27/03/2011

RIP : Dennis Quinn, le dernier de l'IHP Kansas

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Après John Senior et Frank Nelick, le dernier professeur du célèbre trio qui anima dans les années soixante-dix l'« Integrated Humanities program » (IHP) de l’Université de Kansas., vient de retourner à la Maison du Père.

Dennis Quinn est décédé le 15 mars dernier à l’âge de 82 ans. Avec John Senior, plus connu en France en raison de la traduction de deux ouvrages chez DMM – La mort de la culture chrétienne et La restauration de la culture chrétienne –, Dennis Quinn a formé une génération d’étudiants dont beaucoup se convertirent au catholicisme par la seule porte de la littérature classique. On trouvera une présentation de cette aventure extraordinaire de l’IHP ici.

Dennis Quinn est né le 3 octobre 1928 à Brooklyn. Ancien combattant de la Seconde Guerre mondiale, engagé dans le Pacifique, il devint dans les années cinquante docteur en anglais et en littérature comparée. Il effectua des recherches en Hollande et en Espagne, puis fut directeur du Pearson College et l’un des animateurs de l’IHP à l’université de Kansas. À ce titre, il conduit deux groupes d’étudiants en Grèce et en Italie et un autre groupe en Irlande. Il lui fut décerné plusieurs prix récompensant son travail. Il publia en 2006 "Iris Exiled" about the history of wonder, un livre malheureusement non traduit en français et qui évoque la Bible et Homère comparés aux regards modernes. 

Marié depuis 1952, veuf depuis 2006, il était le père de deux filles et d’un fils. Signe d’une relation toujours féconde avec certains de ses anciens élèves, la famille a demandé que les dons pour les messes soient notamment transmis à l’abbaye de Clear Creek. Certains de ses anciens élèves ont témoigné de leurs dettes envers ce « great professor ». 

28/01/2008

La décision 6

Sur son blogue, Yves Daoudal explique l'une des dispositions du Rapport Attali que nous avons laissée passer. Plutôt que de tenter d'expliquer ce qu'il a bien fait lui-même, je vous invite à vous rendre sur son blogue pour prendre connaissance du mécanisme pervers de ce que Daoudal appelle la "décision 6". Une bonne démonstration de la sournoiserie totalitaire, qui mérite que nous agissions rapidement. Le fond du problème est présenté ainsi par Yves Daoudal : 

"Le coupon scolaire est la garantie d’une totale liberté de l’enseignement. Par un renversement diabolique (que presque personne ne semble voir), le rapport Attali en fait une garantie de suppression des libertés scolaires, et l’expression « droits à l’école » prend un sens très particulier."

Il en explique ensuite le mécanisme.  

Le lien pour arriver directement sur la page du blogue d'Yves Daoudal : ici. 

 

08/03/2007

Faut-il sauver le Mammouth ?

Le blogue Chrétiens dans la cité est entré dans le débat sur la question soulevée par les deux entretiens publiés ici avec Jacques de Guillebon. Je vous incite à le lire : ici.


Je voudrais juste relever un point de cette réflexion, même si faute de temps, je ne peux développer et argumenter davantage.
Le signataire écrit ceci :
« On parle aussi des écoles. Loin de condamner les écoles hors contrat, je pense et j'espère que ce ne sera que temporaire. Oui, parce que nous avons le devoir de militer à temps et à contre-temps pour que l'éducation nationale remplisse son rôle correctement. Or le jour où nos enfants trouveront ce que l'on peut espérer de mieux pour eux au sein de l'école "normale", nous n'aurons plus aucune raison de nous retrancher. Car attention, nous ne demandons pas à l'école d'éduquer nos enfants, mais simplement de leur apporter la formation nécessaire sans aller à l'encontre de ce que l'on a pu leur inculquer nous même. Ne pensons pas que c'est aux abbés d'élever nos enfants, ne démissionnons pas de notre rôle de parents. »

A l’inverse de notre ami, je ne pense pas et je n’espère pas que les écoles hors contrat seront temporaires. J’espère seulement qu’elles se multiplieront et seront de plus en plus diverses. Et j’espère aussi – c’est l’un de mes plus grands souhaits également – que ces écoles ne se contenteront pas de reproduire le modèle scolaire de la IIIème République, en y ajoutant seulement un aumônier et l’enseignement du catéchisme, mais tenteront de repenser l’enseignement dans sa globalité. Il y a sur ce sujet des rencontres (intellectuelles) surprenantes entre Alain Finkielkraut, par exemple, et John Senior.
Pourquoi devrions-nous militer, à temps et à contre-temps pour que l’Éducation nationale remplisse son rôle correctement ? À temps, oui, c’est-à-dire aujourd’hui, parce qu’il y a de fait un quasi monopole de l’Éducation nationale sur les structures d’enseignement. Par réalisme, nous devons prendre en compte cet aspect et tenter autant que possible d’améliorer ce qui peut l’être. Il y va de l’avenir des enfants.
Mais, à contre-temps ? Nous n’avons pas vocation à sauver l’Éducation nationale.
« Ne pensons pas que c’est aux abbés d’élever nos enfants, ne démissionnons pas de notre rôle de parents ».
Bien d’accord. Mais alors pourquoi penser et vivre surtout comme si c’était à l’État d’élever ou d’enseigner nos enfants ?
On peut concevoir un État qui garde le contrôle sur la définition de diplômes nationaux et qui contrôle les examens. Mais un État qui exerce lui-même l’enseignement par une dite Éducation nationale me semble être un État qui sort de ses compétences et de ses missions. L’État ne doit intervenir sur le terrain que de manière subsidiaire, en cas de carence et le temps de cette carence, qu’il doit travailler à faire disparaître.
L’école « normale » pour reprendre la terminologie employée est une école libérée du lien étatique. Elle s’appelle aujourd’hui « hors contrat » parce que l’État pour mieux contrôler l’enseignement libre a créé les contrats d’associations. D’où la création d’écoles hors contrat, pour sortir de l’asphyxie morale, éducative, voire religieuse.
Elles n’ont pas été créées pour être des camps retranchés, mais parce que les conditions ont été mises en place pour que l’enseignement libre abdique de lui-même sa propre liberté. Certaines écoles hors contrat sont certainement devenues des « camps retranchés ». C’est un excès, un défaut, une faute peut-être. Qui a d’ailleurs son pendant dans l’école publique dont certains établissements sont devenus des camps retranchés d’une idéologie, voire un champ d’expérimentation pédagogique sur les enfants. Reste que le côté « camp retranché » de certaines écoles cesserait certainement plus facilement, si l’État n’avait plus cette prétention à exercer l’enseignement. Pas demain la veille, dira-t-on ? Pas réaliste ? Effectivement. C’est pourquoi, il n’est pas interdit de développer le réseau d’écoles indépendantes et que chaque parent prenne ses responsabilités pour ce qui lui semble le mieux adapter pour chacun de ses enfants. Mais, de grâce, que l’on ne nous demande pas de sauver le Mammouth.