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22/10/2011

Propriété privée et bien commun

Sur le blog de l'Observatoire sociopolitique du diocèse de Fréjus-Toulon, Cyril Brun consacre un bon article aux rapports entre droit à la propriété privée, destination universelle des biens et bien commun.

On constate avec satisfaction que la primauté du bien commun fait ainsi sa réappararition dans le cadre de la réflexion politique catholique. Très justement l'auteur note que le respect de la destination universelle des biens passe par la large diffusion de la propriété privée. Un rapport paradoxal, que Cyril Brun met bien en évidence, comme avant lui l'école distributiste, avec Chesterton et Belloc, ou en France les travaux de Louis Salleron, notamment avec son livre Diffuser la propriété


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Voici un extrait du texte de Cyril Brun : 

Tous les biens terrestres appartiennent en commun et indistinctement à tout le genre humain. Ils sont à la disposition de tous selon les principes de la justice et de la charité. Ce qui faisait dire à saint Basile : « mon superflu est le vol du nécessaire des autres. » Les biens terrestres doivent en effet servir au bien de tous et à procurer à ceux qui sont dans le besoin des conditions de vie plus humaines. Ils sont destinés à satisfaire les besoins de tous les hommes. En effet, « avec la terre, la principale ressource de l’homme, c’est l’homme lui-même. » Par-là Jean-Paul II signifie que le bien par excellence qui est destiné à tous c’est l’homme lui-même. Aussi la tâche primordiale, qui commande tout développement humain, est-elle d’éveiller l’homme à lui-même, par l’éducation afin qu’il puisse faire un usage responsable de sa liberté. Au plan international, ce principe fonde l’étroite solidarité des peuples dans la mise en œuvre des richesses du monde pour un mieux-être de l’humanité. Ainsi, un État ne peut-il refuser sans cause juste et raisonnable l’accès de son territoire à des étrangers privés de ressources. Mais l’accueil ne peut se faire au détriment de l’équilibre et du bien-être du pays. « Il s’agit, rappelait Pie XII en 1941, de réaliser une meilleure distribution des hommes sur la surface que Dieu a créée et préparée pour l’usage de tous. » À l’intérieur même d’une nation, il faut « ramener aux exigences du Bien Commun et aux normes de la justice sociale la distribution des ressources du monde. » (Quadragesimo AnnoOr cela passe donc par une plus large diffusion de la propriété privée. En effet, seule l’extension à tous de la propriété privée rendra possible la réalisation du droit qui concède à tous l’usage des biens matériels. Mais ne nous trompons pas, ce droit à la propriété privée est second. Il n’est qu’un moyen de réaliser le droit premier et fondamental de la destination universelle des biens.

 

 

21/10/2011

Le distributisme de Chesterton fait la Une du Washington Post et descend dans la rue à New York

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Dans un article publié le 17 octobre dernier, et signé David Gibson, le Washington Post s’attarde à l’actualité du distributisme sous le titre éloquent : « Age-old ‘distributism’ gains new traction ».

Hé oui, le vieil idéal, diffusé naguère par Chesterton et Belloc, mais aussi le Père Vincent McNabb ou Arthur Penty, s’offre un petit retour en force en raison d’une crise que les solutions libérales et socialistes peinent à résoudre. L’article de Gibson évoque l’Anglais Phillip Blond à l’occasion de son passage à New York pour une conférence à l’université de cette ville. Blond, après avoir été théologien, professeur d’université, proche du mouvement « Radical Orthodoxy » et de son mentor, John Milbank, puis conseiller de David Cameron, préside aujourd’hui le « think tank » ResPublica, une fondation politique qui entend influer sur les débats politiques en Grande-Bretagne.

Image 3.pngBlond, qui a non seulement la pédagogie du professeur mais le sens des formules qui frappent, a théorisé sa pensée et sa démarche dans un ouvrage au titre percutant : Red Tory. S’il s’inspire du distributisme de Chesterton et Belloc, Phillip Blond a pris soin d’adapter les vieux principes aux problèmes de la société actuelle. C’est ce que note, à sa manière, le Washington Post qui rapporte quelques propos du président de ResPublica selon lequel le capitalisme n’a pas créé un marché libre, mais un marché fermé, détruisant en même temps le tissu social de la nation, qui laisse ainsi les individus et les familles sans liens sociaux et dépendant entièrement de l’État central. Prenant appui sur l’actualité, Blond estime ainsi que les Tea Party et les insurgés de Wall Street manifestent, chacun à sa manière, les mêmes craintes et les mêmes refus. Le refus d’un pouvoir étatique omnipotent et d’une concentration des richesses et du pouvoir dans les mains des seuls adulateurs du marché.

À ses auditeurs américains, Phillip Blond a répété que ce qui est petit et local vaut mieux que les grands appareils gigantesques qui loin des vrais problèmes ne le règlent pas ou mal. Il a argumenté pour la subsidiarité dans une société qui retrouve ses droits tout en soulignant que l’État a un rôle à jouer dans certains domaines. Plus de société,moins d’État donc, mais un État qui remplisse effectivement les grandes tâches qui lui appartiennent et qu’il est vraiment seul capable de réaliser. Il s’agit une fois encore de libérer la société des oligarchies qui l’empêchent de vivre normalement. Un langage que New York est peu habitué à entendre…

 

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Dans les rues de New York, justement, les insurgés découvrent un tract dont l’inspiration découle en droite ligne de la pensée politique de Chesterton. Sous le titre « Le Capitalisme est pour les riches ; Le socialisme est pour les bureaucrates », ce tract explique ce qu’est le distributisme, au-delà de son refus du libéralisme et du socialisme, concentration du pouvoir politique et économique dans les mains de quelques-uns dans le premier cas ; dans les mains de l’État dans le second.

Il explique surtout ce qu’est positivement le distributisme, une économique humaine fondée sur la famille, s’appuyant par exemple sur les entreprises familiales ou des coopératives, soucieuse du bien vivre jusque dans le respect de l’environnement et de la nourriture. Le tract souligne que cette forme d’économie est déjà mise partiellement en application par des milliers de petites entreprises familiales, des banques de microcrédit, des associations coopératives d'épargne et de crédit ou à plus grandes échelles par des entreprises comme les coopératives Mondragon en Espagne ou les coopératives d’Emilie-Romagne en Italie.

Le but de ce tract ? Non pas résumer en peu de mots ce qu’est le distributisme, mais indiquer à une foule inquiète, perdue, en révolte et proie facile des mouvements révolutionnaires qu’une autre forme d’économie existe, qu’elle a déjà été appliquée et qu’elle répond aux attentes des gens ordinaires. À l’initiative de  ce combat militant, Richard Aleman, jeune président de The Society for distributism, qui n’hésite pas à descendre sur le terrain pour distribuer dans les rues ce simple tract et répondre aux questions. Comme lui, d’autres ont distribué ce document, reproduit par leurs propres soins, dans plusieurs villes des États-Unis. Grâce à eux, Chesterton et Belloc ont repris pieds dans la rue…