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Salon Beige

  • Le Salon Beige fait des émules ou presque

    5b807cc72aa609368bbf56536d01c9a7.jpgEn effet, un autre site se présente comme un salon de discussion. Une équipe réunie par la journaliste Élisabeth Lévy (ex-présentatrice du Premier pouvoir sur France Culture, pigiste dans différents magasines) vient de lancer le site causeur.fr
    Je reviendrai prochainement sur le livre d'Élisabeth Lévy concernant son éviction de France culture. En attendant voici la présentation de ce nouveau salon : 
    "Tenez-vous bien. Vous êtes dans un salon. Les invités ont le droit d’être ironiques, polémiques, mordants, de mauvaise foi et même parfois, à l’extrême rigueur, un peu barbants. On ne leur en voudra pas de placer à l’occasion un pétard sous les sièges. En revanche, il est vivement déconseillé d’être vulgaire, convenu, pontifiant et, par-dessus tout, dépourvu d’humour.
    Entrez, puisque vous êtes – je ne sais trop comment – arrivés jusqu’ici. N’ayez pas peur : Causeur n’est ni citoyen, ni participatif, ni démocratique. Nous ne nous ébaubirons pas devant vos commentaires – à moins qu’ils soient vraiment pertinents. Et ne seront publiés comme auteurs que ceux que nous jugerons à la hauteur (pour les commentaires, nous ferons une entorse à nos principes aristocratiques en les acceptant tous). Car autant l’avouer : nous ne croyons pas à l’égalité de tous devant les idées."
    La suite ici

    Outre Élisabeth Lévy en personne, on y retrouve les signatures de Basil de Koch, Alain Finkielkraut, Paul Thibaud, Marc Cohen, Gil Mihaely, Trudi Kohl, François Miclo. 

    On aimera ou… pas. Pas tout… ou presque rien. En tous les cas, un salon que l'on peut visiter de temps à temps.

    Notons au passage deux entretiens intéressants d'Élisabeth Lévy. Le premier avec le philosophe Peter Sloterdijk à propos de son dernier livre : Colère et temps, traduit de l’Allemand par Olivier Mannoni, Libella-Maren Sell. On notera cette question, très révélatrice, de la journaliste :
    "On n’est pas condamnés à choisir entre le christianisme et le fascisme. Il doit bien exister des utilisations raisonnables de la colère accumulée".

    "Condamné" n'est peut-être pas le mot. Mais la réponse, en revanche, semble bien se trouver du côté du christianisme.

    Autre entretien intéressant, toujours mené par Élisabeth Lévy : avec Jean-Claude Michéa. sur la servitude libérale. 

    Bonne découverte.  

  • Bravo et merci (et annonces)

    Bravo au Salon Beige qui, le 25 septembre dernier, a atteint (et dépassé depuis) son 3 millionième visiteur...

    Merci au Forum catholique qui suit attentivement mes propos sur le distributisme catholique et en informe les internautes.

    Annonces : J'en profite pour annoncer que je répondrais aux questions des habitués du Forum catholique (et éventuellement des autres), le 22 octobre 2007 de  18h30 à 22h00, sur le thème de "Baden-Powell et du scoutisme", à l'occasion du centenaire de ce mouvement et de la réédition de ma biographie aux éditions Perrin (voir ici).

    Sur le même sujet, j'interviens le jeudi 4 octobre au Colloque de réflexion sur le scoutisme organisé par l'Association des Guides et scouts d'Europe pendant deux jours, Salles de l'ASIEM, 6 rue Albert de Lapparent, 75007 Paris.
    Mon intervention aura lieu à 8h45 et portera sur la vie de Baden-Powell en cherchant à répondre à cette question paradoxale et provocatrice : Baden-Powell est-il l'inventeur du scoutisme ?
    Renseignements sur le colloque : 01 49 95 96 00 ou à l'adresse suivante :

  • Caelum et terra

    Je dois à l’amitié de ceux qui prennent le temps de lire ce blogue quelques explications. J’avais annoncé dans un post précédent (ici) que j’indiquerais la manière dont je comptais désormais utiliser cet outil.
    La campagne électorale, et surtout le débat entre catholiques sur la question des « points non-négociables », l’attitude à adopter pour le second tour des présidentielles, le jugement prudentiel à avoir, ont laissé de côté cette présentation.

    Je profite donc de l’accalmie électorale pour présenter ces précisions.

    1°) Caelum et Terra n’est pas un blogue d’actualité et d’informations. À ceux qui en cherchent, j’en recommande (au moins) deux  (voir aussi la liste ci-contre): – le Salon Beige ()
    – et le blogue personnel de Patrice de Plunkett (ici).
    Le passé ne nous a pas toujours vus d’accord mais Patrice de Plunkett propose sur son blogue une analyse de l’information à partir d’au moins deux éléments que je partage : la cohérence de l’agir catholique et le refus du néo-libéralisme.

    2°) Caelum et Terra se voudrait un très modeste lieu de réflexion sur la cohérence catholique, entre notre foi et nos modes de vie en situation de sécularisation, de société moralement pluraliste et de consommation. De ce fait, Caelum et Terra réfléchit et espère recevoir des témoignages et réflexions sur une certaine forme de dissidence, qui ne ressemble en rien à un exil (ni intérieur, ni extérieur), ni à une fuite, ni à une démission. Plutôt à quelque chose à trouver, qui ressemble, peut-être de loin, en tous les cas forcément de manière différente puisque les situations sont autres, aux exigences et aux formes d’action mises en place, en leurs temps, dans les situations historiques de l’époque, par les dissidents de l’Europe de l’Est et de Russie. Sans jouer, bien sûr, aux martyrs ou aux persécutés. Sans se voiler la face non plus sur les difficultés et les entraves. En essayant, surtout, de garder au cœur et à l’âme, la joie chrétienne.

    3°) Le constat de plusieurs mois de fonctionnement de Caelum et Terra est que l’on abandonne facilement, par la tentation propre à Internet, l’essentiel pour l’accessoire. Dès qu’un avis contraire ou complémentaire se présente, la tentation est de rétorquer. Immédiatement. Sans recul. Pour jouer le jeu, parfois nécessaire d’ailleurs, du lien avec le lecteur, et le jeu, jamais important, de « l’audimat » du blogue. Lancer une polémique sur votre blogue et vous êtes sûr de faire grimper vos statistiques de fréquentation.
    Soljenitsyne, naguère, a analysé ce fait, à une autre échelle (plus grave), dans des circonstances plus importantes :
    « L’étouffement général de la pensée aboutit non à son interruption, mais à sa déformation, à la non-information, au dialogue de sourds entre compatriotes et contemporains. (…) Nous voyons aujourd’hui s’ériger en juges des voix venues de l’extérieur et qui prononcent de prime-saut, et sans contradicteur, des jugements irresponsables et arbitraires sur notre propre histoire et sur l’avenir de notre peuple. Nous commençons à leur rétorquer et nous voici donc embourbés dans la polémique, lâchant peut-être l’essentiel pour le fortuit. » (Préface à Des voix sous les décombres, Seuil, 1974).

    4°) Pour aller vers un retour à l’essentiel, du moins pour le tenter, Caelum et Terra proposera habituellement un texte de réflexion par semaine (normalement, en fin de semaine) sans s’interdire, cependant, de temps en temps, de donner des informations de manière plus fréquente, selon les nécessités.

    5°) Dans Des voix sous les décombres, Soljenitsyne écrit les phrases suivantes, à adapter, bien sûr, à notre monde et à l’état de notre société, mais dont l’orientation fondamentale est à prendre en compte :
    « Ce qui différencie absolument notre système actuel de ses prédécesseurs, c’est qu’en plus des contraintes physiques et économiques, il exige de nous une complète reddition de l’âme : une participation active et constante au MENSONGE général, bien connu de tous. Cette corruption de l’âme, cet asservissement spirituel, aucun homme ne peut l’admettre tant qu’il désire être homme.
    Quand César nous a déjà pris ce qui revient à César et plus instamment encore exige de nous ce qui revient à Dieu – malheur à nous si nous lui cédons !
    La part essentielle de notre liberté est intérieure, elle dépend de notre volonté. Si nous la cédons nous-mêmes à la corruption – nous n’avons plus le nom d’homme.
    Encore une remarque : dans la mesure où le devoir impératif ne s’identifie pas à une libération politique mais à la libération de notre âme, à son affranchissement du mensonge imposé, il n’exige de nous ni effort physique, ni initiatives révolutionnaires, sociales ou organisationnelles, ni meetings, ni grèves, ni unions, toutes choses dont la seule pensée nous épouvante et qu’il est naturel de refuser en alléguant les conditions actuelles. Non, non ! Il consiste seulement à franchir un pas moral qui est à la portée de chaque homme. Et personne ne pourra se disculper devant les vivants, ni devant ses descendants, ni devant ses amis, ni devant ses enfants s’il a volontairement assumé le rôle de chien courant du mensonge ou si même il a servi de support au mensonge.
    N’accusons que nous-mêmes ; tous les pamphlets anonymes, les programmes, les déclarations ne valent pas un liard. Si nous sommes, chacun individuellement, dans la fange et le fumier, c’est par notre PROPRE VOLONTÉ, et jamais aucune fange ne s’est purifiée en se mêlant à la fange du voisin. »
    (page 32).