Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

24/02/2012

Une introduction au distributisme (7)

À travers plusieurs billets, nous nous attachons ici à raconter l'histoire du courant distributiste anglo-saxon, né de la pensée politique et sociale de G.K. Chesterton et d'Hilaire Belloc, défendu par plusieurs personnalités à travers le monde et qui connaît aujourd'hui un regain d'intérêt. Nous en indiquons ici l'une des origines.


Manning

Il est vrai qu’à la même époque, outre les socialistes non marxistes, une autre voix se faisait entendre, incarnée par une personnalité forte : Henry Edward Manning.

Né en 1808, ordonné dans les ordres anglicans en 1833, Manning devint catholique en 1851, fut ordonné prêtre la même année, puis consacré évêque en 1865 et créé cardinal en 1875. Considéré comme un ultramontain et un défenseur de l’Infaillibilité pontificale, au contraire du cardinal Newman, le cardinal Manning prit une grande part dans la constitution du corpus de la doctrine sociale de l’Église, notamment en raison de sa proximité avec Léon XIII. Il fut le principal traducteur en langue anglaise de la première encyclique sociale, Rerum Novarum de ce même pape et il eut une action sociale importante, en arbitrant en 1889 le conflit des dockers de Londres.

En 1890, il adressa une lettre à Mgr Doutreloux, lors du Congrès de Lille. Dans ce texte, il prenait position officiellement pour l’interdiction du travail des mères de famille, le repos obligatoire un jour de la semaine, la création d’un conseil d’arbitrage entre les patrons et les ouvriers, le rétablissement des corporations, la journée de huit heures pour les travaux les plus durs et de dix heures pour les autres, l’interdiction du travail des femmes et des enfants dans les mines, ainsi que l’interdiction du travail de nuit pour les mineurs. 

Plus accessoirement, même si cela n’appartient pas à la grande histoire, le cardinal Manning joua également un rôle décisif dans la conversion d’Elizabeth Belloc, laquelle après avoir épousé un Français qui la laissa veuve, revint en Angleterre, avec son fils, Hilaire. Ce dernier eut de nombreux contacts avec le cardinal qui joua ainsi un rôle significatif dans sa prise de conscience politique. 


© Philippe Maxence

Les commentaires sont fermés.