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23/12/2008

La feuille de route de Benoît XVI

Extrait du discours de Benoît XVI devant la curie romaine le 22 décembre dernier. Le Pape aborde des thèmes que nous avons souvent abordés ici, en leur donnant toute leur cohérence.

 

Dans la foi envers la création se trouve le fondement ultime de notre responsabilité envers la terre. Celle-ci n'est pas simplement notre propriété, que nous pouvons exploiter selon nos intérêts et nos désirs. Elle est plutôt un don du Créateur qui en a dessiné les structures intrinsèques et qui nous a donné les signes d'orientation que nous devons suivre comme administrateurs de sa création. Le fait que la terre, l'univers, reflètent l'Esprit créateur, signifie également que leurs structures rationnelles qui, au-delà de l'ordre mathématique, deviennent presque palpables dans l'expérimentation, contiennent en elles-mêmes également une orientation éthique. L'Esprit qui les a façonnés, est plus que mathématique - c'est le Bien en personne qui, à travers le langage de la création, nous indique la route de la voie juste.

Etant donné que la foi dans le Créateur est une partie essentielle du Credo chrétien, l'Eglise ne peut pas et ne doit pas se limiter à transmettre uniquement le message du salut à ses fidèles. Celle-ci a une responsabilité à l'égard de la création et doit faire valoir cette responsabilité également en public. Et en le faisant, elle ne doit pas seulement défendre la terre, l'eau et l'air comme des dons de la création appartenant à tous. Elle doit également protéger l'homme contre la destruction de lui-même. Il est nécessaire qu'il existe quelque chose comme une écologie de l'homme, comprise de manière juste. Il ne s'agit pas d'une métaphysique dépassée, si l'Eglise parle de la nature de l'être humain comme homme et femme et demande que cet ordre de la création soit respecté. Ici, il s'agit de fait de la foi dans le Créateur et de l'écoute du langage de la création, dont le mépris serait une autodestruction de l'homme et donc une destruction de l'œuvre de Dieu lui-même. Ce qu'on exprime souvent et ce qu'on entend par le terme « gender », se résout en définitive dans l'auto émancipation de l'homme par rapport à la création et au Créateur. L'homme veut se construire tout seul et décider toujours et exclusivement seul de ce qui le concerne. Mais de cette manière, il vit contre la vérité, il vit contre l'Esprit créateur. Les forêts tropicales méritent, en effet, notre protection, mais l'homme ne la mérite pas moins en tant que créature, dans laquelle est inscrit un message qui ne signifie pas la contradiction de notre liberté, mais sa condition. De grands théologiens de la Scolastique ont qualifié le mariage, c'est-à-dire le lien pour toute la vie entre un homme et une femme, de sacrement de la création, que le Créateur lui-même a institué et que le Christ - sans modifier le message de la création - a ensuite accueilli dans l'histoire du salut comme sacrement de la nouvelle alliance. Le témoignage en faveur de l'Esprit créateur présent dans la nature dans son ensemble et de manière particulière dans la nature de l'homme, créé à l'image de Dieu, fait partie de l'annonce que l'Eglise doit apporter. Il faudrait relire l'Encyclique Humanae vitae à partir de cette perspective : l'intention du Pape Paul VI était de défendre l'amour contre la sexualité en tant que consommation, l'avenir contre la prétention exclusive du présent et la nature de l'homme contre sa manipulation.

09:12 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : pape, création

Commentaires

Merci à Philippe Maxence pour ce précieux et sage document et rendons grâce à son auteur.
J’avoue humblement que je ne connais Jacques Elul que de réputation et je m’aperçois que ce serait manifestement à lui que j’empruntais sans le savoir l’usage fort pratique du concept de « système » pour désigner l’engrenage et évoquer, sans leur faire l’honneur de les nommer, ses courroies de transmission, qui tirent invariablement vers le bas, non seulement tel ou tel pays, mais, toute l’humanité, comme le rappelait récemment le Saint-Père au sujet des récentes et massives attaques portées à la vie.

La comparaison avec le mécanisme du national-socialisme n’est pas sans évoquer le même parallèle tracé par Sa Sainteté le Pape Jean-Paul II dans son livre testament « Mémoire et identité » , entre celui-ci et les dérives, aujourd’hui avérées, de la démocratie, ou, plus récemment, la comparaison faite quasi- simultanément par le Cardinal Bertone et le Président actuel de L’Union Européenne Monsieur Vaclav Klaus , entre l’exercice du pouvoir de la période communiste et le fonctionnement actuel, précisément, de l’Union Européenne !

Faut-il rappeler, je crois hélas que, oui, il faut le rappeler inlassablement, que les deux bases de comparaison, national-socialisme et communisme qui ne s’étaient pas alliés par hasard, sont tous deux les héritiers en droite ligne de la révolution française anti-chrétienne dont notre propre système se réclame béatement « en bloc », sans que ne semble gêner personne, sans qu’il n’y ait jamais eu la moindre « repentance » pour les crimes et le génocide commis en son nom, et particulièrement le « martyr du petit Louis XVII »
( la qualification émane du Cardinal Honoré lors de la messe des funérailles à Saint-Denis).

Et c’est ainsi que, dans le prolongement rationnel de ces crimes jamais expiés, un sang trop pur abreuve continûment nos sillons, d’avortement en euthanasie, en passant par les manipulations génétiques et le trafic d’organes…

Face à une telle analyse, il serait presque routinier au journal, qui reprendrait volontiers nos propos pour ameuter des hordes face au danger que courrait le système- en effet un système sans « matériau humain » est par essence un système perdu- : « aux armes citoyens, les royalistes sont de retour ! ».

C’est pourquoi nous leur répondrons inlassablement et malicieusement, à la manière du « Perceval » de Kaamelott : « c’est pas faux ! »

En complétant toutefois : « à ceci près cependant, que notre Royaume n’est pas de ce monde »

Et la nuance invite tout de même à réflexion, et assurément à rendre par exemple à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu, sans rien cependant concéder au premier quand il enfreint le domaine du Dernier qui, en ce qui concerne la Vie ne peut rester que Premier.

Écrit par : Sancenay | 24/02/2009

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