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28/11/2006

Sectes : maïeutique anti-totalitaire

 
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Le Salon Beige (ici) a répercuté mes questions à propos des propos du Président de la Commission d’enquête parlementaire sur les sectes. À la première question posée :  
La « descente » dans la communauté Thabita's Place s’insère-t-elle dans un vaste processus de médiatisation, et non d’enquête parlementaire, visant à préparer les esprits à bien recevoir les propositions prochaines du député Georges Fenech, président de la dite commission ? S’il s’avérait que c’est le cas, la commission Fenech n’utiliserait rien moins qu’un procédé de manipulation des esprits, habituellement utilisé par les sectes.
Henri Védas répond par l’affirmative. Et il a bien raison. Ce jeu des questions visait davantage à faire réfléchir et apporter des éléments de réflexion. Le Salon Beige en dénonçant, bien avant moi, les procédés de la dite Commission et les propos de son Président a déjà répondu à nombre de ces interrogations.
Mon propos visait aussi à alerter les catholiques de ne pas trop se reposer sur leurs lauriers (lesquels d’ailleurs ?) sous prétexte qu’il s’agit de lutte contre les sectes. Nous ferons les frais de ces propositions.
À titre d’information, je donne donc ci-dessous la liste de la Commission parlementaire. Si l’un ou l’autre des lecteurs de ce blogue résidait dans la circonscription de l’un de ces parlementaires, il serait peut-être intéressant de lui poser quelques questions sur les fameuses propositions que la Commission entend faire. Je signale que le courageux député Christian Vanneste est membre de la Commission. Je lui ai d’ailleurs adressé un courrier pour avoir son sentiment sur cette affaire.
 
Commission d'enquête relative à l'influence des mouvements à caractère sectaire et aux conséquences de leurs pratiques sur la santé physique et mentale des mineurs.
PRÉSIDENT
M. Georges Fenech
RAPPORTEUR
M. Philippe Vuilque
VICE-PRÉSIDENTS
Mme Martine David
M. Alain Gest
SECRÉTAIRES
M. Jean-Pierre Brard
M. Rudy Salles
MEMBRES
Mme Patricia Adam
Mme Martine Aurillac
M. Serge Blisko
M. Pierre Brard
M. Philippe Cochet
Mme Martine David
M. Christian Decocq
M. Marcel Dehoux
M. Georges Fenech
M. Guy Geoffroy
M. Alain Gest
M. Michel Heinrich
M. Jean-Yves Hugon
M. Michel Hunault
M. Jacques Kossowski
M. Jérôme Lambert
Mme Geneviève Levy
M. Pierre Morel-A-L'Huissier
M. Jacques Myard
M. Daniel Prévost
M. Éric Raoult
M. Jacques Remiller
Mme Chantal Robin-Rodrigo
M. Serge Roques
M. Rudy Salles
Mme Michèle Tabarot
M. Philippe Tourtelier
M. Christian Vanneste
M. Philippe Vitel
M. Philippe Vuilque

16:15 Publié dans Divers | Lien permanent | Commentaires (0)

27/11/2006

École à la maison et dérive sectaire : le danger des dominos.

 

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Le 21 novembre dernier, la Commission parlementaire sur les sectes s’est rendue, sans prévenir, dans les locaux de la communauté Thabita's Place, dans la région de Pau. Les parlementaires étaient accompagnés de l’Inspecteur d’Académie. À la suite de cette visite, une conférence de presse a été tenue. Jeudi 23 novembre, l’émission « À l’air libre » sur Europe 1 a retenu cet événement pour faire réagir les auditeurs sur le danger que représente l’école à la maison.

De son côté, le Président de la Commission parlementaire, le député UMP, Georges Fenech, a annoncé qu’il rendrait public un certain nombre de propositions le 19 décembre prochain.

Selon le Salon Beige (ici), Georges Fenech aurait déclaré :

« Est-ce que ces enfant qui sont nés, qui ne connaîtront rien d'autre que des préceptes bibliques, qui sont soumis à des prières, à des chants, est-ce que ces enfants vont grandir normalement, est-ce qu'ils auront la même chance dans la vie que les autres enfants ? Est-ce qu'ils pourront devenir des citoyens libres, éclairés, capables de jugement ? [...] Est-ce qu'il est normal que ces enfants n'ont jamais vu la télévision ? [...] Est-ce qu'au nom de la liberté d'enseignement dans les familles, on peut isoler les enfants et les maltraiter psychologiquement, finalement ? [...] [Ces enfants] n'ont pas demandé à vivre de cette façon-là, on leur impose. »

Il pourrait donc proposer l’interdiction de l’école à la maison sauf cas d’handicap ou de voyage.

En attendant d’enquêter plus avant, cette succession de faits amène un certain nombre de questions.

Il ne s’agit pas ici – cela va de soi, mais autant le dire clairement – de défendre la communauté Thabita's Place dont j’ignorais l’existence jusqu’à cet événement.  Globalement, j’ai une répugnance instinctive envers les sectes et les méthodes qu’elles pratiquent. Je sais aussi qu’elles n’ont jamais eu autant de succès que depuis que l’Église en France a manqué de souffle missionnaire et a préféré le social au surnaturel. J'estime aussi qu’un État laïc, prétendument neutre, est incapable de répondre à la prolifération des sectes. À un mal spirituel, on ne répond pas par une augmentation de sécularisme, de relativisme et de pseudo-neutralité. Je vois, enfin, que les catholiques ont tendance à vouloir lutter (à raison) contre le phénomène sectaire auprès des pouvoirs publics. Mais on peut être contre les sectes et être en mauvaise compagnie. À plus d’un titre, la question sectaire est un piège pour les catholiques et il peut se retourner à tout moment contre eux. L’obéissance à un supérieur dans une communauté religieuse peut être considérée, aux yeux du monde, comme sectaire. Les vœux de religion et le détachement de la famille, aussi ! La confession à un prêtre et la direction spritiuelle pareillement. L’école hors-contrat en est un autre exemple et juste avant, celui de l’école à la maison. Nous risquons de nous trouver face à la théorie des dominos. Si on fait tomber la possibilité – la simple possibilité – de scolariser nos enfants chez nous, tout le reste risque de tomber. L’école hors-contrat, puis l’école sous-contrat. Puis encore le reste. On peut être pour ou contre la scolarisation à la maison. Nous en avons déjà parlé sur ce blogue. Mais, au-delà des sectes, qui sont une minorité certainement parmi ceux qui utilisent le droit de scolariser les enfants à la maison, ceux qui seront majoritairement touchés sont des catholiques. Est-ce un hasard ? C’est la première question que je souhaite poser avant celles qui suivent. Et qui ne sont pas exhautives.

1°) La « descente » dans la communauté Thabita's Place s’insère-t-elle dans un vaste processus de médiatisation, et non d’enquête parlementaire, visant à préparer les esprits à bien recevoir les propositions prochaines du député Georges Fenech, président de la dite commission ? S’il s’avérait que c’est le cas, la commission Fenech n’utiliserait rien moins qu’un procédé de manipulation des esprits, habituellement utilisé par les sectes.
2°) Quelles sont les critères qui ont été retenus pour choisir cette communauté plutôt qu’une autre ?
3°) Quelles sont les critères qui permettent de définir clairement une secte ?
4°) Quelle est la compétence d’un État laïc qui se veut neutre dans le domaine spirituel pour déterminer dans les différents courants religieux existant sur le territoire national ceux qui ont un caractère sectaire et ceux qui ne l’ont pas ?
5°) Si la compétence de l’État laïc, officiellement neutre, s’avère impossible à établir, il reste à cet État à intervenir auprès des groupements, associations ou autres, qui troubleraient l’ordre public et transgresseraient les lois qui protégent la personne humaine. De ce fait, y a-t-il ou n’y a-t-il pas, dans le cas présent, un risque de trouble à l’ordre public ou nécessité de défense de la personne humaine ?
6°) Plus largement, est-ce à l’État laïc, officiellement neutre, de décider si les enfants doivent connaître ou ne pas connaître les préceptes bibliques ?
7°) En France, l’instruction est obligatoire, mais pas la scolarisation. L’État a le devoir de sanctionner le parcours scolaire en établissant le contenu des examens officiels et en organisant les épreuves. Dès lors, ne sort-il pas de ses prérogatives en voulant régir le mode d’organisation des études scolaires ?
8°) La normalité concernant un enfant – alors que nombre d’enquêtes montrent la nocivité de la télévision pour l’équilibre psychique – peut-elle reposer sur le fait qu’il regarde ou non la télévision ? Est-ce à une enquête parlementaire de le déterminer ?
9°) Le fait de regarder la télévision est-il devenu un nouveau devoir civique, qui qualifie le bon citoyen dans un pays où le vote n’est même pas obligatoire ?
10°) Quels sont les enfants qui ont demandé à vivre comme ils vivent ? Faut-il que la demande ait été faite avant la naissance, au moment de la naissance, à 5 ans, à 10 ans ou à un âge intermédiaire ?
11°) Si l’État est bien le garant du respect des lois et de la protection des personnes, les parents ne sont-ils pas considérés comme les responsables civilement, pécuniairement et judiciairement de leurs enfants jusqu’à leur majorité ? Dès lors, pourquoi opposer le choix de vie des parents aux désirs des enfants ?
12°) Tous les États totalitaires, communistes ou fascistes, se sont distingués par un embrigadement de la jeunesse, notamment par le biais de l’école. La commission parlementaire entend-t-elle imposer une vision totalitaire de l’enseignement en retirant aux parents la responsabilité du choix de la scolarisation des enfants ?
13°) Lors de la conférence de presse après l’opération médiatique contre la communauté "Tabitha's place", il a été déclaré comme un fait aggravant que les enfants ne connaissaient même pas Zidane ? Le fait de connaître ou de ne pas connaître le nom d’un footballeur est-il un critère de normalité ?

21:06 Publié dans Divers | Lien permanent | Commentaires (4)

22/11/2006

L'inconnu ne l'est plus

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La réponse, après plusieurs semaines quand même, a été trouvée par Philippe (non, ce n'est pas moi). À la question, « qui a prononcé ces paroles :

« Comment l’avortement est un choix technique.
« Comment la contraception pose le problème de la dépendance envers la technique dans la construction de la liberté individuelle ».
la bonne réponse est effectivement José Bové.
Le texte complet se trouve dans le livre de Jean-Luc Porquet consacré à Jacques Ellul (L'Homme qui avait presque tout prévu, Le Cherche Midi). Je ne pense pas que l'on peut en déduire trop vite que José Bové est un adversaire systématique de l'avortement et de la contraception. Mais il est clair que pour lui il s'agit d'un véritable problème qu'il aborde, à travers le prisme de la pensée de Ellul, comme une ingérence de la technique dans la vie des individus.  
José Bové pose le problème de la dépendance envers la technique. Que l'on soit pour ou contre la technique ou le système technicien, il semble intéressant aussi de réflechir sur notre dépendance envers la technique dans nos propres vies. La technique nous libère d'un certain nombre de contraintes. Mais n'entraîne-t-elle pas également une dépendance qui diminue au final notre liberté et notre responsabilité ?
Je ne pense pas que la réponse soit univoque. Elle dépend grandement des individus, des circonstances, d'une certaine conscience de l'existence de cette dépendance, etc. Mais le discours actuel, partagé par tous (ou presque), y compris par des catholiques, dont certains sont habitués au niveau de la pensée à prendre des chemins de traverse, semble aller vers une acceptation, sans remise en cause, de cette dépendance. On dénonce facilement, et à raison, dans certains milieux, le « politiquement correct », mais n'y a t-il pas aussi une « façon de vivre » correcte, un « pratiquement correct » ? 

12:41 Publié dans Divers | Lien permanent | Commentaires (2)