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13/12/2006

Communiqué de l'association Les enfants d'abord à propos de l'instruction à la maison

Communiqué de l'association Les Enfants d'Abord, Association pour la liberté d'instruction  28 novembre 2006 :

 

" La commission parlementaire sur les sectes s'est rendue le 21 novembre  dernier dans une communauté religieuse à Sus dans les  Pyrénées-Atlantiques (presse du 22 novembre dernier). Il a été rendu  compte d'un "enfermement" des enfants vivant dans cette communauté, au  prétexte notamment que ceux-ci recevaient une instruction au sein de  cette communauté. Suite à cette visite, certains membres de la  commission ont donc affirmé leur volonté d'inscrire dans le rapport qui  doit être rendu le 19 décembre prochain un durcissement des contrôles  s'exerçant sur les familles pratiquant l'instruction à domicile de leurs  enfants, voire une totale remise en question de la liberté d’instruction.  Ainsi, au nom de la lutte contre les sectes, il est pratiqué un amalgame  particulièrement choquant, qui assimile toute pratique d'instruction  dans les familles à un enfermement sectaire. Ce n'est malheureusement  pas la première fois qu'il est pris prétexte de la lutte contre les  sectes pour s'attaquer à la liberté d'instruction. Et ce n'est  malheureusement pas la première fois que des milliers de familles  pratiquant l'instruction à domicile sont désignées pour être les  victimes collatérales de cet amalgame grossier.  L'association Les Enfants d'Abord, qui se bat depuis sa création en 1988  pour la liberté d'instruction, dénonce avec la plus grande fermeté cet  amalgame scandaleux, intellectuellement malhonnête, et entend rappeler  plusieurs choses : 

- d'une part, la situation très spécifique qui prévaut à Sus ne reflète pas la pratique de l'instruction en famille telle qu'elle est  quotidiennement vécue par des milliers de parents et d'enfants. Toutes  pratiques confondues (C.N.E.D, cours par correspondance privés,  apprentissages autonomes, etc.), ce sont actuellement environ 30 000  enfants qui profitent de cette liberté éducative. Les motivations et les  pratiques pédagogiques des familles instruisant en famille sont bien  plus variées et ouvertes que ce que les députés ont vu à Sus. Si les  motivations sont parfois de nature religieuse, elles sont le plus  souvent de nature philosophique et pédagogique. Le choix de  l'instruction en famille vise à proposer aux enfants l'instruction qui  semble la plus profitable. L'immense majorité des familles propose et offre à leurs enfants des apprentissages correspondant à leurs attentes  et à leurs besoins, respectueux de leurs rythmes d'apprentissage et  résolument ouverts sur le monde qui les entoure. Dans ce sens,  l'enfermement qui a été dépeint par la commission ne correspond en rien  à ce que vivent les enfants instruits hors de l'école, lesquels sont au  contraire bien plus en phase avec ce qu'est une société qui vit et  socialise hors du seul temps scolaire. 

- d'autre part, nombre de familles font le choix de la non scolarisation  de leurs enfants pour faire face aux disfonctionnements graves de  l'institution scolaire. Malgré les effets d'annonce, l'accueil des  enfants en situation de handicap est notoirement défaillant.  L'accompagnement des enfants intellectuellement précoces ne l'est pas  moins.

Parfois aussi, l'école dérape et plonge les familles dans des  situations dramatiques : la violence scolaire est une réalité  régulièrement rapportée par les médias et contribue à la désocialisation  et à l'enfermement des enfants qui en sont victimes.

Rappelons aussi que  la majorité des enfants vivant dans des sectes sont scolarisés. Face à  ces situations, il ne viendrait pourtant pas à l'idée des députés de  remettre en question la scolarisation dans son ensemble. Pourquoi  ceux-ci remettent-ils alors en question le droit pour les familles de  choisir d'instruire leurs enfants à domicile sur la seule observation  d’une situation touchant l’instruction en famille à la marge ?

Cela ne  résoudra pas les problèmes de la société, de l'école et encore moins  celui des familles.  Nous doutons de la pertinence et de la validité d'un durcissement des  contrôles de l'instruction en famille pour résoudre le problème des  dérives sectaires. Dans un contexte similaire de lutte contre les sectes, l'encadrement de  l'instruction en famille a en effet déjà été durci en 1998. Les  familles, qui doivent faire une déclaration annuelle à la mairie et à  l'inspection académique, sont déjà contrôlées chaque année par des  inspecteurs de l'éducation nationale, qui viennent vérifier la  progression des enseignements dispensés. Les familles subissent en outre  tous les deux ans des contrôles sociaux visant à établir les conditions  de vie des enfants. Notons d'ailleurs que ni les enseignants pour la  partie pédagogique, ni les familles scolarisantes pour la partie sociale  n'ont à supporter de tels contrôles, à un rythme aussi soutenu et  régulier. Depuis 1998, cette pression sur les familles n'a pas éliminé  le problème des sectes, pour la simple et bonne raison que la non  scolarisation n'est pas la cause de l'appartenance sectaire.  Cette pression n'a pas non plus entamé la détermination des familles à  instruire leurs enfants puisque l'instruction à domicile progresse et se  structure en France, à l'image de ce qui existe déjà dans de nombreux  autres pays européens.

Il existe plusieurs associations de familles instruisant à domicile,  représentant plusieurs milliers de familles. Les familles se rencontrent  régulièrement, localement mais également nationalement et  internationalement (festival annuel Hes-Fes en Grande-Bretagne :  plusieurs milliers de participants en 2006). Les parents et les enfants  échangent quotidiennement des avis, des conseils, des méthodes sur le  net. Un colloque européen s'est tenu à Reims cette année, auquel ont  participé des universitaires de toutes nationalités. Des publications  paraissent régulièrement. Nous avons également à plusieurs reprises  sollicité et obtenu des rendez-vous auprès des conseillers techniques  des ministères, lesquels nous ont toujours entendus et compris nos buts  et nos démarches. Nous pensions à ce titre que l'instruction en famille  pouvait espérer être reconnue comme un choix pédagogique à part entière,  effectué en conscience par des parents responsables, soucieux du  bien-être de leurs enfants et très fortement impliqués dans la réussite  de leurs projets éducatifs. 

La réponse que prépare la commission d'enquête nous semble  malheureusement augurer que ce travail aura été parfaitement vain, que  cette commission est aveugle et sourde face à la réalité de  l'instruction en famille. Nous l'invitons donc vivement à reconsidérer  les décisions qu'elle a d'ores et déjà annoncées dans la presse avant de  bouleverser le quotidien de milliers de familles. Si une modification  législative sur l'instruction dans la famille doit être opérée, les  familles sont déterminées à être consultées sur ce nouveau texte. La  précipitation et les amalgames de 1998 ne seront pas rejoués.  L'instruction en famille est un droit constant depuis 1882. Ce n'est pas  un choix d'enfermement, c'est un choix d'ouverture sur le monde. Nous  n'accepterons pas qu'au nom de la lutte contre un problème qui ne nous  concerne pas, cette liberté éducative soit remise en question.  Le Conseil de l’association Les Enfants d’Abord, Association pour la liberté d’instruction."

 

Pour aller plus loin, le site de l'association Les Enfants d'abord : ici

L'association Les Enfants d'abord  "n'est le porte-parole d'aucun mouvement politique, confessionnel ou pédagogique." 

11/12/2006

Secte : une audition intéressante

À la suite du commentaire d’Odile (ICI), j’ai été amené à lire l’audition de deux inspecteurs d’Académie par la Commission d’enquête parlemantaire relative à l'influence des mouvements à caractère sectaire et aux conséquences de leurs pratiques sur la santé physique et morale des mineurs.(Texte de l'audition ici)
Cette audition visait à faire ressortir les moyens mis en œuvre par l’Éducation nationale pour contrôler la scolarité à la maison, notamment dans le but de lutter contre les sectes. Au fil de la discussion, le sujet a dérivé sur l’école hors-contrat et sur certaines théories enseignées qui déplaisent souverainement à la Commission.
 
J’ai lu très vite cette audition. J’en retire plusieurs points :

1°) Alors qu’on nous assure qu’il y a un danger sectaire qui s’exprime par le biais de l’école à la maison, les deux inspecteurs d’Académie ont fait état de chiffre ridicule concernant le nombre de victimes touchées. Sur 1 149 contrôles, il y a eu seulement 23 mises en demeure de scolarisation.
2°) La lutte contre les sectes apparaît clairement comme un prétexte. Déclaration d’un des inspecteur : « mais il est bien entendu en plus que les enfants éduqués dans les familles ne le sont pas parce que les parents appartiennent systématiquement à des mouvements sectaires, ils le sont la plupart du temps pour des raisons purement idéologiques qui tiennent la plupart du temps à une méfiance des familles devant l'enseignement dispensé par les ...par le réseau des écoles publiques ».
3°) Les écoles hors-contrat ont été contrôlées à hauteur de 86 écoles. Mais, déclaration d’un inspecteur : « Les écoles de sectes, elles sont connues, elles sont fort peu nombreuses en France, il y en deux qui sont connues, il y en avait jusqu'ici une, très connue qui est celle de "Tabitha’s Place", qui avait une école sectaire que nous connaissons et que nous contrôlons depuis des années ». Donc, là encore la lutte contre les sectes apparaît comme un prétexte. Rappelons que la Commission a organisé une descente très médiatique dans une école de "Tabitha’s Place".
4°) Pour détecter les enfants en danger – dont le critère n’apparaît pas clairement – l’Éducation nationale semble avoir mis au point un système de délation et un maillage du territoire. Déclaration de l’un des inspecteurs : « l'importance du maillage, le fait qu'on attire beaucoup l'attention de nos correspondants et qu'après eux, ils attirent l'attention des gens pour qui ils organisent également des stages de formation sur ce phénomène, fait que le contrôle est devenu plus étroit, et je pense, effectivement, les sectes ont probablement désinvesti l'enseignement initial. »
5°) Le soutien scolaire – dont on connaît le développement actuel – a fait l’objet aussi de l’attention de la Commission. Pour le député Fenech, président de la Commission, il faut une ingérence plus grande de l’État dans ce domaine : « Messieurs les inspecteurs, il y a aussi une autre question que nous nous posons sur le soutien à domicile, il se trouve que le soutien à domicile n’est pas réglementé par le code de l’Education Nationale mais par le code du travail, c’est de l’aide à domicile en fait donc là encore il n’y a pas de contrôle de l’Education Nationale. Or on s’aperçoit qu’à travers le soutien … c’est carrément de la pédagogie et de l’éducation quelquefois, plus que du soutien … alors comment expliquer … est-ce qu’il y a des mesures à prendre ? Est-ce que vous êtes, en fait je crois dans le projet de loi prévention et délinquance, il est prévu quelque chose ? »
Cette phrase sous-entend que dans l’esprit du député Fenech, il devrait y avoir une « pédagogie » et une « éducation » d’État ou, au moins, contrôlée par l’État. Pédagogie d’État  ? Éducation d’État ? Des concepts lourds de sens et qui ne sont pas sans rappeler un certain passé.
6°) Le député Brard, également membre de la Commission, s’inquiète quant à lui de l’enseignement de certaines matières : « Quant aux écoles qui remettent en cause l’enseignement de l’Etat … et qui contestent en particulier les disciplines scientifiques … donc j’imagine la biologie, l’évolutionnisme… » Rappelons que les théories de l’évolution ne sont que des… théories. De quel droit l’école devrait-elle enseigner une théorie plutôt qu’une autre, sous prétexte qu’elle est la théorie choisie par l’État ? La réponse le député Brard la donne plus loin : D’abord, nous sommes là pour défendre l’école laïque …. C'est-à-dire que nous n’avons pas à connaître l’appartenance religieuse des enfants fréquentant les écoles … ça c’est bien clair … nous notre souci … je crois que la mission qui est la notre, c’est de défendre réellement la laïcité, c’est le principe qui nous guide en toute circonstance.
Sur la laïcité, selon Vatican Information service, voici justement ce que vient de déclarer le Pape :
CITE DU VATICAN, 9 DEC 2006 (VIS). Le Pape a reçu aujourd'hui les participants au 56 Congrès national d'études, organisé à Rome par l'Union des Juristes catholiques italiens sur le thème "La laïcité et les laïcités".
A l'origine, le concept de laïcité a dit le Saint-Père indique "la condition du simple fidèle chrétien, qui n'appartient ni au clergé ni à l'état religieux". Au Moyen Age il a pris le sens "d'opposition entre les pouvoirs civils et les hiérarchies ecclésiastiques, et à l'époque moderne il a pris celui de l'exclusion de la religion et de ses symboles de la vie publique les reléguant à la sphère privée et de la conscience individuelle. Ainsi au concept original de ce mot a été attribué une acceptation idéologique opposée".
Après avoir expliqué qu'aujourd'hui, la laïcité a pris le sens de "séparation totale entre l'Etat et l'Eglise, sans que celle-ci ait le droit d'intervenir sur des thèmes relatifs à la vie et au comportement des citoyens", comme "l'exclusion des symboles religieux des lieux publics", Benoît XVI a précisé que l'on parle aujourd'hui de pensée laïque, de morale laïque, de science laïque, de politique laïque. Et à la base d'un telle conception, il y a une vision anti-religieuse de la vie, de la pensée et de la morale, une vision où il n'y a pas de place pour Dieu, pour un Mystère qui transcende la raison pure en faveur d'une loi morale de valeur absolue, en vigueur en tous temps et en toutes situations".
Le Saint-Père a alors rappelé qu'il est nécessaire "d'élaborer un concept de laïcité qui, d'une part reconnaît Dieu et sa loi morale, le Christ et son Eglise et la place qui leur ait due dans la vie humaine, individuelle et sociale et d'autre part, qui affirme et respecte 'l'autonomie légitime de la réalité terrestre'".
Le Pape a redit que l'Eglise ne saurait intervenir en politique car cela "constituerait une ingérence indue", mais que d'autre part "une saine laïcité demande à l'Etat de ne pas considérer la religion comme un simple sentiment individuel qui pourrait se confiner au seul domaine privé". La religion "doit donc être reconnue comme présence communautaire publique. Cela implique d'ailleurs que chaque confession religieuse (à condition qu'elle ne soit pas en opposition avec l'ordre moral et qu'elle ne soit pas dangereuse pour l'ordre publique) ait la garantie du libre exercice de ses activités de culte".
"L'hostilité -a t-il poursuivi- à toute forme d'importance politique et culturelle de la religion; à la présence, en particulier, de tout symbole religieux dans les institutions publiques" n'est pas laïcité mais laïcisme comme également refuser "à la communauté chrétienne et à ceux qui la représentent légitimement, le droit de se prononcer sur les problèmes moraux qui aujourd'hui interpellent la conscience de toutes les personnes, en particulier les législateurs et les juristes".
"Il ne s'agit pas -a ajouté le Saint-Père- d'une ingérence de l'Eglise dans les activités législatives, propre et exclusive à l'Etat, mais de l'affirmation et de la défense des grandes valeurs qui donnent un sens à la vie des personnes et en sauvegardent la dignité. Ces valeurs, avant d'être chrétiennes, sont humaines, telles à ne pas laisser l'Eglise indifférente et silencieuse, car elle a le devoir de proclamer avec fermeté la vérité sur l'homme et son destin".
Le Pape a conclu en rappelant la nécessité de "faire comprendre que la loi morale que Dieu nous a donnée, et qui se manifeste à nous par la voix de la conscience, a le but non de nous opprimer, mais de nous libérer du mal et de nous rendre heureux. Il s'agit de montrer que sans Dieu, l'homme est perdu et que l'exclusion de la religion de la vie sociale, en particulier la marginalisation du christianisme, mine les bases même de cohabitation humaine. Avant d'être d'ordre social et politique, ces bases sont en effet d'ordre moral".


7°) Les centres d’enseignement à distance sont mis en cause : « Le moins qu'on puisse dire et c'est vrai aussi pour d'autres centres d'enseignement à distance qui sont des centres chrétiens intégristes,  c’est peut-être pas des sectes, mais enfin ça véhicule une idéologie qui n’est qui n’est pas très très républicaine. Si vous voulez, les parents qui inscrivent leur enfants à ces centres là ne peuvent avoir aucune illusion sur le contenu des enseignements proposés parce que … vous pouvez aller sur les sites Internet, on ne peut avoir absolument aucun doute sur le contenu de ce qui est enseigné ... […] ces centres d’enseignement à distance qui effectivement refusent, par exemple, la théorie de l’évolution qui diffusent les théories créationnistes, oui, existent. »
Ce type d’affirmation qui vient d’un Inspecteur d’Académie pose quand même un certain nombre de problème. Outre la non-définition du terme secte, il y a l’absence de définition de la notion de « républicain ». Ne pas enseigner la théorie de l’évolution revient-il à ne pas être républicain ? Intégriste : qu’est-ce que l’on met sous ce terme ? En quoi un inspecteur d’Académie, fonctionnaire d’un État neutre religieusement, est-il habilité à déterminer les chrétiens qui seraient intégristes et ceux qui ne le seraient pas ? La mise en cause de certaines matières ou de la manière de les enseigner nie directement un des droits de l’homme : la liberté de l’enseignement.
On pourrait multiplier les exemples et les questions en reprenant chaque point de cette audition qui en est une parmi d’autres. Elle révèle les sous-entendus idéologiques de certains membres de la Commission, de ceux qu’ils ont interrogés et jettent le discrédit sur les conclusions qui seront prochainement dévoilées.
En s’attaquant aux enfants et aux familles, à la liberté concrète du choix de l’éducation et de l’enseignement, ces députés révèlent leur projet totalitaire.


09/12/2006

Secte : un député réagit

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Comme je l’avais annoncé à la suite de la descente médiatique de la Commission d’enquête relative à l’influence des mouvements à cractère sectaire et aux conséquences de leurs pratiques sur la santé physique et mentale des mineurs, j’ai pris contact avec le député Christian Vanneste, membre de cette commission. Il vient de m’adresser sa contribution au rapport de la Commission, rapport qui devrait être présenter le 19 décembre prochain. Il annonce qu’il ne votera pas ce rapport. Pourquoi ? Pour plusieurs raisons qui rejoignent nos propres inquiétudes.

1°) Absence de définition de ce qui est entendu par secte

Voici ce qu’écrit Christian Vanneste au rapporteur de la Commission : « Il faut toutefois émettre quelques réserves qui, je l’espère, permettront d’approfondir la réflexion, et notamment sur un problème de fond que j’avais déjà souligné lors de nos réunions : la secte n’est pas définie sur le plan juridique. Les mots ou expressions « sectes », « dérive sectaire », « fait sectaire », sont utilisés sans différentiation et recouvrent des situations et des personnes les plus diverses. Finalement, une confusion est entretenue. »



2°) La limitation de l’instruction à domicile est une intrusion dans l’autonomie des familles
Voici ce qu’écrit Christian Vanneste au rapporteur de la Commission : « C’est ainsi que je m’inquiète, dans la partie « Education », de la première proposition relative à l’instruction à domicile : il me semble que « limiter l’instruction à domicile à deux familles » et exiger « un recours à l’enseignement à distance » constituent une intrusion dans l’autonomie de la famille et dans la vie privée. Au même titre que lorsque le rapport exige une certaine « moralité » dans les organismes à distance, il m’apparaît utile de définir la notion au préalable pour une meilleure sécurité juridique. »


3°) L’État sort de sa soi-disante neutralité religieuse
Voici ce qu’écrit Christian Vanneste au rapporteur de la Commission : « En outre, il convient de mieux circonscrire les dangers effectifs quant à la santé morale, mentale, psychologique et matérielle de l’enfant. Les propositions numéros 21 et 22, qui prévoient la mise en place de thérapeutes spécialisés afin de prendre en charge les sortants de secte et la constitution d’une monographie sociale sanitaire des conséquences de l’appartenance des jeunes à des organisations sectaires, me paraissent créer certains dangers. Il s’agirait en fin de compte d’une atteinte à la neutralité de l’Etat face au fait religieux. De ce point de vue, la contradiction du rapport qui cite les mouvements à exigence morale forte et ceux à transgression, relèvent de l’ambiguïté et de la subjectivité. La potentialité du danger laisse apparaître le risque d’une attitude de suspicion difficilement compatible avec une société démocratique et libérale. »

La question est désormais : Christian Vanneste est-il le seul à réagir ainsi ?

Le texte complet de Christian Vanneste est ici : Vanneste
Son blog : http://vanneste.over-blog.org

10:20 Publié dans Éducation | Lien permanent | Commentaires (9)