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23/10/2007

Etre consommé

be9474349fde1bf4a03db3d0dadc2e2c.jpgEtre consommé, une critique chrétienne du consumérisme, du jeune théologien américain William Cavanaugh vient de paraître aux éditions de l'Homme Nouveau, sous la responsabilité éditoriale de Denis Sureau.

De quoi s'agit-il ? Ci-dessous le texte de la quatrième de couverture. Ce livre, qui sera bientôt dans les librairies, est disponible auprès de L'Homme Nouveau, 10 rue Ronsenwald 75015 Paris au prix de 19 € ou sur le site sécurisé du même journal : ici.

 

Li Chunmei, une Chinoise de 19 ans, est morte après avoir travaillé sans interruption 16 heures par jour pendant 60 jours d’affilée, à fabriquer des peluches pour les enfants des pays « développés ». Nous achetons. Ils meurent. Y a-t-il une relation entre les deux ? Le « libre marché » rend il vraiment libre ?


Le rasoir à cinq lames évince le rasoir à 4, 3 ou 2 lames : quelle est la signification spirituelle de la culture de consommation ? Comment vivre dans un monde globalisé aux ressources dites rares ?


Exemples concrets à l’appui, William Cavanaugh décrypte les notions clé de l’économie moderne et développe une vision de la vie quotidienne en faisant appel aux ressources chrétiennes – saint Augustin et l’eucharistie. Cet essai brillant bouleverse les catégories habituelles, libérales ou étatistes. Face aux pathologies du désir, il invite à créer des espaces économiques alternatifs où les pratiques sont pleinement libres. Commerce équitable, économie de communion, coopératives de producteurs-consommateurs, micro-crédit solidaire : une autre économie est déjà commencée.


Figure émergente de la nouvelle théologie politique, William Cavanaugh, 45 ans, enseigne à l’Université Saint-Thomas, à Saint-Paul (Minnesota), aux Etats-Unis. Marié, père de trois enfants, auteur d’essais remarqués, ce penseur original est aussi engagé dans la vie politique, notamment par ses prises de position contre la guerre en Irak.

09/10/2007

Lasch et la révolte des élites

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La Révolte des élites ! D'emblée le titre du dernier livre de Christopher Lasch, réédité aujourd'hui dans la célèbre collection « Champs » de Flammarion, après avoir été révélé au public français par les éditions Climats, entre en résonance avec un autre livre. Un autre titre. Celui retenu naguère par le philosophe espagnol José Ortega y Gasset pour son ouvrage-phare : La Révolte des masses.
8cf886ed056e6684e78ec593882a5c04.jpg Le livre testament de Lasch, terminé quelques jours avant d'être emporté par une leucémie foudroyante, n'est cependant pas d'abord une réponse à Ortega y Gasset, qui viendrait d'ailleurs bien tard (l'un a été publié en 1929 et l'autre en 1994 ), mais finalement une reprise à frais nouveaux du même désir de comprendre la réalité de l'époque présente. La conclusion que dégage Christopher Lasch n'en est pas moins différente et même opposée à celle d'Ortega y Gasset. Le danger ne vient pas des masses. Le danger est aujourd'hui incarné par ceux qui tiennent les rênes des pouvoirs. Les élites trahissent non seulement la démocratie, mais ils trahissent la société.
Evidemment, à force d'être mis au service de tout et de n'importe quoi, le mot « élites » a perdu de sa verdeur et de sa consistance. En un mot, il renvoie à tellement de choses qu'il ne veut plus rien dire. Mot valise, il finit par transporter uniquement de la confusion. Ceux qui sont visés dans ce petit essai de Lasch ne revendiquent d'ailleurs d'aucune façon cette appelation, rappelant le fascisme et les pires heures de notre histoire.
Dans les dîners en ville, sur les plateaux de télévision, dans les cercles d'économistes, dans les rédactions des journaux, ces « bien-pensants », fustigés naguère par Bernanos, se référent en permanence et peut-être plus que d'autres, à la démocratie, à ses valeurs, au progrès et à ses capacités d'émancipation. En France, nous dirions que ces « libéraux-libertaires » (gagner plus, pour jouir toujours plus), hydre née de l'accouplement de la défense du libéralisme économique et du nihilisme soixante-huitard, qui a engendré à son tour le « Bo-bo » des mégapoles, incarnent à merveille ce dévoiement des élites. Ils ont le pouvoir (politique, médiatique, culturel, économique) et ils le détournent en permanence à leur profit.
Seulement ce détournement s'opère de manière adroite, sans la lourdeur de l'abus de pouvoir de grand papa. Pas de bottes de cuir ni d'imperméable noir. Pas de chapeau mou, ni de valises à fond secret. Non ! Ils cultivent plus simplement, mais en permanence, la différence et l'émancipation. Ils élèvent un hymne à la pluralité. Ce faisant, ils imposent à la société la Règle de la non-règle et laissent croire qu'ils sont en révolte permanente contre cette même société. Ils ont élevé la révolte permanente au rang d'un conservatisme qui n'a jamais été aussi lourd et pesant.
Comme l'écrit Jean-Claude Michéa dans « Lasch, mode d'emploi » qui sert d'introduction à cette édition, ces élites « vivent leur enfermement dans le monde humainement rétréci de l'Economie comme une noble aventure, 'cosmopolite', alors que chaque jour devient plus manifeste leur incapacité dramatique à comprendre ceux qui ne leur ressemblent pas : en premier lieu, les gens ordinaires de leur propre pays ». D'ailleurs, ils n'ont pas de pays.
Lasch leur oppose le « populisme » au sens américain du terme. C'est-à-dire de la résistance que peut offrir les vertus encore présentes dans un peuple. Enracinement et bon sens, en somme. Un duo qui peut encore servir. Même en France.
 
Pour aller plus loin sur Christopher Lasch : ici

01/10/2007

Du potager de survie au jardin solidaire

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Malgré son titre et son éditeur, qui pourraient laisser penser à un livre didactique et pesant, Du potager de survie au jardin solidaire de Philippe Delwiche est vraiment passionnant.
En s'intéressant au potager – lieu simple et sans histoire –, Philippe Delwiche montre que ce carré de nos jardins révèle beaucoup de l'histoire de l'homme. Les potagers existent depuis le moyen âge. Chez les paysans, bien sûr, mais aussi dans les monastères puisque les moines sont depuis toujours les rois de « l'autosuffisance ».
Les légumes de nos jardins ont aussi une histoire, parfois lointaine, quand ils ont été importés et cette histoire est souvent surprenante. Mais, si certains de nos légumes venaient d'ailleurs, que cultivait-on avant ? Des légumes aux noms inconnus aujourd'hui et que l'on commence parfois à redécouvrir : l'arroche, le panais, la bette, etc.
Le jardin est lié à une civilisation. Au moyen âge, voler un légume dans la région de Namur (ailleurs aussi sûrement) est puni d'une amende ou d'un pèlerinage. En chrétienté, la réparation  prend souvent la forme d'une marche vers un lieu saint.
Au XIXe siècle, l'exode rural ne conduit pas vers des lieux de prière, mais vers la création de jardins ouvriers. Vrai dans le Nord de la France ou en Belgique, ces jardins existent aussi à Saint-Etienne par exemple, où ils sont créés sous l'impulsion du père Volpette. Remercions l'auteur de citer l'action de l'abbé Jules Lemire, auteur du premier projet de loi en faveur du jardin de famille ouvrier. Lequel devait être « insaisissable, exempt d'impôts et de frais de successions ».
Devinez qui rejeta le projet ? Les socialistes de l'époque. En 1896, l'abbé Lemire créa alors la Ligue française de coin de terre et du foyer  qui rencontra un véritable succès. Les jardins d'ouvriers ne cessèrent de se développer jusqu'à s'élever au chiffre de 250 000 en 1945. Un bel exemple de l'action des catholiques sociaux.
Signalons qu'en 2002, évoquant directement l'abbé Lemire et le père Volpette, le sénateur UMP Christian Cointat a déposé une proposition de loi qui n'a pas eu l'air d'avoir davantage de succès. [ici].

 

Abbé Lemire :                                                                                                                              Père Volpette :6f62518e8cdadc319acaf661a4c2bc34.jpeg

 

 

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Presses Universitaires de Namur, 256 pages, 23€.