Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

24/05/2013

Dimanche 26 mai ou l'apologue de la petite fille aux cheveux roux

chesterton.jpgPourquoi serons-nous dans la rue dimanche ? Le combat pour la famille n'est pas lié aux seules circonstances. Il est permanent et refondateur non d'un courant politique mais du pays. La société doit s'appuyer sur la famille et celle-ci doit être protégée par l'État et soutenue par l'ensemble des corps intermédiaires. La famille n'a pas seulement un rôle moral et éducatif. Elle est aussi la cellule de base de la vie économique, de la vie sociale et de la vie politique dans son ensemble. Une société qui s'organise contre la famille est une société qui non seulement meurt moralement, mais se suicide économiquement et politiquement. En nous battant pour la famille, nous ne défendons pas un pré carré politique (la droite contre la gauche; les catholiques contre les autres), nous entendons reconstruire ce que l'individualisme issu des Lumières a sapé au long de plusieurs siècles. Nous nous plaçons dans une perspective de bien commun devenue incompréhensible pour nos contemporains enfermés dans le cercle clos de l'individualisme. Or on ne fait pas du social avec de l'individuel, sinon à forcer l'individuel à s'épuiser pour être un monde à lui seul et le social à n'être plus que le garant des normes individuelles qui le nient par définition. À sa manière, dès 1910, dans Le Monde comme il ne va pas, Chesterton montrait que toute la reconstruction de la société part de la situation faite (pour parler comme Péguy) à une petite fille rousse. Voici un extrait de ce texte qui, avec les ajustements nécessaires au regard des circonstances différentes, est aussi pour notre époque : 

« Il y a quelques temps, certains docteurs et autres personnes que la loi moderne autorise à régenter leurs concitoyens moins huppés, décrétèrent que toutes les petites filles devaient avoir les cheveux courts. J'entends par là, bien entendu, toutes les petites filles dont les parents étaient pauvres. Les petites filles riches ont, elles aussi, de nombreuses habitudes très peu salubres, mais il faudra du temps avant que les docteurs tentent d'y remédier par la force. La raison de cette intervention était que les pauvres vivent empilés dans des taudis tellement crasseux, nauséabonds et étouffants, qu'on ne peut leur permettre d'avoir des cheveux car cela veut dire qu'ils auraient des poux. Voilà pourquoi les docteurs ont proposé de supprimer les cheveux. Il ne semblerait pas qu'il soit même venu à l'esprit de supprimer les poux. C'est pourtant possible. (…) Cette parabole, ces dernières pages, et mêmes toutes ces pages, visent à démontrer que nous devons tout recommencer, à l'instant, et par l'autre bout.

Je commencerai par les cheveux d'une petite fille. Si mauvais que soit le reste, la fierté d'une bonne mère pour la beauté de sa fille est chose saine. C'est l'une de ces tendresses inaltérables qui sont les pierres de touche de toutes les époques et de toutes les races. Tout ce qui ne va pas dans ce sens doit disparaître. Si les propriétaires, les lois et les sciences s'érigent là-contre, que les propriétaires, les lois et les sciences disparaissent.

Avec les cheveux roux d'une gamine des rues, je mettrai le feu à toute la civilisation moderne.

Puisqu'une fille doit avoir les cheveux longs, elle doit les avoir propres; puisqu'elle doit avoir les cheveux propres, elle ne doit pas avoir une maison mal tenue; puisqu'elle ne doit pas avoir une maison mal tenue, elle doit avoir une mère libre et détendue; puisqu'elle doit avoir une mère libre et détendue, elle ne doit pas avoir un propriétaire usurier; puisqu'elle ne doit pas avoir un propriétaire usurier, il doit y avoir une redistribution de la propriété; puisqu'il doit y avoir une redistribution de la propriété, il doit y avoir une révolution.

Cette gamine aux cheveux d'or roux (que je viens de voir passer en trottinant devant chez moi), on ne l'élaguera pas, on ne l'estropiera pas, en rien on ne la modifiera; on ne la tondra pas comme un forçat. Loin de là. Tous les royaumes de la terre seront découpés, mutilés à sa mesure. Les vents de ce monde s'apaiseront devant cet agneau qui n'a pas été tondu. Les couronnes qui ne vont pas à sa tête seront brisées. Les vêtements, les demeures qui ne conviennent pas à sa gloire s'en iront en poussière. Sa mère peut lui demander de nouer ses cheveux car c'est l'autorité naturelle, mais l'empereur de la Planète ne saurait lui demander de les couper. Elle est l'image sacrée de l'humanité. Autour d'elle l'édifice social s'inclinera et se brisera en s'écroulant; les colonnes de la société seront ébranlés, la voûte des siècles s'effondrera, mais pas un cheveu de sa tête ne sera touché. »

 

Capture d’écran 2013-05-23 à 18.02.52.png


Non, ce n'est pas la petite fille aux cheveux roux, ni son frère, ni sa sœur, pas plus que sa mère et son père, ses oncles, tantes, cousins et cousines qui doivent changer. S'il y a un problème, c'est la politique qui entraîne ce problème qui doit changer. Le problème, ce n'est pas le mariage d'un homme et d'une femme, le problème, c'est l'union que l'on veut nous faire passer pour un mariage, comme si un pied était une main et que tout se valait dans la grande valse des égoïsmes individualistes. Aujourd'hui, demain et jusqu'à ce que les choses reprennent le cour normal de la vie, nous mettrons le feu à la civilisation moderne, au nom des cheveux roux d'une gamine des rues.

Les commentaires sont fermés.