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Dimanche - Page 2

  • La question sociale est une question morale aussi

    Un des commentaires apporté au texte Bonne nouvelle, les cathos dérangent, est très intéressant et très révélateur aussi. Il montre combien nous sommes enfermés dans une dialectique entre la droite et la gauche. Le chroniqueur du Figaro ne prend en considération qu’un des arguments avancés par le Cardinal Vingt-Trois. Et, à partir de là, il monte sa mayonnaise. Sait-il lire ? On ne sait pas vraiment ! Ou, alors, il lit avec une longue-vue. Et de très loin, encore. C’est la seule explication raisonnable pour tenter de comprendre comment il parvient à isoler un seul argument épiscopal.
    Mais visiblement, cela fonctionne, comme il fallait d’ailleurs s’y attendre. Du coup, on ressort la vieille rengaine – déjà mise en œuvre par le chroniqueur du Figaro dans la première partie de son texte avec l’exemple de la dissuasion nucléaire – que les évêques feraient mieux de s’occuper de remplir les églises. Mais, en quoi ce nécessaire rappel à s’occuper de la transmission de la foi – car c’est de cela qu’il s’agit – les empêcheraient dans le même temps, hier de parler de dissuasion nucléaire, et aujourd’hui d’évoquer le travail du dimanche ? Dans les deux cas, derrière les questions techniques se posent des questions morales qui engagent profondément l’avenir de l’homme et qui touchent de ce fait aux questions de foi.
    Même certains adversaires du catholicisme admettent souvent que, après tout, on ne peut reprocher à l’Église de tenir son discours sur la contraception et sur l’avortement. Il y a une logique interne, que ces adversaires refusent pour eux-mêmes, mais qu’ils trouvent cohérente. Mais, voilà, dès que les cathos sortent de leur sacristie et de leur kermesse paroissiale, on lance le couplet habituel en forme de lamentation : qu’ils s’occupent de leur bondieuserie et qu’ils nous foutent la paix.
    Et bien justement, pas d’accord ! L’enfermement au chaud dans les sacristies et dans le coton des paroisses, c’est terminé. La question sociale est aussi une question morale, comme l’avortement, la contraception ou la vie familiale. Et, comme c’est une question morale, il n’y a pas de raisons que les évêques et que les cathos en général se taisent. La seule chose qu’on est en droit de leur demander, c’est de parler et d’agir en conformité avec l’enseignement de l’Église. Lequel ne dépend pas de l’interprétation d’un chroniqueur, fut-il du Figaro. Surtout s’il est par ailleurs le chantre d’un système de pensée, d’un système politique et d’un système économique qui a montré une nouvelle fois son formidable échec.
    Alors, bien sûr, il y a la grande tarte à la crème qui veut qu’en parlant ainsi nos évêques entonnent le discours de la gauche, voire de l’extrême-gauche. Là aussi, il serait temps d’arrêter ce discours binaire qui réduit le champ politique à deux camps : la droite et la gauche. Dans l’un et l’autre cas, c’est la même vision de l’homme. Et, dans l’un ou l’autre cas, l’Église n’a rien à voir avec ces pensées. Il se peut que sur tel ou tel point elle se trouve en accord avec l’un ou l’autre camp. Vérités partielles qu’elle assume, elle, dans leur totalité et dans leur ordre. La question n’est pas de savoir si en ayant ce discours l’Église parle comme la gauche. La question est de savoir si ce faisant elle est fidèle à son propre enseignement et si elle dit la vérité. Quand l’Église défend les droits de la Création, on dit tout autant qu’elle fait le jeu des écolos. Quand l’Église défend les droits de la paix, on dit qu’elle fait le jeu des pacifistes. Quand l’Église affirme la primauté de la loi morale sur la loi civile, on dit qu’elle fait le jeu des fondamentalistes. Quand l’Église met en cause le dogmatisme d’un certain évolutionnisme, on dit qu’elle fait le jeu des créationnistes. Etc.Etc. Autant d'incantations qui empêchent de voir ce que l’Église pense, dit et enseigne dans sa doctrine.
    Nous sommes ici confrontés une fois de plus au grand argument du libéralisme contre les positions de l’Église dès lors que celle-ci ne va pas dans le sens de l’histoire libérale : vous êtes d’affreux gauchistes. La chanson a bien marché du temps de la Guerre froide et il y avait peut-être alors des raisons de se serrer les coudes contre le danger communiste. Pour le reste, on ne voit vraiment pas ce qui nous empêcherait aujourd’hui de dénoncer deux visions du matérialisme, aussi stériles et aussi fausses, l’une que l’autre.

    Sur le même sujet, voir ICI.

  • Le dimanche : la famille oui; le travail, non !

    Dans une lettre-type à envoyer aux élus [bonne idée – il faut jouer la carte locale : maires, conseillers, députés], les Associations familiales catholiques soulignent les raisons de l'opposition au projet ultraliberal de travailler le dimanche.

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    « Ces dernières semaines, une évolution de la législation visant à élargir les possibilités d’ouverture des commerces et des services publics le dimanche a, à nouveau, été évoquée. Les Associations Familiales Catholiques s’opposent à un tel changement qui aurait des conséquences graves pour les familles et pour la société entière dont elles sont les cellules de base.

    Parmi les arguments en faveur d’une extension de l’ouverture dominicale, il y a l’idée de dynamiser l’économie et de relancer la consommation. Or, la consommation est aujourd’hui plus restreinte par le pouvoir d’achat et le surendettement des ménages que par les jours d’ouverture des commerces. De leur côté, le lien entre augmentation de l’amplitude horaire d’ouverture des magasins et augmentation du chiffre d’affaires n’est pas établie : n’y aura-t-il pas d’abord augmentation des coûts et lissage sur la semaine ? De la même manière, les majorations salariales seront-elles pérennes si le travail le dimanche se banalise ?

    Est également mise en avant la liberté de choix des salariés. Comment sera-t-elle effectivement garantie ? Quelle sera l’incidence, pour un salarié, d’avoir préféré conserver le dimanche son jour de repos pour passer du temps avec sa famille, ses amis ? De même, les exemples étrangers montrent que ce sont principalement les salariés aux revenus modestes, travaillant dans les secteurs du gardiennage, de l’entretien…, qui travaillent le dimanche (ou avec des horaires décalés) : ont-ils à ce titre une réelle liberté de choix ?

    Sur un plan pratique, les exceptions qui existent déjà au principe du dimanche non-travaillé montrent les difficultés qui surgissent, par exemple en termes de moyens de garde et, plus largement, de conciliation vie professionnelle – vie familiale.

    Par ailleurs, pour les Associations familiales catholiques, la généralisation du travail du dimanche ne doit pas se faire au détriment de la dignité de l’homme. Sur ce plan, il n’est pas possible de ne le considérer que comme un consommateur de biens et de marchandises. Le repos du dimanche vient rappeler la valeur des moments partagés avec des proches, valeur qu’aucune rémunération ne peut compenser. Le dimanche reste, en effet, le jour où la plupart des familles se retrouvent : de l’existence de cette occasion pour le plus grand nombre dépend la stabilité de la vie de famille et donc aussi le lien social lui-même. Il est indispensable pour chacun d’avoir un jour de repos fixe qui lui permet de se consacrer à des activités en famille ou entre amis.

    Enfin, pour les chrétiens, l’extension du travail du dimanche touche la vie au sein de l’Eglise. Cela la concerne bien sûr à travers la pratique religieuse, mais aussi comme communauté humaine dont les œuvres, notamment à caractère caritatif et humanitaire, sont d’un grand secours pour beaucoup. Le repos dominical permet d’entretenir ces liens qui sont également utiles pour la société. »

     

    Par ailleurs, la Fédération des Associations Familiales Catholiques en Europe (FAFCE) se montre également opposée au travail du dimanche au niveau européen. Elle souligne notamment que « l’appel en faveur de l’ouverture dominicale des commerces au nom de la libéralisation limite en réalité la liberté de la vie en famille » et que « si la société européenne se soumet entièrement aux conditions de l’économie, elle se coupera des ressources spirituelles de la solidarité et risque de mettre sa cohésion en péril ».

    Site des AFC : ici.

     

    Il n'y a pas de société sans familles. Il n'y a pas de familles sans une journée qui lui soit propre dans la semaine.