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Actualités - Page 9

  • Réfléchir à coup de slogans


    Image 4.pngRarement d'accord avec lui, je lis souvent, pour ne pas dire presque toujours dans le Nouvel Observateur, la chronique de Jacques Julliard, auteur récemment d'un livre passionnant sur les écrivains catholiques que nous aimons aussi. Sa dernière chronique commence plutôt bien puisqu'elle est titrée : « Non à la déesse nature ». À juste titre, il s'en prend au « tout écolo » qui est devenu une mode ou pire encore une espèce de « prêt-à-penser » que touche tous les milieux.

    Ici même, j'ai parlé d'écologie. Mais comme chrétien, j'ai toujours préféré évoquer la défense de la « création » qui implique l'homme et le met au premier rang, en lui confiant la lourde responsabilité de la gestion de la nature. Mais accordons à Jacques Julliard que la défense de cette nature est devenue le refrain facile de beaucoup de monde, depuis les adorateurs de l'oignon en passant par les anciens cadres de la presse libérale, les néo-cathos et bien sûr la gauche libertaire.

    L'indignation cependant ne permet pas de tout mélanger. Les Wandervögel ne sont quand même pas à confondre avec la jeunesse hitlérienne et le couplet final de Julliard sur la « réintroduction en contrebande d'une philosophie irrationaliste, anti-industrialiste, réactionnaire, à relents fascistes » symbolise vraiment une réflexion à coup de slogans. Le nazisme et le fascisme comme le bolchevisme étaient profondément industrialistes et on ne voit pas pourquoi se méfier de l'industrie qui a fait disparaître l'artisanat et une certaine société traditionnelle serait anti-rationaliste. À moins de nous refaire le coup de la raison défendue par les seules Lumières.

    On s'étonne d'autant plus de ces slogans faciles dans un numéro qui invite comme rédac chef d'occasion Cohen-Bendit que l'on découvre avoir des idées sur tout les sujets et qui nous ressort le concept d'une écologie « libertaire et anti-autoritaire » comme une filiation normale au mépris de l'histoire des idées puisque l'écologie a eu aussi des liens anciens avec la droite.


  • Une émission française avec le Père Boyd

    Le jeudi 24 septembre dernier, Daniel Hamiche s’entretenait, dans son émission de Radio Courtoisie, avec le Père Ian Boyd, président du Chesterton Institute et directeur de la Chesterton Review. La traduction était assurée en direct par Anne Fouques Duparc. Dans le studio, étaient également présents l’abbé Claude Barthe et Philippe Maxence.

    Le thème de l’émission était, bien sûr, la Table ronde consacrée à Chesterton et au renouveau littéraire catholique, qui se tiendra le 15 octobre prochain au Collège des Bernardins. Surtout inscrivez-vous auprès des amis.de.chesterton@free.fr ou au 01 53 68 99 72 pour y participer. Vous aiderez ainsi à l’organisation de cette soirée unique en France.

    Rappelons que le tarif est vraiment dérisoire (5€ tarif normal ou 3€ pour les moins de 26 ans, prêtres, étudiants, demandeurs d’emploi, bénéficiaires de minima sociaux) alors que nous serons accueillis dans un lieu exceptionnel : le Collège des Bernardins.

    Merci à Philippe V. pour avoir recueillis cette émission. Et merci à Daniel Hamiche à l’origine de celle-ci.

     


    podcast

  • La feuille de route de Benoît XVI

    Extrait du discours de Benoît XVI devant la curie romaine le 22 décembre dernier. Le Pape aborde des thèmes que nous avons souvent abordés ici, en leur donnant toute leur cohérence.

     

    Dans la foi envers la création se trouve le fondement ultime de notre responsabilité envers la terre. Celle-ci n'est pas simplement notre propriété, que nous pouvons exploiter selon nos intérêts et nos désirs. Elle est plutôt un don du Créateur qui en a dessiné les structures intrinsèques et qui nous a donné les signes d'orientation que nous devons suivre comme administrateurs de sa création. Le fait que la terre, l'univers, reflètent l'Esprit créateur, signifie également que leurs structures rationnelles qui, au-delà de l'ordre mathématique, deviennent presque palpables dans l'expérimentation, contiennent en elles-mêmes également une orientation éthique. L'Esprit qui les a façonnés, est plus que mathématique - c'est le Bien en personne qui, à travers le langage de la création, nous indique la route de la voie juste.

    Etant donné que la foi dans le Créateur est une partie essentielle du Credo chrétien, l'Eglise ne peut pas et ne doit pas se limiter à transmettre uniquement le message du salut à ses fidèles. Celle-ci a une responsabilité à l'égard de la création et doit faire valoir cette responsabilité également en public. Et en le faisant, elle ne doit pas seulement défendre la terre, l'eau et l'air comme des dons de la création appartenant à tous. Elle doit également protéger l'homme contre la destruction de lui-même. Il est nécessaire qu'il existe quelque chose comme une écologie de l'homme, comprise de manière juste. Il ne s'agit pas d'une métaphysique dépassée, si l'Eglise parle de la nature de l'être humain comme homme et femme et demande que cet ordre de la création soit respecté. Ici, il s'agit de fait de la foi dans le Créateur et de l'écoute du langage de la création, dont le mépris serait une autodestruction de l'homme et donc une destruction de l'œuvre de Dieu lui-même. Ce qu'on exprime souvent et ce qu'on entend par le terme « gender », se résout en définitive dans l'auto émancipation de l'homme par rapport à la création et au Créateur. L'homme veut se construire tout seul et décider toujours et exclusivement seul de ce qui le concerne. Mais de cette manière, il vit contre la vérité, il vit contre l'Esprit créateur. Les forêts tropicales méritent, en effet, notre protection, mais l'homme ne la mérite pas moins en tant que créature, dans laquelle est inscrit un message qui ne signifie pas la contradiction de notre liberté, mais sa condition. De grands théologiens de la Scolastique ont qualifié le mariage, c'est-à-dire le lien pour toute la vie entre un homme et une femme, de sacrement de la création, que le Créateur lui-même a institué et que le Christ - sans modifier le message de la création - a ensuite accueilli dans l'histoire du salut comme sacrement de la nouvelle alliance. Le témoignage en faveur de l'Esprit créateur présent dans la nature dans son ensemble et de manière particulière dans la nature de l'homme, créé à l'image de Dieu, fait partie de l'annonce que l'Eglise doit apporter. Il faudrait relire l'Encyclique Humanae vitae à partir de cette perspective : l'intention du Pape Paul VI était de défendre l'amour contre la sexualité en tant que consommation, l'avenir contre la prétention exclusive du présent et la nature de l'homme contre sa manipulation.