Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

communauté

  • A propos de Jean Vanier


    217c565c263691b2bf473624ebe3251b.jpegDenis Sureau (ici) ayant évoqué l'influence exercée par Jean Vanier, fondateur de l'Arche, sur William Cavanaugh, notamment dans sa perception de la communauté comme cellule de vie, une bataille de commentaires a été engagée. Celle-ci semble surtout reposer sur une confusion – voulue ou non ? – entre l'Arche de Jean Vanier et l'Arche de Zoé qui fait tristement la Une de nos journaux. Il m'a semblé intéressant de publier ci-dessous la note biographie de Jean Vanier, que l'on peut trouver sur le site de l'Arche (ici), afin que d'éventuelles discussions reposent sur des informations plus justes.
    c3e89ffd2784064b56bf19fae1924736.jpeg La thèse de philosophie de Jean Vanier a porté sur la morale d'Aristote. Il en a donné une adaptation pour le grand public dans un livre publié en 2000, aux Presses de la Renaissance, sous le titre : Le goût du bonheur, au fondement de la morale avec Aristote. Une perception moderne de la morale la réduit aux règles de conduite individuelle ou à l'expression d'un système de valeurs. Jean Vanier montre qu'il n'en est rien, notamment quand il explique le lien chez Aristote, entre ce que nous appelons la morale (individuelle) et la politique. Voici l'explication (grand public) de Jean Vanier, extrait de son livre, Le goût du bonheur :
    « À première vue, l'éthique d'Aristote apparaît très individualiste. Elle se fonde sur le désir de chacun d'être heureux, et celui-ci se réalise dans une recherche qui pour un petit nombre aboutit à l'émerveillement de la contemplation. C'est se méprendre sur Aristote que d'en rester à ce niveau. Dès le début de L'Éthique, il dit que cette science est subordonnée à la science politique. Car il est plus noble d'agir pour qu'un grand nombre atteigne le bonheur que d'agir seulement pour soi-même. Il y a une relation subtile entre ces deux sciences. Si l'éthique est orientée vers la politique, celle-ci est orientée vers l'éthique. Elle doit s'efforcer de créer des lois, avoir une constitution et des institutions qui encouragent chaque citoyen à faire de bons choix pour devenir autant que possible des hommes parfaitement accomplis » (pp.232-233).
    Pour en revenir aux liens entre William Cavanaugh et Jean Vanier, on peut penser que l'expérience de l'Arche, communauté de vie avec les personnes atteintes d'un handicap, le livre Communauté, lieu du pardon et de la fête (Fleurus/Bellarmin) ainsi que cette réflexion sur la morale d'Aristote, ont joué un rôle sur la pensée de l'auteur d'Etre consommé (éditions de l'Homme Nouveau, voir ici).


    Notice sur Jean Vanier, Fondateur de L’Arche
    Jean Vanier est né le 10 septembre 1928 à Genève, en Suisse, où son père, le Général Georges Vanier, effectue une mission diplomatique. Jean Vanier effectuera la plus grande partie de sa scolarité en Angleterre où il vit avec sa famille jusqu'aux débuts de la guerre 40-45, moment où ses parents le rapatrient au Canada avec ses quatre frères et sa sœur.

    Deux ans plus tard, le jeune Jean décide d'entrer au Collège de la Marine Royale en Angleterre. Trop jeune pour devenir soldat, il assiste sa mère à la Croix Rouge de Paris et aide les personnes revenant des camps de concentration. En 1945, Jean devient officier et entame sa carrière dans la Marine Royale Britannique.

    Malgré la carrière prometteuse qui s'offre à lui dans la Marine, Jean Vanier s'investit de plus en plus dans la prière et dans ses réflexions sur l'appel de Dieu. En 1950, il démissionne de l'armée pour étudier la philosophie et la théologie à l'Institut Catholique de Paris. C'est là qu'il rencontre le Père Thomas Philippe, professeur et prêtre dominicain qui deviendra son père spirituel et ami.

    En 1963, après avoir publié sa thèse sur Aristote, il retourne au Canada pour enseigner à l'université de Toronto. Il prend à nouveau une décision allant à l’encontre d’une carrière prometteuse et quitte son travail pour rejoindre le Père Thomas devenu aumônier au «Val Fleuri» à Trosly-Breuil, une institution pour hommes ayant des déficiences intellectuelles. En 1964, Jean décide de s'installer à Trosly pour vivre avec des personnes ayant une déficience intellectuelle et achète une petite maison pour les accueillir, un lieu qu’il baptise «L'Arche» en référence à l'arche de Noé.

    Très impliqué dans la croissance rapide de L'Arche à Trosly, Jean commence aussi à donner des conférences et des retraites à travers le monde. En 1968, après une retraite donnée à Ontario, il fonde Foi et Partage, des communautés créées pour se réunir et prier en groupe une fois par mois. Trois ans plus tard, lors d'un pèlerinage à Lourdes qui réunit 12.000 personnes, comprenant des personnes ayant une déficience intellectuelle, leurs amis et leurs parents, Jean Vanier crée Foi et Lumière. Ce mouvement proche de L'Arche réunit, au moins une fois par mois, des groupes de 15 à 40 personnes (enfants, adolescents ou adultes ayant une déficience intellectuelle, leur famille, des amis) pour une rencontre d'amitié, de partage, de prière et de fête. Jean Vanier est aussi le fondateur de Intercordia qui encourage des étudiants universitaires à vivre une expérience inter-culturelle parmi les personnes pauvres et marginalisées dans les pays en voie de développement.

    Jean Vanier a reçu de nombreuses récompenses dont la «Légion d'Honneur» française, le «Companion de l'Ordre du Canada», le Prix «Rabbi Gunther Plaut Humanitarian» 2001 et le prix de l’Union Théologique Catholique de Chicago «Blessed are the peace makers» en 2006.

    Jusqu’à aujourd’hui, Jean Vanier, continue à donner ses conférences et à mener des retraites autour du monde. Sa conférence de carême donnée à Notre-Dame de Paris en 2006 ou son intervention aux JMJ de 2005 n'en sont que des exemples. En 2006, il a voyagé en Afrique, Indonésie, et Etats-Unis mais il reste très proche de sa première communauté à Trosly où il habite encore aujourd’hui. Jean continue à écrire et ses livres ont été traduits dans 29 langues.
     
     
    4f523638bcf6107017a140f600b6442a.jpegLa version de poche de ce livre, disponbile auprès de la librairiecatholique.com () et le petit commentaire de présentation paru dans L'Homme Nouveau sous la signature de Stéphen Vallet :
    " Sous ce titre éclairant, Jean Vanier, fondateur de l’Arche, fort de son expérience auprès des personnes handicapées et de sa formation philosophique, explore la morale aristotélicienne. Grande nouvelle: le bonheur est une idée aussi ancienne que l’homme lui-même et Aristote en fait le fondement même de son éthique. Destiné à un grand public, très accessible, ce petit traité, qui ne cache pas les limites historiques d’Aristote, non seulement explique et explicite mais donne vraiment goût au bonheur. Une vraie réussite. Un petit format pour un grand livre."