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18/08/2013

A Dieu à l'abbé Chanut

abbé ChanutAprès le décès de Jean Madiran fin juillet, je viens d’apprendre le rappel à Dieu de l’abbé Christian-Philippe Chanut, ce samedi 17 août. Décidément, durant cet été 2013, Dieu nous éprouve et nous invite à vivre le temps présent dans l’abandon de la foi.

C’est grâce à Daniel Hamiche que j’ai rencontré l’abbé Chanut que je connaissais déjà de réputation, ne serait-ce que pour avoir assisté, étant étudiant, à la messe qu’il célébrait alors à la paroisse de Sceaux-les-Chartreux.

Prêtre de Jésus-Christ, l’abbé Chanut était un érudit comme on n’en fait plus et c’était toujours un plaisir immense que de parler avec lui, et surtout de l’écouter. J’ai énormément aimé le recevoir au micro de Radio Courtoisie quand je réunissais ce que j’ai baptisé du nom de « Club des hommes en noir ». Il en était l’un des plus brillants membres parmi une assemblée qui ne manque pourtant pas d’hommes de talent. Mais l’abbé Chanut avait ce don particulier de nous plonger d’un coup dans le Grand Siècle et nul mieux que lui, peut-être, n’était à même de nous faire sentir que derrière l’éloquence ainsi continuée d’un Bossuet vivait une foi profonde, ardente et missionnaire.

Il aurait dû être évêque, et il aurait été un grand et courageux évêque. Une fois, au moins, son nom fut sélectionné pour être parmi la fameuse « terna », cette dernière étape avant l’ultime choix. La Providence a choisi une autre voie pour ce grand serviteur de l’Église. Cette voie prit notamment le chemin de l’aide apportée à ses confrères traditionalistes puis, ultimement, le chemin si mystérieux de la souffrance. On sait que Dieu éprouve particulièrement ceux qu’Il aime.

Avec Daniel Hamiche, nous étions allés le voir à l’hôpital avant le départ en vacances. Fort amaigri, il m’avait impressionné par sa foi rayonnante, sa capacité à évoquer l’histoire de France, à juger de l’état de l’Église. Même sur son lit de souffrance, il n’oubliait pas qu’il était prêtre et il parlait de Dieu avec les infirmières ou les aide-soignantes. Ce grand érudit savait trouver les mots justes pour toucher les cœurs et bousculer les âmes, même des personnes les plus simples.

C’est avec joie et reconnaissance que je lui avais confié une chronique dans L’Homme Nouveau, hélas trop tard pour que nous puissions bénéficier souvent de son talent. Il nous reste au moins le souvenir d’un serviteur de Dieu et de la France, de la France chrétienne, traditionnelle et monarchique. Sans nostalgie, mais par goût du vrai et du beau. Nous prions, bien sûr, pour le repos de son âme, mais nous lui demandons aussi de nous préparer une place dans cette éternité bienheureuse à laquelle nous appelle le Christ et pour laquelle ce prêtre de Jésus-Christ a tant œuvré.

À Dieu, Monsieur l’abbé.

 

 

14/08/2013

Saint Maximilien-Marie Kolbe : un saint pour notre temps

Maximilien-Marie Kolbe, Philippe MaxenceDepuis l’accession du Pape François au Siège de Pierre, la famille franciscaine est devenue à la mode au sein de l’Église, comme d’une certaine manière, la grande famille bénédictine l’était sous le pontificat du pape Benoît XVI. À vrai dire, ce sont plus les hommes, et singulièrement ceux des médias, que les papes eux-mêmes qui véhiculent ce genre d’attirance médiatique, même si évidemment les noms qu’ils choisissent influent sur la perception de leurs contemporains.

Il m’a toujours paru illusoire et peu catholique d’opposer les ordres religieux entre eux, même s’il convient d’éviter de tomber dans l’erreur symétrique qui consiste à nier toute différence. Mais puisqu’aujourd’hui la mode attire les regards vers saint François et ses disciples ou saint Ignace et son armée, il ne me paraît pas hors de propos de rappeler que nous fêtons aujourd’hui un grand saint de la famille franciscaine, en la personne de saint Maximilien-Marie Kolbe.

Couverture polonais.pngSon histoire est largement connue, et au besoin, je me permets de renvoyer vers la biographie que j’ai consacrée à cette âme de feu (laquelle biographie a été bien reçue dans son pays natal et a connu une traduction en polonais, couverture ci-contre).

Mais la belle et grande figure de saint Maximilien-Marie Kolbe nous rappelle aussi qu’il serait hasardeux de réduire la famille franciscaine à cette image médiatique et fausse si facilement transmise aujourd’hui.

Particulièrement attaché à son ordre, saint Maximilien-Marie n’a jamais cessé d’exiger une fidélité radicale à la Tradition de l’Église en général et une fidélité intransigeante à celle des Franciscains mineurs conventuels. Homme des médias et d’une certaine forme de modernité dans l’utilisation des moyens d’expression, il n’a jamais admis d’utiliser ces derniers pour mettre en avant sa personne ou pour réduire le Christ à être un artifice publicitaire parmi d’autres. Résolument déterminé sur la pauvreté – sa vie, et particulièrement les épisodes de celles en Pologne comme au Japon mais aussi quand il a été question de réviser les constitutions de l’Ordre, le montre aisément –, il n’a jamais consenti à ce que la pauvreté soit une excuse minable au paupérisme liturgique. Bien au contraire !

Chevalier-CREDO.jpgÀ connaître la vie de ce saint, à la fois humble et très exigeant, on ne le voit pas ridiculiser l’Église ou le sacerdoce dont il est revêtu par appel de Dieu en se livrant, par exemple, à un « Flash Mob ». L’évangélisation était au cœur de son existence ; ce souci dévorait littéralement cet être ardent et généreux. Ses succès, en Pologne comme au Japon, et de par le monde entier depuis sa mort, furent innombrables. Mais pour autant, c’est la pure et exigeante doctrine du Christ qu’il a voulu transmettre ; c’est l’Église qu’il a voulu faire aimer et servir ; c’est la Vierge Marie à laquelle il s’est entièrement confié. S’il fallait chercher un franciscain, modèle pour les temps présents, sans être réductible à notre seule époque, nous pouvons aller le chercher tranquillement chez saint Maximilien-Marie, le Chevalier de l’Immaculée. En ce 14 août, jour où l'Église célèbre son martyre, il est bon de le souligner et de faire appel à son intercession.

31/07/2013

Jean Madiran : sous le signe de la piété

MadiranOF_small.jpgFondateur de la revue Itinéraires et du quotidien Présent, écrivain et journaliste, Jean Madiran, oblat de saint Benoît, est retourné à la Maison du Père en ce mercredi 31 juillet 2013. Comme Louis Veuillot en son temps, il reste un exemple de combattant inlassable au service de l’Église et parfois contre le personnel de celle-ci qui en notre temps n’est pas toujours à la hauteur de Celui qu’il doit servir. Jean Madiran était un disciple de Charles Maurras, mais aussi, et peut-être surtout, d’André et d’Henri Charlier dont il a contribué plus que quiconque à faire connaître et répandre l’œuvre et ce souci péguiste de la réforme intellectuelle et morale. Le Père Bruckberger a écrit de lui qu’il continuait de porter en notre temps la voix exigeante de Charles Péguy et cet hommage était juste, venant d’un homme et d’un prêtre qui se disait pour sa part le disciple de Georges Bernanos.

 

À l’heure qu’il est, alors que la nouvelle vient de tomber, le moment est à la prière et à la reconnaissance. À toute une génération, dont je fais partie, Jean Madiran a appris et transmis les exigences de la vertu naturelle de piété, vertu si contraire à la modernité et dont on voit aujourd’hui, plus que jamais, qu’elle est nécessaire, alors que le spirituel et le temporel semblent s’enfoncer d’un même pas, ou d’un même mouvement, vers la reddition absolue au grand n’importe quoi.

Il est trop tôt pour dire tout ce que nous devons à Jean Madiran. Je n’étais pas un de ses proches et je n’ai pas partagé tous ses combats. Mais il a fait partie de ces hommes qui ont marqué ma jeunesse et ses écrits furent de ceux qui ont eu une influence décisive sur le jeune garçon que j’étais, quand le souci de la primauté du bien commun de l’Église et de la France m’ont suffisamment étreint pour qu’il décide d’une grande part de mon existence. Il a affermi en moi l’attachement à la messe catholique romaine, attachement non pas seulement sentimental, mais raisonné et doctrinal. Il m’a encouragé, par son exemple, à me greffer de manière décisive au grand rameau bénédictin. Il m’a appris à penser et à réfléchir en catholique, même dans les questions du combat temporel. Il était le dernier de la grande cohorte des écrivains et penseurs catholiques de l’après-guerre et sa voix va manquer alors que le ciel s’assombrit.

C’est sous le signe et dans la perspective de la piété que je garde le souvenir de ce défenseur de la foi et je le confie bien sûr à la douce miséricorde de Dieu car il a combattu le bon combat, qu’il nous faut continuer aujourd’hui, à notre manière et selon nos faibles moyens, pour l’honneur de l’Église et le salut de notre patrie.

D’autres diront mieux que moi l’hommage que Jean Madiran mérite aujourd’hui. Mais je voulais ce soir témoigner que bien au-delà du cercle de ses proches son influence aura été importante, comme j’ai pu lui dire un jour de vive voix.  A Dieu, Jean Madiran.

Fidélium Deus, ómnium Cónditor et Redémptor : animábus famulórum, famularúmque tuárum remissiónem cunctórum tríbue peccatórum ; ut indulgéntiam quam semper optavérunt, piis supplicatiónibus consequántur