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24/11/2008

Des députés contre le travail du dimanche

Derrière Marc Le Fur, vice-président de l'Assemblée nationale et député des Côtes d'Armor, des députés se sont engagés contre la libéralisation du travail du dimanche, cette terrible régression sociale et économique, sous prétexte de liberté.

Dans le texte signé, les députés remarquent :

« L’homme contemporain est-il uniquement un « individu consommateur » ou est-il encore l’animal social que définissait Aristote ? S’il n’est que consommateur, ouvrons les magasins le dimanche et laissons le satisfaire son instinct. Si l’homme se construit par les relations qu’il tisse avec les autres, posons-nous la question de maintenir chômé un jour dans la semaine durant lequel les relations que nous avons les uns avec les autres peuvent être facilitées et gratuites.

La réglementation est souvent trop lourde et faite de tracasseries inutiles quand il faut organiser des manifestations sportives, amicales, associatives et religieuses où les gens se rencontrent et partagent un peu de leur temps. Elle est en revanche nécessaire pour préserver des moments gratuits, sans transaction, des moments de partage en famille ou entre amis.

« Les Français qui le veulent pourront ne pas consommer le dimanche. Il n’y a aucune obligation mais une nouvelle offre proposée» affirment enfin les partisans de l’ouverture. Peut-être. Il est cependant probable que ce moment privilégié de partage et de relations personnels sera sévèrement frappé par la concurrence d’une possibilité de consommer qui n’aura plus de limite.

Aujourd’hui, les Français ont encore plus besoin de solidarité qu’hier. Or, la première et la plus vraie des solidarités, la plus efficace, la plus riche en relations et en affection, est certainement la famille. Sachons protéger cette valeur essentielle et ne pas la fragiliser une nouvelle fois. »


A voir sur le blog de Marc Le Fur : ICI.

 

Députés signataires :

Marc LE FUR, Vice-président de l’Assemblée nationale, Député des Côtes d’Armor
Jean-Frédéric POISSON, Député des Yvelines - Philippe MEUNIER, Député du Rhône – - Jean-Paul ANCIAUX, Député de Saône et Loire - Thierry BENOIT, Député d’Ille et Vilaine – Véronique BESSE, Députée de la Vendée - Jean-Claude BOUCHET, Député du Vaucluse - Françoise BRANGET, Députée du Doubs – Xavier BRETON, Député de l’Ain - Yves BUR, Député du Bas-Rhin – Jean-François CHOSSY, Député de la Loire – Dino CINERI, Député de la Loire- Jean-Yves COUSIN, Député du Calvados – Jean-Louis CHRIST,Député du Haut-Rhin -  Marie-Christine DALLOZ, Députée du Jura – Laure DE LA RAUDIERE, Députée de l’Eure et Loire-  Lucien DEGAUCHY, Député de l’Oise – Jean DIONIS DU SEJOUR – Yannick FAVENNEC, Député de la Mayenne - André FLAJOLET, Député du Pas de Calais - Daniel GARRIGUE, Député de la Dordogne - Philippe GOSSELIN, Député de la Manche– Michel GRALL, Député du Morbihan – Jean-Pierre GRAND, Député de Député de l’Hérault - Arlette GROSSKOST, Députée du Haut-Rhin  Antoine HERTH, Député du Bas-Rhin – Guénhaël HUET, Député de la Manche - Michel HUNAULT, Député de Loire-Atlantique – Jacques LE NAY, Député du Morbihan - Fabienne LABRETTE-MENAGER, Députée de la Sarthe – Marguerite LAMOUR, Député du Finistère – Jacques LE GUEN, Député du Finistère - Céleste LETT, Député de la Moselle– Lionnel LUCA, Député des Alpes Maritimes – Franck MARLIN, Député du Loiret, Jean-Philippe MAURER, Député du Bas-Rhin – Christian MENARD, Député du Finistère – Damien MESLOT, Député du Territoire-de-Belfort - Jean-Marie MORISSET, Député des Deux-Sèvres – Jean-Marc NESME, Député de Saône et Loire  -  Etienne PINTE, Député des Yvelines – JeanLuc PREEL, député de la Vendée - Jean-Luc REITZER, Député du Haut-Rhin - Jacques REMILLER, Député de l’Isère – Bernard REYNES, Député des Bouches du Rhône  Michel SORDI, Député, Député du Haut-Rhin - Alain SUGUENOT, Député de la Côte d’Or – Dominique SOUCHET, Député de la Vendée - Eric STRAUMANN, Député du Haut-Rhin – Michel TERROT, Député du Rhône – Jean UBERSCHLAG, Député du Hault Rhin  – Christian VANNESTE, Député du Nord – Patrice VERCHERE, Député du Rhône  – François Xavier VILLAIN, Député du Nord - Michel VOISIN, Député de l’Ain - Marie-Jo ZIMMERMANN, Députée de la Moselle – Michel ZUMKELLER, Député du Territoire de Belfort

20/11/2008

Non au travail du dimanche (Video-2)

On ne partagera pas forcément toutes les analyses de l'intervenant, mais on peut au moins les écouter.

Argument du Président de la République : le dimanche, ce n'est pas plus long que le lundi. Pourquoi empêcher ceux qui veulent travailler ce jour-là. Surtout qu'ils gagneront plus. Mais quand le travail du dimanche sera généralisé, le dimanche ne sera toujours pas plus long que le lundi, mais il n'y aura aussi aucune raison que le salaire du dimanche soit plus long que celui du lundi.

 

 

 

 

19/11/2008

La question sociale est une question morale aussi

Un des commentaires apporté au texte Bonne nouvelle, les cathos dérangent, est très intéressant et très révélateur aussi. Il montre combien nous sommes enfermés dans une dialectique entre la droite et la gauche. Le chroniqueur du Figaro ne prend en considération qu’un des arguments avancés par le Cardinal Vingt-Trois. Et, à partir de là, il monte sa mayonnaise. Sait-il lire ? On ne sait pas vraiment ! Ou, alors, il lit avec une longue-vue. Et de très loin, encore. C’est la seule explication raisonnable pour tenter de comprendre comment il parvient à isoler un seul argument épiscopal.
Mais visiblement, cela fonctionne, comme il fallait d’ailleurs s’y attendre. Du coup, on ressort la vieille rengaine – déjà mise en œuvre par le chroniqueur du Figaro dans la première partie de son texte avec l’exemple de la dissuasion nucléaire – que les évêques feraient mieux de s’occuper de remplir les églises. Mais, en quoi ce nécessaire rappel à s’occuper de la transmission de la foi – car c’est de cela qu’il s’agit – les empêcheraient dans le même temps, hier de parler de dissuasion nucléaire, et aujourd’hui d’évoquer le travail du dimanche ? Dans les deux cas, derrière les questions techniques se posent des questions morales qui engagent profondément l’avenir de l’homme et qui touchent de ce fait aux questions de foi.
Même certains adversaires du catholicisme admettent souvent que, après tout, on ne peut reprocher à l’Église de tenir son discours sur la contraception et sur l’avortement. Il y a une logique interne, que ces adversaires refusent pour eux-mêmes, mais qu’ils trouvent cohérente. Mais, voilà, dès que les cathos sortent de leur sacristie et de leur kermesse paroissiale, on lance le couplet habituel en forme de lamentation : qu’ils s’occupent de leur bondieuserie et qu’ils nous foutent la paix.
Et bien justement, pas d’accord ! L’enfermement au chaud dans les sacristies et dans le coton des paroisses, c’est terminé. La question sociale est aussi une question morale, comme l’avortement, la contraception ou la vie familiale. Et, comme c’est une question morale, il n’y a pas de raisons que les évêques et que les cathos en général se taisent. La seule chose qu’on est en droit de leur demander, c’est de parler et d’agir en conformité avec l’enseignement de l’Église. Lequel ne dépend pas de l’interprétation d’un chroniqueur, fut-il du Figaro. Surtout s’il est par ailleurs le chantre d’un système de pensée, d’un système politique et d’un système économique qui a montré une nouvelle fois son formidable échec.
Alors, bien sûr, il y a la grande tarte à la crème qui veut qu’en parlant ainsi nos évêques entonnent le discours de la gauche, voire de l’extrême-gauche. Là aussi, il serait temps d’arrêter ce discours binaire qui réduit le champ politique à deux camps : la droite et la gauche. Dans l’un et l’autre cas, c’est la même vision de l’homme. Et, dans l’un ou l’autre cas, l’Église n’a rien à voir avec ces pensées. Il se peut que sur tel ou tel point elle se trouve en accord avec l’un ou l’autre camp. Vérités partielles qu’elle assume, elle, dans leur totalité et dans leur ordre. La question n’est pas de savoir si en ayant ce discours l’Église parle comme la gauche. La question est de savoir si ce faisant elle est fidèle à son propre enseignement et si elle dit la vérité. Quand l’Église défend les droits de la Création, on dit tout autant qu’elle fait le jeu des écolos. Quand l’Église défend les droits de la paix, on dit qu’elle fait le jeu des pacifistes. Quand l’Église affirme la primauté de la loi morale sur la loi civile, on dit qu’elle fait le jeu des fondamentalistes. Quand l’Église met en cause le dogmatisme d’un certain évolutionnisme, on dit qu’elle fait le jeu des créationnistes. Etc.Etc. Autant d'incantations qui empêchent de voir ce que l’Église pense, dit et enseigne dans sa doctrine.
Nous sommes ici confrontés une fois de plus au grand argument du libéralisme contre les positions de l’Église dès lors que celle-ci ne va pas dans le sens de l’histoire libérale : vous êtes d’affreux gauchistes. La chanson a bien marché du temps de la Guerre froide et il y avait peut-être alors des raisons de se serrer les coudes contre le danger communiste. Pour le reste, on ne voit vraiment pas ce qui nous empêcherait aujourd’hui de dénoncer deux visions du matérialisme, aussi stériles et aussi fausses, l’une que l’autre.

Sur le même sujet, voir ICI.