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15/07/2012

Une introduction au distributisme (9)

Le distributisme ? Sous ce vocable peu usité en France (voir ici), on trouve une théorie sociale défendue au début du XXe siècle par deux écrivains anglais, G.K. Chesterton et Hilaire Belloc. Depuis quelques années, ce courant trouve un second souffle en raison de la crise qui touche le monde et des recherches de solution pour en sortir. Mais, pourquoi nous y intéresser en tant que Français ? Tout simplement parce que la mondialisation est en grande partie l'imposition d'un mode de fonctionnement issu des dérives du monde anglo-saxon, auxquels le courant distributiste a voulu répondre en son temps et dont la part d'universelle que contient cette réponse peut nous inspirer. Nous reprenons ci-dessous l'exposé historique des origines du distributisme, en détaillant son lien avec l'encyclique Rerum novarum de Léon XIII (précédent billet ici).

 

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La publication par Léon XIII de son encyclique Rerum Novarum allait représenter un tournant décisif non seulement pour G.K. Chesterton, son frère et leur ami Hilaire Belloc, mais également pour l’Église catholique et, au-delà, pour tous les chrétiens s’intéressant aux questions sociales. Même s’il faudrait tempérer cette affirmation, cette encyclique est généralement considérée comme l’acte de naissance, ou tout du moins le point de départ, de la doctrine sociale de l’Église. Son influence a été décisive. Pour autant, elle ne fut pas directement à l’origine du distributisme, les Chesterton menaient déjà de leur côté leur propre réflexion sur la solution à apporter à un monde en folie. En revanche, leur rencontre avec Rerum Novarum fut bien décisive comme l’a remarqué Chesterton lui-même, dans le texte cité plus haut.

L’encyclique du pape Léon XIII unifiait, en effet, une réflexion disparate et qui ne parvenait à conclure. De plus, il l’insérait dans une conception plus large, lui donnant un soubassement philosophique, et l’installait dans un contexte de renouveau religieux important.

Pour comprendre la portée exacte de Rerum Novarum et le contexte global dans lequel elle apparut, il convient de ne pas séparer cette encyclique d’autres textes importants de Léon XIII. Datée du 15 mai 1891, Rerum novarum vient en effet à la suite et comme au terme de plusieurs textes pontificaux qui, reliés entre eux, forment un corpus doctrinal et indiquent le sens d’une politique pontificale. En 1879, Léon XIII publie, en effet, l’encyclique Æternis patris qui remet à l’honneur la philosophie et la théologie de saint Thomas d’Aquin et l’impose pour les études du clergé catholique. Puis vont suivre, à partir de 1881, plusieurs encycliques qui précisent et synthétisent la pensée politique de l’Église. Cette année-là paraît Diuturnum illus consacrée à l’autorité des États et aux relations de ceux-ci avec l’Église. En 1885, Léon XIII publie une encyclique sur la Constitution chrétienne des États, Immortale Dei, suivie en 1888 d’une encyclique sur la nature de la liberté humaine, Libertas præstantissimum

 

© Philippe Maxence 

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