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01/12/2008

Le bipartisme et la crise financière

L'article que je mets en ligne ici est signé Rod Dreher. À son sujet, on pourra consulter les archives de ce blogue. J'ai, en effet, évoqué Dreher à plusieurs reprises et il a fait l'objet de discussions animées. Son article date du 3 novembre, la veille des élections américaines. Publié dans La Presse de Montréal (ici), il souligne un aspect que l'élection de Barack Obama n'a pas changé et qu'elle ne changera pas. Mutatis mutandis, nous vivons de ce même drame en France. Ce drame, c'est la confiscation de la vie politique d'un pays par deux partis, confiscation qui peut être dramatique lorsqu'elle débouche sur la crise financière. À l'occasion de la réédition de The Party system d'Hilaire Belloc et de Cecil Chesterton, j'avais déjà évoqué ce sujet. Là encore, les archives de Caelum et Terra en conservent des traces. En attendant, voici l'analyse de Dreher.

 

 

Si Barack Obama gagne les élections de demain, comme cela semble probable, la raison principale en sera l'état horrible de l'économie. En fait, John McCain avait de bonnes chances de victoire jusqu'à ce que l'octobre noir de Wall Street détruise sa campagne.

Lorsque surviennent des périodes économiques difficiles, c'est généralement le parti qui occupe la Maison-Blanche qui porte le blâme. Et c'est bien dommage pour McCain, qui a été l'un des conservateurs les plus responsables sur le plan fiscal à Washington (il faut convenir qu'il s'agit d'une distinction discutable, comme d'être surnommée la meilleure ballerine à Calgary).

La présente crise économique n'est pas seulement imputable au Parti républicain, mais McCain ne tirera pas grand avantage à dire cela. Les démocrates doivent aussi assumer une bonne partie du blâme. Ce désastre est le fruit du bipartisme.

En 1992, Bill Clinton a remporté la présidence après 12 ans de règne républicain grâce à un programme «Nouveau Démocrate», qui réconciliait la gauche avec le capitalisme de marché libre. Clinton a retenu les services d'Alan Greenspan, le président de la Réserve fédérale américaine (Fed), que l'establish-ment de Washington considérait presque à l'égal d'un dieu. Les marchés boursiers s'envolèrent. Ni Greenspan le Grand ni les magiciens de Wall Street ne pouvaient errer.

En 1998, une dirigeante de l'autorité réglementaire gouvernementale du secteur financier vint voir Greenspan et deux autres grands responsables de l'équipe économique de Clinton. Elle lança l'avertissement suivant: l'absence de réglementation du marché des produits dérivés représentait une menace pour tout le système financier. D'après The New York Times, les trois hommes l'envoyèrent paître et ils convainquirent le Congrès qu'il n'y avait pas de souci à se faire.

Deux années plus tard, le Sénat adopta à l'unanimité une loi rendant illégale la réglementation des swaps sur défaillance. Le président démocrate apposa sa signature, et le document devint loi.

Au coeur du désastre financier

Les produits dérivés de même que les swaps sur défaillance se retrouvent maintenant au coeur du désastre financier. Comme l'a souligné en 2002 Joseph Stiglitz, Prix Nobel d'économie et qui fut aussi un grand conseiller de Clinton, il y avait tant d'argent répandu par Wall Street à Washington, dans les années 90, que les politiciens accordèrent aux hommes obsédés par l'argent tout ce qu'ils voulaient.

Cette capitulation bipartite au profit des élites financières s'est poursuivie sous le nouveau président, George W. Bush. En 2004, les cinq membres du comité gouvernemental responsable de la réglementation des marchés boursiers, trois républicains et deux démocrates, ont répondu favorablement à une demande des cinq plus importantes banques d'affaires leur permettant d'ignorer les règles existantes qui limitaient l'ampleur de la dette que leurs divisions de courtage pouvaient assumer. Cette requête fut accordée sans un seul vote dissident.

Les cinq banques d'affaires coururent alors des risques complètement fous. À cause de leur imprudence, deux de ces banques se sont effondrées cette année (Bear Stearns et Lehman Brothers), deux se sont vendues et ont abandonné les activités de courtage pour survivre (Morgan Stanley et Merrill Lynch) et une, Goldman Sachs, s'est transformée en banque ordinaire. Sic transit gloria Wall Street.

La semaine dernière, Greenspan a admis qu'il n'avait pas imaginé que les élites de Wall Street puissent se comporter d'une manière si stupide avec l'argent des investisseurs. La nation attendra en vain des confessions des politiciens de Washington qui leur ont laissé la bride sur le cou.

Si demain les électeurs américains rendent le Parti républicain responsable de cette catastrophe, le résultat sanglant sera juste, mais incomplet. Lorsque les gens se rendront compte que les méchants n'appartiennent pas à un seul parti, mais qu'ils comprennent plutôt toute la classe de leaders à Washington, nous assisterons à une révolte populaire de la base des deux partis, s'il y a quelque justice en ce monde.

Oui, citoyens, demain sera l'heure du tombereau pour les républicains condamnés. Mais si j'étais un membre démocrate du Congrès, je ne serais pas si empressé de dire que le jour de gloire est arrivé.

L'auteur est éditorialiste au Dallas Morning News.

09:33 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : crise, dreher, politique

12/11/2008

Divers rendez-vous

À l'invitation du Cercle Jacques Bainville, je parlerai de « La Pensée sociale de Chesterton », lors d'un Café politique, le jeudi 27 novembre, chez Orestias, 1er étage, 4 rue Grégoire de Tours - Paris 6e - M° Odéon / Mabillon. Accueil à partir de 19h30.

 

Dans la même semaine, je serai l'un des invités d'Arnaud Guyot-Jeannin dans son émission de Radio Courtoisie le mardi 25 novembre, à partir de 21h30. Thème de l'émission :  « De la nécessité des luttes sociales ».

 

– Je serai reçu par Anne Brassié, dans son émission Trésors en poche, de Radio Courtoisie, ce jeudi 13 novembre, à partir de 10h30. L'émission sera également rediffusée le lendemain, vendredi 14 novembre, à partir de 6h00 du matin. (Pour les fréquences de Radio Courtoisie, il suffit de cliquer ICI).

– Le vendredi 14 novembre prochain, j'aurai la joie de dédicacer L'Univers de Chesterton, petit dictionnaire raisonné, à la Librairie Duquesne, 27, avenue Duquesne, 75007 Paris, de 15h30 à 18h30. Les renseignements pratiques et le plan d'accès est disponible sur le site de la librairie : ICI.

– Le lendemain, samedi 15 novembre, je serai à la Librairie France-Livres, 6 rue du Petit Pont, 75005, pour dédicacer L'Univers de Chesterton, à partir de 15h00. Pour plus de renseignements : ICI.

– Je prononcerai également une conférence à l'occasion du Centenaire d'Orthodoxie et de la sortie de L'Univers de Chesterton, le mardi 18 novembre, à partir de 20h00, au Centre Saint-Paul, 12, rue Saint-Joseph, 75002 Paris (0140264178). Métro Sentier (ligne 3) ou Grands Boulevards (lignes 8 et 9). Pour se rendre au Centre Saint-Paul, voir ICI.

– Je serai, à nouveau sur Radio Courtoisie, le jeudi 20 novembre, à l'invitation de Daniel Hamiche, à partir de 18h00, pour évoquer L'Univers de Chesterton.

– Je signerai L'Univers de Chesterton le 7 décembre, à l'occasion de la Fête du livre organisée par l'association Renaissance Catholique à Villepreux (78), de 12 h à 18 h.
–  et le 20 décembre, de 15h à 18h, à la Librairie France-Livres (6 rue du Petit Pont, 75005).

 

17:22 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : chesterton

11/11/2008

C'est reparti

 

Lorsque faute de temps, la mise à jour de ce blogue a cessé, plusieurs amis (rassurez-vous, pas des centaines) m'ont demandé à plusieurs reprises de continuer ou, plus exactement, de remettre la main à la pâte. Jusqu'ici, j'ai toujours refusé, principalement à cause de ce manque de temps et aussi parce que je voulais donner la priorité au blogue consacré à G.K. Chesterton (ICI). Mais, à plusieurs reprises, la plume m'a démangé. Ne serait-ce que pour présenter quelques livres ou pour discuter de l'actualité. Et cette dernière est particulièrement riche.

Aujourd'hui, donc, je tente de relancer Caelum et Terra. Cela ne tient qu'à moi et, si je ne vous assure pas d'y parvenir, je vous promets d'essayer.

Caelum et Terra voudrait rester essentiellement un lieu de réflexion sur nos modes de vie dans la société contemporaine, avec, de manière sous-jacente, cette question : sommes-nous obligés d'accepter les modes de vie imposés par le monde contemporain ? Pouvons-nous inverser la tendance pour arriver à des façons de vivre plus simples, orienter vers l'essentiel, de manière à être plus contemplatifs ? Ou, sommes-nous confronter à un déterminisme que nous devons accepter de toute façon puisque nous ne pouvons rien contre un état de fait ?

Du fait de ces questions, ce blogue sera amené (bon d'accord, si je dépasse la déclaration d'intention) à toucher aux questions politiques, économiques, sociales, culturelles, religieuses. À tout, en fait, de ce qui fait de la vie de l'homme. Pas à travers une publication quotidienne, mais le plus souvent possible. Ne devons-nous pas réapprendre à prendre notre temps et à consacrer celui-ci d'abord à Dieu, à nos familles, à notre travail, à ce qui nous élève l'âme et le cœur ?

allan carlson 2006 (3).jpgPour commencer, je voudrais signaler la parution d'un livre américain Third Ways d'Allan C. Carlson (photo ci-contre).

Carlson est le Président du Howard Center for Family and Religion et le directeur de Family in America, la lettre du Howard Center. Sans en être le seul rédacteur, Allan Carlson en est le principal contributeur. Il est aussi par ailleurs secretaire international du Congrès mondial des familles. Dans ses études, il aborde principalement la situation de la famille aux États-Unis et dans le monde, les effets de la situation économique sur la vie des familles, notamment le poids de la fiscalité. Il milite notamment pour l'établissement du salaire familial. Rentre aussi dans son champ d'investigation, l'impact du féminisme sur la femme et la famille. Ses études lui ont, enfin, permis de dégager qu'aux États-Unis le baby-boom qui a suivi la Seconde Guerre mondiale est essentiellement un phénomène catholique.

Son dernier livre, Third ways (ISI Books) est un peu en marge de ses thématiques habituelles, bien qu'il s'y raccroche fondamentalement.

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Ce livre aborde, en effet, les tentatives intellectuelles ou pratiques qui ont existé avant la Seconde Guerre mondiale et peu après, pour trouver une sorte de troisième direction économique et sociale, entre le capitalisme libéral et le socialisme étatiste, sans tomber, cependant, dans le piège des totalitarismes nazi, fasciste et communiste. Carlson est ainsi amené à évoquer le distributisme de Chesterton et Belloc, les théories du russe Alexandre Chayanov, les tentatives paysannes en Europe de l'Est et Centrale, la défense du concept de salaire familial, les femmes au foyer dans la Suède socialiste ainsi que la théorie importante d'économie enclavée dans la société de Karl Polanyi. Il s'efforce également de dégager les raisons des échecs qui ont, sur le long terme, soldé ces essais.

Allan Carlson a accepté de répondre aux questions de L'Homme Nouveau pour un entretien inédit qui devrait paraître soit à la fin de cette année, soit au début de l'année prochaine. Ce sera l'occasion de revenir plus en détail sur ce livre.