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20/07/2012

Une introduction au distributisme (10)

Dans un post précédent, nous avons souligné l'influence décisive de l'encyclique Rerum Novarum sur les fondateurs du courant distributiste.Nous continuons ici la présentation rapide de ce texte pontifical qui marque le renouveau du christianisme social.


 

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Rerum novarum n’apparaît pas comme un texte isolé d’un pape qui s’intéresserait d’un coup et presque par hasard à la question sociale. Bien au contraire, comme le souligne Bernard Laurent dans une excellente étude intitulée L’Enseignement social de l’Église et l’économie de marché (éditions Parole et silence), l’encyclique sociale de Léon XIII s’insère dans une perspective plus large et plus profonde. Celle de la lutte contre la modernité et ses conséquences, telles qu’elles purent se mesurer à travers la Révolution française et la révolution industrielle.

Et de fait, Rerum novarum ne se contente pas d’indiquer des solutions pour un plus grand respect de la classe ouvrière. Elle ne se limite pas à la dénonciation de la tentation socialiste ou de la réalité d’un capitalisme implacable et souvent inhumain. Elle prend acte de la réalité du monde issu de la Révolution de 1789 et de l’industrialisation, lequel repose fondamentalement sur la conception de l’homme issue des Lumières.

Face à ce monde, elle préconise, derrière les autres encycliques de Léon XIII, une conception de l’homme et de la société en radicale rupture avec la modernité. De ce fait, elle appelle à la restauration d’un ordre social fondé sur « l'inviolabilité de la propriété privée » qui doit offrir les moyens d’existence à la famille, définie comme « une société domestique ». L’existence de cette dernière est considérée comme antérieure à celle de l’État qui doit donc la respecter et la protéger.

Contre l’individualisme libéral ou le socialisme, le texte pontifical préconise encore la collaboration des classes, élabore la notion de juste salaire et défend la nécessité du repos.  Il souligne l’importance du rétablissement de corporations (d’ouvriers ou mixtes : patrons/ouvriers) et définit le rôle des gouvernants, soulignant que leur devoir principal « consiste à avoir soin également de toutes les classes de citoyens, en observant rigoureusement les lois de la justice dite distributive. » 

 

© Philippe Maxence 

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