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13/11/2006

Un entretien avec Falk van Gaver sur l'écologie

 

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J'ai annoncé (ici) le colloque, organisé par l'Observatoire socio-politique du diocèse de Fréjus-Toulon, qui se tiendra en fin de semaine. Parmi les forums annoncés, celui sur les styles de vie et la Création, m'a semblé particulièrement intéressant, notamment parce qu'il recoupe les préoccupations de ce blog. C'est pourquoi j'ai posé quelques questions à Falk van Gaver, l'un des intervenants. Falk van Gaver, c'est la rencontre, dans une même personne, de saint Augustin et de Jean Raspail, une gueule de jeune premier en plus. Ce jeune écrivain est à la fois un aventurier, un journaliste, un philosophe et un théologien, auteur de deux ouvrages, La politique et le sacré et La Route des Steppes, publiés tous les deux aux Presses de la Renaissance. Il prépare d'autres ouvrages et nous devrions avoir l'occasion de le retrouver dans nos réflexions. 

 

– Falk van Gaver, vous êtes un des intervenants au Colloque de Toulon. Votre sujet concerne l'environnement. Pourquoi vous intéressez-vous à  cette question ?

L'environnement et l'écologie ne sont en rien une question aujourd'hui optionnelle, bien qu'elle apparaisse généralement comme telle : un plus écologique, une touche verte... Or l'écologie est une question absolument centrale et vitale et devrait être un critère prioritaire en matière politique et économique au sens le plus large de ces deux termes. si on ne s'intéresse pas ou pas assez à cette question, elle s'imposera et elle s'impose déjà à nous sous le mode de la catastrophe soudaine ou, ce qui est plus grave quoique moins spectaculaire, sous celui de la catastrophe diffuse.


– Vous estimez qu'il faut adopter de nouveaux styles de vie. À quoi pensez-vous exactement ?

A un mode de vie écologique, responsable, économique au sens noble du terme. Eco-logie et éco-nomie viennent tous deux du grec oïkos, la maison, le foyer, la domus en latin, et ont donc directement à faire avec la sphère domestique. On pourrait traduire écologie par la science de la maison, le savoir domestique, et économie par la loi de la maison, la règle domestique. cet aspect domestique,personnel, familial et communautaire est central pour une révolution des modes de vie dans un sens écologique. En termes pratiques et pour commencer : vie simple, consommation biologique et habitat écologique. "Laissez-vous attirer par ce qui est simple", comme dit l'apôtre Paul.

– Est-ce que ces nouveaux styles de vie ne dépassent pas finalement la  question de l'environnement ?

Bien sûr ! L'écologie dépasse largement la question de l'environnement et concerne la totalité de l'existence : l'écologie est par nature intégrale et comprend aussi "l'écologie humaine" qu'évoquait Jean-Paul II dans son encyclique L'Evangile de la Vie ! Il faut promouvoir une culture écologique intégrale, culture entendue au sens anthropologique, c'est-à-dire recouvrant tous les aspects de la vie humaine, aspects temporels mais aussi dimension spirituelle.

– Sur ce blog, nous avons signalé d'une part une série de sermons du cardinal Ratzinger concernant la Création et, d'autre part,  un autre  de ses sermons consacré à la figure de saint François d'Assise. À  chaque fois, le cardinal Ratzinger insiste sur le fait que la défense  de l'environnement ne peut se détacher de la défense de l'homme car celui-ci a une place essentielle dans la Création. Est-ce que cela ne  rend pas vaine, selon vous, toute tentative consistant à isoler la  Création de son Créateur, en la réduisant à un simple concept de nature  ou d'environnement ?

J'allais y venir ! La dimension spirituelle de l'écologie est assumée par la religion, et à cet égard le christianisme offre une vision écologique radicale et intégrale largement inexploitées et incomprises de nos jours par nous autres modernes, catholiques mais malheureusement modernes, trop modernes, ce qui a même mené certains pans de l'écologisme à attaquer le judéochristianisme en les désignant comme responsables du mépris de la nature et de la crise écologique majeure et multiforme qui se déclare plus gravement jour après jour. Il y a certes une responsabilité occidentale énorme dans cette affaire, mais elle est davantage liée à la modernité, cette sortie du christianisme, qu'à la chrétienté qui a développé une vision cosmologique et écologique très complète, dans laquelle il conviendrait de puiser les éléments d'une reconstruction et d'une refondation d'une vision du monde authentiquement et intégralement chrétienne, n'oubliant rien au passage, et surtout pas la Création qui est l'oeuvre même de la bonté et de la sagesse de Dieu. L'écologie est justement un sujet politique majeur pour tous les hommes quels qu'ils soient, et à cet égard un terrain d'évangélisation immense. Mais l'écologie chrétienne n'a rien d'une manipulation instrumentale et prosélyte : le salut de la Création tout entière - et pas l'homme seulement - dans le Christ est au centre même de la révélation biblique !

– Est-ce que la question du changement de style de vie ne rend pas vain également le fait de s'appuyer sur des hommes politiques qui, au-delà  de leur bonne volonté et de leur courage, renforcent un système qui est  directement contre des styles de vie qui « doivent s’inspirer de la  sobriété, de la tempérance, de l’autodiscipline sur le plan personnel  et social" ?

L'écologie s'adresse à tous et il faut évidemment la rappeler aussi sans cesse aux hommes politiques, sans se faire trop d'illusions sur leur capacité au changement... Il faut renforcer cette prise de conscience écologique auprès de toute la population, à commencer par les chrétiens. Les politiciens professionnels et leurs staffs de communication étant attentifs aux sujets en vogue, tant mieux si l'écologie pénètre aussi leurs milieux et leurs discours, et peut-être un jour, leurs actions... Cela dit, l'accent mis sur un nouveau mode de vie, de nouvelles formes de vie, rappelle que le changement commence en chacun de nous et que l'exemple prêche autant voire davantage que la parole, que la parole seule en tout cas. La tradition chrétienne a toujours incarné cette voie de conversion du quotidien même et de transfiguration de la vie, sans cesser de prêcher les foules et de rappeller les puissants à leurs devoirs.

– Que comptez-vous faire concrètement  pour travailler au changement de style de vie ?

Pour ma part, dans la vocation qui est la mienne, travailler toujours davantage sur la question écologique dans ses dimensions politques et économiques en insistant sur son ancrage théologique et philosophique, et mettre ce travail en cours à disposition du public. Et puis, incorporer progressivement les changements concrets dans la vie quotidienne dont je parlais plus haut : manger bio, vivre écolo...

– Enfin, trouvez-vous normal que des initiatives comme un colloque  politique et l'existence d'un Observatoire politique reviennent à l'autorité diocésaine ? N'est-ce pas du rôle et de la responsabilité du pouvoir temporel autonome du laïcat chrétien ?

L'autorité diocésaine a justement donné ici une impulsion bénéfique pour rappeler précisément le laïcat chrétien à l'exercice de son autonomie temporelle. L'Eglise a toujours rappelé les laïcs à leur devoirs civiques et à leur mission politique. Plus largement, au-delà du laïcisme qui nous infecte, et dans une juste conception de la distinction sans confusion ni séparation du temporel et du spirituel, il se peut que devant la déliquescence sans cesse grandissante de la politique et de l'économie, et devant la destruction du monde par la modernité, l'Eglise se voit toujours plus obligée de remplir une mission temporelle indirecte en même temps que son divin mandat... 

Les livres de Falk van Gaver :

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01:35 Publié dans Entretien | Lien permanent | Commentaires (39)

07/11/2006

Les écoles indépendantes : un entretien avec Anne Coffinier

 

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Lorsqu'on rencontre Anne Coffinier, on reste surpris devant tant d'énergie, de vivacité intellectuelle et de force morale. Fondatrice de l'association Créer son école, elle nous explique comment et pourquoi il est urgent de rendre la liberté au secteur scolaire. Étonnant. À lire. 

 

Vous avez fondé Créer son école, association qui propose une aide juridique et pratique bénévole aux créateurs d’écoles hors contrat. Pour quelles raisons ?

La situation de l’école en France – et plus largement en Europe de l’ouest – est particulièrement préoccupante. Cette crise n’est pas passagère : elle a débuté il y a plus de trente ans et s’aggrave d’année en année. Ses conséquences sont catastrophiques et menacent les bases mêmes de notre civilisation.
Citons quelques manifestations du chaos pédagogique actuel :

- 1 enfant sur 3 ne sait pas lire correctement en 6ème  
- 45 % des lauréats du baccalauréat professionnel sont au chômage après 7 mois de recherche
- 160 000 élèves quittent chaque année le système scolaire sans aucune qualification
- explosion des pathologies scolaires (progression exponentielle des dyslexies, dysorthographies, phobies scolaires…)

Cela signifie que, si l’on ne fait rien, des millions d’élèves vont continuer à être « mutilés à vie ». Il est donc vital de renouveler en profondeur l’école, qu’il s’agisse des filières généralistes ou professionnelles.

Or l’expérience montre, en France comme à l’étranger, que l’Etat rencontre de graves difficultés s’il essaie de mener tout seul les réformes nécessaires. La société civile a en réalité un rôle essentiel à jouer dans la refondation de l’école. Comment ? Tout simplement en créant des établissements scolaires indépendants de qualité. Puisqu’il n’est pas de solution de l’intérieur (à cause du gigantisme bureaucratique des structures et du conservatisme aveugle des syndicats), il faut agir à l’extérieur et à côté du grand corps malade de l’Education nationale. C’est seulement ainsi que l’on pourra susciter une émulation profitable au système éducatif français dans son ensemble.

C’est dans cette perspective que j’ai fondé « Créer son école » en février 2004 pour accompagner juridiquement et pratiquement les créateurs d’école.  (Créer son école ;46 rue Custine 75018 Paris ; tel. de permanence : 06 26 27 86 72 ; contact@creer-son-ecole.com; site : www.creer-son-ecole.com)

Vous employez les termes d'« écoles indépendantes », là où il est habituel de parler d'école hors-contrat. À quelle logique répond votre choix lexical ?

Le terme d’école hors contrat, outre qu’il est sec et technique, donne à croire que la « normalité » serait du côté des écoles « sous contrat ». En réalité, c’est le contraire puisque la normalité mondiale et historique se situe du côté de la liberté pédagogique et de l’autonomie de gestion qui caractérisent en propre les écoles indépendantes (ou hors contrat). S’il est légitime que l’Etat intervienne financièrement pour permettre un accès effectif de chacun à l’éducation (par exemple sous forme de chèque éducation), il est en revanche illégitime que l’Etat s’ingère dans le contenu de l’enseignement, à partir du moment où ce dernier respecte l’ordre public.

Quelle est la philosophie profonde de l'école indépendante ?

La philosophie des écoles indépendantes, c’est de croire à la liberté dans le domaine de l’esprit. Et de faire confiance. Faire confiance aux parents, qui sont capables de choisir l’école la plus adaptée à leur enfant ; faire confiance au directeur pour recruter son équipe et prendre les bonnes décisions ; et enfin et surtout, faire confiance aux professeurs pour choisir les meilleures méthodes, dès lors qu’ils sont placés en situation de responsabilité. Une école indépendante est une école qui détermine sa pédagogie, son esprit et sa gestion de manière libre et autonome. Ce simple positionnement entraîne des effets vertueux. On sait que l’homme ne s’investit pleinement dans le succès d’une entreprise que s’il est personnellement tenu responsable des résultats atteints, ce qui suppose bien sûr qu’il ait été tout à fait libre des moyens mis en œuvre. Toute insertion dans une structure administrative de taille importante dilue les responsabilités, étiole les libertés, stérilise la vitalité et la créativité que peut avoir une petite communauté éducative. Cette considération vaut pour toutes les écoles, qu’elles soient publiques ou privées. Mais on peut noter que l’Enseignement catholique ne s’oriente hélàs pas dans cette direction : la récente loi Censi vient de restreindre encore drastiquement l’autonomie de gestion des établissements du privé catholique sous contrat.


Combien y a-t-il d'écoles indépendantes aujourd'hui en France ? Sont-elles toutes catholiques ?
Il y en a environ 450 en France ; 27 ont ouvert leurs portes en septembre dernier. Elles sont catholiques pour moitié environ. L’autre moitié est constituée d’écoles protestantes (le plus souvent évangélistes), à pédagogie particulières (Montessori, Steiner, pédagogie entièrement individualisée ou fondée sur support informatique); d’autres enfin ont des spécificités fortes (écoles pour enfants dyslexiques, pour enfants précoces, avec horaires aménagés comme pour les manécanteries, bilingues (langues régionales ou étrangères)).

Pour quelles raisons les parents font-ils ce choix ? Avez-vous des chiffres sur le nombre de familles qui recourent à ce type d'école aujourd'hui ?

Les parents font le choix de la liberté soit parce qu’ils veulent que leur enfant ait une éducation rigoureuse et en harmonie avec la formation délivrée à la maison (notamment au plan spirituel et moral), soit parce que leur enfant est en souffrance scolaire (échec scolaire,  voire phobie scolaire ou dépression…) et que cette situation les conduit à chercher une solution pour leur enfant hors des sentiers battus. Enfin, il y a aussi tous les étrangers ou Français de retour d’expatriation qui continuent à inscrire leurs enfants dans ce type d’établissement qu’ils ont appris à apprécier à l’étranger.

Il y a environ 30 000 enfants dans les écoles hors contrat et 30 000 pratiquant l’école à la maison. Le nombre des descolarisations connaît une progression exponentielle (dans les ZEP, dans le contexte du CPE, de la crise des banlieues…). En l’absence de réformes de l’école publique et dans le contexte de saturation du privé, ces descolarisations ne pourront que se multiplier, comme on le voit aux Etats-Unis.

Mais quels sont en définitive les avantages objectifs des écoles indépendantes ?

Elles offrent un excellent cadre éducatif car :

– soumises à une obligation de résultat, elles sont poussées à avoir un corps professoral compétent et habité par la vocation de l’enseignement ;

– fondées par des professeurs partageant la même vision de l’éducation, elles bénéficient d’un corps professoral soudé délivrant une formation cohérente ;

– par la diversification d’établissements scolaires qu’elles introduisent, elles permettent à chaque famille de choisir le meilleur cadre éducatif pour ses enfants ;

– de taille humaine, ces écoles assurent un enseignement individualisé respectueux des personnes ;

– dirigées par des chefs d’établissement sous l’égide du conseil d’administration de l’école, elles sont gérées efficacement ;

– libres de leurs moyens (méthodes, horaires, programmes, manuels, options) mais comptables de leurs résultats (tant pédagogiques que financiers), elles mettent en œuvre des méthodes empruntées aux traditions éducatives les plus fécondes ;

–  librement choisies par les familles en raison de leur projet pédagogique, elles dispensent une formation en harmonie avec l’éducation familiale.

Une action pour les écoles indépendantes ne devrait-elle pas s'accompagner d'une action pour la séparation de l'école et de l'État ?
La séparation de l’école et de l’Etat est une exigence élémentaire de l’Etat de droit car l’école est le lieu par excellence de formation des esprits. Et il est évident qu’un monopole dans le domaine de l’esprit est une hérésie ! La non-ingérence de l’Etat dans l’enseignement est donc plus importante qu’en matière de liberté de presse par exemple. L’Etat peut financer les écoles sur fonds publics si et seulement si il s’oblige à ne pas se mêler pas du contenu et de la pédagogie utilisés. Son rôle doit impérativement se limiter à garantir le bon fonctionnement du système éducatif, et à pallier le cas échéant ses manques à titre subsidiaire. En aucun cas, il ne peut légitimement se substituer à la société civile. C’est pourquoi, il serait urgent de demander que les professeurs (qu’ils relèvent du public, du privé sous ou hors contrat) soient inspectés non pas par des inspecteurs de l’Education nationale mais par des inspecteurs diligentés par des agences indépendantes.

Est-ce que les professeurs sont suffisamment formés dans ce type d'établissement ?

Nulle part en France les professeurs sont suffisamment formés : parce qu’ ils reçoivent une formation théorique de nature idéologique (cf. le livre de Mme Boutonnet sur le lavage de cerveau dans les IUFM) ; et parce qu’ils ne reçoivent aucune formation pratique, dans le cadre d’une classe, au contact d’un maître expérimenté qui leur montre et leur transmette son savoir faire. Les professeurs en France sont déformés (on leur inculque un jargon abscons digne de Trissotin) mais ils ne sont pas formés. Ils le savent et en souffrent surtout lorsqu’ils sont jetés sans préparation et expérience dans des établissements dits sensibles. La situation est aussi dégradée pour les enseignants du privé sous contrat (qui sont obligés de fréquenter les IUFM depuis les accords Lang-Cloupet de 1992, ce dont se passent avantageusement les professeurs des écoles israélites !).Les établissements indépendants présentent cet avantage que leurs professeurs sont poussés à donner le meilleur d’eux-mêmes car l’établissement est soumis à une obligation de résultat et que les professeurs sont comptables des résultats de leurs élèves. De plus, beaucoup de professeurs viennent de la société civile ; cela donne à l’ensemble de la communauté éducative un tour d’esprit plus ouvert et réaliste que celui des professeurs n’ayant jamais fréquenté que des salles de prof’. Néanmoins, il est urgent de former mieux les professeurs en particulier pour le primaire. La Fondation pour l’école travaille justement au lancement d’un institut libre de formation des maîtres, professeurs et directeurs (en un an, avec une partie théorique très ramassée et un stage d’un an auprès de professeurs réputés). (pour en savoir plus : info@fondationpourlecole.org). Il faut créer un lieu dans lequel les savoir-faire maîtrisés par les enseignants expérimentés puissent être transmis d’une manière essentiellement pratique et accessoirement théorique aux jeunes enseignants.

Existe-t-il des écoles indépendantes pour les classes techniques ?°)  Parmi les 450 écoles, seul le réseau d’écoles juives compte un nombre significatif d’écoles professionnelles dont la spécialité évolue de manière réactive en fonction des mutations du marché. Il est urgent de développer plus largement les écoles indépendantes préparant à un métier ou corps de métiers : la Fondation pour l’école espère prochainement pouvoir aider financièrement au lancement de telles écoles. Ces structures verraient la partie professionnelle de la Formation entièrement confiée aux entreprises pour être réellement en prise avec la réalité économique.

Y a-t-il un enseignement supérieur indépendant ?

Le supérieur est tout à fait différent du primaire ou secondaire car il y a une foison d’écoles supérieures indépendantes préparant des diplômes totalement privés (à commencer par les multiples écoles de commerce). Cependant, s’agissant d’études classiques, il existe des établissements privés s’inscrivant dans cette logique d’indépendance intellectuelle par rapport aux préconisations de  l’Etat. S’agissant des catholiques, il y a ainsi 7 facultés privées : l’IPC, la FACO, IFJ, l’ISES, L’IRCOM, l’Institut Albert le Grand ; l’IUSPX (toutes sont référencées sur le site de www.creer-son-ecole.com).Mais la priorité nous semble être vraiment de restaurer un enseignement primaire de qualité (ouvrant sur un diplôme de fin d’études primaire réellement sélectif) car sans formation de base solide, rien n’est possible.

Comment aider au développement des écoles indépendantes ?

En soutenant financièrement les écoles directement (les dons sont déductibles) ou la Fondation pour l’école. En effet, cette institution en cours de lancement devrait pouvoir contribuer à donner une assise financière aux meilleures écoles et les aider à se doter d’un corps professoral de grande qualité. (cf. info@fondationpourlecole.org)

N'y a-t-il pas un risque de dérive sectaire ?

Pourquoi en aurait-il un en particulier dans ces écoles ? Les écoles hors contrat sont bien plus étroitement inspectées et surveillées que les écoles publiques ou privées sous contrat. Si l’on veut monter une secte, ce n’est donc pas le lieu idéal, n’en déplaise à la Commission d’enquête parlementaire en cours qui cherche à restreindre la liberté d’enseignement en  brandissant le péril sectaire !

En quelques mots, Anne Coffinier, qui êtes-vous et comment avez-vous été conduite à vous occuper de ces questions ?

J’ai 32 ans, je suis mariée et ai trois enfants ; je suis catholique, diplomate de profession, énarque et normalienne de formation ; j’ai été conduite à m’intéresser à l’éducation tout naturellement (en tant que mère de famille et normalienne) ; l’ampleur du chaos éducatif m’a convaincue de m’investir à plein au service du renouveau éducatif. Les écoles entièrement libres m’ont paru la structure la plus apte à susciter ce renouvellement en profondeur du système éducatif, le tout dans des délais acceptables.

Enfin dernière question : est-ce que recourir à l'école indépendante reflète un choix qui repose sur une conception de la vie ?

Oui, même si ce choix devrait aller de soi : il s’agit du choix de vivre libre et responsable de sa vie, de ses actes au lieu de se laisser assister, dicter ses pensées par l’Etat dans un domaine où il ne doit intervenir que pour permettre le respect effectif de la liberté d’enseignement. Il s’agit aussi du choix de la cohérence (cohérence de l’éducation à l’école et en famille, cohérence religieuse (peut – on mettre Dieu à la porte de l’école si l’on croit en Dieu ?).

Quel message final voudriez- vous délivrer aux lecteurs de ce blog ?

Il tient en une phrase : les écoles indépendantes sont la solution d’avenir. Inscrivez-y vos enfants. Ils méritent bien autre chose qu’une éducation au rabais ! Pour en savoir plus sur les écoles indépendantes, visitez le site www.creer-son-ecole.com (ici) et commandez la brochure de questions/réponses sur les écoles indépendantes publiées par notre association : ici

Mieux encore, si les écoles indépendantes vous semblent une solution intéressante pour la jeunesse de notre pays, n’hésitez pas à soutenir la Fondation pour l’école. Pour plus d’informations, écrivez-nous à info@fondationpourlecole.org ou téléphonez nous au 01 42 62 76 94. A bientôt !

01:05 Publié dans Entretien | Lien permanent | Commentaires (12)