à l'amitié au détriment de la vérité.  Ainsi c'est faire peu de cas des travaux sur Cajetan du Père dominicain Charles Morerod, aujourd'hui secrétaire de la Commission théologique internationale (CTI), doyen de la Faculté de Philosophie de l'Université pontificale Saint-Tomas d'Aquin (Angelicum) à Rome et professeur de théologie dogmatique. Affirmer, sans démonstration et par le seul recours à l'argument d'autorité qui consiste à invoquer les travaux du Père Sesboüé que la formule « hors de l'Église point de salut » est revenue « dans la tradition catholique, avec Vatican II à une interprétation plus en adéquation avec la pensée patristique », est un peu rapide. Discuter Rawls sur ce point ne méritait assurément pas cette mention qui n'apporte rien à la position débattue et qui ne démontre rien.

    On le voit, il s'agit de points minimes. J'attends de lire la conclusion du livre, plus personnelle je pense, pour en dire davantage. En attendant, que les visiteurs de passage n'hésitent pas à lire ce livre. Il en vaut la peine.


  • Le marché sur le divan

    1802380232.jpgDécidément, le monde de la suprématie économique a du mal à passer. De tout bord ou presque, l’univers néolibéral ne cesse d’être ausculté, analysé, critiqué alors que son hégémonie s’affiche chaque jour davantage sans complexe. Un peu comme s’il y avait une vie rêvée ou, plus exactement, espérée – un monde non soumis à la loi marchande – et une vie réelle, dans laquelle s’insèrent les hommes, souvent malgré eux. Dernière critique en date : l’approche psychanalytique ou le « sacro-saint » marché mis sur le divan. Ne bondissons pas trop vite en récusant d’emblée cette approche. Certes, la psychanalyse n’est pas exempte elle-même de maux importants. Certes, il est parfois difficile de s’y retrouver dans les écoles et dans les querelles d’écoles, celles-ci pratiquant à l’envi l’excommunication. Certes, le vocabulaire employé ressemble le plus souvent à un jargon pour spécialiste, inaudible pour l’homme ordinaire. Et pourtant ! Malgré toutes ces raisons, ou plutôt à cause de toutes ces raisons, il convient de lire le dernier livre de Dany-Robert Dufour.
    Qui est l’auteur ? Au sens strict, Dany-Robert Dufour n’est pas un psychanalyste. Professeur en sciences de l’éducation à l’Université de Paris-VIII, directeur de programme au Collège international de philosophie, ses travaux l’ont porté à la jonction de la philosophie du langage, de la philosophie politique et de la psychanalyse. Il a notamment développé le concept de « néoténie » qui postule que l’homme est le seul animal qui naît inachevé d’où le développement par la culture de ce qui manque à la nature. C’est à l’aune de ce concept que Dany-Robert Dufour s’interroge sur les possibles dérives de ce processus de transformation de l’homme, notamment par le biais des techno-sciences. À ce titre, il a été amené à réfléchir sur un type fondamental de mutation, celle qui a fait passer l’homme moderne (en gros l’héritier de Kant et de Freud) à un sujet postmoderne, plus flexible et précaire et donc proie toute trouvée du néolibéralisme. Ce sujet, c’est nous ! Au passage, Dany-Robert Dufour s’en prend aux philosophes postmodernes qui par leurs critiques des institutions ont finalement préparé le terrain à une transformation profonde du capitalisme. Ce dernier, ou plutôt ce qui en a pris la place, ne trouve plus de contre-pouvoirs institutionnels face à lui et règne, de ce fait, sans partage.
    Son dernier livre, Le Divin marché, la révolution culturelle libérale (Denoël, 342 pages, 22€), poursuit dans ce sens. La thèse centrale de l’ouvrage ? Pour Dany-Robert Dufour, loin d’être sortie de la religion, la société est tombée sous la coupe d’une nouvelle religion. Celle-ci offre les remèdes, promet le bonheur et présente un rachat possible. Si elle triomphe aujourd’hui, elle repose sur un axiome qui a émergé voici trois siècles sous la plume de Bernard de Mandeville : « les vices privés font la vertu publique ». Pour faire comprendre son propos, Dany-Robert Dufour a choisi un type d’énoncé qui correspond à la fois à la thèse proposée – nous avons affaire à une religion – et à la nécessité pédagogique. D’où ce « décalogue » du Divin marché qui forme les chapitres de cet ouvrage. Quelques exemples suffiront à illustrer le ton général : « Tu te laisseras conduire par l‘égoïsme » ; « Tu utiliseras l’autre comme un moyen pour parvenir à tes fins » ; « Tu pourras vénérer toutes les idoles de ton choix pourvu que tu adores le dieu suprême, le Marché ! ». Les deux premiers exemples ici cités débouchent ainsi sur une réflexion sur l’individualisme et la disparition, souvent glauque, de deux différences fondamentales : la sexuelle et la générationnelle. L’intérêt de l’auteur, même si l’on ne partage pas, et de loin, ses présupposés, consiste à descendre dans le concret, comme dans le cas du rôle de la télévision dans le grand jeu du marché ou de la mise en place d’une famille de compensation, toute virtuelle. Les exemples pourraient être multipliés à l’envi, depuis l’école, la transformation du langage ou celle du politique.
    Au-delà des limites même de l’exercice et de l’insatisfaction qu’il entraîne parfois, il est important de saisir combien l’auteur met en relief une profonde mutation anthropologique qui conduit à un changement radical de cadre civilisateur. De ce fait, le néolibéralisme ne consiste pas seulement à une révision/adaptation du libéralisme d’antan. Il va plus loin. Il s’impose comme une nouvelle religion qui donne jour à une nouvelle civilisation et à un nouveau type d’homme.
    Le danger, cependant, ne vient pas en tant que tel de l’aspect religieux du problème, mais plutôt que cette religion n’en est pas une. Elle ne relie à rien ; elle disjoint, au contraire, en permanence. Elle ne possède aucun caractère surnaturel, mais uniquement séculier. Elle emprunte seulement à la religion ou l’utilise comme un masque.
     
     
    Le nouveau décalogue moderne selon Dany-Robert Dufour :
     
    1°) Tu te laisseras conduire par l'égoïsme !
    2°) Tu utiliseras l'autre comme un moyen pour parvenir à tes fins !
    3°) Tu pourras vénérer toutes les idoles de ton choix pourvu que tu adores le dieu suprême, le Marché !
    4°) Tu ne fabriqueras pas de Kant-à-soi visant à te soustraire de la mise en troupeau !
    5°) Tu combattras tout gouvernement et tu proneras la bonne gouvernance !
    6°) Tu offenseras tout maître en position de t'éduquer !
    7°) Tu ignoreras la grammaire et tu barberiseras le vocabulaire !
    8°) Tu violeras les lois sans te faire prendre !
    9°) Tu enfonceras indéfiniment la porte déjà ouverte par Duchamp !
    10°) Tu libéreras tes pulsions et tu chercheras une jouissance sans limite ! 

  • Yaourts Danone, sauce piquante

    Qui ne mange pas de yaourts ? À la maison, nous dégustons notre propre fabrication familiale et, au fond, nous ne nous en portons pas plus mal. Et même dans une production familiale et limitée, les variantes existent : nature, vanille, sucrée, au miel, … Apparemment, les Chinois aiment bien les yaourts, mais pas les Danone ! Associé dans une coentreprise avec cette firme, le chinois Zong Quinghou a été très clair dans une lettre ouverte adressée à Frank Riboud, l’inamovible PDG de la firme : « Respectez les Chinois et vos partenaires, sinon, le jour où vous devrez partir de Chine est proche ». Le moins qu’on puisse dire est que Zong Quinghou ne manie pas la langue de bois. Il a mis de la sauce piquante dans son yaourt.

    Pour comprendre cette réaction chinoise, il convient de revenir en arrière et de présenter les protagonistes d’un mélo-drame économique sur fond de mondialisation.

    Après la mort de Mao, la Chine a opéré une lente réorientation économique, visant à libéraliser les initiatives tout en maintenant le contrôle du parti communiste chinois. Consciente de son retard au plan technologique, la Chine a ouvert également l’économie du pays aux investisseurs étrangers, tout en prenant soin de surveiller de près cette présence étrangère et surtout en s’enrichissant en nouvelles technologies. Les points forts de la Chine : un grand marché, sinon le plus grand marché du monde. Et une main-d’œuvre abondante, disciplinée et peu chère. La parfaite équation pour les grands groupes.
    C’est dans ce cadre trop rapidement brossé que Danone s’installe en Chine. La multinationale est le numéro un mondial des produits laitiers et de l’eau en bouteille. Elle est aussi le numéro deux mondial du secteur des biscuits et des produits céréaliers. Selon une logique strictement économique, sa présence en Chine est indispensable. Marché prometteur ; ouverture sur l’Asie ; main-d’œuvre bon marché. Tous les paramètres sont réunis pour rester en tête du peloton.
    En 1996, Danone s’associe donc dans le cadre d’une coentreprise avec… Zong Quinghou, patron de Wahaha. Une nouvelle structure voit le jour : Wahaha-Danone dont la multinationale détient 51%, le gouvernement de Hangzhou, ville où est basé le groupe, 19%, le reste appartenant à Zong Quinghou. Dans le cadre de cet accord, Zong Quinghou accepte de restreindre son droit à l’utilisation de Wahaha.
    Pendant près de dix ans, tout semble aller pour le mieux dans le grand marché mondial. Au fil des ans, Wahaha-Danone devient l’une des premières entreprises agroalimentaires chinoises. Chiffre d’affaires : 1,2 milliards d’euros, soit 8,5% de ce que réalise Danone dans le monde.
    En 2005, Danone commence à s’interroger au vu des résultats qui lui parviennent de Chine. Quelque chose ne tourne pas rond. Si les ventes sont bien en hausse de 30%, la production n’augmente pas et, surtout, les investissements industriels baissent. Une enquête est discrètement menée. Son résultat est sans appel : il existe un réseau parallèle d’entreprise produisant et distribuant la marque Wahala. C’est tout ? Non ! À sa tête se trouve la propre fille de Zong Quinghou, agissant depuis les États-Unis, en accord avec son père.
    Selon Danone, le préjudice atteint 100 millions de dollars. Commence alors un véritable bras-de-fer entre Zong Quinghou et Danone. Zong Quinghou dénonce l’emprise de Danone. De son côté, la multinationale porte l’affaire devant le tribunal de Stockholm pour utilisation abusive d’une marque en contradiction avec l’accord passé en 1996. Zong Quinghou refuse d’abord ce recours, puis accepte, avant de contre-attaquer en portant l’affaire devant les tribunaux de son pays.

    Le plus intéressant ne se trouve pourtant pas là, mais dans la personnalité de Zong Quinghou et dans l’implication du pouvoir politique dans cette affaire.
    Qui est Zong Quinghou ? Selon le magazine Forbes, il représente la 23ème fortune chinoise. En gros, l’un des plus importants capitalistes chinois. Capitaliste ? Le mot détonne dans cet univers soumis à la dictature du parti communiste chinois. Le mot détonne, mais pas la réalité. Car Zong Quinghou symbolise parfaitement la réalité chinoise d’aujourd’hui. Âgé de 63 ans, il est membre du parti communiste. Par conviction ? Difficile à dire, dans un pays où la réussite sociale, politique et économique oblige à être lié au parti communiste. Non content d’être membre du parti, Zong Quinghou est également représentant à l’assemblée nationale populaire. Fort de cette position, Zong Quinghou s’est exprimé lors de la session annuelle de cette assemblée en mars dernier. Là encore, le message est clair : « Il faut réintroduire une législation plus ferme interdisant à un groupe de détenir plusieurs sociétés fortes dans un secteurs ». Comme par hasard, Danone subit depuis février les conséquences d’un contrôle sanitaire. Cinq lots de 118 000 litres d’Évian sont bloqués dans le port de Shanghai. Motif invoqué : les services sanitaires chinois ont décelé un taux anormal de bactéries. Danone tente de minimiser l’affaire en mettant en avant une différence de législation.

    Au fond, peu importe. Ni Danone, ni Zong Quinghou ne siffleront la fin de partie. Seules les autorités – à savoir le parti communiste – indiqueront quand et à quel prix une solution devra être trouvée. Elle ne sera pas forcément en faveur de Zong Quinghou, même s’il ne faut pas sous-estimer le poids du nationalisme économique. Le plus important est l’avertissement qui a été ainsi lancé, à travers l’opposition entre un homme d’affaire chinois, membre du parti et représentant officiel du peuple et une firme étrangère. Comme toujours, la doxa communiste se résume à : tout ce qui est bon pour le parti est bien; tout ce qui est contre le parti est le mal. Qui dit le bien et qui indique le mal ? Le parti. Il n'y a pas de vérité absolue. Il y a seulement les intérêts du parti.
    Pour l’heure, Zong Quinghou n’a pas été lâché par le parti alors qu’il a accumulé les fautes en bafouant l’accord passé avec Danone. Mais s’il a fauté, c’est aux yeux des règles du libéralisme économique, aux yeux des Occidentaux. Pas nécessairement pour le bien du parti et de la Chine.

    La leçon ? Elle est à plusieurs niveaux.
    1°) En Chine, le pouvoir, dans toute l’étendue et l’acception du terme, est exercé par le parti communiste. Il n'y a pas de séparation entre la société et l'État et entre l'État et le parti. Le parti dirige l'État qui encadre la société.
     
    2°) La collaboration économique avec l'étranger reçoit donc au minimum l’aval du parti communiste et sert ses intérêts. Il reste à déterminer – c’est le plus difficile – dans quelle mesure cette collaboration peut entraîner aussi son effritement. Il est bon de se rappeler que le parti communiste se veut tout-puissant, mais qu’il ne l’est pas. Les erreurs de jugement existent, les stratégies échouent, les dynamismes n’opèrent pas toujours dans le sens souhaité.

    3°) À travers l’affaire Danone, on peut considérer que le pouvoir communiste vient de donner un avertissement aux investisseurs étrangers. Le magazine économique Challenge le notait : « L’époque où la Chine déroulait le tapis rouge pour attirer les capitaux étrangers est révolue. Riche de réserves de change énormes, le pays modifie ses positions. Les Chinois s’estiment lésés par ces investisseurs qui produisent chez eux pour leur plus grand bénéfice ».

    4°) Ce faisant, la Chine rappelle de manière constante le primat du politique sur l’économique.

    5°) Possible grâce à la mondialisation, l’investissement étranger en Chine échoue dans ce pays. La globalisation devait faire éclater le verrou communiste en Chine. Au contraire, elle le renforce. Pourquoi ? L’explication se trouve dans le livre de Thierry Wolton : Le grand bluff chinois. Comment Pékin nous vend sa ‘révolution’ capitaliste. C’est la variante asiatique de la célèbre phrase de Lénine sur les capitalistes qui vendront aux communistes la corde pour les pendre. Thierry Wolton détaille la mutation opérée et contrôlée par le parti communiste chinois pour ne pas subir le sort du frère soviétique lors de la pérestroïka de Gorbatchev. « Les secrétaires de comité du PC, explique Wolton, se sont métamorphosés en capitalistes soucieux du bon développement des entreprises qu’ils se sont mis à diriger, empochant les profits qu’elles dégagent ». La subtilité chinoise a été d’éviter de créer hors parti une classe d’entrepreneurs. Pourquoi ? La raison est simple et aussi vieille que le monde : le pouvoir ne se partage pas. Sinon, il est perdu. Wolton le détaille bien : « Laisser ces nouveaux riches à la porte du pouvoir aurait risqué de les inciter à se doter, plus tard, d’une représentation politique autonome. Pour les dirigeants chinois, l’ouverture n’a de sens que si elle demeure contrôlée par le régime, mieux, si elle contribue à le renforcer ».
    Mues par la seule rentabilité les multinationales occidentales ne peuvent ignorer cette réalité. Elles font seulement semblant de croire que le libéralisme économique est la première avancée d’un libéralisme politique, social et religieux. La réalité est inverse. Le libéralisme économique, en Chine, n’est possible que dans le cadre de la dictature du parti et s’explique par la fascination commune pour la productivité du libéralisme et du communisme. Thierry Wolton met le doigt sur le nœud de cette étrange alliance : « Il faut s’y faire, la Chine du décollage économique n’est pas moins communiste qu’auparavant. Rappelons que le développement (des forces productives) est la justification première du marxisme ». C'est l'un des drames de notre monde moderne. 
     
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    Robert Laffont, 186 pages, 16€.