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29/11/2007

Rendez-vous dimanche

Pour ceux qui résident en région parisienne, je serai présent, dimanche, à la vente de Renaissance Catholique (ici) à Villepreux, à partir de 14h00. Outre mes livres déjà parus, j’aurai le plaisir de dédicacer (et de découvrir en même temps que les lecteurs) mon dernier livre consacré à l’Irlande :

Pâques 1916 : renaissance de l'Irlande

8ac75cbe6f51658e6a5a614e335a8f04.jpgEn voici, la présentation par l'éditeur (voir également) :

  • Une présentation pédagogique sous forme de manuel illustré, accessible à tous
  • Un moment clef de l’histoire irlandaise revécue heure par heure aux côtés d’hommes et de femmes de caractère (Michaël Collins, Eamon De Valera, Patrick Pearse…)
  • Une Cause nationale défendue Évangile à la main

Nation catholique, l’Irlande a connu pendant plusieurs siècles une occupation étrangère et la soumission à une autre foi. En 1916, malgré l’échec apparent, est lancé le mouvement définitif de sa libération.

Lundi 24 avril 1916, le soleil illumine Dublin. Vers 10 h, les hommes des Irish volunteers et de l’Irish Citizen Army font leur jonction avant d’investir la Grande Poste, symbole du pouvoir britannique. À midi, le jeune poète Patrick Pearse déclare solennellement l’indépendance de l’Irlande : « Au nom de Dieu et des générations, l’Irlande appelle ses enfants à se rallier à son étendard et à frapper pour sa libération. »

La riposte anglaise est sanglante et pourtant, moins de six ans plus tard, tout bascule, le drapeau vert, blanc, orange flotte haut sur la Grande Poste.

Voici pour le comprendre le dictionnaire complet de cette insurrection dont Philippe Maxence, en fin connaisseur de l’âme gaélique, dresse le portrait humain, géographique, politique et littéraire, avec le souci des motivations de chaque camp. Une rétrospective alerte et colorée qui donne le goût des libertés qui s’enracinent.

Trois parties : L’histoire – Les dictionnaires – Les annexes.

 

 Mes autres livres disponibles : ici

 

Concernant la fête du livre de Renaissance catholique : 

 

Fête du Livre de Noël

dimanche 2 décembre 2007

de 11 h 30 à 18 h 30

à Grand'Maisons commune de Villepreux

20 km à l'ouest de Paris (10 km de Versailles).

Précisions utiles pour l'accès.

Par la route

* Depuis Paris : autoroute A13 en direction de Rouen, 2e sortie direction "Versailles Notre-Dame, St Germain-en-laye". Serrer à gauche direction "Versailles" ; repasser dessus l'autoroute. Après 500 m, prendre à droite direction "Noisy, Bailly, Saint-Nom la Bretèche". Après 6 km, prendre au carrefour à gauche (D98) direction "Villepreux", puis à gauche direction "Grand'Maisons".

* Depuis Versailles : à gauche du château, prendre D10, direction St-Cyr l'École.
Dans St-Cyr, à droite suivre la D11 direction Les Clayes-sous-Bois.
Après Fontenay-le-Fleury, prendre à droite la D12 vers Villepreux.
Parking privé (500 places) gratuit.

Par le train + service gratuit de cars

* RER C jusqu'à la gare Versailles-Rive-Gauche
* SNCF-Montparnasse jusqu'à Versailles-Chantiers. Puis se rendre à 100 m à gauche en sortant de la gare Versailles-Rive-Gauche, à l'angle de l¹avenue De Gaulle et de l'avenue de Sceaux
où un car Chambon-Gros (gratuit) est mis en place par RC.
Départ des cars : * de Versailles à 10 h - 13 h 15 - 14 h 45
Retour de Grand'Maisons (à Versailles) à 17 h 30 et 18 h 45

 

22/11/2007

Le Premier pouvoir

e4c914b1a52f8d66401a224dfb1a98d0.jpgL'une des meilleurs émissions, et des plus écoutées de France Culture, avec celle d'Alain  Finkielkraut, a été supprimée à l'été 2006. L'affaire n'est pas nouvelle et elle a occupé pendant les semaines suivantes les colonnes de la presse.

Le Premier pouvoir de la journaliste Élisabeth Lévy avait eu le malheur de déplaire. David Kessler, directeur de France Culture et ancien conseiller de Lionel Jospin, a donc décidé de ne pas l'inscrire dans la grille des programmes de la rentrée suivante. Dans sa dernière émission, intitulée Spécial dernière : inventaire avant liquidation, Élisabeth Lévy déclarait :
« Nous l’avions dit dès la première. Nous allions parler de corde dans la maison d’un pendu. Avons-nous trop tiré sur cette corde ? En tout cas, le Premier Pouvoir ne reprendra pas à la rentrée. Vous avez été nombreux à vous en indigner. Soyez-en remerciés. Penser la société des médias – titre emprunté à la revue Le Débat-, ce programme ambitieux a été le nôtre pendant deux années. Les médias détiennent un pouvoir croissant, parfois exorbitant, nous l’avons souvent dit ici. Il serait fâcheux que celui-ci s’exerce sans contre-pouvoir. Alors que les citoyens accordent de moins en moins de crédit à ceux qui ont pour mission de les informer, nombre d’acteurs du système médiatique ont compris qu’ils avaient tout intérêt à se soumettre à une critique libre et pluraliste. »
Dans un livre paru cette année (mais dans un autre monde, celui d'avant les élections. Comme le temps passe et c'est l'un des problèmes majeurs posés à la presse aujourd'hui : se laisser dévorer par Chronos au point de ne plus avoir le recul nécessaire, la distance pour appréhender un événement), Élisabeth Lévy revient sur cette affaire. Elle tente de l'analyser parce qu'au-delà de cette mésaventure, difficile à vivre au plan humain et professionnel, elle estime que la suppression de cette émission révèle beaucoup de la réalité des médias aujourd'hui.
Longtemps présenté comme un contre-pouvoir moderne, un facteur essentiel de l'édification de la démocratie, le monde médiatique a subi une mutation que la journaliste résume ainsi : « la plupart des gens pressentent que les journalistes ont cessé d'être un contre-pouvoir pour s'intégrer au système du pouvoir ». Certes, ce ressenti n'est pas tout à fait exact, et Élisabeth Lévy est à la fois trop bonne journaliste et connaît trop bien son monde, pour réduire le monde médiatique et son évolution à une simple fascination/complicité avec le pouvoir. Il faudrait d'ailleurs définir plus clairement la nature de celui-ci. Politique ? Financier ? Idéologique ?
Sans entrer dans ces détails, l'intérêt du retour sur un épisode douloureux opéré par la journaliste est finalement d'expliquer qu'il n'y a même pas besoin de l'appel à la théorie du complot ou à la pression exercée sur la hiérarchie pour comprendre la disparition d'une émission comme Le Premier pouvoir. Il était, en fait, impossible et impensable qu'un média consacre une émission à décortiquer les travers, les égarements, les fautes, du monde médiatique. Ouvrir cette lucarne, offrir cette possibilité, lever un coin de ce voile, consistait finalement à découdre semaine après semaine (dans le cas d'une émission hebdomadaire comme Le Premier pouvoir) les fils de la tunique. Renvoyer, par un jeu de miroir, son image à soi-même revenait trop à destabiliser volontairement le système qui aujourd'hui repose sur un fragile équilibre, difficile à cerner et donc à décrire, mais dans lequel, assurément, le monde médiatique occupe une place.
Pourtant l'expérience avait été tentée. Et, avec une journaliste dont la réputation de grande gueule et de chercheuse d'ennuis, n'est plus à démontrer. On peut se demander pourquoi ? Une des hypothèses pourrait être que, finalement, le système a besoin de générer en son sein sa propre contestation pour conserver le masque de la vertu démocratique. Une Élisabeth Lévy ou un Éric Zemmour par exemple (il y en a d'autres).
L'explication n'est pas tout à fait convaincante, non plus. Elle repose sur une volonté a priori, une décision arrêtée de plus ou moins longue date. Dans quelle mesure, en effet, un système se pense-t-il ? Certes, il génère, au long d'un processus historique, certains effets. Dont éventuellement celui de laisser naître ses propres critiques. Mais si c'est bien le cas, pourquoi alors avoir supprimé l'émission Le Premier pouvoir qui semblait si bien remplir ce rôle ?
b383c9402a4dd1d88be039d0f2ba66b8.jpg La réponse est peut-être ailleurs. Elle est suggérée par la journaliste quand elle écrit : « le 'pouvoir' médiatique est un pouvoir sans visage. Et, c'est une première dans l'histoire de l'humanité, ce pouvoir à vocation planétaire, s'exerce non pas par la coercition, mais par la séduction. Nous sommes tous les acteurs consentants d'un étrange Truman show. Sauf qu'il n'y a personne derrière la caméra. Big brother is watching you – rien de nouveau. Sauf que, comme disait Flaubert, Big brother c'est moi ». La remarque est importante. S'il y a un système politico-médiatico-idéologique, il n'est peut-être plus adéquat de le distinguer du reste de la société. Il y a eu une sorte de fusion, à force d'influence et d'imprégnation lente. La distinction chère aux maurrassiens – le pays réel et le pays légal; le pays réel contre le pays légal – est facteur d'espérance, mais rend-t-elle compte de la réalité à l'heure des émissions de téléréalité ? Pour une minorité, certainement. Mais peut-on réduire le pays réel à cette minorité ? Rien n'est moins sûr. Si tous ceux qui dénonçaient les méfaits de la télévision, le mauvais travail des journalistes (pas un dîner sans entendre parler de ces « journaleux » qui manipulent, disent n'importe quoi, sont vendus, etc.), se plaignent en un mot de la presse en général, éteignaient leur poste de télévision, la nuit paradoxalement se verraient mieux. Le noir du soir retrouverait de sa consistance sans la petite lucarne lumineuse qui brille dans tous les foyers. Pourtant, personne n'a perçu cette révolte du pays réel. Ce dernier continue de lire la presse qu'il dénonce ou de regarder la télévision qui l'insupporte. Cette révolution silencieuse et pacifique n'a jamais vu le jour. Elle semble même impossible. On ne vit pas en dehors du monde. On ne s'exclut pas de la réalité. Nous estimons tous que ce que nous renvoie le monde médiatique est la réalité. Le pays réel a fusionné avec le pays légal. Il n'y a pas eu de noces. Un simple concubinage, qui n'aura pas de Pacs. Pas besoin, plus personne n'y fait plus attention. Élisabeth Lévy le dit autrement : « il est difficile de se départir de la conviction que l'on pourrait rendre les médias plus vertueux, les remettre dans le droit chemin. Nous ne voyons pas qu'ils sont le droit chemin ».
c9e80016131a7a5c9aff700718d35949.jpeg Si Le Premier pouvoir, inventaire après liquidation (éditions Climats) est un retour sur l'épisode douloureux de la fin de cette émission, c'est aussi, on le voit, une réflexion sur la place des médias dans notre monde, sur leur fonctionnement et sur le sens de notre société. La première partie de l'ouvrage est consacrée à cet effort d'interprétation, sous le titre, Sixième étage, porte A. La seconde est un florilège des « conducteurs » d'émission et un reflet des thèmes abordés par la journaliste et son équipe. Élisabeth Lévy s'interroge malgré tout : « Sur un terrain aussi miné que les médias, l'autocensure peut vite devenir un réflexe (Louis Veuillot disait la même chose au XIXe siècle, ndPM). Je me suis souvent demandé comment j'aurais évoqué à France Culture un scandale mettant en cause l'un de mes employeurs si le cas s'était présenté ». On ne lui a pas laissé la possibilité de donner une réponse concrète à cette question. L'émission a été supprimée.

21/11/2007

Le Salon Beige fait des émules ou presque

5b807cc72aa609368bbf56536d01c9a7.jpgEn effet, un autre site se présente comme un salon de discussion. Une équipe réunie par la journaliste Élisabeth Lévy (ex-présentatrice du Premier pouvoir sur France Culture, pigiste dans différents magasines) vient de lancer le site causeur.fr
Je reviendrai prochainement sur le livre d'Élisabeth Lévy concernant son éviction de France culture. En attendant voici la présentation de ce nouveau salon : 
"Tenez-vous bien. Vous êtes dans un salon. Les invités ont le droit d’être ironiques, polémiques, mordants, de mauvaise foi et même parfois, à l’extrême rigueur, un peu barbants. On ne leur en voudra pas de placer à l’occasion un pétard sous les sièges. En revanche, il est vivement déconseillé d’être vulgaire, convenu, pontifiant et, par-dessus tout, dépourvu d’humour.
Entrez, puisque vous êtes – je ne sais trop comment – arrivés jusqu’ici. N’ayez pas peur : Causeur n’est ni citoyen, ni participatif, ni démocratique. Nous ne nous ébaubirons pas devant vos commentaires – à moins qu’ils soient vraiment pertinents. Et ne seront publiés comme auteurs que ceux que nous jugerons à la hauteur (pour les commentaires, nous ferons une entorse à nos principes aristocratiques en les acceptant tous). Car autant l’avouer : nous ne croyons pas à l’égalité de tous devant les idées."
La suite ici

Outre Élisabeth Lévy en personne, on y retrouve les signatures de Basil de Koch, Alain Finkielkraut, Paul Thibaud, Marc Cohen, Gil Mihaely, Trudi Kohl, François Miclo. 

On aimera ou… pas. Pas tout… ou presque rien. En tous les cas, un salon que l'on peut visiter de temps à temps.

Notons au passage deux entretiens intéressants d'Élisabeth Lévy. Le premier avec le philosophe Peter Sloterdijk à propos de son dernier livre : Colère et temps, traduit de l’Allemand par Olivier Mannoni, Libella-Maren Sell. On notera cette question, très révélatrice, de la journaliste :
"On n’est pas condamnés à choisir entre le christianisme et le fascisme. Il doit bien exister des utilisations raisonnables de la colère accumulée".

"Condamné" n'est peut-être pas le mot. Mais la réponse, en revanche, semble bien se trouver du côté du christianisme.

Autre entretien intéressant, toujours mené par Élisabeth Lévy : avec Jean-Claude Michéa. sur la servitude libérale. 

Bonne découverte.