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02/12/2008

Le Saint-Siège et la crise financière

Au nom du Saint-Siège, le Conseil pontifical Justice et Paix a tenu à émettre des propositions en vue de la conférence de Doha (Qatar), organisée par les Nations unies sur le financement au développement, qui se tient depuis le 29 novembre et jusqu'au 2 décembre.Un travail intéressant dont les échos, donnés par l'agence Zénit, méritent d'être médités. Vous n'en avez pas entendu parlé dans les grands médias ? Normal, l'Église dérange lorsqu'elle refuse d'être limitée à la sacristie.

Dans cette Note, le Conseil pontifical invite les organismes internationaux à  « repenser le système financier international ». But de cette réflexion  : que la finance retrouve sa vraie nature qui consiste à servir le développement et le bien commun.
Dans son constat, trois éléments principaux ressortent de la Note pontificale :
1°) la crise financière révèle une crise de confiance;
2°) l'une des causes principales de la crise vient de « l'utilisation excessive du 'levier' financier par les opérateurs, et (du) manque de considération accordée aux éléments de risque que cela implique »
3°) enfin, le Saint-Siège, estime que la recherche du gain à très court terme entraîne une subversion de la finance. Elle ne sert plus à soutenir le développement économique, mais trouve sa propre finalité en elle-même, sans s'interroger sur les conséquences possibles.

Le Saint-Siège n'hésite pas non plus à dénoncer  très clairement les « paradis fiscaux ». Ils ont « permis un réseau de pratiques économiques et financières démentes : fuites de capitaux aux proportions gigantesques, flux ‘légaux' motivés par des objectifs d'évasion fiscale et canalisés à travers la sur /sous facturation des flux commerciaux internationaux, recyclage de fonds issus d'activités illégales ».
Les conséquences sont elles-mêmes bien précisées. Les paradis fiscaux ont :

– favorisé les revenus les plus élevés, qui peuvent échapper au contrôle fiscal dans leurs propres pays;
– pénalisé les petits revenus, soit les travailleurs et les petites entreprises.

Pourquoi une telle crise ?

Pour le Conseil pontifical Justice et Paix, « Certaines autorités, en particulier dans les pays financièrement plus développés, ont renvoyé des choix ponctuels, sous prétexte d'avantages économiques, dus à l'existence d'une industrie financière forte sur leur sol, qui ne durent que le temps de l'euphorie financière ».

Comment sortir de la crise ?

Premièrement, l'examen de conscience est nécessaire. « Comment en est-on arrivé à cette situation désastreuse, après une décennie pendant laquelle se sont multipliés les discours sur l'éthique des affaires et de la finance et que s'est répandue l'adoption de codes éthiques ? ». Le Saint-Siège souligne également la nécessité de tenir en compte le fait qu' « on en est arrivé à cette situation financière critique d'aujourd'hui après une longue période pendant laquelle, pressés par l'objectif immédiat d'atteindre des résultats financiers à court terme, on a perdu de vue la dimension propre de la finance », sa vraie nature, qui est d' « utiliser l'épargne de préférence là où celle-ci favorise l'économie réelle, le bien-être, le développement de l'homme et de tous les hommes ».

Deuxièmement, « Le plus urgent n'est pas toujours le plus important ! » Au contraire, ajoute le texte, « repenser les priorités est d'autant plus nécessaire que la situation est devenue plus difficile ».

Troisièmement, un nouveau pacte international en matière de finance et de fiscalité, pour favoriser le retour à la confiance et à la transparence, est nécessaire. « Les marchés financiers ne peuvent opérer sans la confiance ; et sans la transparence et sans règles il ne peut y avoir de confiance. Le bon fonctionnement du marché exige une intervention importante de l'Etat, et le cas échéant, celle de la communauté internationale, qui doit fixer et faire respecter des règles de transparence et de prudence ».
Mais, ce nouveau pacte et cette intervention de l'État ne seront pas suffisants. Il faut qu'émerge une « conscience morale bien formée ». Les lois et les règlements à eux seuls ne peuvent garantir le fonctionnement de l'économie. « Aucune intervention de régulation ne peut ‘garantir' son efficacité en faisant abstraction de la conscience morale bien formée et de la responsabilité quotidienne des opérateurs du marché, en particulier celles des entrepreneurs et des grands agents financiers ».

Le salut ne vient jamais seulement de l'extérieur souligne le Conseil pontifical Justice et paix. C'est pourquoi, « il faut atteindre l'être moral plus profond des personnes, il faut une réelle éducation à l'exercice de la responsabilité vis-à-vis du bien de tous, de la part de tous les sujets, à tous les niveaux : agents financiers, familles, entreprises, institutions financières, autorités publiques, société civile ».
Cette éducation peut s'appuyer sur la doctrine sociale de l'Église qui promeut le bien commun universel, la destination universelle des biens, la priorité du travail sur le capital.

 

Le document n'est disponible pour l'instant qu'en italien : ICI.

Commentaires

Naïfs

Écrit par : js | 22/12/2008

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