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Distributisme - Page 3

  • Réfléchir sur la technique et notre société avec Jacques Ellul

    Ce qui est étonnant concernant Jacques Ellul, c'est qu'il semble, encore aujourd'hui, malgré de sérieux efforts en matière d'édition, mieux connu à l'étranger qu'en France. J'ai découvert la série de vidéos qui va suivre sur le site de mes amis de The Distributist Review. Les propos d'Ellul invitent à la réflexion. On découvrira un homme serein, parfaitement claire et pédagogue, qui explique sa pensée sur le système technicien (titre de l’un de ses livres). On pourra ainsi la discuter ou s’en nourrir pour ses propres réflexions.

     

     

     

  • Distributisme : la vidéo

    Bon d'accord, c'est en anglais. Mais c'est une bonne manière de réviser.

     

  • Distributisme : le livre

    images.jpgPoursuivant leur politique active d’édition de livres consacrés à la doctrine sociale de l’Église et à ses différents développements, les éditions anglo-saxonnes IHS ont édité au printemps dernier : Beyond capitalism and socialism, à new statement of an old ideal.
    Sous la responsabilité de Tobias J. Lanz, cet ouvrage de 180 pages, présente très largement le courant distributiste né sous l’influence de G.K. Chesterton et de Hilaire Belloc, développé par des personnalités comme le Père Vincent McNabb, o.p., Eric Gill, Arthur Penty, Harold Robbins, HDC Pepler, Peter Maurin, Dorothy Day et beaucoup d’autres.
    Constitué de trois grands ensembles, ce livre présente dans une première partie trois illustrations passées du distributisme. La seconde partie s’attache à évoquer différents aspects historiques et théoriques. On y trouve aussi bien une présentation de la pensée de Chesterton et du Père McNabb ou du jésuite Henri Pesch qu’une étude sur La Tour du Pin ou sur l’affrontement entre distributisme et capitalisme. La dernière partie indique des pistes pour rebâtir une saine économie.
    Pour ceux qui lisent l’anglais, c’est en ce temps de crise économique et financière, un livre utile à lire. Mais c’est aussi un livre qui renverse complètement les présupposés habituels et qui exige de ce fait une certaine connaissance de l’histoire de l’Angleterre et des Etats-Unis. Il faut plonger dans un univers très différent de l’univers culturel français. À titre d’exemple, on peut souligner que le mouvement distributiste prend sa source et son origine dans l’encyclique Rerum Novarum. Il s’inscrit aussi plus globalement – c’est un point peu souligné, semble-t-il, par les commentateurs – dans le grand renouveau thomiste initié par Léon XIII. Cependant, l’histoire de la réception en France et en Angleterre de Rerum Novarum n’est pas la même.
    La situation des deux pays explique cette différence. Les Français, et singulièrement les catholiques, restent divisés sur le meilleur régime : monarchie ou république. Ce n’est pas le cas des Anglais. En revanche, la France reste majoritairement agricole et la propriété privée y est plus abondamment répandue. L’Angleterre, en revanche, est un pays de « dépossédés », où les terres appartiennent principalement à des grandes familles aristocratiques ou aux grands capitaines d’industrie. Le paysan y est d’abord un ouvrier, de même que l’artisan.
    D’où cette réaction distributiste que Chesterton résume ainsi dans son livre Le Monde comme il ne va pas :
    « Ce qu’il faut faire n’est ni plus ni moins que de distribuer les grandes fortunes et les grandes propriétés. Nous ne pouvons éviter le socialisme que par un changement aussi profond que le socialisme lui-même. Pour sauver la propriété, nous devons la distribuer, presque aussi rigoureusement et complètement que le fit la Révolution française. Pour sauver la famille, il nous faut révolutionner la nation. »

    Dans Rerum novarum, Léon XIII dénonce l’état dans lequel le capitalisme libéral a placé les ouvriers qui forment, rappelle l’encyclique, la grande masse des producteurs, et s’oppose à la solution socialiste de confiscation de la propriété privé au profit de l’État. Pour Léon XIII, la propriété privée est la continuité de la personne humaine. C’est à la fois un effet de sa liberté et une des conditions de celle-ci. Un homme libre est celui qui est propriétaire de lui-même – le contraire d’un esclave. Et la propriété privée est la continuité sociale de ce fait et de cette liberté.

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    À l’image de la doctrine sociale de l’Église, le courant distributiste anglo-saxon développe donc la nécessite d’une société :
    – fondée sur la famille ;
    – où la propriété privée des moyens de production est la plus largement possible distribuée ;
    – où la décentralisation est la règle, en conformité avec le principe de subsidiarité ;
    – où les professions s’organisent et se gèrent elles-mêmes dans des institutions privées de droit public ;
    – où l’environnement, nom moderne de la Création, est respectée parce que don de Dieu et nécessaire à la vie humaine ;
    – où le progrès n’est pas une valeur en soit tant qu’il ne permet pas à l’homme de grandir spirituellement et moralement ;
    – où la technique n’est recherchée que dans la mesure où elle permet le développement intégral de l’homme en vue de Dieu et non une course effrénée à son propre développement, à la consommation ;
    – où les rapports humains se fondent non sur des oppositions politiques ou de classes mais sur des solidarités effectives et des complémentarités nécessaires à la vie sociale.


    Beyond capitalism ans socialism est préfacé par Kirpatrick Sale qui vient d’un milieu autre que les milieux catholiques, mais qui ne cache pas sa dette à l’égard des distributistes. Il souligne dans sa préface le nombre  d’initiatives qui pourraient être considérées comme issues du distributisme. Elles ne le savent évidemment pas, mais mettent en pratique des éléments mis en avant par ce courant.