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        <title>Caelum et Terra - entretien</title>
        <description>”L’alternative est claire : ou la terrible misère de l’État totalitaire ou la saine frugalité&amp;quot; (John Senior)</description>
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                <title>Entretien avec Jacques de Guillebon (II et fin)</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (Philippe Maxence)</author>
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                                                <pubDate>Wed, 07 Mar 2007 10:00:18 +0100</pubDate>
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                    &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#CC0000&quot;&gt;&lt;b&gt;Suite et fin de l'entretien avec Jacques de Guillebon. Le Salon Beige a répercuté la première partie de notre dialogue et a posé quelques questions à Jacques de Guillebon. Un mini-débat s'est donc ouvert aussi sur le Salon Beige (&lt;a href=&quot;http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/2007/03/questce_que_le_.html#comments&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;). Celui-ci est en lien avec un article de &lt;i&gt;La Nef,&lt;/i&gt; article signé par son directeur-fondateur, Christophe Geffroy, et par Jacques de Guillebon. Cet article porte sur le communautarisme catholique et semble viser, entre autre, ce blogue. Ce numéro est disponible auprès de &lt;i&gt;La Nef&lt;/i&gt; (2, cour Coulon, 78810 Feucherolles. Tél. : 01 30 54 14; courriel : &lt;a href=&quot;mailto:lanef@lanef.net)&quot;&gt;lanef@lanef.net)&lt;/a&gt;.&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://caelumetterra.hautetfort.com/images/thumb_personne.2.jpeg&quot; alt=&quot;medium_personne.2.jpeg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt; &lt;b&gt;Pourquoi les catholiques ont-ils peur selon vous de découvrir que l’Esprit souffle où il veut ?&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; Il y a à cela des raisons sociologiques venues de l’histoire particulière de notre pays, je crois. De fait, le christianisme comme « foi consciente », si je puis dire, est devenu en France l’apanage d’une certaine caste bourgeoise, pour ces raisons, honorables sans doute, qu’elle seule avait les moyens intellectuels de résister à la puissante vague de discrédit qui a été jeté sur notre Eglise, à ce crachat ignoble qui depuis plus de deux siècles recouvre le doux visage de notre Seigneur. Comment le charbonnier pourrait-il avoir la foi encore aujourd’hui, quand entièrement les moyens gigantesques dont dispose le monde sont mobilisés contre elle, et tentent de la laminer perpétuellement ? S’il l’a, c’est par grâce divine. La foi du charbonnier a maintenant pour credo la seule jouissance et pour liturgie la lumière bleue d’écrans qui ne s’éteignent jamais. Pour cela, une tendance naturelle à l’esprit humain a fait considérer que la catholicité se reconnaissait à certains signes identitaires, parfaitement extérieurs et que de qui ne les portait pas il fallait se méfier. Mais, Dieu merci, l’Esprit souffle ailleurs que sous les chemises vichy et les pantalons en velours à côtes. Il souffle aussi dans les strass des demi-mondaines, sur les nuques rasées des voyous de banlieue et dans les bars du Marais. Avec mesure, sans présumer des ses forces et avec détermination, ces lieux sont à rechercher et ces personnes humaines à fréquenter, aussi, pour leur salut et pour le nôtre.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;Nous sommes aujourd’hui plongés dans une « société libérale et multi-culturelle » comme vous le releviez vous-même. Qu’est-ce qui caractérise selon vous cette société et comment pouvons-nous finalement éviter d’adopter la mentalité et les comportements que nous dénonçons ?&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; La spécificité de ce monde, c’est que, comme l’écrivait Debord il y a déjà cinquante ans, l’obéissance est morte. Des forces inouïes y ont été déchaînées, contre lesquelles on ne peut humainement rien, lesquelles sont ces voix qui me susurrent chaque instant à l’oreille que, moi aussi, je peux être tout et tous. En ce sens, Second life, la fameuse plateforme d’internet où chacun est libre de créer son « avatar», retarde. Il y a longtemps que nous avons acquis le droit à une seconde, à une troisième, à une quatrième, à une infinité de lifes. Je suis toujours-déjà multi-culturel, j’appartiens, si je veux, par un libre choix, à toute culture, quand je veux. Je peux en réalité revêtir les apparences identitaires de chaque monde que l’Unesco a classé. « Le vrai lui-même est devenu un moment du faux », continuait Debord, et dire que je suis français et catholique, par exemple, ressortit déjà d’un choix de ma part de continuer à assumer mon appartenance. C’est-à-dire que même les attributs que j’ai reçus en héritage, je dois faire l’effort de les accepter. Mais je ne les accepterai vraiment qu’autant que des instruments culturels suffisant pour décider m’auront été donnés. En quoi, sommé de rechercher mon identité, je tourne en rond en quête de la pierre de touche par où je pourrai décider de l’inné et de l’acquis dans ma personne, et rejeter et accepter en conséquence. C’est du moins ce que l’on réclame de moi, de nous. C’est ici que la vie sacramentelle, telle qu’elle est définie par l’Eglise catholique, constitue la dernière planche de salut : il n’y a qu’en recevant le baptême, la confirmation, l’eucharistie et le pardon de mes fautes que j’obtiens réellement quelque chose que, seul, je n’aurais su désirer. Il n’y a que là, dans cette adoration naïve, dans cette nuit silencieuse que, étant extrait de moi-même par quelqu’un de plus haut, je me retrouve. C’est pourquoi une pensée protestante, démunie du recours sacramentel, comme celle de l’américain Stanley Hauerwas dont le livre Le Royaume de paix, récemment traduit en français, rencontre un fort écho chez les « catholiques communautaristes », pour ce qu’elle réduit la vie divine en nous à une éthique chrétienne va dans le mur et raisonne suivant les canons de la postmodernité. Hauerwas ose ainsi dire que « l’éthique chrétienne n’est pas écrite pour tout le monde, mais pour ceux qui ont été formés par le Dieu d’Abraham, d’Isaac, de Jacob et de Jésus. Cela veut dire qu’elle ne peut jamais être une éthique minimaliste pour le tout-venant, mais qu’elle présuppose un peuple sanctifié qui veut vivre dans une plus grande fidélité envers l’histoire de Dieu » (p. 179), réservant par là l’annonce du salut à un petit groupe prédestiné. Et il y a des catholiques fervents pour n’être pas troublés par cette hérésie, qui double d’un discours pseudo-chrétien les sirènes du monde contemporain appelant à nous retrouver, par nos seules forces, dans notre véritable identité. Je refuse catégoriquement cette interprétation. C’est, encore une fois, un mimétisme qu’il faut éviter. Les contemplatifs sortent volontairement du monde pour que rien ne trouble leur louange. Mais les contemplatifs n’ont pas d’enfants. Mais les contemplatifs n’ont ni épouse ni époux. Ils n’ont plus père ou mère qui vaille, sinon le supérieur de leur communauté. Recréer notre petit monde culturellement cohérent en apparence, ce ne serait pas sortir du monde, ce serait le faire proliférer au contraire. Il n’y a pas à balancer : c’est le monde en son entier, oikuménè, « toute la terre habitée » qui doit être travaillée pour accueillir le Seigneur quand il reviendra.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;Écrivain et journaliste, vous avez l’occasion de réfléchir à la notion de culture ? Quelle définition en donneriez-vous ?&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; Je renvoie à ce sujet le lecteur à la petite tribune que j’ai donnée à L’Homme nouveau.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;Au plan de la culture, quel est le rôle des catholiques ? Et, au fond, ont-ils un rôle spécifique à avoir ?&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; Idem.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;Quelle est votre conception de l’État et votre regard sur la tension entre État et société ?&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; C’est être bien sûr de soi que de s’autoriser à contester le pouvoir établi à son profit. Les rois de France étaient sacrés, en théorie soumis à l’autorité évangélique, cela ne les a guère empêchés de fauter, de pécher mille fois dans l’exercice de leur pouvoir. On répète à l’envi aujourd’hui qu’un pouvoir qui ne respecte plus la vie est devenu illégitime. Quid alors des pouvoirs médiévaux qui ne condamnaient pas l’esclavage ? Est-ce vraiment plus glorieux ? Ces pouvoirs-là étaient-ils aussi intrinsèquement illégitimes ? La vérité, on le sait mais il faut le redire, est qu’il n’y a pas de pouvoir sans péché ni injustice – fors l’Eglise qui n’est pas, Benoît XVI vient de le rappeler pour les incrédules, une communauté d’abord politique et dont les gouvernants, quand ils avaient charge de règne temporel, ont souvent aussi faibli. Sans obéissance, il n’y aura pas de restauration de l’Etat - et je n’ai cure de la théorie partielle qui depuis deux siècles nous invite à condamner l’Etat dans&amp;nbsp; toutes ses acceptions au motif que l’Etat moderne aurait des tendances totalitaires. Encore une fois, c’est parce que nous avons libéré des forces centrifuges en nous que l’Etat a dû se constituer comme Léviathan. Si nous revenons à une juste modestie, quels fruits notre exemple ne portera-t-il pas ! Je n’ai guère entendu les saints, ces derniers siècles, appeler à la désobéissance et à la dissidence politique. Il n’y a que par une inféodation à l’ordre politique en tant que son existence est de nature juste que l’on peut espérer une diminution du poids de l’Etat. La vraie révolution, la vraie subversion, les chrétiens le savent, c’est créer, de manière inattendue, le bien là où est le mal.&lt;br /&gt; A force de rejouer depuis deux cents ans la rôle de la vierge outragée, nous avons fini par élaborer une tradition uniquement critique, doloriste et larmoyante. Or, nous n’avons pas reçu la défaite en héritage, mais Pâques, mais la rédemption et la résurrection.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&lt;br /&gt; &amp;nbsp; &lt;img src=&quot;http://caelumetterra.hautetfort.com/images/thumb_france.2.jpg&quot; alt=&quot;medium_france.2.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
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                <title>Entretien avec Jacques de Guillebon (I)</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (Philippe Maxence)</author>
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                                                <pubDate>Tue, 06 Mar 2007 10:00:00 +0100</pubDate>
                <description>
                    &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://caelumetterra.hautetfort.com/images/thumb_Guillebon.jpg&quot; alt=&quot;medium_Guillebon.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; /&gt;&lt;b&gt;&lt;font color=&quot;#0000CC&quot;&gt;Jacques de Guillebon est directeur-délégué du mensuel &lt;i&gt;La Nef&lt;/i&gt;, et l'auteur de deux essais parus aux Presses de la Renaissance (&lt;i&gt;Nous sommes les enfants de personne&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;La France excédée)&lt;/i&gt;. Marié et père de famille, c'est un jeune écrivain au talent déjà remarqué dont il n'hésite pas à faire profiter ce blogue en intervenant lors de certaines discussions. C'est à la suite de l'une de ces discussions consacrée au mariage des chrétiens que je lui ai proposé de répondre aux questions. Comme pour tous ceux qui ont bien voulu se prêter à cet exercice, Jacques de Guillebon n'engage que lui et il n'est pas non plus responsable des propos tenus habituellement su ce blogue. Merci à Jacques de Guillebon et bonne lecture.&lt;/font&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;b&gt;À plusieurs reprises, vous êtes intervenu sur ce blogue pour prendre part aux discussions. A vous lire, il semble qu’un danger menace particulièrement certains milieux catholiques, c’est celui du repliement communautariste ? Est-ce une mauvaise interprétation de ma part ?&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; Non, il ne s’agit pas une mauvais interprétation de votre part. Je crois en en effet que le milieu catholique traditionnel est travaillé aujourd’hui, et depuis quelques années, par la tentation du « communautarisme ». Ce mauvais terme, mauvais pour ce qu’il induit de foi en une possible autosuffisance, me semble exercer une fascination adolescente sur certains cœurs désespérés par la situation européenne du christianisme, et française en particulier. Je dois avouer que, si je comprends les raisons qui peuvent motiver cette velléité de « ressourcement », je suis plus certain encore que c’est une voie mauvaise, par où nous risquons de nous égarer toujours plus. Je n’ai pas à juger qui que ce soit, et je ne m’adresse donc pas à des personnes singulières, mais je demeure persuadé qu’il faut tout faire pour éviter la chute dans la sphère d’une fausse pureté qui ressortit bien plus du catharisme et du calvinisme que du catholicisme apostolique et romain. Elle est dure à tenir notre position, il est sombre l’avenir tel que nous voyons qu’il se dessine à court terme, ce n’est pas moi qui le nierais. Pourtant, le salut, comme toujours, n’est pas dans la fuite, il est plongée dans la mêlée, tête la première : l’Esprit, si nous désirons ardemment de lui rester fidèle, nous oubliera-t-Il ? Il est avec nous jusqu’à la fin du monde, en douterions-nous ? « Allez, je vous envoie comme des brebis au milieu des loups » : et nous regagnerions l’étable, la queue entre les jambes ? C’est alors que nous trahirions notre mission. Puisque c’est du Ciel que nous sommes les enfants, nous n’avons rien à craindre des enfants des hommes qui ne peuvent tuer que les corps.&lt;br /&gt; Il est tout de même temps de rompre avec certaine destinée capitularde dont notre peuple semble s’accommoder. Si une réaction est nécessaire, il est évident qu’elle ne peut avoir pour fin que le peuple français en général, et non seule une caste de catholiques triés sur le volet. Nous pratiquons, bien légèrement, une sorte de confusion entre la nécessaire réinvention ou reviviscence des communautés intermédiaires, comme lieux de vie plus larges que la famille, et dont vous vous faites vous-même le héraut sur ce blogue, si je ne m’abuse, avec d’introuvables communautés politiques catholiques. Les communautés catholiques existent déjà, jusqu’à preuve du contraire, et c’est paroisses, diocèses, Eglises locales ou particulières qu’on les nomme. Elle ont enfanté et enfantent encore des « structures d’amour » à vocation temporelle, lesquelles ne trouvent leur but véritable que dans le don de la Parole divine, et de la charité qu’elle engendre, au monde entier. Faudra-t-il ne destiner les bienfaits du Secours catholique qu’aux seuls baptisés ? Faudra-t-il que nos écoles refusent les incroyants au nom du respect de la pureté des âmes des enfants ? Etc.&lt;br /&gt; Encore une fois, il me semble qu’il y a ici quelque chose que l’on oublie totalement, qui est que devenir chrétien, devenir catholique, au-delà du baptême, de la vie sacramentelle en général et de l’obéissance à la tradition magistérielle, est affaire quotidienne, de reconversion intérieure&amp;nbsp; permanente (« Ce qui me plaît, c’est un esprit brisé ») et l’on ne peut croire qu’il s’agisse ici de paroles en l’air, pour amuser la galerie le temps d’un prêche de Carême. C’est véritablement notre destinée de serviteurs inutiles. L’Esprit souffle où IL veut. Voulons-nous, à la fin, redevenir des Pharisiens ou des Esséniens ? Il n’est à mon sens vraiment pas anodin que le désir « communautariste » se manifeste particulièrement au sein du monde « traditionnaliste » pour qui le rite revêt une si grande importance. Il semble, d’après certaines discussions que j’entends, d’après certains forums où je jette un œil, que l’on pourrait facilement assister à un glissement de la défense du rite comme pièce essentielle de la louange divine à la défense d’un ordre matériel en général, au nom de ce qui serait le véritable christianisme. Si les nations sont chères à nos coeurs, si les patries sont objet de respect, c’est tout de même dans un certain ordre : de même que le chrétien se doit de laisser père, mère, femme et enfants pour le Royaume, de même il ne peut réduire l’exercice de sa foi à une histoire et à une géographie. De l’orient à l’occident Il vient et illumine la terre. Il se donne à tous les peuples et sans se soucier de leurs coutumes.&lt;br /&gt; En fait, on assiste, paradoxe suprême de la part des contempteurs de la modernité, au retour du slogan des guerres de religions, cujus regio, hujus religio, qui voudrait que nous nous cantonnions chacun à des terres bien définies, bien délimitées, chacune ayant ses religions et les rituels propres qui en découlent. Tel chrétien n’appartient plus au sel de la terre. N’oublions pas que l’on ne combat jamais la post-modernité par ses armes idéologiques, sauf à en devenir bientôt l’esclave. Voilà qui rappelle, dans un passage du Seigneur des anneaux (pardon à ceux qui y sont allergiques), la réaction de Boromir, fils de l’intendant du Gondor et chef de guerre, devant l’Anneau : s’il possède une telle puissance, demande-t-il, pourquoi ne pas s’en servir en la retournant contre le mal qui l’a forgé ? Boromir oublie par là en quelle possession tombe celui qui croit le posséder, et le paie très cher.&lt;br /&gt; Il est temps que nous établissions une distinction claire entre moyens d’action neutres et moyens essentiellement mondains, par où l’on est certain de chuter. Or, la notion actuelle de « communautarisme », entendue dans un sens directement effectif, est une arme évidente de la modernité. Le paradoxe n’est qu’apparent : cette notion procède en droite ligne de la rivalité mimétique dont René Girard a montré que le Christ était venu la briser, en tant que victime innocente et volontaire. Il n’y a pas d’avenir pour un christianisme post-islamique : j’entends par là qu’à vouloir constituer une structure catholique sur le schéma de la Oumma, la communauté des croyants musulmans, on sombre assurément dans le pire des pièges que nous tend le monde aujourd’hui. Ce serait ravaler notre foi à ce qui lui est substantiellement étranger, la légalisation et la judiciarisation de tout, ce serait retourner au stade mosaïque de la Révélation. Nous savons depuis la venue du Sauveur que nous pouvons manger du porc à la table des païens. Nous savons que c’est même là que s’accomplit précisément l’action salvifique. Vous citiez sur votre blogue la Lettre à Diognète. En voici un bel extrait : « V. 1. Car les Chrétiens ne se distinguent des autres hommes ni par le pays, ni par le langage, ni par les vêtements. 2. Ils n'habitent pas de villes qui leur soient propres, ils ne se servent pas de quelque dialecte extraordinaire, leur genre de vie n'a rien de singulier. 3. Ce n'est pas à l'imagination ou aux rêveries d'esprits agités que leur doctrine doit sa découverte ; ils ne se font pas, comme tant d'autres, les champions d'une doctrine humaine. 4. Ils se répartissent dans les cités grecques et barbares suivant le lot échu à chacun ; ils se conforment aux usages locaux pour les vêtements, la nourriture et la manière de vivre, tout en manifestant les lois extraordinaires et vraiment paradoxales de leur république spirituelle. » Que dire de plus ? Si les faibles parmi nous ont a être protégés, il y a déjà des places qui peuvent leur être attribuées, et nul n’est tenu de se risquer au combat public, à l’arène médiatique et au choc direct avec l’idéologie mondaine. Cependant, chacun est tenu - et l’Esprit est là pour ça - de manifester autour de lui, au milieu des nations, l’Evangile et la venue dans l’histoire humaine du Fils de Dieu, sauveur des hommes. Franchement, n’ayons pas peur… « Dans les ravins de la mort, je ne crains aucun mal ».&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;Vous avez avec raison souligné la nécessité de partir à « la conquête du monde » et de ne pas garder notre foi dans un bocal. Concrètement, peut-on vous demander comment vous exercez ce devoir missionnaire et plus largement comment les catholiques dans la situation actuelle devraient entreprendre une nouvelle annonce du Royaume ?&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; Serviteur inutile, je ne voudrais pourtant pas que le Maître qui revient me trouve grattant la terre pour déterrer le sou minuscule qu’il m’a donné en partage. Alors j’essaie, à travers la destinée de journaliste et d’écrivain balbutiant qui m’a été faite, de porter la Parole dans le monde. Concrètement, je parle à mes lecteurs, convaincus déjà ou non - cela dépend des publications - de l’annonce du Royaume. Concrètement, je parle, aussi humblement que possible, à mes amis éditeurs, écrivains, journalistes, de la joie qui nous a été donnée, à nous les hommes, d’espérer le Salut. Concrètement, j’essaie de raconter les beautés de l’Eglise de Dieu. Concrètement, quand Denis Tillinac écrit Le Dieu de nos pères, je refile à Marianne, hebdomadaire anticlérical s’il en est, une apologie du catholicisme. J’essaie la contrebande. Concrètement, quand Ardisson m’invite pour parler de mon livre, je dis mon catholicisme et quelle est la grandeur ineffable de ma foi, et pourquoi je l’ai choisie. Et, remarquez, c’est facile car personne pour me huer, ni m’insulter, ni me moquer, finalement. Votre question est bien embarrassante et ma réponse prétentieuse. Veuillez m’en excuser. Ce que j’essaie de défendre, au fond, quand je suis dans le monde, ce n’est pas une identité, ni la mienne ni celle de mes frères chrétiens, mais la révélation inouïe qui nous a été faite. Mais la joie commune de savoir à chaque instant que l’on est sauvé. Mais la douleur de ne pas pouvoir, ne pas savoir, partager les souffrances du Christ. Presque toujours, nous sommes ces cymbales creuses résonnant, parce que l’amour nous manque. L’instrument que l’on emploie pour répandre la nouvelle de la Vie a finalement si peu d’importance. Il faut l’aimer, cet instrument, juste pour ce qu’il est. Pour celui qui me concerne, il est redoutable, et la méfiance à son égard doit être permanente. La sensation de pseudo-pouvoir qu’entraîne l’usage des médias, et leur si fausse gloire spectaculaire cachée derrière, doivent être rejetés jour après jour.&lt;br /&gt; Pour les catholiques en général, il faut d’abord chacun se recueillir et prier pour que le rôle dévolu dans l’économie générale du salut, et l’humilité qui doit accompagner son exercice, nous apparaissent. Il faut au peuple de Dieu, disait saint Bernard, autant de réservoirs que de canaux. Il faut des prêtres, des prophètes, des rois, des capitaines, des lieutenants et cela jusqu’au plus petit soldat (en apparence, pour le monde, le plus petit) dont, du cœur qu’il mettra à l’ouvrage, dépend en réalité l’accomplissement de l’œuvre de sanctification générale de la terre. Pour la situation particulière qui nous occupe, celle des catholiques parmi le monde contemporain, il y a, comme à chaque époque, nécessité de se méfier de ses œuvres et de ses pompes. Il y a aussi, tant son pouvoir est grand aujourd’hui, nécessité de rappeler à tout moment quelle influence il peut avoir sur nos consciences, notamment par toutes les techniques qu’il a à sa disposition, notamment par la raideur plus aiguë qu’il a dessinée à la pente conduisant à la perdition. Le toboggan est bien huilé vers le néant et je peux, et nous pouvons, d’une seconde à l’autre, passant du bréviaire à Internet, quittant le royaume de la paix intérieure atteindre immédiatement aux rives de la pire obscénité. L’absence de transition est le risque&amp;nbsp; propre à ce monde, qui s’est constitué, Bernanos l’a dit, comme « conspiration permanente contre toute vie intérieure ». Alors, Catholic city&amp;nbsp; ? Non, mille fois non, encore une fois, car de toute façon, dans Catholic city renaîtront, c’est certain, décuplés, ces périls. Le mal est là, dans le monde, dans moi, jusqu’à la fin, il faut se le mettre dans le crâne. Le plus grand saint n’a pas connu parfaite béatitude ici bas, et nous voudrions, nous, pauvres pécheurs, bâtir la Babel nouvelle qui par nos seules forces conduirait à Dieu ? Malheur à nous si nous caressons ce désir au fond de nos cœurs ! Malheur à nous si nous oublions que là où le péché abonde, la grâce surabondera et surabonde déjà !&lt;br /&gt; Les catholiques ne sont pas complexés, ils manquent simplement à l’espérance. Nous avons été prévenus par celui qui compte chaque cheveu de notre tête que les « enfants des hommes sont plus intelligents que les fils de la Lumière ». Pour y parer, il est requis de nous diligence, labeur, humilité et foi, afin de tenir tout le jour sous les ardeurs du soleil de Satan, jusqu’à ce que les derniers ouvriers aient rejoint la moisson. Alors boxons, mais pas dans le vide. Cognons le monde où ça lui fait mal, dans sa prétention à exclure tout ce qui ne lui est pas asservi. Ne pas se rendre, c’est aussi ne pas fuir. Ne pas se rendre, c’est demeurer écharde dans la chair de ce monde qui a cru déjà triompher, c’est demeurer skandalon, cette pierre où bute le pied dominateur de qui se croit pareil à Dieu. C’est saler ses plaies jusqu’à ce qu’il se rende à l’évidence et revienne à la vie. C’est, tel le dernier juste dans la ville de l’Ancien testament, détourner la colère du Seigneur et appeler sa bénédiction sur les pécheurs. Car si je n’aime que mes amis, quel sera mon mérite, quelle sera ma récompense ?&amp;nbsp; A une autre époque sont venus à nous des hommes, pêcheurs et culs-terreux, qui bravèrent notre inculte paganisme pour nous apprendre le Salut. A d’autres époques sont sortis de nous des hommes qui ne craignaient pas de porter l’Evangile et la croix vers des rivages inconnus, à des peuples sanguinaires, qui ne tremblaient pas sous la hache, le tomahawk, ni devant le poignard, l’arc, la roue et le gibet qui les attendaient. A une autre époque encore, il y eut chez nous des prêtres et des gens de toutes conditions qui ne manquèrent pas devant l’échafaud industriel où tombaient leurs têtes pour les punir de leur foi. Et nous nous plaignons encore de notre sort.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;A &lt;b&gt;propos de la question sur le mariage entre catholique, vous avez récusé la question en raison de la moquerie qu’elle pouvait entraîner (et de fait, nous sommes d’accord sur ce point). Mais pour élargir le débat, la moquerie n’est-elle pas aussi un des éléments de la condition du chrétien ?&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; Evidemment, si. Mais pourvu que ce soit pour une injuste raison. Heureux sommes-nous si l’on nous persécute, si l’on se moque et si l’on dit toute sorte de mal de nous, mais à cause de Lui. Pas à cause de nos bouffonneries.&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;b&gt;(à suivre)…&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
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                <title>Entretien avec Denis Sureau sur l'État et la société (II)</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (Philippe Maxence)</author>
                                                <category>Entretien</category>
                                                <pubDate>Mon, 15 Jan 2007 09:28:10 +0100</pubDate>
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                    &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://caelumetterra.hautetfort.com/images/thumb_images-1.jpeg&quot; alt=&quot;medium_images-1.jpeg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.7em 0pt&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;font color=&quot;#FF0000&quot;&gt;S&lt;/font&gt;&lt;/b&gt;&lt;b&gt;&lt;font color=&quot;#FF0000&quot;&gt;uite et fin de l'entretien avec Denis Sureau sur l'État et la société.&lt;/font&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;b&gt;&amp;nbsp;4°) Vous estimez que la modernité a perverti la notion de pouvoir, en donnant naissance à l'État moderne. Pouvez-vous nous expliquer la perversion de l'État moderne ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;« Etat moderne », c’est redondant : l’Etat est moderne. Le prince médiéval n’est pas l’Etat. A moins de l’employer abusivement dans un sens tellement large qu’il s’applique à toute forme d’organisation politique (y compris la tribu !), le concept d’« Etat » est une création relativement récente. Cet élément clé de la modernité politique a été élaboré entre 1450 et 1650, théorisé à partir de Jean Bodin (inventeur de la notion de souveraineté) puis développé par les penseurs du libéralisme tels que Hobbes, Locke. D’abord conçu à travers le modèle de la monarchie absolue, la souveraineté étatique et nationale a pris une dimension encore plus subversive au XVIIIe siècle en s’appuyant sur la souveraineté du peuple exprimée dans le contrat social et dont le totalitarisme fut au XXe siècle l’ultime développement.&lt;br /&gt; L’espace politique et social antérieur à l’Etat est un espace « complexe », pour reprendre l’expression de John Milbank en opposition à l’espace « simple » unitaire moderne. Il présente une richesse de relations personnelles et sociales, une variété de libertés et de droits qui appartiennent aux différentes communautés et s’enchevêtrent : la souveraineté est conjuguée au pluriel. Tandis que l’Etat s’est constitué, notamment à l’occasion des guerres qu’il ne cesse d’attiser à son profit (l’Etat fait la guerre, la guerre fait l’Etat), en absorbant progressivement les droits de ces communautés (guildes, provinces etc.), en s’octroyant le monopole de la violence à l’intérieur d’un territoire déterminé, selon la définition classique.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;5°) Face à l'État, comment doit agir le catholique aujourd'hui ? Comment notamment faire renaître vraiment de véritables communautés intermédiaires ?&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; Il y a un préalable d’ordre intellectuel : déconstruire les concepts de la modernité séculière et restaurer une véritable théologie politique. Certes, cela ne suffit pas, mais sans cet exercice, comment concevoir une action politique juste ? Et puis, il faut resocialiser les chrétiens, recommunautariser leur mode de vie. Cela passe par la multiplication d’initiatives de toutes sortes (entreprises, associations, réseaux…) y compris dans le champ économique et social. C’est ce qu’ont fait les militants de Communion de Libération en créant des milliers de coopératives. Ou les entrepreneurs s’inspirant de l’économie de communion des Focolari. Deux exemples parmi beaucoup d’autres. La communauté ecclésiale peut devenir, en tant que contre-société, le site à partir duquel la véritable société peut renaître. Pas demain : dès aujourd’hui. Sans rien attendre de l’Etat.&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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                <title>Un entretien avec Falk van Gaver sur l'écologie</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (Philippe Maxence)</author>
                                                <category>Entretien</category>
                                                <pubDate>Mon, 13 Nov 2006 01:35:00 +0100</pubDate>
                <description>
                    &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://caelumetterra.hautetfort.com/images/thumb_Falk.2.jpg&quot; alt=&quot;medium_Falk.2.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.7em 0pt&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;font color=&quot;#000099&quot;&gt;J'ai annoncé (&lt;/font&gt;&lt;/b&gt;&lt;a href=&quot;http://caelumetterra.hautetfort.com/archive/2006/11/10/un-colloque-a-toulon1.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000099&quot;&gt;ici&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;b&gt;&lt;font color=&quot;#000099&quot;&gt;) le colloque, organisé par l'Observatoire socio-politique du diocèse de Fréjus-Toulon, qui se tiendra en fin de semaine. Parmi les forums annoncés, celui sur les styles de vie et la Création, m'a semblé particulièrement intéressant, notamment parce qu'il recoupe les préoccupations de ce blog. C'est pourquoi j'ai posé quelques questions à Falk van Gaver, l'un des intervenants. Falk van Gaver, c'est la rencontre, dans une même personne, de saint Augustin et de Jean Raspail, une gueule de jeune premier en plus. Ce jeune écrivain est à la fois un aventurier, un journaliste, un philosophe et un théologien, auteur de deux ouvrages, &lt;i&gt;La politique et le sacré&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;La Route des Steppes&lt;/i&gt;, publiés tous les deux aux Presses de la Renaissance. Il prépare d'autres ouvrages et nous devrions avoir l'occasion de le retrouver dans nos réflexions.&amp;nbsp;&lt;/font&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;b&gt;– Falk van Gaver, vous êtes un des intervenants au Colloque de Toulon. Votre sujet concerne l'environnement. Pourquoi vous intéressez-vous à&amp;nbsp; cette question ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;L'environnement et l'écologie ne sont en rien une question aujourd'hui optionnelle, bien qu'elle apparaisse généralement comme telle : un plus écologique, une touche verte... Or l'écologie est une question absolument centrale et vitale et devrait être un critère prioritaire en matière politique et économique au sens le plus large de ces deux termes. si on ne s'intéresse pas ou pas assez à cette question, elle s'imposera et elle s'impose déjà à nous sous le mode de la catastrophe soudaine ou, ce qui est plus grave quoique moins spectaculaire, sous celui de la catastrophe diffuse.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;b&gt;– Vous estimez qu'il faut adopter de nouveaux styles de vie. À quoi pensez-vous exactement ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;A un mode de vie écologique, responsable, économique au sens noble du terme. Eco-logie et éco-nomie viennent tous deux du grec oïkos, la maison, le foyer, la domus en latin, et ont donc directement à faire avec la sphère domestique. On pourrait traduire écologie par la science de la maison, le savoir domestique, et économie par la loi de la maison, la règle domestique. cet aspect domestique,personnel, familial et communautaire est central pour une révolution des modes de vie dans un sens écologique. En termes pratiques et pour commencer : vie simple, consommation biologique et habitat écologique. &quot;Laissez-vous attirer par ce qui est simple&quot;, comme dit l'apôtre Paul.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;b&gt;– Est-ce que ces nouveaux styles de vie ne dépassent pas finalement la&amp;nbsp; question de l'environnement ?&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Bien sûr ! L'écologie dépasse largement la question de l'environnement et concerne la totalité de l'existence : l'écologie est par nature intégrale et comprend aussi &quot;l'écologie humaine&quot; qu'évoquait Jean-Paul II dans son encyclique L'Evangile de la Vie ! Il faut promouvoir une culture écologique intégrale, culture entendue au sens anthropologique, c'est-à-dire recouvrant tous les aspects de la vie humaine, aspects temporels mais aussi dimension spirituelle.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;– Sur ce blog, nous avons signalé d'une part une série de sermons du cardinal Ratzinger concernant la Création et, d'autre part,&amp;nbsp;&amp;nbsp;un autre&amp;nbsp; de ses sermons consacré à la figure de saint François d'Assise. À&amp;nbsp; chaque fois, le cardinal Ratzinger insiste sur le fait que la défense&amp;nbsp; de l'environnement ne peut se détacher de la défense de l'homme car celui-ci a une place essentielle dans la Création. Est-ce que cela ne&amp;nbsp; rend pas vaine, selon vous, toute tentative consistant à isoler la&amp;nbsp; Création de son Créateur, en la réduisant à un simple concept de nature&amp;nbsp; ou d'environnement ?&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; J'allais y venir ! La dimension spirituelle de l'écologie est assumée par la religion, et à cet égard le christianisme offre une vision écologique radicale et intégrale largement inexploitées et incomprises de nos jours par nous autres modernes, catholiques mais malheureusement modernes, trop modernes, ce qui a même mené certains pans de l'écologisme à attaquer le judéochristianisme en les désignant comme responsables du mépris de la nature et de la crise écologique majeure et multiforme qui se déclare plus gravement jour après jour. Il y a certes une responsabilité occidentale énorme dans cette affaire, mais elle est davantage liée à la modernité, cette sortie du christianisme, qu'à la chrétienté qui a développé une vision cosmologique et écologique très complète, dans laquelle il conviendrait de puiser les éléments d'une reconstruction et d'une refondation d'une vision du monde authentiquement et intégralement chrétienne, n'oubliant rien au passage, et surtout pas la Création qui est l'oeuvre même de la bonté et de la sagesse de Dieu. L'écologie est justement un sujet politique majeur pour tous les hommes quels qu'ils soient, et à cet égard un terrain d'évangélisation immense. Mais l'écologie chrétienne n'a rien d'une manipulation instrumentale et prosélyte : le salut de la Création tout entière - et pas l'homme seulement - dans le Christ est au centre même de la révélation biblique !&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;– Est-ce que la question du changement de style de vie ne rend pas vain également le fait de s'appuyer sur des hommes politiques qui, au-delà&amp;nbsp; de leur bonne volonté et de leur courage, renforcent un système qui est&amp;nbsp; directement contre des styles de vie qui «&amp;nbsp;doivent s’inspirer de la&amp;nbsp; sobriété, de la tempérance, de l’autodiscipline sur le plan personnel&amp;nbsp; et social&quot; ?&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; L'écologie s'adresse à tous et il faut évidemment la rappeler aussi sans cesse aux hommes politiques, sans se faire trop d'illusions sur leur capacité au changement... Il faut renforcer cette prise de conscience écologique auprès de toute la population, à commencer par les chrétiens. Les politiciens professionnels et leurs staffs de communication étant attentifs aux sujets en vogue, tant mieux si l'écologie pénètre aussi leurs milieux et leurs discours, et peut-être un jour, leurs actions... Cela dit, l'accent mis sur un nouveau mode de vie, de nouvelles formes de vie, rappelle que le changement commence en chacun de nous et que l'exemple prêche autant voire davantage que la parole, que la parole seule en tout cas. La tradition chrétienne a toujours incarné cette voie de conversion du quotidien même et de transfiguration de la vie, sans cesser de prêcher les foules et de rappeller les puissants à leurs devoirs.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;– Que comptez-vous faire concrètement&amp;nbsp;&amp;nbsp;pour travailler au changement de style de vie ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Pour ma part, dans la vocation qui est la mienne, travailler toujours davantage sur la question écologique dans ses dimensions politques et économiques en insistant sur son ancrage théologique et philosophique, et mettre ce travail en cours à disposition du public. Et puis, incorporer progressivement les changements concrets dans la vie quotidienne dont je parlais plus haut : manger bio, vivre écolo...&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;b&gt;– Enfin, trouvez-vous normal que des initiatives comme un colloque&amp;nbsp; politique et l'existence d'un Observatoire politique reviennent à l'autorité diocésaine ? N'est-ce pas du rôle et de la responsabilité du pouvoir temporel autonome du laïcat chrétien ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;L'autorité diocésaine a justement donné ici une impulsion bénéfique pour rappeler précisément le laïcat chrétien à l'exercice de son autonomie temporelle. L'Eglise a toujours rappelé les laïcs à leur devoirs civiques et à leur mission politique. Plus largement, au-delà du laïcisme qui nous infecte, et dans une juste conception de la distinction sans confusion ni séparation du temporel et du spirituel, il se peut que devant la déliquescence sans cesse grandissante de la politique et de l'économie, et devant la destruction du monde par la modernité, l'Eglise se voit toujours plus obligée de remplir une mission temporelle indirecte en même temps que son divin mandat...&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;font color=&quot;#FF0000&quot;&gt;Les livres de Falk van Gaver :&lt;/font&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: left&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://caelumetterra.hautetfort.com/images/thumb_politique-sacre.jpg&quot; alt=&quot;medium_politique-sacre.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.7em 0pt&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: left&quot;&gt; &lt;div style=&quot;text-align: left&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://caelumetterra.hautetfort.com/images/thumb_steppes.jpg&quot; alt=&quot;medium_steppes.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.7em 0pt&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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                <title>Les écoles indépendantes : un entretien avec Anne Coffinier</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (Philippe Maxence)</author>
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                                                <pubDate>Tue, 07 Nov 2006 01:05:00 +0100</pubDate>
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                    &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://caelumetterra.hautetfort.com/images/thumb_Coffinier.jpg&quot; alt=&quot;medium_Coffinier.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.7em 0pt&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#0000CC&quot;&gt;&lt;b&gt;Lorsqu'on rencontre Anne Coffinier, on reste surpris devant tant d'énergie, de vivacité intellectuelle et de force morale. Fondatrice de l'association Créer son école, elle nous explique comment et pourquoi il est urgent de rendre la liberté au secteur scolaire. Étonnant. À lire.&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;b&gt;Vous avez fondé Créer son école, association qui propose une aide juridique et pratique bénévole aux créateurs d’écoles hors contrat. Pour quelles raisons ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;La situation de l’école en France – et plus largement en Europe de l’ouest – est particulièrement préoccupante. Cette crise n’est pas passagère : elle a débuté il y a plus de trente ans et s’aggrave d’année en année. Ses conséquences sont catastrophiques et menacent les bases mêmes de notre civilisation.&lt;br /&gt; Citons quelques manifestations du chaos pédagogique actuel :&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; - 1 enfant sur 3 ne sait pas lire correctement en 6ème &amp;nbsp;&lt;br /&gt; - 45 % des lauréats du baccalauréat professionnel sont au chômage après 7 mois de recherche&lt;br /&gt; - 160 000 élèves quittent chaque année le système scolaire sans aucune qualification&lt;br /&gt; - explosion des pathologies scolaires (progression exponentielle des dyslexies, dysorthographies, phobies scolaires…)&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Cela signifie que, si l’on ne fait rien, des millions d’élèves vont continuer à être « mutilés à vie ». Il est donc vital de renouveler en profondeur l’école, qu’il s’agisse des filières généralistes ou professionnelles.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Or l’expérience montre, en France comme à l’étranger, que l’Etat rencontre de graves difficultés s’il essaie de mener tout seul les réformes nécessaires. La société civile a en réalité un rôle essentiel à jouer dans la refondation de l’école. Comment ? Tout simplement en créant des établissements scolaires indépendants de qualité. Puisqu’il n’est pas de solution de l’intérieur (à cause du gigantisme bureaucratique des structures et du conservatisme aveugle des syndicats), il faut agir à l’extérieur et à côté du grand corps malade de l’Education nationale. C’est seulement ainsi que l’on pourra susciter une émulation profitable au système éducatif français dans son ensemble.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; C’est dans cette perspective que j’ai fondé « Créer son école » en février 2004 pour accompagner juridiquement et pratiquement les créateurs d’école.&amp;nbsp; (Créer son école ;46 rue Custine 75018 Paris ; tel. de permanence : 06 26 27 86 72 ; contact@creer-son-ecole.com; site : www.creer-son-ecole.com)&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;Vous employez les termes d'« écoles indépendantes », là où il est habituel de parler d'école hors-contrat. À quelle logique répond votre choix lexical ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Le terme d’école hors contrat, outre qu’il est sec et technique, donne à croire que la « normalité » serait du côté des écoles « sous contrat ». En réalité, c’est le contraire puisque la normalité mondiale et historique se situe du côté de la liberté pédagogique et de l’autonomie de gestion qui caractérisent en propre les écoles indépendantes (ou hors contrat). S’il est légitime que l’Etat intervienne financièrement pour permettre un accès effectif de chacun à l’éducation (par exemple sous forme de chèque éducation), il est en revanche illégitime que l’Etat s’ingère dans le contenu de l’enseignement, à partir du moment où ce dernier respecte l’ordre public.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;b&gt;Quelle est la philosophie profonde de l'école indépendante ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;La philosophie des écoles indépendantes, c’est de croire à la liberté dans le domaine de l’esprit. Et de faire confiance. Faire confiance aux parents, qui sont capables de choisir l’école la plus adaptée à leur enfant ; faire confiance au directeur pour recruter son équipe et prendre les bonnes décisions ; et enfin et surtout, faire confiance aux professeurs pour choisir les meilleures méthodes, dès lors qu’ils sont placés en situation de responsabilité. Une école indépendante est une école qui détermine sa pédagogie, son esprit et sa gestion de manière libre et autonome. Ce simple positionnement entraîne des effets vertueux. On sait que l’homme ne s’investit pleinement dans le succès d’une entreprise que s’il est personnellement tenu responsable des résultats atteints, ce qui suppose bien sûr qu’il ait été tout à fait libre des moyens mis en œuvre. Toute insertion dans une structure administrative de taille importante dilue les responsabilités, étiole les libertés, stérilise la vitalité et la créativité que peut avoir une petite communauté éducative. Cette considération vaut pour toutes les écoles, qu’elles soient publiques ou privées. Mais on peut noter que l’Enseignement catholique ne s’oriente hélàs pas dans cette direction : la récente loi Censi vient de restreindre encore drastiquement l’autonomie de gestion des établissements du privé catholique sous contrat.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;Combien y a-t-il d'écoles indépendantes aujourd'hui en France ? Sont-elles toutes catholiques ?&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; Il y en a environ 450 en France ; 27 ont ouvert leurs portes en septembre dernier. Elles sont catholiques pour moitié environ. L’autre moitié est constituée d’écoles protestantes (le plus souvent évangélistes), à pédagogie particulières (Montessori, Steiner, pédagogie entièrement individualisée ou fondée sur support informatique); d’autres enfin ont des spécificités fortes (écoles pour enfants dyslexiques, pour enfants précoces, avec horaires aménagés comme pour les manécanteries, bilingues (langues régionales ou étrangères)).&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;Pour quelles raisons les parents font-ils ce choix ? Avez-vous des chiffres sur le nombre de familles qui recourent à ce type d'école aujourd'hui ?&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Les parents font le choix de la liberté soit parce qu’ils veulent que leur enfant ait une éducation rigoureuse et en harmonie avec la formation délivrée à la maison (notamment au plan spirituel et moral), soit parce que leur enfant est en souffrance scolaire (échec scolaire,&amp;nbsp; voire phobie scolaire ou dépression…) et que cette situation les conduit à chercher une solution pour leur enfant hors des sentiers battus. Enfin, il y a aussi tous les étrangers ou Français de retour d’expatriation qui continuent à inscrire leurs enfants dans ce type d’établissement qu’ils ont appris à apprécier à l’étranger.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Il y a environ 30 000 enfants dans les écoles hors contrat et 30 000 pratiquant l’école à la maison. Le nombre des descolarisations connaît une progression exponentielle (dans les ZEP, dans le contexte du CPE, de la crise des banlieues…). En l’absence de réformes de l’école publique et dans le contexte de saturation du privé, ces descolarisations ne pourront que se multiplier, comme on le voit aux Etats-Unis.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; M&lt;b&gt;ais quels sont en définitive les avantages objectifs des écoles indépendantes ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Elles offrent un excellent cadre éducatif car :&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;– soumises à une obligation de résultat, elles sont poussées à avoir un corps professoral compétent et habité par la vocation de l’enseignement ;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;– fondées par des professeurs partageant la même vision de l’éducation, elles bénéficient d’un corps professoral soudé délivrant une formation cohérente ;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;– par la diversification d’établissements scolaires qu’elles introduisent, elles permettent à chaque famille de choisir le meilleur cadre éducatif pour ses enfants ;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;– de taille humaine, ces écoles assurent un enseignement individualisé respectueux des personnes ;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;– dirigées par des chefs d’établissement sous l’égide du conseil d’administration de l’école, elles sont gérées efficacement ;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;– libres de leurs moyens (méthodes, horaires, programmes, manuels, options) mais comptables de leurs résultats (tant pédagogiques que financiers), elles mettent en œuvre des méthodes empruntées aux traditions éducatives les plus fécondes ;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;–&amp;nbsp; librement choisies par les familles en raison de leur projet pédagogique, elles dispensent une formation en harmonie avec l’éducation familiale.&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;b&gt;Une action pour les écoles indépendantes ne devrait-elle pas s'accompagner d'une action pour la séparation de l'école et de l'État ?&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; La séparation de l’école et de l’Etat est une exigence élémentaire de l’Etat de droit car l’école est le lieu par excellence de formation des esprits. Et il est évident qu’un monopole dans le domaine de l’esprit est une hérésie ! La non-ingérence de l’Etat dans l’enseignement est donc plus importante qu’en matière de liberté de presse par exemple. L’Etat peut financer les écoles sur fonds publics si et seulement si il s’oblige à ne pas se mêler pas du contenu et de la pédagogie utilisés. Son rôle doit impérativement se limiter à garantir le bon fonctionnement du système éducatif, et à pallier le cas échéant ses manques à titre subsidiaire. En aucun cas, il ne peut légitimement se substituer à la société civile. C’est pourquoi, il serait urgent de demander que les professeurs (qu’ils relèvent du public, du privé sous ou hors contrat) soient inspectés non pas par des inspecteurs de l’Education nationale mais par des inspecteurs diligentés par des agences indépendantes.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;Est-ce que les professeurs sont suffisamment formés dans ce type d'établissement ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Nulle part en France les professeurs sont suffisamment formés : parce qu’ ils reçoivent une formation théorique de nature idéologique (cf. le livre de Mme Boutonnet sur le lavage de cerveau dans les IUFM) ; et parce qu’ils ne reçoivent aucune formation pratique, dans le cadre d’une classe, au contact d’un maître expérimenté qui leur montre et leur transmette son savoir faire. Les professeurs en France sont déformés (on leur inculque un jargon abscons digne de Trissotin) mais ils ne sont pas formés. Ils le savent et en souffrent surtout lorsqu’ils sont jetés sans préparation et expérience dans des établissements dits sensibles. La situation est aussi dégradée pour les enseignants du privé sous contrat (qui sont obligés de fréquenter les IUFM depuis les accords Lang-Cloupet de 1992, ce dont se passent avantageusement les professeurs des écoles israélites !).Les établissements indépendants présentent cet avantage que leurs professeurs sont poussés à donner le meilleur d’eux-mêmes car l’établissement est soumis à une obligation de résultat et que les professeurs sont comptables des résultats de leurs élèves. De plus, beaucoup de professeurs viennent de la société civile ; cela donne à l’ensemble de la communauté éducative un tour d’esprit plus ouvert et réaliste que celui des professeurs n’ayant jamais fréquenté que des salles de prof’. Néanmoins, il est urgent de former mieux les professeurs en particulier pour le primaire. La Fondation pour l’école travaille justement au lancement d’un institut libre de formation des maîtres, professeurs et directeurs (en un an, avec une partie théorique très ramassée et un stage d’un an auprès de professeurs réputés). (pour en savoir plus : info@fondationpourlecole.org). Il faut créer un lieu dans lequel les savoir-faire maîtrisés par les enseignants expérimentés puissent être transmis d’une manière essentiellement pratique et accessoirement théorique aux jeunes enseignants.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;b&gt;Existe-t-il des écoles indépendantes pour les classes techniques ?&lt;/b&gt;°)&amp;nbsp; Parmi les 450 écoles, seul le réseau d’écoles juives compte un nombre significatif d’écoles professionnelles dont la spécialité évolue de manière réactive en fonction des mutations du marché. Il est urgent de développer plus largement les écoles indépendantes préparant à un métier ou corps de métiers : la Fondation pour l’école espère prochainement pouvoir aider financièrement au lancement de telles écoles. Ces structures verraient la partie professionnelle de la Formation entièrement confiée aux entreprises pour être réellement en prise avec la réalité économique.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;Y a-t-il un enseignement supérieur indépendant ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Le supérieur est tout à fait différent du primaire ou secondaire car il y a une foison d’écoles supérieures indépendantes préparant des diplômes totalement privés (à commencer par les multiples écoles de commerce). Cependant, s’agissant d’études classiques, il existe des établissements privés s’inscrivant dans cette logique d’indépendance intellectuelle par rapport aux préconisations de&amp;nbsp; l’Etat. S’agissant des catholiques, il y a ainsi 7 facultés privées : l’IPC, la FACO, IFJ, l’ISES, L’IRCOM, l’Institut Albert le Grand ; l’IUSPX (toutes sont référencées sur le site de www.creer-son-ecole.com).Mais la priorité nous semble être vraiment de restaurer un enseignement primaire de qualité (ouvrant sur un diplôme de fin d’études primaire réellement sélectif) car sans formation de base solide, rien n’est possible.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;b&gt;Comment aider au développement des écoles indépendantes ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;En soutenant financièrement les écoles directement (les dons sont déductibles) ou la Fondation pour l’école. En effet, cette institution en cours de lancement devrait pouvoir contribuer à donner une assise financière aux meilleures écoles et les aider à se doter d’un corps professoral de grande qualité. (cf. &lt;a href=&quot;mailto:info@fondationpourlecole.org&quot;&gt;info@fondationpourlecole.org&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;b&gt;N'y a-t-il pas un risque de dérive sectaire ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Pourquoi en aurait-il un en particulier dans ces écoles ? Les écoles hors contrat sont bien plus étroitement inspectées et surveillées que les écoles publiques ou privées sous contrat. Si l’on veut monter une secte, ce n’est donc pas le lieu idéal, n’en déplaise à la Commission d’enquête parlementaire en cours qui cherche à restreindre la liberté d’enseignement en&amp;nbsp; brandissant le péril sectaire !&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;b&gt;En quelques mots, Anne Coffinier, qui êtes-vous et comment avez-vous été conduite à vous occuper de ces questions ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;J’ai 32 ans, je suis mariée et ai trois enfants ; je suis catholique, diplomate de profession, énarque et normalienne de formation ; j’ai été conduite à m’intéresser à l’éducation tout naturellement (en tant que mère de famille et normalienne) ; l’ampleur du chaos éducatif m’a convaincue de m’investir à plein au service du renouveau éducatif. Les écoles entièrement libres m’ont paru la structure la plus apte à susciter ce renouvellement en profondeur du système éducatif, le tout dans des délais acceptables.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;b&gt;Enfin dernière question : est-ce que recourir à l'école indépendante reflète un choix qui repose sur une conception de la vie ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Oui, même si ce choix devrait aller de soi : il s’agit du choix de vivre libre et responsable de sa vie, de ses actes au lieu de se laisser assister, dicter ses pensées par l’Etat dans un domaine où il ne doit intervenir que pour permettre le respect effectif de la liberté d’enseignement. Il s’agit aussi du choix de la cohérence (cohérence de l’éducation à l’école et en famille, cohérence religieuse (peut – on mettre Dieu à la porte de l’école si l’on croit en Dieu ?).&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;b&gt;Quel message final voudriez- vous délivrer aux lecteurs de ce blog ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Il tient en une phrase : les écoles indépendantes sont la solution d’avenir. Inscrivez-y vos enfants. Ils méritent bien autre chose qu’une éducation au rabais ! Pour en savoir plus sur les écoles indépendantes, visitez le site www.creer-son-ecole.com (&lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/admin/blog/www.creer-son-ecole.com&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;) et commandez la brochure de questions/réponses sur les écoles indépendantes publiées par notre association : &lt;a href=&quot;http://www.creer-son-ecole.com/index.php?page=brochure&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Mieux encore, si les écoles indépendantes vous semblent une solution intéressante pour la jeunesse de notre pays, n’hésitez pas à soutenir la Fondation pour l’école. Pour plus d’informations, écrivez-nous à info@fondationpourlecole.org ou téléphonez nous au 01 42 62 76 94. A bientôt !&lt;/p&gt;
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