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15/11/2008

Maurice Allais confirme

images.jpgLe Prix Nobel d'Économie, Maurice Allais, confirme de manière plus scientifique, la vidéo de Paul Grignon : "L'argent dette" (post précédent) dans l'extrait que l'on trouvera ci-dessous qui a été publié à l'origine en octobre 1998 dans le Figaro à l’occasion de la crise asiatique. Il a été, ensuite,  repris dans l’ouvrage « La crise mondiale d’aujourd’hui », paru en 1999.

 

La création et la destruction de moyens de paiement par le mécanisme du crédit


« Fondamentalement, le mécanisme du crédit aboutit à une création de moyens de paiement ex nihilo, car le détenteur d'un dépôt auprès d'une banque le considère comme une encaisse disponible, alors que, dans le même temps, la banque a prêté la plus grande partie de ce dépôt qui, redéposée ou non dans une banque, est considérée comme une encaisse disponible par son récipiendaire. À chaque opération de crédit il y a ainsi duplication monétaire. Au total, le mécanisme du crédit aboutit à une création de monnaie ex nihilo par de simples jeux d'écriture[16]. Reposant essentiellement sur la couverture fractionnaire des dépôts, il est fondamentalement instable.
Le volume des dépôts bancaires dépend en fait d'une double décision, celle de la banque de s'engager à vue et celle des emprunteurs de s'endetter. Il résulte de là que le montant global de la masse monétaire est extrêmement sensible aux fluctuations conjoncturelles. Il tend à croître en période d'optimisme et à décroître en période de pessimisme, d'où des effets déstabilisateurs.
En fait, il est certain que, pour la plus grande part, l'ampleur de ces fluctuations résulte du mécanisme du crédit et que, sans l'amplification de la création (ou de la destruction) monétaire par la voie bancaire, les fluctuations conjoncturelles seraient considérablement atténuées, sinon totalement supprimées[17].
De tout temps, on a pu parler des « miracles du crédit ». Pour les bénéficiaires du crédit, il y a effectivement quelque chose de miraculeux dans le mécanisme du crédit puisqu'il permet de créer ex nihilo un pouvoir d'achat effectif qui s'exerce sur le marché, sans que ce pouvoir d'achat puisse être considéré comme la rémunération d'un service rendu.
Cependant, autant la mobilisation d'« épargnes vraies » par les banques pour leur permettre de financer des investissements productifs est fondamentalement utile, autant la création de « faux droits » par la création monétaire est fondamentalement nocive, tant du point de vue de l'efficacité économique qu'elle compromet par les distorsions de prix qu'elle suscite que du point de vue de la distribution des revenus qu'elle altère et rend inéquitable. »

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