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Distributisme - Page 4

  • Le père Vincent McNabb : le Saint de Hyde Park


    1679050638.jpgParmi les personnalités du courant distributiste, un homme occupe une place à part : Vincent McNabb. Il l’occupe à double-titre. D’abord parce qu’il était religieux, membre de l’Ordre des frères prêcheurs (les fameux Dominicains) et ensuite parce qu’il s’est chargé principalement des questions touchant à la terre et plus largement, au monde rural. Il y a aussi une troisième raison qui le distingue. Le père Vincent McNabb ne se réclamait pas directement de l’étiquette « distributiste ». Il se présentait tout simplement comme fils de l’Église, prêtre catholique et disciple de saint Thomas d’Aquin et de Léon  XIII. C’est principalement à partir du théologien médiéval et du pape du renouveau de la doctrine sociale de l’Église, que le père Vincent McNabb a travaillé dans le secteur rural et énoncé un certain nombre de positions qui recoupaient celles des distributistes. Il fut un grand ami de G.K. Chesterton et, plus encore, de Hilaire Belloc.
    Sa thèse principale fut celle du retour à la terre dans lequel il voyait le meilleur moyen de vivre en catholique pour les familles de son pays. La thèse ne rencontrera que peu d'échos aujourd’hui, surtout dans le monde catholique. Elle risque, en revanche, d’en trouver un peu plus dans ce mouvement général qui se dessine d’un retour à la campagne, même si ce retour n’est pas exempt d’un effet de mode ni du transport des mentalités urbaines à la campagne. Mais c’est un fait : depuis quelques années, la France connaît un nombre croissant de ménages partant vivre à la campagne. Ce qui risque de déranger ces « néo-ruraux » chez un penseur comme le père McNabb, c’est tout simplement son catholicisme. Et chez lui, il est fondamental puisque le style de vie qu’induit la vie rurale lui semble la plus proche de la simplicité évangélique.
    Les éditions américaines IHS ont réédité en 2003 l’un des grands essais du père McNabb sur le sujet : The Church and the land. Il est magnifiquement préfacé par William Edmund Fahey du Christendom College, une institution américaine de grande qualité. (cf. le site de Daniel Hamiche: ici).
    1376365361.jpg The Church and the land est, en fait, un recueil de différents articles tous consacrés à la question rurale sous un angle chrétien. À plusieurs reprises, le père McNabb passe de l’écrit sociologique à la méditation, ramenant toujours son lecteur à l’essentiel de la vie du chrétien : l’imitation du Christ. L’une de ses grandes idées était que le modèle de la famille chrétienne se trouve à Nazareth, dans la demeure cachée de la Sainte Famille. L’imitation de la Sainte Famille est donc le ressort de l’ordre social chrétien puisque la famille est la cellule de base de la société. Un autre de ses ouvrages, Nazareth or social chaos est d’ailleurs entièrement consacré à ce sujet.
    Outre l’enseignement de l’Église, le père Vincent McNabb avait puisé cette conviction dans son enfance, au contact même de sa famille et singulièrement de ses parents. Né en Irlande, près de Belfast, en 1868, Joseph (son nom de baptême, Vincent sera son nom de religieux) est le dixième d’une famille de 11 enfants. La famille vit sans grande richesse mais dans la joie. C’est donc là, de manière expérimentale, qu’il perçoit l’importance de la famille, pour la personne et la société. Pour des raisons professionnelles, son père doit aller travailler en Angleterre et tout naturellement la famille suit le mouvement. C’est l’occasion pour le jeune homme de découvrir les dominicains et de demander son admission dans cet ordre.
    De 1895 à 1891, il étudie au noviciat dominicains de Woodchester. Après être ordonné prêtre, il poursuit des études de Théologie à Louvain en Belgique. Il s’imprègne fortement de la pensée de saint Thomas d’Aquin. En 1894, il revient en Angleterre d’où il ne bougera plus, résidant principalement à Leicester et à Londres. Il devient alors proche du Catholic Land Movement dont le but principal est d’aider des familles catholiques à retourner vivre à la campagne, en préconisant l’auto-suffisance et une méfiance envers les machines. Dans ses écrits d’ailleurs, le père McNabb est lucide sur les méfaits de l’industrialisation de l’agriculture telle que la France l’a connue à grand échelle après la Seconde Guerre mondiale et dont nous percevons les effets dramatiques aujourd’hui.
    Dans sa préface, William Fahey indique que l’on pourrait croire que la pensée conductrice du Catholic Land Movement s’inspire des Amish. Il fait remarquer avec justesse que la vision agraire de McNabb s’inspire plutôt de la grande tradition bénédictine, certainement sous l’influence du cardinal Newman qui a consacré un essai à saint Benoît.
    Toute sa vie pourtant, le père McNabb fut profondément dominicain. Il aborde les questions sociales comme fils de saint Thomas d’Aquin. Prêcheur, il n’hésite pas à descendre dans la rue et il sera présent à Hyde Park chaque dimanche, de 1920 à 1943. Là il prêche à temps et à contre-temps, devant un public souvent attiré par sa bure blanche. On se demande encore pourquoi Chesterton ne s’en est pas inspiré comme héros de l’un de ses romans. Le père McNabb sera encore l’aumônier de Ditchling, une communauté d’artistes et d’artisans catholiques, réunis autour du sculpteur Eric Gill et dont fera notamment partie pour un temps David Jones (dont les livres sont édités par Ad Solem).
    L’intérêt de McNabb aujourd’hui ? Certainement plusieurs de ses propos ont vieilli ainsi que leurs expressions. La ligne fondamentale reste pourtant d’actualité, d’autant plus que nous subissons les contre-coups de l’industrialisation de masse, jusque dans l’alimentation que nous sommes amenés à consommer. En fait, s’il est certain que le libéralisme a gagné la partie, il n’est pas sûr du tout que cela soit pour le bien de l’homme. Le monde occidental n’a jamais été aussi riche à tout point de vue et aussi pauvre au plan humain et spirituel. Qui oserait dire sérieusement que l’homme du XXIe siècle n’est pas habité par une crainte profonde qui se traduit notamment par les dépressions, le divorce, l’éclatement des familles, le chomâge, la pauvreté, les quêtes en tout sens d’explication et de sens justement, etc.
    Comme pour les autres auteurs distributistes, la pensée de McNabb s’articule autour de quelques idées-forces :
    la subsidiarité, avec la reconnaissance de la famille comme cellule de base de la société ;
    la diffusion de la propriété privée et notamment de la propriété privée des moyens de production ;
    La préférence pour ce qui est local face à ce qui est global ;
    La certitude que la société rurale est le meilleur environnement pour la famille, la santé, le travail et la vitalité religieuse.

    Pas franchement moderne, ni occasion d’une grande campagne de publicité ? C’est évident ! Mais des points sur lesquels il pourrait être utile de réfléchir. Car, au fond, sommes-nous vraiment satisfait de la société moderne ?

  • Docteur No a lu Hilaire Belloc

    234fa9bfc9c3c3bdb42fb3f09a339d61.jpgY a-t-il un rapport entre les élections présidentielles américaines et Hilaire Belloc (ici à la fin de sa vie) ? Pour saugrenue qu’elle paraisse, la question ne manque pas de fondements. Elle en manque d’autant moins que la réponse est : « oui » ! On serait pourtant bien en peine de trouver au sein des grands médias américains et français (surtout français…) une simple évocation de ce rapport. Une illustration, au passage, de l’intérêt de petits blogues comme celui-ci.
    Alors que nous découvrions les résultats des primaires dans l’État de l’Iowa puis dans le New Hampshire, un petit livre nous est arrivé : The Party system. Signé de Hilaire Belloc et de Cecil Chesterton (le frère de Gilbert Keith Chesterton), cet ouvrage ne date pas d’hier. Sa première édition remonte à 1911. Plusieurs fois réédité, ce petit livre connaît aujourd’hui une édition américaine. La surprise, à vrai dire, n’est pas venue de cette réédition. Le courant « distributiste » connaît dans le monde anglo-saxon un beau renouveau depuis la fin de la guerre froide et de la victoire par K.O. du libéralisme dans sa version mondialiste. Non, la surprise vient de l’avant-propos signé par un des candidats à la candidature aux élections présidentielles américaines.
    Démocrates ? Républicains ? C’est, en effet, parmi ces derniers qu’il faut chercher celui qui a osé accoler son nom à ceux de deuxd390b8e10754fc56575e09f44c978225.jpg catholiques du début du siècle dernier, virulemment anti-capitalistes et néanmoins anti-socialiste forcenés.
    Les noms des candidats Républicains ne sont peut-être pas tous familiers aux lecteurs de ce blogue. Rappelons-les pour mémoire :
    – Sam Brownback
    – Rudolph Giuliani
    – Mike Huckabee
    – Duncan Hunter
    – John McCain
    – Ron Paul
    – Tom Tancredo
    – Fred Thompson
    – Mitt Romney

    6db860f37bdd6b9634d8d6d1e48dc9fa.jpeg Avouons-le, pas facile de faire son choix ! Le plus surprenant, c’est que cet avant-propos à la réédition du livre de Belloc et de Chesterton ne vient pas d’un des candidats pointés parmi les plus « religieux ». Il s’agit, en fait, de Ron Paul, surnommé « Docteur No » (il est médecin obstétricien) à cause de ses nombreux votes négatifs envers la politique du Président Bush. La surprise pourtant ne s’arrête pas là. Ron Paul est pour le mariage des couples homosexuels et pour la dépénalisation de la marijuana. Il est également farouchement contre l’avortement et le droit du sol. Dans la suite de ces idées si paradoxales, Ron Paul s’est déjà présenté aux élections présidentielles de 1988 pour le compte du Parti libertarien (tout en restant membre du Parti républicain).
    Libertarian Party ? Cette formation politique, fondée en 1971, appartient à la myriade des partis politiques minoritaires étatsuniens. Adversaire absolu de l’État providence, il milite pour une déréglementation totale de l’économie. Ce sont des « libéraux » conséquents et qui vont au bout des théories libérales.
    Cette présentation succinte et de Ron Paul et du Libertarian Party pour lequel il a concouru à la Présidence des États-Unis ne laisse pas de surprendre quand on la rapproche des positions de Belloc et de Chesterton.
    Pour cette campagne 2008, Ron Paul ne se présente plus sous l’étiquette libertarienne. Il commence même ainsi son avant-propos à The Party system. Répudiation et rupture avec son passé et son engagement dans ce domaine ? Pas vraiment ! En fait – et c’est le point de rencontre entre le candidat et le livre de Belloc/Chesterton – Ron Paul a expérimenté au cours des différentes rencontres électorales auxquelles il a participé que la démocratie n’est pas soluble dans le système des partis. C’est la thèse centrale du livre de Hilaire Belloc et de Cecil Chesterton. Les partis politiques ne sont pas la démocratie ; les partis politiques ne représentent même pas la démocratie. Ils sont au mieux des instruments pour mettre en œuvre la démocratie. Et parfois, et même souvent, ils s'opposent à la véritable démocratie.
    S’appuyant sur la théorie bellocienne de la démocratie, Ron Paul dénonce, en fait, le système bipartite américain qui est, selon lui, une confiscation de la démocratie au profit de deux oligarchies. Cette confiscation est également selon lui contraire à la constitution des États-Unis, texte fondateur auquel il appelle constamment à se référer. Libertarien, Ron Paul partage, de fait, plusieurs vues en commun avec le courant distributiste qui contrairement à lui postule malgré tout une certaine régulation de l’économie (mais non par l’État, mais par les corps sociaux professionnels) et la référence à un ordre moral qui éclaire la liberté qui n’est pas perçue comme un absolu.
    Cependant le terme même de libertarien concernant Ron Paul semble fausser la perception que nous pouvons avoir de lui. Avant73790ae6344c4d526088d3024a4454a6.jpeg tout, c’est un jeffersonien, un décentralisateur. Fédéraliste tempéré – et même très tempéré –, anti-fédéraliste plus exactement, Ron Paul a voté systématiquement contre le budget des agences fédérales comme la CIA ou le FEMA. Il s’est prononcé également pour la suppression de l’impôt sur le revenu et l’abolition de la Réserve fédérale. Il préconise pour les États-Unis leur sortie de l’ONU, de l’OTAN et de l’OMC.
    Et au plan religieux ? Protestant et pratiquant, il a introduit en 2005 une proposition de loi visant à la reconnaissance du caractère sacré de la vie dès la conception. Fidèle à son anti-fédéralisme et au droit des États (décentralisation), ce texte prévoyait que chaque État puisse prendre individuellement des mesures contre l’avortement. Devant le Congrès, il n’a pas hésité à rendre un vibrant hommage à Jean-Paul II lors de son décès : « Jean-Paul II a compris que la liberté, à la fois personnelle et économique, est une condition nécessaire à l’épanouissement de la vertu humaine ».
    Opposé à l’avortement et à l’euthanasie, Ron Paul l’est aussi à la peine de mort. De la même façon, il a vigoureusement combattu la guerre en Irak et préconise un retrait immédiat des troupes américaines. Il s’est notamment opposé à la majorité des Républicains sur ce sujet et notamment aux « théocons » (à ce sujet, voir ici) qui ont tenté de justifier cette aventure en recourant à la thèse catholique de la juste guerre. Selon Ron Paul, ils ont déformé cette thèse en la transformant en celle de guerre préventive.
    Enfin, il n’est pas inutile de souligner que comme candidat à l’élection présidentielle, Ron Paul s’est déclaré partisan du « homeschooling », de l’école à la maison. Son argument de fond est simple : il faut rendre aux parents la responsabilité de l’éducation.
    On trouvera plus d’information sur Ron Paul :ici, et
    Dans son avant-propos, Ron Paul souligne combien Hilaire Belloc et Cecil Chesterton ont perçu avec une singulière acuité l’un des maux terribles de notre époque : la place des grands médias (alors seulement les grands quotidiens) et la pression constante qu’ils exercent sur la vie démocratique. Pour Belloc et Chesterton, ces grands médias nécessitaient toujours davantage d’argent, imposaient une opinion souvent anonyme et favorisaient la vie urbaine. Ron Paul note qu’à ce sujet s’impose l’antique question de la poule et de l’œuf. Qui a favorisé cette situation, cette relation incestueuse entre la (grande) presse et les partis politiques ? Est-ce la presse ? Sont-ce les partis ? Ou est-ce finalement le système lui-même qui s’auto-construit ainsi jusqu’à créer les conditions d’un système bipartite (comme on le voit aussi en France) et empêcher toute critique d’être entendue et relayée politiquement ?
    De ce point de vue-là, il y a un phénomène Ron Paul. Volontairement ou pas, l’homme a un peu grippé la machine. Candidat anti-système, l’utilisation d’Internet par ses partisans s'est révélé bénéfique. Le 17 décembre dernier, il a battu le record des dons reçus en 24 heures : 6 millions de dollars. Pas de gros patrons, de grosses firmes, de grosses fondations ou associations. Ces derniers ne l’aiment pas. Non, cette générosité a été celle de 25 000 nouveaux petits donateurs.
    Candidat anti-système, Ron Paul doit faire face aux médias qui ne l’aiment pas et qui évitent de parler de lui. Même en France, des magazines, pourtant réputés à droite, l’ignorent. Il est vrai qu’il n’a pas hésité à créer le scandale en s’attaquant à la figure d’Abraham Lincoln en personne, à propos de la Guerre entre les États (guerre de sécession) : « acheter les esclaves et les libérer aurait évité de faire 600 000 morts ».
    Alors, faut-il soutenir Ron Paul ? Au-delà des deux points importants de son programme auquel nous ne pouvons pas souscrire, il convient de respecter la démarche du candidat anti-système. Il veut reconquérir la liberté et la souveraineté de l’Amérique. Même si les répercussions des élections américaines sont énormes pour le reste du monde, ce n’est pas à nous de choisir. Mais aux Américains. God bless America.

  • Hilaire Belloc, distributisme et propriété privée (VIII)

    a3cb24849190bfa32408241acb1d5472.jpegSuite de la présentation du chapitre II de An essay on the restauration of property de Hilaire Belloc dans lequel l'auteur discute les avantages des grandes unités de production. On notera l'aspect visionnaire de son analyse concernant le pouvoir de la publicité. Visiblement, Belloc sentait venir la société de consommation, même s'il ne pouvait pas encore en prévoir la forme précise. Plusieurs décennies après, cette réflexion sera poursuivie par E.F. Schumacher qui montrera, en écho au principe de subsidiarité, la nécessité des petites unités de production, et même, ce qu'il baptisera les technologies intermédiaires, susceptibles selon lui à la fois de permettre le développement sans détruire le tissu social et humain. 

     

    Au prix de la liberté ?
    Belloc s'attache surtout à montrer que certains de ces avantages de la grande unité de production ont surtout conduits dans les faits – il prend l'exemple des petits producteurs de lait et des petits commerçants – à une diminution de la liberté, rendant les producteurs et les commerçants esclaves du salaire. Il estime également que ces avantages conduisent au monopole avec toutes les conséquences qu'une telle situation génère. De manière visionnaire, il critique la publicité dont il sent bien que les effets sur le consommateur sont énormes. Dans une société urbaine, soumise à une éducation d'État, on obéira facilement à la suggestion de la publicité, malgré son caractère insensé et arbitraire. Par ce biais, un marché peut être créé de toute pièce, sans répondre directement à une nécessité ou à une demande. Et, inévitablement, cette présence accrue de la publicité entraînera une baisse de la qualité des produits. Car, ainsi, on entre dans un système économique, dans lequel il faut toujours vendre plus. Pour vendre plus, il faut donc que les produits soient rapidement renouvelables. Notons que nous sommes aujourd'hui, exactement dans ce type de système et de société. Là où nos ancêtres entendaient fabriquer des produits durables, nous faisons exactement le contraire, pour alimenter en permanence le système de croissance.
    Concernant la facilité de crédit, Belloc constate que la grande entreprise est favorisée. Elle l'est parce qu'elle peut négocier des taux d'intérêts spéciaux; parce qu'elle peut payer la banque plus facilement; parce que la négociation se déroule entre deux « grandes entreprises ». Mais le prix vient de l'accroissement du pouvoir des banques. Ce sont elles qui finissent par imprimer la marque et le sens de l'économie et, plus largement de la société. Le problème de la ploutocratie n'appelle pas selon lui une grande démonstration. Elle est une évidence, favorisée qu'elle est par le système parlementaire. Il penche donc, de ce point de vue -là, pour la monarchie active, seule capable de faire pression sur les féodalités d'argent.
    Belloc ne semble pas répondre directement ou en totalité aux arguments en faveur de la grande propriété. Il y a là une tournure paradoxale. Il ne nie pas, en effet, certains de ses avantages ou de ses effets, dans le cadre d'un système favorable à la propriété concentrée. Mais justement ! Il estime, au regard des principes affirmés dans le premier chapitre, qu'à chaque fois ces arguments favorisent une minorité au détriment de la majorité des petits propriétaires, devenus une espèce en voie de disparition, aliénée à un système qui l'empêche d'exercer pratiquement sa liberté. 

     

    Plus largement, sur le distributisme, signalons une réalisation basque, influencée notamment par ce courant. Denis Sureau en parle sur son blog en écho à un article de Challenge : c'est ici.  

     

    À suivre… (pour les courageux…).