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28.02.2008

RIP Dom Gérard

La disparition aujourd'hui de Dom Gérard Calvet, fondateur et abbé émérite de l'abbaye Sainte-Madeleine du Barroux touche ceux qui l'ont connu, aimé et approché. Dans mon émission du lundi 3 mars prochain, entre 12h00 et 13h30 sur Radio Courtoisie, je rendrai hommage à ce grand moine.

1687183967.jpg Les éditions de l'Homme Nouveau viennent de publier en brochure Restaurer l'éducation chrétienne, un entretien avec le professeur James Taylor, héritier de John Senior mais aussi oblat du Barroux. Cette brochure est préfacée par Dom Gérard Calvet, qui offre là une méditation profonde sur l'éducation chrétienne et ses racines. C'est certainement l'un des derniers textes de dom Gérard.
Présentation de la quatrième de couverture :
Dans un entretien avec Philippe Maxence, rédacteur en chef de L’Homme Nouveau, le professeur James Taylor revient aux sources de l’éducation chrétienne. Il rappelle notamment que « l’Église enseigne, avec Aristote et saint Thomas, qu’il n’y a aucune connaissance qui ne vienne des sens, en conséquence c’est de là qu’il nous faut partir, et ne pas commencer à apprendre avec l’esprit rationnel selon l’héritage cartésien ». Impossible ? James Taylor démontre le contraire. À partir de deux expériences concrètes. L’une menée en France, pendant la Seconde Guerre mondiale, à l’école des Roches, repliée à Maslacq, et dirigée par André Charlier. L’autre à l’échelon universitaire par l’aventure de l’Integrated Humanities program (IHP) de l’Université de Kansas, notamment avec le professeur John Senior.
Ancien élève de Maslacq, proche d’André Charlier, ami de James Taylor, Dom Gérard Calvet, abbé fondateur de Sainte-Madeleine du Barroux confirme, dans sa préface, l’importance de cette éducation et la nécessité d’y revenir. Facile à lire, allant au fond des choses, cet entretien intemporel avec James Taylor méritait d’être mis à la portée du plus grand nombre. C’est désormais chose faite.

Pour se procurer cette brochure au prix de 5€ : .  

27.02.2008

Réédition des Confessions d'un converti

785514510.jpgAuteur de nombreux ouvrages spirituels et d’un best-seller avec Le Maître de la terre, Mgr Robert Hugh Benson est l’un des plus illustres convertis de l’anglicanisme du début du XXe siècle. Né en 1871, fils du Primat de l’Église d’Angleterre, il devient prêtre catholique avant de mourir en 1914. Les éditions de l'Homme Nouveau viennent de rééditer l'ouvrage dans lequel il raconte son itinéraire vers la foi catholique. Voici ce qu'en dit la quatrième de couverture :

« Fils du Primat anglican, le pieux et réfléchi Robert Hugh Benson (1871-1914) était promis aux plus hautes destinées tant sociales qu’ecclésiastiques. Mais sa quête incessante de la vérité, née dès l’enfance, stimulée par les nombreux et fameux retours à Rome d’anglicans de son temps, finit par lui faire découvrir la vérité catholique dans toute sa splendeur. La conversion de cet homme silencieux fit grand bruit. Elle lui occasionna de perdre quelques relations familiales ou mondaines, mais élargit son horizon à l’universalité catholique.
Dans ses Confessions d’un converti, ce prêtre catholique nous confie son cheminement spirituel parsemé de questions qui s’adressent aussi à notre propre fidélité. Dans son avant-propos, Philippe Maxence replace ce journal d’une âme dans le contexte religieux et intellectuel d’un temps qui interroge aussi le nôtre. »

Le livre est disponible auprès de l'Homme Nouveau (10, rue Rosenwald, 75015 Paris – tél. 01 53 68 99 77 – contact@hommenouveau.fr) ou directement sur son site sécurisé : .

Enrichi d'un index des noms, ce livre de 260 pages est disponible au prix de 15 €.

 

 

 

 

14.02.2008

Anti-catho primaire

Cela n'a rien à voir avec les choses qui m'intéressent d'habitude, et dont je parle ici le plus souvent, mais je voudrais m'arrêter quelques instants à une phrase lue dans le Le Point reçu aujourd'hui.

Dans ce numéro, Élisabeth Lévy demande à plusieurs personnalités leur réaction après la publication par Le Nouvel Observateur d'un texto attribué à Nicolas Sarkozy et adressé à Cécilia. Philippe Val, patron de Charlie hebdo, donne son sentiment, comme Alain Finkielkraut, Marcel Gauchet, Daniel Schneidermann et Max Gallo. Pourquoi pas ? Mais une fois de plus, alors que le sujet n'a aucun rapport, Philippe Val lance sa petite attaque contre le catholicisme.

"Pensionnaire dans un lycée catholique, j'ai terriblement souffert de l'absence totale de droit à l'intimité. Qu'une "info" de ce genre passe dans l'Obs, c'est terrifiant". Tout y est : amalgame et terreur. Val manipule l'événement et le retourne dans une attaque bassement anti-catho.

En soi, l'événement n'est pas très important. Il n' a rien de nouveau et montre juste une persistance du phénomène. Il montre aussi combien la haine peut rendre idiot. Car, quand même !  Entre texto présidentiel et pensionnat catholique, le rapport est lointain. Qu'une pension ne soit pas un endroit très propice à l'intimité, c'est le propre de toute vie en groupe. Les Soviétiques ont bien connu cette situation avec leurs immeubles à habitats partagés. Que cette pension, soit catholique ou non, ne change rien à l'affaire. C'est peut-être dommage, mais c'est ainsi. Ce qui est réjouissant, malgré tout, dans cet épiphénomène valesque, se situe ailleurs. Dans le constat que le catholicisme dérange toujours et que le Christ reste bien le signe de contradiction. Deo gratias !

06.02.2008

Et si on reparlait de Chesterton

c02595f1614d7050438362d97121234d.jpegQuel est le point commun entre le sociologue Marcel Gauchet, le député souverainiste Paul-Marie Coûteaux, l’écrivain flamboyant Maurice G. Dantec, l’économiste David Friedman, le romancier Jean Echenoz, le penseur catholique Jean Madiran ou le journaliste anti-mondialiste, Eric Zemmour ? Ne cherchez pas, vous ne trouverez pas ! La réponse se trouve outre-Manche. À un moment ou l’autre, ils ont tous cité l’écrivain catholique Chesterton.
Chesterton ? Oui, Chesterton ! Gilbert Keith Chesterton pour être plus précis. D’ailleurs, la liste ne s’arrête pas là. On a même vu un Commissaire européen, Philippe Busquin agrémenter un discours à la "Friedrich-Ebert-Stiftung", le 18 janvier 2001, d’une référence à Chesterton. Comme quoi, tout est possible !
G. K. Chesterton est aujourd’hui en France l’un des auteurs les plus cités en même temps qu’il est l’un des moins lus. On pille son œuvre, mais on ne sait pas que c’est une œuvre. On se contente d’à peu près, de citations toutes faites et souvent mal recuites. Dernier exemple en date : Eric Zemmour. Dans le grand cirque de Ruquier, il dénonce les bons sentiments des membres de l’Arche de Zoé en appelant à la rescousse G.K. Chesterton. Sûr de son fait, il lance que les idées modernes sont des idées chrétiennes devenues folles. Dans une Tribune du Figaro du 8 novembre, intitulée très justement « Nicolas Sarkozy ou le soixante-huitard malgré lui », le journaliste récidive en affirmant que « le néocolonialisme humanitaire » « prouve une fois encore, selon le mot de Chesterton, que « le monde est plein d’idées chrétiennes devenues folles ».
 
Quand Zemmour se trompe
90de09f7e1e10b1baf7a87953c4b8bb9.jpegBingo ! Ce n’était pas mal vu. Sauf que ce n’est pas tout à fait bien vu. La phrase renvoie à l’un des best-sellers de Chesterton : Orthodoxie. Au chapitre III, l’écrivain anglais ne parle pas d’idées, mais de vertus : « Le monde moderne est envahi de vieilles vertus chrétiennes devenues folles. ». Ni le texte original en anglais, ni les traductions françaises ne parlent d’idées mais bien de vertus qui sont, selon Chesterton, une réalité profondément incarnée et passionnelle, « le heurt entre deux passions apparemment opposées ». Pas question, bien sûr, d’intenter à Éric Zemmour un procès en citations mal formulées. Disons simplement qu’il est le dernier exemple en date de la situation paradoxale de Chesterton en France. Inconnu, au mieux mal connu, mais souvent utilisé tant certaines de ses phrases font mouche.
Heureusement, Chesterton n’est pas un homme à se laisser faire. Il revient en force en ce début d’année, avec la publication de deux ouvrages. Le bruit court même que son héros de prêtre-détective, le Father Brown, pourrait lui aussi opérer un retour remarqué dans les rayons de nos librairies, malgré sa discrétion constitutionnelle. On parle même d’un recueil qui aiderait les journalistes trop pressés à faire des citations… exactes !
Pour l’heure, il convient assurément de se plonger dans Les Contes de l’Arbalète (1), paru aux éditions de l’Age d’homme et déjà présenté rapidement sur ce blogue (ici). Précédemment publié chez le même éditeur sous le titre Le Club des fous, ce roman profite d’une nouvelle et magnifique traduction de Gérard Joulié qui signe un avant-propos montrant sa parfaite connaissance de Chesterton et de son œuvre. Avec cet ouvrage, il nous est livré un véritable carquois de huit contes, qui s’imbriquent les uns dans les autres, pour faire flèche de tout bois. Cible visée ? Le monde moderne dans sa version mercantile et capitaliste, le vieux monde essoufflé à force d’être repu et engraissé, sans rêve parce que sans poésie.
 
Les désordres de la City
ebf923841826a3161112276b51c70bbf.jpg Les héros des Contes de l’arbalète ont décidé de relever chacun un défi parce que résonnent en eux les vieux échos du monde médiéval et qu’ils sont décidés à ne pas laisser régner trop longtemps le désordre établi de la City. Ils veulent remettre le monde à l’endroit parce qu’il ne tourne décidément pas rond. Qui sont-ils  ? Des êtres de chair et de sang, traversés de passions et d’idéaux, amoureux, excentriques et pourtant attachés à l’ordre vrai des choses. Petit signe qui trouvera un écho à notre époque où s’entremêlent politiquement et hygiéniquement corrects, l’un d’entre eux se croise pour défendre les cochons dont on veut interdire l’élevage et que Chesterton élève au rang de symbole de la civilisation.
Sous ses vrais airs de contes fantastiques, ce roman propose un véritable manifeste politique. Mais attention : cartésien, s’abstenir ! Que l’on n’attende  pas ici un exposé systématique des idées politiques chestertoniennes même si elles ne cessent pas de vivre et de s’incarner à travers ces contes. En tout point, Chesterton est un anti-Marx comme il est un anti-Adam Smith. Il n’en partage pas les idées, mais il ne recourt pas non plus à la même façon de s’exprimer. On le lui a d’ailleurs souvent reproché…
Quoi qu’il en soit, pour ceux qui savent lire, il défend ici la petite propriété et la nécessité de sa distribution sur une large échelle tout autant que la société rurale anti-industrielle traversée des idéaux médiévaux. Il pourfend la publicité et la confiscation du pouvoir par une clique oligarchique et ploutocratique. Sous le nom de Ligue de l’arbalète, il transpose dans un univers romanesque une partie de l’histoire de la Ligue distributiste fondée par ses soins et ceux de son alter ego, l’écrivain franco-britannique, Hilaire Belloc.
Les critiques, qui avaient tous des liens avec les puissants du jour, décidèrent que ce livre était un mauvais roman. Les lecteurs de Chesterton eurent un avis opposé. On a oublié les critiques, et grâce à Gérard Joulié et les éditions de l’Age d’homme, Les Contes de l’Arbalète sont à nouveau disponibles en langue française.
 
Contes métaphysico-policiers 
ec7da9159ef77aa2e0fd70fa2c4df73c.jpgNaguère publié chez Glénat, sous le titre La Tour de la trahison (mais devenu introuvable et recherché par les collectionneurs), un autre livre de Chesterton nous revient lui aussi avec un nouveau nom : Le Jardin enfumé (2). Il s’agit en fait du même ouvrage, l’éditeur ayant juste inversé l’ordre des contes et donné au recueil le titre du premier. On se hasarderait à la pire déconvenue si l’on tentait de donner un bref aperçu des trois contes de ce recueil. Mise à part la date de leur composition – 1919 et 1920 –, aucun point commun entre eux. Aucun, vraiment ? Si, bien sûr, le talent de l’auteur. Mais c’est un peu facile. Disons alors que ces histoires semblent nous mener nulle part et parviennent toujours à nous conduire là où nous ne pensions pas aller. Ajoutons enfin l’ambiance qui combine merveilleusement le fantastique et le récit policier. Pas de visée politique ici, mais de purs joyaux de la littérature, bousculant avec force les convenances d’un ordre trop bourgeois et mettant notre intelligence sans cesse en éveil. À l’évidence, un bon remède contre la grisaille du monde moderne.



1) 190 pages, 18€
2) Éditions L’Arbre vengeur, 162 pages, 11€


04.02.2008

Décision 6 : la suite

Très intéressante controverse entre Yves Daoudal, Jeanne Smits d'une part, et Lionel Devic d'autre part, au sujet du Rapport Attali et de ses conséquences pour la liberté de l'école catholique.

Pour y voir clair :

L'article de Lionel Devic est ;

Celui de Jeanne Smits est ici;

La réponse d'Yves Daoudal reprend l'affaire dans son ensemble : ici.  

 

 

 

 

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