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  • La Tyrannie technologique

    0be36b537365decee92347b919a56a01.jpgTéléphones portables, iPod, agendas électroniques sont devenus aujourd’hui des objets très accessibles. Un regard dans la rue, et la démonstration est faite. Un voyage en train et les sonneries de téléphone crépitent. Une fin de réunion et les agendas sortent des vestons. Une sortie d'école et la musique s'envole.
    Face à cette déferlante, le livre La Tyrannie technologique, critique de la société numérique, ne fera certainement pas le poids. Publié par une petite maison d’éditions (1), il n’aura pas le bonheur d’être distribué à grande échelle. Pas de distribution pour les ennemis de la distribution. Logique ! Au demeurant, c’est un livre qu’il convient de lire, non pour conclure toujours et partout dans le même sens que les auteurs, mais pour sortir au moins le temps d’une lecture de l’unanimisme panurgien qui est trop souvent le nôtre devant la société numérique.
    Depuis une dizaine d’années, nous assistons à un accroissement de la place (sans parler des parts du sacro-saint marché) prise par les produits technologiques censés améliorer notre quotidien sans que nous prenions le temps de nous interroger sur cette véritable révolution et ses éventuelles conséquences. Les chiffres parlent : 80 % de la population française possède aujourd’hui un téléphone portable contre moins de 5 % dix ans plus tôt. Pourquoi, et comment, ce qui n’apparaissait que comme un rêve est devenu une « nécessité absolue » pour autant de nos concitoyens ?
    Posée ainsi, la question risque d’être encore piégée. Elle isole un produit alors qu’il n’est que le révélateur d’un problème plus large. Si la question ne tourne qu’autour du téléphone portable, les arguments ne manquent pas pour dire son utilité dans telle ou telle circonstance. Même chose pour la télévision ! Isolée comme problème, elle trouve, pour sa défense, autant d’avocats qu’il y a de bonnes émissions et d’excellents films qui sont diffusés au moins une à deux fois par an.
    L’intérêt de ce livre est justement de refuser d’isoler tel produit comme problème pour s’interroger sur le phénomène de société que révèlent ces produits considérés dans leur globalité. Même s’ils s’appuient sur des exemples précis, les auteurs les envisagent toujours dans leurs conséquences sociales. Il ressort de ces études que les nouvelles technologies sont non seulement les produits fétiches d’industries soucieuses avant tout de rentabilité, mais qu’elles détruisent les formes anciennes de sociabilité et d’organisation en promouvant l’individualisme, la vitesse, l’immédiateté, la superficialité, le profit… Hasard ?
    En tant que catholiques, nous pouvons ajouter que le matérialisme et l’impossibilité de la contemplation et du silence (et Dieu se révèle dans le silence) sont aussi les fruits amers de cette techonologie omniprésente, omnidévorante.


    1°) Cédric Biagini, Guillaume Carnino, Celia Izoard, et collectif, La Tyrannie technologique, critique de la société, L’Échappée, 256 p., 12€. Sur les éditions L'Échappée, j'ai déjà exprimé quelques réserves ici.

  • Télévision : la mise en garde

    Une étude publiée lundi aux États-Unis dans le Journal of the American Medical Association's Archives of Pediatrics and Adolescent Medicine révèle qu’environ 40% des bébés de 3 mois et 90% des enfants de 2 ans regardent régulièrement la télévision. La plupart des enfants américains commenceraient à regarder le petit écran vers l'âge de 9 mois.
    Menée auprès de 1009 familles en février 2006, cette étude montre qu’à 3 mois, les bébés regardent la télévision une heure par jour en moyenne. À 2 ans, cette moyenne atteint deux heures et demie.
    Selon le principal auteur de cette étude, Frederick Zimmerman de l'Université de l'État de Washington, il est clair pourtant que regarder la télévision avant l’âge de deux ans et demi est néfaste pour le développement cérébral.
    La même revue publie également une autre étude qui porte sur les adolescents et la télévision. Cette enquête montrerait que les adolescents trop assidus au petit écran sont sujets plus que les autres à des troubles du comportement, à des difficultés d'attention et ont tendance à s'ennuyer à l'école.

    Pourquoi cette place de la télévision dans la vie des tout-petits ? Tout simplement parce qu’elle sert de garde-bébé. Un « baby-sitter » bien pratique, car jamais malade, toujours disponible, de bonne humeur et qui, surtout, n’entraîne aucun coût supplémentaire. Pour les parents, sortir (qui est parfois bien nécessaire pour bien s’occuper ensuite de ses enfants) entraîne des frais. Dont la charge de la garde d’enfants. La télévision est un recours facile. C’est pourquoi 21 % des parents américains avouent confier leurs enfants âgés de deux à vingt-quatre mois au petit écran.

    La France n’est pas en reste. En moyenne, un adulte passe trois heures vingt-six minutes devant l’écran. Les enfants passent en moyenne 2 heures et 6 minutes devant la télévision chaque jour entre 4 et 14 ans (chiffres 2006, selon les données de Médiamétrie).

    Selon un article du Dr Aric Sigman paru dans la revue scientifique Biologist (février 2007) et reposant sur l’analyse de trente-cinq études scientifiques publiées à ce sujet, plusieurs effets indésirables de la télévision ont été recensés, faisant du petit écran « le plus grand scandale sanitaire méconnu de notre temps ». D’autant plus scandaleux qu’il touche des enfants et des adolescents et qu’il est lié également à de gros intérêts financiers.

    Parmi les effets indésirables de la télévision relevé par le docteur Aric Sigman :

    - Obésité liée au manque d'exercice physique
    - Dérèglement hormonal
    - Système immunitaire diminué
    - Puberté plus précoce
    - Troubles du sommeil
    - Autisme à cause du manque d'interaction sociale
    - Problèmes de concentration
    - Hausse du risque de diabète de type 2
    - Manque de concentration
    - Difficultés à lire à cause du manque de stimulation intellectuelle
    - Hausse du cholestérol liée à l'inactivité
    - Métabolisme ralenti par la position assise ou allongée
    - Problèmes de vue à force de fixer l'écran
    - Augmentation du risque de maladie d'Alzheimer


    Face à ce problème, que faire ?

    – Renoncer progressivement à la télévision pour soi-même, ou, en tous, les cas, s’imposer une véritable ascèse. Progressivement, veut dire qu’à terme on accepte de ne plus la voir, sauf dans des cas très précis et bien encadré. S’imposer, au moins un jour bien précis, le « jeûne » télévisuel proposé par le pape Jean-Paul II: « Dans combien de familles le téléviseur semble remplacer le dialogue. Un certain ‘jeûne’, dans ce domaine aussi, peut être salutaire, soit pour consacrer davantage de temps à la réflexion et à la prière, soit pour cultiver les rapports humains » (10 mars 1996).
    – En renonçant, remplacer. En profiter pour renouer avec des amis, organiser des soirées de détente (jeux de société, lecture à voix haute, musique, etc.…). La télévision habituellement éloigne des autres. En profiter pour recréer ce qu’on appelle aujourd’hui du lien social et d’abord du lien familial.
    – Préférer la sortie au cinéma, malgré la dépense, à la télévision.
    – Préférer la lecture, accessible à tous (bibliothèque) et si possible le jardin qui détend et entretien la forme physique.
    – En profiter pour prier : prière en famille, chapelet, récitation de l'Office, etc.
    – Pour les parents, décider en commun de ne plus jamais confier son enfant à la télévision. Se retrouver entre époux est nécessaire, donc sacrifier autre chose pour pouvoir payer la garde d’enfant (soit en monnaie, soit par un système d’échange de service ou de bien). La santé de l’enfant d’abord. Lui donner le goût de la lecture très tôt. Un enfant qui lit est un enfant heureux. Son imagination est active et non pas passive comme devant une scène de télévision.
    – Il existe certainement mille autres idées pour sortir de cette véritable « dépendance » et retrouver une vraie liberté physique et morale.



    Documents (non exhaustif) :

    Discours de Benoît XVI aux participants de l’Assemblée plénière du Conseil pontifical pour les communications sociales (9 mars 2007).[ici]
     
    Message de Benoît XVI pour la 41ème Journée mondiale des Communications sociales. []
     
    Télévision et style de vie : extrait de l’encyclique de Jean-Paul II, Familiaris consortio. [Television_et_style_de_vie.doc)

    Méditation du Père Raniero Cantalamessa OFM Cap, prédicateur de la Maison pontificale [Cantalamessa_.doc]