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éducation

  • Communiqué de l'association Les enfants d'abord à propos de l'instruction à la maison

    Communiqué de l'association Les Enfants d'Abord, Association pour la liberté d'instruction  28 novembre 2006 :

     

    " La commission parlementaire sur les sectes s'est rendue le 21 novembre  dernier dans une communauté religieuse à Sus dans les  Pyrénées-Atlantiques (presse du 22 novembre dernier). Il a été rendu  compte d'un "enfermement" des enfants vivant dans cette communauté, au  prétexte notamment que ceux-ci recevaient une instruction au sein de  cette communauté. Suite à cette visite, certains membres de la  commission ont donc affirmé leur volonté d'inscrire dans le rapport qui  doit être rendu le 19 décembre prochain un durcissement des contrôles  s'exerçant sur les familles pratiquant l'instruction à domicile de leurs  enfants, voire une totale remise en question de la liberté d’instruction.  Ainsi, au nom de la lutte contre les sectes, il est pratiqué un amalgame  particulièrement choquant, qui assimile toute pratique d'instruction  dans les familles à un enfermement sectaire. Ce n'est malheureusement  pas la première fois qu'il est pris prétexte de la lutte contre les  sectes pour s'attaquer à la liberté d'instruction. Et ce n'est  malheureusement pas la première fois que des milliers de familles  pratiquant l'instruction à domicile sont désignées pour être les  victimes collatérales de cet amalgame grossier.  L'association Les Enfants d'Abord, qui se bat depuis sa création en 1988  pour la liberté d'instruction, dénonce avec la plus grande fermeté cet  amalgame scandaleux, intellectuellement malhonnête, et entend rappeler  plusieurs choses : 

    - d'une part, la situation très spécifique qui prévaut à Sus ne reflète pas la pratique de l'instruction en famille telle qu'elle est  quotidiennement vécue par des milliers de parents et d'enfants. Toutes  pratiques confondues (C.N.E.D, cours par correspondance privés,  apprentissages autonomes, etc.), ce sont actuellement environ 30 000  enfants qui profitent de cette liberté éducative. Les motivations et les  pratiques pédagogiques des familles instruisant en famille sont bien  plus variées et ouvertes que ce que les députés ont vu à Sus. Si les  motivations sont parfois de nature religieuse, elles sont le plus  souvent de nature philosophique et pédagogique. Le choix de  l'instruction en famille vise à proposer aux enfants l'instruction qui  semble la plus profitable. L'immense majorité des familles propose et offre à leurs enfants des apprentissages correspondant à leurs attentes  et à leurs besoins, respectueux de leurs rythmes d'apprentissage et  résolument ouverts sur le monde qui les entoure. Dans ce sens,  l'enfermement qui a été dépeint par la commission ne correspond en rien  à ce que vivent les enfants instruits hors de l'école, lesquels sont au  contraire bien plus en phase avec ce qu'est une société qui vit et  socialise hors du seul temps scolaire. 

    - d'autre part, nombre de familles font le choix de la non scolarisation  de leurs enfants pour faire face aux disfonctionnements graves de  l'institution scolaire. Malgré les effets d'annonce, l'accueil des  enfants en situation de handicap est notoirement défaillant.  L'accompagnement des enfants intellectuellement précoces ne l'est pas  moins.

    Parfois aussi, l'école dérape et plonge les familles dans des  situations dramatiques : la violence scolaire est une réalité  régulièrement rapportée par les médias et contribue à la désocialisation  et à l'enfermement des enfants qui en sont victimes.

    Rappelons aussi que  la majorité des enfants vivant dans des sectes sont scolarisés. Face à  ces situations, il ne viendrait pourtant pas à l'idée des députés de  remettre en question la scolarisation dans son ensemble. Pourquoi  ceux-ci remettent-ils alors en question le droit pour les familles de  choisir d'instruire leurs enfants à domicile sur la seule observation  d’une situation touchant l’instruction en famille à la marge ?

    Cela ne  résoudra pas les problèmes de la société, de l'école et encore moins  celui des familles.  Nous doutons de la pertinence et de la validité d'un durcissement des  contrôles de l'instruction en famille pour résoudre le problème des  dérives sectaires. Dans un contexte similaire de lutte contre les sectes, l'encadrement de  l'instruction en famille a en effet déjà été durci en 1998. Les  familles, qui doivent faire une déclaration annuelle à la mairie et à  l'inspection académique, sont déjà contrôlées chaque année par des  inspecteurs de l'éducation nationale, qui viennent vérifier la  progression des enseignements dispensés. Les familles subissent en outre  tous les deux ans des contrôles sociaux visant à établir les conditions  de vie des enfants. Notons d'ailleurs que ni les enseignants pour la  partie pédagogique, ni les familles scolarisantes pour la partie sociale  n'ont à supporter de tels contrôles, à un rythme aussi soutenu et  régulier. Depuis 1998, cette pression sur les familles n'a pas éliminé  le problème des sectes, pour la simple et bonne raison que la non  scolarisation n'est pas la cause de l'appartenance sectaire.  Cette pression n'a pas non plus entamé la détermination des familles à  instruire leurs enfants puisque l'instruction à domicile progresse et se  structure en France, à l'image de ce qui existe déjà dans de nombreux  autres pays européens.

    Il existe plusieurs associations de familles instruisant à domicile,  représentant plusieurs milliers de familles. Les familles se rencontrent  régulièrement, localement mais également nationalement et  internationalement (festival annuel Hes-Fes en Grande-Bretagne :  plusieurs milliers de participants en 2006). Les parents et les enfants  échangent quotidiennement des avis, des conseils, des méthodes sur le  net. Un colloque européen s'est tenu à Reims cette année, auquel ont  participé des universitaires de toutes nationalités. Des publications  paraissent régulièrement. Nous avons également à plusieurs reprises  sollicité et obtenu des rendez-vous auprès des conseillers techniques  des ministères, lesquels nous ont toujours entendus et compris nos buts  et nos démarches. Nous pensions à ce titre que l'instruction en famille  pouvait espérer être reconnue comme un choix pédagogique à part entière,  effectué en conscience par des parents responsables, soucieux du  bien-être de leurs enfants et très fortement impliqués dans la réussite  de leurs projets éducatifs. 

    La réponse que prépare la commission d'enquête nous semble  malheureusement augurer que ce travail aura été parfaitement vain, que  cette commission est aveugle et sourde face à la réalité de  l'instruction en famille. Nous l'invitons donc vivement à reconsidérer  les décisions qu'elle a d'ores et déjà annoncées dans la presse avant de  bouleverser le quotidien de milliers de familles. Si une modification  législative sur l'instruction dans la famille doit être opérée, les  familles sont déterminées à être consultées sur ce nouveau texte. La  précipitation et les amalgames de 1998 ne seront pas rejoués.  L'instruction en famille est un droit constant depuis 1882. Ce n'est pas  un choix d'enfermement, c'est un choix d'ouverture sur le monde. Nous  n'accepterons pas qu'au nom de la lutte contre un problème qui ne nous  concerne pas, cette liberté éducative soit remise en question.  Le Conseil de l’association Les Enfants d’Abord, Association pour la liberté d’instruction."

     

    Pour aller plus loin, le site de l'association Les Enfants d'abord : ici

    L'association Les Enfants d'abord  "n'est le porte-parole d'aucun mouvement politique, confessionnel ou pédagogique."