15.11.2007
Aux lecteurs
Je vais continuer aujourd'hui la suite de la publication de la présentation des deux ouvrages sur la guerre en Irak. Une première réaction très intéressante a été publiée hier sur ce sujet (ici). Je profite de celle-ci pour rappeler plusieurs choses :
– à mon grand regret, je n'ai pas le temps de répondre à ces commentaires. J'ai donc choisi de ne jamais répondre ou de proposer une réponse générale si la nécessité s'en fait sentir. Que l'on ne m'en veuille pas. C'est vraiment une question de temps. J'espère pouvoir remédier à cette situation un jour. En attendant, il me semble bien de laisser ces commentaires en ligne, pour qu'une discussion éventuelle puisse s'engager, même en dehors de moi.
– il arrive que les commentaires sortent du sujet, font preuve de raccourcis incroyables ou de manque d'argumentation, s'en prennent aux personnes, etc. Généralement, je les laisse en ligne, sauf atteinte aux bonnes mœurs (c'est arrivé) ou violences verbales hors de propos. Évidemment, cela ne veut pas dire que j'approuve tous les commentaires en ligne. Je n'ai malheureusement pas les moyens de les modérer avant publication, sauf, si j'ai bien compris, à payer le prestataire de service.
– certains intervenants utilisent des pseudonymes, manière de faire qui ne me dérange nullement. Je suis plus embêté quand je vois que la même personne utilise plusieurs pseudos, parfois dans la même discussion. Le but poursuivi devient évident : semer la zizanie. Il me semblerait normal d'utiliser toujours le même nom – pseudo ou pas – pour défendre ses positions, critiquer ou donner un avis. Je ne m'interdis pas à l'avenir de bloquer sans préavis les messages venant de la même adresse I.P. utilisée par différents noms.
– enfin, je remercie les lecteurs fidèles de ce modeste blogue, qui a choisi les rives calmes de la réflexion (c'est presque un contre-blogue) et qui aborde des sujets qui ne passionnent pas forcément les foules. J'espère de ce fait être un peu complémentaire des blogues d'information qui existent par ailleurs et qui font un travail souvent remarquable.
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05.11.2007
Quand un dessin vaut mieux qu'un long discours

21:05 Publié dans Divers | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Publicité, société de consommation, manipulation
06.09.2007
La rentrée de Caelum et Terra
Après plusieurs semaines de silence et un voyage aux États-Unis, j'ouvre à nouveau les portes de Caelum et Terra. En commençant par un extrait d'une homélie de Benoît XVI qui recouvre les thèmes abordés ici.
Homélie de Benoît XVI, dimanche 2 septembre 2007
Chers jeunes, il me semble apercevoir dans cette parole de Dieu sur l'humilité un message important et plus que jamais actuel pour vous qui voulez suivre le Christ et faire partie de son Eglise. Le message est le suivant : ne suivez pas la voie de l'orgueil, mais celle de l'humilité. Allez à contre courant : n'écoutez pas les voix intéressées et persuasives qui, de toutes parts, diffusent aujourd'hui des modèles de vie basés sur l'arrogance et la violence, le pouvoir et le succès à tout prix, l'apparence et la possession, au détriment de l'être. De combien de messages, qui parviennent surtout à travers les mass media, êtes vous les destinataires ! Soyez vigilants! Soyez critiques! Ne suivez pas la vague produite par cette puissante action de persuasion. N'ayez pas peur, chers amis, de préférer les voies « alternatives » indiquées par l'amour véritable : un style de vie sobre et solidaire ; des relations d'affection sincère et pures ; un engagement honnête dans l'étude et le travail ; l'intérêt profond pour le bien commun. N'ayez pas peur d'apparaître différents et d'être critiqués pour ce qui peut sembler perdant ou démodé : les jeunes de votre âge, mais aussi les adultes, et en particulier ceux qui semblent le plus éloignés de la mentalité et des valeurs de l'Evangile, ont un besoin profond de voir quelqu'un qui ose vivre selon la plénitude d'humanité manifestée par Jésus Christ.
Texte intégral : ici
Extrait d'un entretien accordé à Zenit par le cardinal Schönborn :
Je pense que le défi que nous devons affronter aujourd’hui, dans une société fortement sécularisée comme la nôtre, est celui de vivre le christianisme, la foi chrétienne, presque comme une alternative, une société de contraste. Non pas pour se mettre à l’écart mais pour proposer l’Evangile, la foi comme la véritable alternative pour la société d’aujourd’hui.
Zenit – Il y a quelques temps vous évoquiez le problème du manque d’enfants. Comment la société pourrait-elle se montrer plus attentive aux besoins de l’enfance ?
Card. Schönborn - C’est avant tout le problème énorme d’une société qui compromet purement et simplement son avenir en ayant trop peu d’enfants. Nous le savons bien : presque toute l’Europe est appelée à se confronter au problème de la chute démographique, que seule une forte immigration arrive à compenser. Cette décision est une décision qui concerne toute la société qui doit faire face aujourd’hui à la question du « Non Avenir ».
Pourquoi en sommes nous là, précisément où les choses vont si bien comme en Autriche où les mesures de soutien familial n’ont jamais été si bonnes. A aucun moment de notre histoire, nous n’avons autant manqué de règles qu’aujourd’hui. Autrefois, pourtant, les familles avaient beaucoup plus d’enfants qu’aujourd’hui.
Le drame de l’avortement y est certainement pour quelque chose. Un drame auquel s’ajoute par ailleurs le fait ne pas vouloir d’enfants, le « non » aux enfants, avec la contraception.
Ces 40 dernières années l’Europe a dit trois fois « non » à son avenir : la première fois avec la pilule, la deuxième fois avec l’avortement et la troisième fois avec le mariage homosexuel. Au-delà de toute considération morale concernant ces phénomènes, ces ‘non’ sont un « non » de fait à l’avenir.
Le « oui » à l’avenir ne peut que signifier : oui aux enfants. Et je pense que de nombreuses personnes en Europe commencent à prendre conscience de la nécessité de prendre une décision. Et le « oui » à l’avenir est déjà une belle chose si l’on pense que l’avenir a quelque chance.
[…]
Durant mes vacances, j’ai passé quelques jours au sein d’une jeune famille qui vient d’avoir son sixième enfant. Bien entendu c’est une vie qui demande beaucoup de sacrifices, mais c’est une vie incomparablement plus vivante que celle que l’on peut avoir lorsque l’on a peur de mettre au monde une nouvelle vie. Je pense que nous avons besoin de voir ce telles familles, qui disent « oui » en leur âme et conscience, malgré les énormes résistances possibles de leur entourage. « Vous êtes fous ! Vous ne pouvez pas faire attention ? ». Par leur témoignage de vie, ces familles montrent que c'est beau et que c'est bien d’avoir un enfant.
C'est bien sûr fatiguant mais c'est très gratifiant et très valorisant. Et je pense que la vie de familles comme celles-ci encouragent d’autres à tenter l’expérience. Et étrangement, il ne s’agit pas d’un problème financier, de possibilités financières.
Bien entendu, élever six enfants est difficile. Mais grâce à Dieu, en Autriche les familles bénéficient d’un bon soutien. Certaines choses pourraient aller mieux encore mais il est fondamental de le vivre et de le rendre possible pour les autres. « Venez et voyez ! »
Je le vois bien dans beaucoup de jeunes familles qui ont trois, quatre, cinq ou six enfants, voire plus encore. On se dit alors : l’avenir, l’espérance, la vie, sont là. Ce sont les comportements dont se nourrit la société tout entière : la solidarité, le respect mutuel, l'aide réciproque ; l’expérience logique que l’on doit aussi renoncer à beaucoup de choses.
C'est là que nous trouvons toutes les valeurs dont nous avons absolument besoin, pour pouvoir vivre et aimer. C’est là que nous faisons notre apprentissage ! Malheur à une société dans laquelle ces valeurs viendraient à se perdre car cette société deviendrait mauvaise et cruelle.
13:42 Publié dans Divers | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Benoît XVI, Schönborn, alternative
26.04.2007
A propos de l’anti-culture de mort
Je comprends très bien sa réaction. Nous avons été habitués à opposer, dans un parallèle facile, la culture de vie à la culture de mort. J’ai moi-même employé cette terminologie très souvent.
En fait, en toute logique, la culture est ce qui perfectionne l’homme et non ce qui l’avilit ; ce qui lui permet de vivre, selon sa dignité d’homme, et non ce qui le fait mourir ou le détruire.
C’est donc par extension et abus, facilité de langage aussi, que nous parlons de « culture de mort ». Parlerions-nous de la culture du meurtre, de la culture de l’assassinat, de la culture du viol ? Quand la mort prend un de ces visages plus concrets, il me semble que l’association choque davantage. Pourtant il ne s’agit que d’une précision, dans un domaine précis, de ce que nous entendons par culture de mort.
L’avortement et l’euthanasie sont des actes qui font mourir l’homme en tant que personne.
La subversion de la famille traditionnelle détruit le lieu premier d’épanouissement de l’homme non seulement comme personne mais comme être social.
La négation multiforme de la liberté d’éduction des parents est directement une attaque mortelle contre la responsabilité de ceux qui doivent, par nature, aider l’enfant à grandir, non seulement de corps, mais aussi en esprit, en force mais aussi en sagesse.
Selon la philosophie traditionnelle le mal est un non-être, une privation de bien. La mort représente ce mal qui est la privation de ce bien qu’est la vie.
Il ne peut y avoir de culture de mort. On ne perfectionne pas le non-être ; on ne perfectionne pas l’absence de bien ; on ne perfectionne pas ce qui s’oppose à la vie de l’homme.
Ce que nous appelons la « culture de mort », par facilité sémantique et argument de style publicitaire, est en fait une « anti-culture » de mort. La défense de la vie passe aussi par une réappropriation d’une sémantique précise et d’un éclaircissement des concepts.
Le premier, me semble-t-il, le cardinal Ratzinger a mis le doigt sur ce problème, en employant à dessein le terme « d’anti-culture ».
Devenu Pape, il n’a pas cessé.
Ci-dessous quelques extraits de ses discours dans lesquels on trouve bien l’utilisation de ce terme.
Discours du pape Benoît XVI au clergé de Rome (2 mars)
"Le pape Jean-Paul II nous a donné la grande encyclique Evangelium vitae. Il apparaît de façon visible, dans cette encyclique — qui est en quelque sorte un tour d'horizon des problèmes de la culture actuelle, de ses espérances et de ses dangers — qu'une société qui oublie Dieu, qui exclut Dieu, précisément pour avoir la vie, tombe dans une culture de la mort. C'est précisément en voulant avoir la vie que l'on dit « non » à l'enfant, car il ôte quelque chose à ma vie; on dit « non » à l'avenir, pour avoir tout le présent ; on dit « non » tant à la vie qui naît qu'à la vie qui souffre, qui va vers la mort. Cette apparente culture de la vie devient l'anti-culture de la mort, dans laquelle Dieu est absent, dans laquelle est absent le Dieu qui n'ordonne pas la haine, mais qui vainc la haine. Ici, nous faisons le choix véritable de la vie. Tout est alors lié: l'option la plus profonde pour le Christ crucifié avec l'option la plus totale pour la vie, du premier jusqu’au dernier moment."
Encyclique du pape Benoît XVI, Deus Caritas est
"30. (…) À l'anti-culture de la mort, qui s'exprime par exemple dans la drogue, s'oppose ainsi l'amour qui ne se recherche pas lui-même, mais qui, précisément en étant disponible à "se perdre" pour l'autre (cf. Lc 17, 33 et par.), se révèle comme culture de la vie."
Texte intégral : là.
"Dans l'Eglise antique, ces "non" étaient résumés en une parole qui, pour les hommes de ce temps, était bien compréhensible: l'on renonce - disait-on - à la "pompa diabuli", c'est-à-dire à la promesse de vie en abondance, à cette apparence de vie qui semblait venir du monde païen, de ses libertés, de sa manière de vivre uniquement selon son bon plaisir. C'était donc un "non" à une culture apparemment d'abondance de la vie, mais qui en réalité était une "anticulture" de la mort. C'était un "non" à ces spectacles où la mort, la cruauté, la violence étaient devenus divertissement. Pensons à ce qui était organisé au Colisée ou ici, dans les jardins de Néron, où les hommes étaient brûlés comme des torches vivantes. La cruauté et la violence étaient devenues un motif de divertissement, une vraie perversion de la joie, du vrai sens de la vie. Cette "pompa diabuli", cette "anticulture" de la mort était une perversion de la joie, était amour du mensonge, de la tromperie, était un abus du corps comme marchandise et comme commerce."
Texte intégral : ici.
09:55 Publié dans Divers | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
16.04.2007
La ligne de fracture
Je ne sais pas s’il y a réellement une stratégie de la part du Saint-Père. De fait, il y a une sorte d’effet Benoît XVI qui se concrétise dans l’affirmation claire que certaines valeurs ne sont pas (plus ?) négociables, quitte à créer une rupture avec le monde moderne.
Cet effet ou cette stratégie se sont traduits ces temps derniers dans différents domaines. Paolo Flores d'Arcais en relève lui-même plusieurs dans son article du Monde : « En Italie, alors que 70 % de la population s'est déclarée en faveur de l'euthanasie, l'Eglise est parvenue à bloquer une loi incroyablement modérée sur les couples de fait. Une gigantesque manifestation cléricale de masse, avec la bénédiction de la conférence épiscopale italienne, est prévue le 12 mai. Comme en écho, la conférence épiscopale espagnole annonce une nouvelle offensive. De son côté, le monde laïc se tait, par inattention ou opportunisme. Et pendant ce temps, l'attaque contre la science darwinienne s'étend, de la Maison Blanche à la cathédrale de Vienne ». Il aurait pu ajouter en France les différentes déclarations interreligieuses sur des sujets de morale et les différentes de prise de positions d’évêques français sur les valeurs non négociables lors des élections présidentielles.
L’intérêt de l’article de Paolo Flores d'Arcais vient aussi d’ailleurs. D’un détail, presque. Mais, comme souvent, le détail est révélateur. Paolo Flores d'Arcais connaît bien Joseph Ratzinger. Personnalité reconnue en Italie, dans le monde intellectuel et médiatique, le directeur de la revue MicroMega s’est entretenu publiquement avec celui qui était alors le Préfet de la Congrégation de la Doctrine de la foi. L’objet de la rencontre était la confrontation de deux visions radicalement opposées, la chrétienne et l’athée, avec la recherche éventuelle d’un terrain d’entente. De cet entretien public, il en est sorti un livre publié sous le titre Est-ce que Dieu existe ? Dialogue sur la vérité, la foi et l'athéisme, aux éditions Payot. Il se termine par un chapitre conclusif de Paolo Flores d'Arcais. Son constat ? En moins violent, il est celui qu’il dresse dans son article du Monde : entre l’Église et la modernité, la réconciliation est impossible.
À ces propos, Benoît XVI a déjà répondu en invitant les philosophes à poser au moins comme hypothèse l’existence de Dieu, la ligne inverse ayant conduit à la catastrophe que nous voyons (cf. ici pour ma présentation de ce que j'appelle "l'hypothèse Benoît XVI" et là pour le discours du pape).
Dans Le Monde, Paolo Flores d'Arcais montre qu’il a été sourd à cet appel du pape. Il l'accuse d’avoir mis au point une stratégie qui prendrait naissance dans le discours de Ratisbonne. Lequel discours aurait été mal compris par ses principaux destinataires : « Le discours de Ratisbonne, qui a poussé plus d'un gouvernement islamique à déchaîner contre le pape le fanatisme des foules, était en réalité une invitation adressée aux monothéismes (y compris et surtout à l'islam) à faire front commun face à la véritable menace qui pèse sur la civilisation : l'athéisme et l'indifférence, bref une laïcité qui prétend exclure Dieu de la sphère publique et de l'élaboration des lois. Naturellement, Joseph Ratzinger ne place pas toutes les religions monothéistes sur le même plan. Il réserve la primauté à la religion chrétienne dans sa version "catholique apostolique romaine", qui lui viendrait de sa capacité - que seul le catholicisme détient de façon complète - à être une religion non seulement de la foi mais aussi du logos. C'est-à-dire une religion capable non seulement d'assumer la révélation divine, mais aussi d'avérer en soi la raison humaine et sa tradition, de Socrate à nos jours. Une religion des vraies lumières, de la raison "correctement entendue ” ». Plus encore, selon Paolo Flores d'Arcais, « si la doctrine de l'Eglise de Rome et de son souverain pontife constitue une vérité qui n'est pas seulement de foi mais aussi de raison, les parlements et les gouvernements ne devraient donc pas promulguer de lois en conflit avec cette doctrine, car elles seraient en violation avec la "nature humaine", avec cet animal rationnel qu'est et doit être l'homme. »
Ce faisant, il montre que Benoît XVI s’insère dans la tradition de la confrontation au monde moderne, cette ligne intransigeante, qui malgré des variations de vocabulaire et des différences d’accentuations, se traduit selon Émile Poulat par une ligne « anti-moderne, anti-bourgeoise, anti-libérale, anti-socialiste ».
Le monde dans lequel nous vivons, ce monde avec ses valeurs mais aussi avec ses effets pratiques, au plan social, politique, familial et individuel, est un monde dans lequel l’homme récuse sa dépendance à Dieu et le primat de la loi morale. C’est un monde du « relativisme morale », si souvent dénoncé par Benoît XVI.
Il n’est pas étonnant que ce monde accepte et justifie l’avortement, l’euthanasie, la destruction de la famille puisque la norme morale n’est plus extérieure à l’homme.
Il n’est pas étonnant non plus que ce monde donne le primat à l’économie, à la recherche sans frein de biens matériels au risque de détruire l’homme et l’environnement dans lequel il évolue.
Ce qui est étonnant, en revanche, c’est que nous ne prenons pas toujours conscience de la nécessité de rompre avec ce monde, non seulement en pensée, mais aussi en action, tout en portant cette croix du chrétien qui implique d’être dans le monde sans être du monde. Mais cette croix-là, elle-même, se doit d’être prise au sérieux, de passer dans les actes. Au risque sinon d’être une formule qui justifierait notre lâcheté.
08:50 Publié dans Divers | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
12.04.2007
On ne devrait jamais quitter Montauban
A la fin de cette Semaine Pascale, je viens à nouveau faire le point sur Caelum et Terra (C&T).
J’ai annoncé dans un précédent post que j’entamais une réflexion sur l’avenir de ce blogue. Je me suis posé la question de le continuer ou de l’interrompre.
Des lecteurs de ce blogue sont intervenus pour m’encourager (à quelques exceptions près) à continuer. Je les en remercie.
Je tiens à préciser que cette possibilité d’arrêter n’a pas été envisagée parce que j’aurais été l’objet de critiques et de l’expression de désaccord de la part d’amis et de lecteurs. Ces critiques et ces désaccords sont normaux et la règle de fonctionnement d’un blogue implique qu’ils s’expriment publiquement. Ce sont d’autres raisons qui m’ont conduit à m’interroger sur l’avenir de C&T. Ces raisons sont de deux ordres, intimement liés l’un à l’autre.
Première raison
La première raison repose sur le piège que représente ce formidable outil qu’est Internet, et plus particulièrement, le blogue.
Outil extrêmement facile à manier, le blogue favorise la spontanéité, la réaction immédiate, le « clic » à chaud. En contre-partie, il n’apporte pas toujours les nuances nécessaires, la vérification de l’information, la relecture et la vérification d’une bonne expression, aussi bien au plan de la syntaxe que de l’orthographe. Il encourage les approximations et gonfle l’ego qui habituellement n’en a pas besoin.
J’ai vérifié, dans le cadre des polémiques que j’ai suscitées ou auxquelles j’ai répondues, que le blogue, sans une grande force d’âme et une grande rigueur, conduisait facilement à ces travers. Je ne mets pas en cause mes correspondants, mais d’abord moi-même.
Deuxième raison
Par ailleurs, C&T a dévié de son objet initial. Dans le deuxième post que j’ai mis en ligne et qui explique le sens de ma démarche (je vous invite à en relire l’intégralité ici), j’écrivais :
« À qui s’adresse ce blog ? À tous ceux qui voudront bien y participer. Et qui se reconnaîtront dans les réflexions suivantes, points de départ d’une idée à approfondir et qui cherche surtout à récolter des expériences qui vont dans le sens de cette question fondamentale :
La société technique, mercantile, consumériste, de plus en plus globalisante, reposant sur l’appel à un progrès constant et aux dépassements de toutes les limites, ne met-elle pas en danger, non seulement l’environnement, mais au cœur de cet environnement, l’homme lui-même : sa vie concrète et sa vie future dans l’éternité ?
N’est-il donc pas temps d’essayer, chacun où il est, et autant que possible, de mettre en place des modes de vie, plus respectueux de la nature humaine ?
Je souhaite rencontrer des personnes et des familles qui refusent concrètement les travers de la société actuelle, en privilégiant ceux qui donnent à cette « dissidence intérieure » un fondement spirituel chrétien.
L’idée centrale de ma démarche repose sur le concept de vie sacramentelle. Religion de l’incarnation, le christianisme ne peut pas accepter n’importe quelle forme de vie sous prétexte qu’elle est vécue par le plus grand nombre. Aujourd’hui, les chrétiens militants acceptent, par exemple, d’avoir une pratique sexuelle régulée par l’ouverture à la vie (refus de l’avortement et de la contraception artificielle) et les méthodes naturelles de régulation des naissances. Mais pourquoi cette conception, qui s’appuie sur une certaine austérité et une certaine joie simple de vivre, s’arrête-t-elle à la question sexuelle et à la morale privée ? Pourquoi ne s’élargit-elle pas à la morale sociale, appelant à un retour à des pratiques plus naturelles concernant l’économie, la politique, la nourriture, le respect de l’environnement, l’éducation, etc. ? ».
Sous le coup de l’actualité, des questions soulevées, des polémiques et des vrais débats, mais aussi de la nécessité d’entretenir ce blogue, je me suis éloigné de cette problématique première. J’ai eu tort.
Dans Les Tontons flingueurs, Lino Ventura s’exclame : « on ne devrait jamais quitter Montauban ». Exact !
On ne devrait jamais franchir les limites que l’on s’est soi-même données.
Mais – Lino Ventura ne le dit pas – on peut aussi revenir à Montauban.
On peut refranchir la frontière, retrouver les limites libératrices.
Après réflexions, c’est ce que j’ai décidé de faire.
Je dirais bientôt selon quel mode opératoire.
En attendant, soyons dans la Joie, le Christ, notre seul sauveur, notre unique espérance, est ressuscité.
Christus vincit, Christus regnat, Christus imperat
14:48 Publié dans Divers | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
28.03.2007
L'hypothèse Benoît XVI
Les actes du dernier colloque des juristes catholiques consacré à Loi Naturelle et loi civile viennent d'être publiés aux éditions Pierre Téqui. Outre celle de Joël-Benoît d'Onorio, on peut y lire les interventions du cardinal Grocholewski, Rémi Brague, Marie-Pauline Deswarte, Alain Sériaux, Jean-Baptiste Donnier et Francesco d'Agostino.
Professeur à la Faculté de Droit d'Aix-en-Provence, Jean-Baptiste Donnier s'interroge sur "Les droits de l'homme, renouveau de la loi naturelle ?". Il présente, à un moment de son intervention, sous le titre L'hypothèse Benoît XVI, la question du lien entre l'existence de Dieu et la possibilité de formuler des valeurs communes.
" Dans un discours prononcé devant le clergé du diocèse d'Aoste le 25 juillet 2005, le pape Benoît XVI s'est livré à une réflexion d'une importance capitale. Après avoir rappelé qu'à 'l'époque où la foi était divisé entre catholiques et protestants, on pensa qu'il fallait conserver les valeurs morales communes en leur donnant un fondement suffisant (…) de façon à ce qu'elles existent “etsi Deus non daretur”, le pape constante qu'aujourd'hui “la situation est inversée”, car “les valeurs morales ne sont plus évidentes”; elles “ne deviennent évidentes que si Dieu existe”.
La tentative de fonder des droits naturels de l'homme sur l'hypothèse de l'inexistence de Dieu a échoué. D'où la suggestion du Saint-Père, adressée aux représentants de l'agnosticisme contemporain, de réfléchir sur le point de savoir si, “pour eux”, ce n'est pas le contraire de l'hypothèse de Grotius (1) qui devient valable aujourd'hui pour fonder une morale commune et des droits naturels de l'homme dotés d'une véritable consistance.
Et Benoît XVi de conclure : “nous devons vivre 'quasi Deus daretur’, même si nous n'avons pas la force de croire, nous devons vivre sur cette hypothèse, autrement, le monde ne fonctionne pas”.
Cette contribution du professeur Donnier me semble capitale et fait bien ressortir l'apport exemplaire et important de Benoît XVI à notre temps. Sa lutte contre le relativisme ne consiste pas seulement en une dénonciation, mais s'épanouit en un rappel du fondement de toute chose qu'est Dieu, nécessaire pour fonder les droits humains (on se souvient du message de Puebla de Jean-Paul II allant dans le même sens) mais aussi notre manière de vivre.
Autrement dit :
Pas de droits de l'homme sans droits de Dieu.
Pas de discours chrétien sans une incarnation du message chrétien.
1) L'hypothèse de Grotius consiste à émettre l'hypothèse de l'inexistence de Dieu pour fonder les droits de l'homme et les valeurs communes aux croyants et aux non croyants. Reprenant l'offensive, et s'appuyant sur le désastre humain né de cette hyptohèse fondatrice de la modernité, Benoît XVI propose à l'agnosticisme honnête de renverser l'hypothèse et de poser désormais l'axiome que Dieu existe.
02:15 Publié dans Divers | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Dieu, pape, Benoît XVI, droits de l'homme
27.03.2007
Un évêque dans la campagne présidentielle
Mgr Cattenoz, archevêque d'Avignon, vient d'écrire une Lettre ouverte aux candidats à l'élection présidentielle. Elle est à lire et à méditer (ici texte intégral). Après l'Italie, l'effet Benoît XVI, le radicalisme de l'évangile, y compris dans les aspects de la vie sociale, politique et économique, se fait sentir. Tout n'est pas négociable. Le relativisme et sa dictature doivent cesser. Et d'abord en nous.
Extraits du message de Mgr Cattenoz :
"Aujourd’hui, je suis consterné par vos programmes qui portent en eux les germes d’une culture de mort pour notre société."
La famille :
"Au nom de l’Évangile, je veux défendre la vie, l’Évangile de la vie. Or je constate combien en laissant fragiliser la famille vous portez atteinte au patrimoine de l’humanité.
La famille est le sanctuaire de la vie, une réalité décisive et irremplaçable pour le bien commun des peuples. Elle est la cellule vitale et le pilier de toute vie en société. L’avenir de l’humanité passe par la famille. Elle est le centre névralgique de toute société, une école d’humanisation de l’homme où il peut grandir et devenir pleinement homme. La famille est le lieu privilégié et irremplaçable où l’homme apprend à recevoir et à donner l’amour qui seul donne sens à la vie. Elle est le lieu naturel de la conception, de la naissance, de la croissance et de l’éducation des enfants. Elle est le milieu naturel où l’homme peut naître dans la dignité, grandir et se développer de manière intégrale.
L’institution du mariage, fondement de la famille, échappe à la fantaisie de l’homme ; le mariage plonge ses racines dans la réalité la plus profonde de l’homme et de la femme, il est l’union de l’homme et de la femme. « Impossible de contester cette norme sans que la société ne soit dramatiquement blessée dans ce qui constitue son fondement. L’oublier signifierait fragiliser la famille, pénaliser les enfants et précariser l’avenir de la société » (Benoît XVI, 20 février 2007).
Or, la plupart de vos programmes électoraux loin de protéger et de promouvoir la famille fondée sur le mariage monogame entre l’homme et la femme ouvrent la porte au mariage entre personnes du même sexe et à l’adoption d’enfants par des couples homosexuels."
Mariage homosexuel
"Concernant le “mariage homosexuel”, il faut distinguer l’homosexualité comme fait privé et l’homosexualité comme relation sociale prévue et approuvée par la loi. La légalisation d’une telle union finirait par entraîner un changement de l’organisation sociale tout entière qui deviendrait contraire au bien commun."
Divorce
"Le nombre de séparations et de divorces s’accroît, rompant l’unité familiale et créant de nombreux problèmes aux enfants, victimes innocentes de ces situations. La fragilité et le nombre de foyers monoparentaux ne sont pas sans poser question. La stabilité de la famille est aujourd’hui menacée ; pour la sauvegarder, il ne faut pas avoir peur d’aller à contre-courant de la culture ambiante."
Avortement
"La banalisation de l’avortement et le silence sur les conséquences psychologiques, les blessures et les souffrances cachées qui marquent à jamais les femmes sont intolérables. L’information tronquée sur les séquelles provoquées par l’avortement chez les femmes qui y ont eu recours est insupportable.
La liberté de tuer n’est pas une vraie liberté, mais une tyrannie."
Euthanasie
"L’acceptation de l’euthanasie fait peser des menaces graves sur les malades incurables et sur les mourants. Certes, le contexte social et culturel actuel augmente la difficulté d’affronter la souffrance à l’approche de la mort. Il rend plus forte la tentation de résoudre ce problème en l’éliminant à la racine par l’anticipation de la mort au moment considéré comme le plus opportun. Pourtant, les médecins affirment aujourd’hui savoir soulager la quasi-totalité des douleurs. La vraie question est donc celle des soins palliatifs.
La vie humaine est sacrée, de son commencement naturel jusqu’à son terme. Tout être humain a le droit au respect intégral de ce bien qui est pour lui primordial. Nous ne pouvons accepter la promotion de lois visant à légaliser l’euthanasie."
Manipulations génétiques
"La manipulation des embryons fait peser une lourde menace sur notre société. L’embryon est un être vivant qui possède un patrimoine génétique humain. Il est une personne humaine, il faut la protéger parce qu’elle est membre à part entière de l’espèce humaine et mérite notre respect.
Les progrès de la science et de la technique peuvent se transformer en menace si l’homme perd le sens de ses limites. Il faut prendre conscience que la chosification de l’embryon nous conduira tôt ou tard à l’eugénisme.
Effectivement, cette manipulation débouche sur un eugénisme subtil."
Immigration, écologie et économie
"Certes, il appartient aux politiques de gouverner, mais je ne peux m’empêcher de vous rappeler que l’économie se doit d’être au service de l’homme et du bien commun dans le respect de la justice sociale et de la solidarité humaine. La mondialisation des échanges commerciaux et la globalisation de l’économie semblent se fonder sur une conception intégralement libérale de l’économie, de ses mécanismes. L’économie prime sur tout et là encore des conceptions individualistes et libérales dominent au détriment du respect de l’homme et de la solidarité entre les hommes.
Comment vivre une authentique fraternité humaine dans notre pays ? Comment respecter les plus pauvres ? Comment répondre au droit au logement et à des logements qui n’accentuent pas la déstructuration de la cellule familiale ? Comment prendre en compte l’émigration comme un fait désormais structurel de notre monde ? Comment accueillir de manière juste tout en étant généreuse ? Comment lutter contre tous ceux qui exploitent les immigrés clandestins, les marchands de sommeil, les employeurs véreux ? Comment réfléchir à la question de l’emploi, du travail et de sa juste rémunération ? Comment prendre en compte les menaces écologiques ?"
La racines de ces maux
"un individualisme à tout crin qui gangrène notre société".
"Dans notre culture, on exacerbe souvent la liberté de l’individu conçu comme sujet autonome, comme s’il se suffisait à lui-même, en marge de ses relations avec les autres, étranger à ses relations avec autrui. Beaucoup voudraient organiser la vie sociale seulement à partir des désirs subjectifs et changeants, sans aucune référence à une vérité objective comme la dignité de tout être humain, ses droits et ses devoirs au service desquels doivent se mettre les responsables de notre société."
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24.03.2007
A ceux que je décourage…
Sur ce blogue ou sur d’autres, de courageux anonymes se plaignent ou laissent entendre que je les découragerais… Je le regrette profondément et je leur en demande bien pardon. Tel n’est pas mon but. Et si, dans le feu de la bagarre, je ne me suis pas rendu aux arguments qui rencontrent chez eux le plus d’échos favorables, j’en suis aussi sincèrement désolé. Certainement, me suis-je mal exprimé ou mal fait comprendre. Je compte prochainement tirer une sorte de bilan provisoire de l’existence de ce blogue. Comme il n’est absolument pas nécessaire au Salut, ni même à mon existence, je serai peut-être amené à prendre une solution définitive à son encontre. J’espère seulement que l’actualité – qui risque d’être un peu bouleversée la semaine prochaine, si j’en crois certaines sources d’informations – m’en laissera le temps.
En attendant, le propre du blogue est de reposer à la fois sur la liberté d’expression de celui qui en est l’initiateur et sur la liberté de lecture de l’éventuel visiteur. Si celui-ci se sent découragé par ma prose, et si je peux me permettre un bon conseil, qu’il n’hésite pas à ne plus venir sur ce blogue. Je ne cherche pas à faire de « l’audimat » et je ne consulte pas fébrilement chaque soir les statistiques de fréquentation de Caelum et Terra. Il y a dans la blogsphère catholique beaucoup d’excellents blogues intéressants, informatifs, positifs qui permettent d’entretenir le moral. J’en ai mis quelques-uns en lien. Rien qu’en cliquant, par exemple, sur Le Salon beige, ou sur le Forum catholique, vous trouverez d’autres liens qui vous conduiront vers des blogues qui encouragent.
L’optimisme n’est pas une vertu chrétienne. L’espérance l’est.
Qu’est-ce que l’espérance ?
Le Catéchisme de l’Église catholique en donne cette définition : l’espérance « est la vertu théologale par laquelle nous désirons comme notre bonheur le Royaume des cieux et la vie éternelle, en mettant notre confiance dans les promesses du Christ et en prenant appui, non sur nos forces, mais sur le secours de la grâce du Saint-Esprit » (n.1817).
Les effets de la vertu d’espérance sont de purifier les espoirs des hommes pour les ordonner à la vie éternelle, de les protéger du découragement, de les soutenir en tout délaissement, de dilater le cœur dans l’attente de la béatitude éternelle, de préserver de l’égoïsme et de conduire à la charité. (cf. n. 1818).
Rappelons que l’espérance est une « vertu théologale », c’est-à-dire qu’elle est une vertu surnaturelle, infuse dans l’âme par Dieu, pour nous incliner à faire le bien « par rapport à la vie éternelle ». (Cf. Catéchisme de saint Pie X). La vertu théologale est directement ordonnée à Dieu. Elle a Dieu pour objet.
L’optimisme est loin d’avoir cette signification. Selon mon Larousse, l’optimisme est « l’attitude de ceux qui prétendent que tout est pour le mieux dans le monde, ou que la somme des biens l’emporte sur celle des maux ». La tendance contraire est le pessimisme dont la définition n’est pas difficile à trouver.
L’optimisme, dans ce sens, non seulement, n’est pas une vertu chrétienne, mais ne peut être une vertu chrétienne. Notre foi repose notamment sur deux dogmes principaux : le péché originel qui a introduit le désordre dans l’homme et la création, et qui nous a coupé de Dieu. Et la mort et la Résurrection du Fils de Dieu, qui nous a racheté par son sang, pour nous ouvrir le Royaume éternel.
Chesterton a eu ce mot au sujet de l’optimisme (je n’arrive malheureusement pas à retrouver la référence exacte, ce qui enlève à ma citation toute crédibilité littéraire, mais ne retire rien à l’intérêt du propos chestertonien) :
« L'humanité ne produit des optimistes que lorsqu'elle a cessé de produire des heureux ».
Le vrai sujet est là d’ailleurs. L’espérance nous parle et entretient en nous le goût du bonheur éternel. Et de ce fait, nous sommes déjà heureux, bien qu’imparfaitement sur cette terre, par anticipation de ce bonheur sans nom qui est la contemplation de la Trinité sainte.
Cela ne veut pas dire que nous n’avons pas de difficultés ni de raison de découragements (comme ce blogue, pour certains). Cela veut dire que, avec la grâce de Dieu, nous pouvons anticiper le bonheur éternel en recherchant d’abord le royaume de Dieu et le reste par surcroît.
Pardon donc à ceux pour lesquels ce blogue serait un obstacle au Royaume.
Caelum et terra. Ciel et Terre. Terre et Ciel. Grâce et nature.
19:20 Publié dans Divers | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : Espérance, découragement, vertu, catéchisme
Daniel Hamiche aussi
Après Denis Sureau hier, c'est Daniel Hamiche qui lance son blogue. Sa spécialité ? L'Amérique catholique. Il l'aime, il l'observe, il la décortique pour tenter de nous en donner un meilleur aperçu. Il en rêvait depuis plusieurs mois. C'est désormais fait sur : http://americatho.over-blog.com/
19:02 Publié dans Divers | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



