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22/05/2013

Maximilien Kolbe : une édition polonaise


Kolbe.pngLa biographie de saint Maximilien Kolbe, que j’ai publiée chez Perrin en 2011, vient d’être traduite en polonais (éditions Noir sur blanc) et a été présentée à la Radio Polonaise le 12 mai dernier. J’ai découvert cette édition polonaise, particulièrement soignée, hier, en recevant des exemplaires de « Maksymilian Kolbe. Kapłan, dziennikarz, męczennik ».

 

La couverture de l’édition polonaise reprend exactement celle des éditions Perrin. C’est l’occasion pour moi de découvrir que mon travail a été salué et bien reçu dans le pays même du Père Kolbe. C’est aussi l’occasion pour moi de saluer le beau travail des éditions Perrin.

J’ajoute – petite note très personnelle – que, dans le contexte actuel, l’âme de feu du Père Kolbe, profondément enracinée dans la prière, disposée à l’action chrétienne permanente en vue du règne du Christ Roi et du bien commun, est un véritable modèle dont on peut s’inspirer. On me pardonnera peut-être de signaler que la seconde édition française est toujours disponible en librairie.

15/04/2013

Chrétienté, réveille-toi

Chrétienté, réveille-toi.pngLe théologien anglais Aidan Nichols qui, non content d’être l’auteur d’une quarantaine d’ouvrages, a été le premier théologien catholique à être invité à enseigner à la prestigieuse université d’Oxford, voit l’un de ses principaux livres enfin traduit en France.

Chrétienté, réveille-toi a paru dans sa version anglaise originale (Christendom awake) en 1999. Il aura fallu quelques années et la pugnacité de l’éditeur (Denis Sureau, secondé ici par l’abbé Éric Iborra) pour faire franchir à cet essai le couloir froid et souvent venteux de La Manche.

Mais, l’attente vaut le coup. En un peu plus de 300 pages, le Père Nichols bouscule bien des idées reçues et bouge les lignes du catholicisme contemporain, trop souvent recroquevillé derrière le confort d’une rente de situation. Son essai s’appuie essentiellement sur la réalité anglaise, celle qu’il connaît le mieux. Mais, sa perspective est beaucoup plus large puisqu’elle embrasse à sa manière toute la chrétienté occidentale qu’il s’agit de réveiller d’un trop long endormissement, dû, pour une grande part, au doute profond qui s’est emparé de lui en raison de la crise d’identité qui l’a traversé depuis près de 50 ans.

De ce fait, pour Aidan Nichols, il ne s’agit pas tant de pleurer sur un monde disparu que de bousculer le dernier état d’une modernité de plus en plus éprise d’un anticatholicisme militant et, de plus en plus, incapable d’offrir les raisons et les principes d’un vivre ensemble social. Pour Nichols, en effet, le « pluralisme radical » qui constitue le dogme de notre monde contemporain est incapable d’assurer ce vivre ensemble en raison de sa négation de la quête rationnelle de l’homme vers Dieu et de son éclatement et de la désintégration de la société. La justice sociale elle-même est impossible sans un minimum de valeurs partagées et non remises en question en permanence. Pour l’auteur, l’Église a donc un rôle à jouer. Sa légitimité tient d’abord au mandat qu’elle a reçu de son fondateur d’étendre le règne du Christ-Roi. Les catholiques peuvent ensuite s’appuyer sur une véritable sagesse qu’ils doivent porter autour d’eux, en raison même de l’impératif missionnaire. Mais pour rebâtir la chrétienté, adaptée aux circonstances actuelles, l’Église se doit d’agir sur tous les fronts qui se présentent à elle.

D’où les thèmes abordés par le Père Nichols qui concernent tous les aspects de la vie humaine. Fondamentalement, il s’agit de réassocier foi et culture, à travers plusieurs domaines : liturgie, doctrine, philosophie chrétienne, politique, économie, féminisme, vie religieuse, défense de la vie, culture biblique, œcuménisme, spiritualité, vocations. Impossible ici de tout résumer.

Et Chesterton, dans tout cela ? On trouve plusieurs occurrences (25 au total) concernant l’auteur d’Orthodoxie. Plus fondamentalement, il s’agit d’une source d’inspiration pour Aidan Nichols, qui propose notamment tout une réflexion politique et économique qui s’appuie sur les grandes intuitions chestertoniennes en la matière. Le Père Nichols voit dans la pensée de Chesterton le fondement nécessaire pour reconstruire une société fondée sur la famille. « Aucun autre auteur chrétien moderne, écrit-il, n’a autant contribué que Chesterton à identifier une vertu de domesticité. La “domesticité” évoque cette disposition dont la poursuite active permet l’épanouissement de la famille, la plus petite des entités politiques, ou ce que Chesterton appelait : Le petit État fondé sur les deux sexes, qui est à la fois le plus volontaire et le plus naturel de tous les États autodirigés.

 

Reconstruire une société de foyers, ou une société de familles, c’est donc l’un des buts poursuivi par le Père Aidan Nichols dans cet ouvrage, et pour ce faire, il réactualise une partie de la pensée du courant distributiste incarné au début du XXe siècle par G.K. Chesterton, Hilaire Belloc et leurs amis. À l’heure où la société se délite, et où les familles sont mises à mal, une telle pensée revisitée et repensée à frais nouveaux, mérite que l’on s’y attarde. Le Père Nichols n’est pas dans la complaisance des phrases chocs, des images toutes faites, du jeu médiatique qui se concentre sur un mélange de fausse simplicité et de rupture, mais il a préféré la réflexion profonde et vivante. Son livre mérite d’être lu, discuté, approfondi. En tous les cas, pas de rester lettre morte.

Pour finir sur Chesterton, finissons sur l’envoi choisi par Aidan Nichols, envoi qui est constitué d’un extrait du très long poème épique de Chesterton, La Ballade du Cheval blanc (quel est le Français qui relèvera le défi de sa traduction ?) :

 

Je sais que la mauvaise herbe y croîtra

Angleterre, le “jardin de la Mère de Dieu”

Plus vite que l’homme ne peut la brûler ;

Et bien qu’ils se dispersent et s’en aillent maintenant

Un jour lointain triste et lent,

J’en ai la vision et je le sais,

Les barbares reviendront.

 

Ils ne viendront pas sur des vaisseaux de guerre

Ils ne brandiront pas de tisons

Mais ils se nourriront de livres

Et auront de l’encre sur les mains.

 

Sans la colère des chasseurs

Ou les talents sauvages de la guerre

Mais ordonnant toutes choses avec des paroles mortes

Ils feront des cordes de toute bête ou oiseau

Et des roues du vent et de l’étoile.

 

Bien qu’ils arrivent avec parchemin et plume,

Graves comme des clercs tonsurés,

Par ce signe vous les reconnaîtrez

Ils ruinent et rendent obscur.

 

Par la pensée, ruine croulante

Par la vie, fange mouvante

Par un cœur brisé dans la poitrine du monde

Et la fin du désir du monde.

 

Par Dieu et l’homme déshonoré

Par la mort et la vie rendues vaines

Reconnais l’ancien barbare

Le barbare qui est de retour

 

Lorsqu’il est question de mode et de vague,

De la sagesse et du destin,

Salue ce barbare éternel

Qui est plus triste que la mer.

 

Comment les hommes sages le châtieront-ils ?

Par la Croix dressée de nouveau,

Ou par charité ou par chevalerie,

Ma vision ne le dit pas ; et je ne vois

Rien de plus ; mais je chevauche plein de doute

Vers la bataille de la plaine…


Une version de cet article a été publiée sur le site des Amis de Chesterton.

02/04/2013

Une économie à l'échelle de la famille

 

Small_is_toujours_beautiful.jpg« Depuis l’époque de Schumacher (E.F. Schumacher, économiste, auteur de Small is beautiful, ndlr), on constate une atomisation grandissante de la société avec une tendance à l’individualisme égocentrique. Les soi-disant « droits » de l’individu foulent au pied les droits de ceux qui sont faibles et sans défense. Au cours des trente dernières années, on a vu également se mettre en place une attaque en règle contre la famille elle-même et le sens commun du mariage. Schumacher aurait été horrifié par ces développements. Pour lui, la famille constitue la plus petite et la plus belle entité d’une société saine et, en fait, c’est l’élément de construction avec lequel elle s’érige. Retirez la famille du sein de la société et il ne reste plus qu’un hédonisme sans coeur. Et cet hédonisme à l’égoïsme effréné est l’antithèse même de la limitation volontaire indispensable à la restauration d’une situation saine au plan économique et politique. En résumé, ce qui est petit est toujours beau parce que la famille compte toujours ! »

Joseph Pearce, auteur de Small is – toujours – beautiful, une économie à l'échelle de la famille (éditions de L'Homme Nouveau). 


À lire pour reconstruire une société où la famille naturelle a toute sa place.