Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

17/11/2007

Neo-conned (III)

Dans les textes déjà consacrés à la présentation des livres Neo-conned et Neo-conned again ! (ici et ), j'établissais une comparaison rapide entre le comportement des "Theo-con" à propos de Centesimus annus et leur attitude au sujet de la seconde guerre en Irak. Je m'attarde maintenant au cas du révérend père Neuhaus, certainement la figure la plus emblématique de ce courant et la plus représentative.

 

6f0e1db9e0b8293d90a2a7f7af4367f9.jpgNé le 21 juin 1936 au Canada, au sein d'une famille luthérienne (son père était pasteur), Richard J. Neuhaus devient lui-même pasteur dans les années soixante. Il s'installe aux États-Unis (il se fera naturalisé américain) et s'occupe alors d'une communauté pauvre à Brooklyn. En 1984, il crée le Center for Religion and Society au sein du Rockford Institute. Il est finalement expulsé de ce dernier en 1989. Il a déclaré plus tard s'être senti de plus en plus mal à l'aise avec le ton « raciste et antisémite » de Chronicles, publiés par le Rockford Institute. Finalement, il n'a pas l'occasion de démissionner : il est tout simplement renvoyé.

En 1990, il fonde donc First Things, publié par l'Institute on Religion and Public Life, revue œcuménique qui vise à influencer religieusement l'organisation de la société américaine. Le 8 septembre 1990, il se convertit au catholicisme et il est ordonné prêtre, un an plus tard, par le cardinal John O'Connor, archevêque de New York. Opposé à l'avortement, aux recherches bio-éthiques, au clonage, défenseur du mariage et de la morale traditionnels, le père Neuhaus serait un des conseillers officieux sur ces questions du Président américain. Par ailleurs, il est Président de l'Institute on Religion and Public Life, membre du staff de direction de l'Institute on Religion and Democracy, membre de la Foundation for Community and Faith-Centered Enterprise, rédacteur en chef de First Things, chroniqueur religieux de la National Review et membre du Becket Fund Advisory Board. En 2005, Time Magazine l'a nommé parmi les 25 plus influents évangélisateurs de l'Amérique contemporaine.
Quelle est la position du père Richard J. Neuhaus sur la guerre en Irak ? Opposé naguère à la guerre au Vietnam, pacifiste actif, le père Neuhaus est devenu le théologien de la guerre juste en Irak. Après les attentats du 11 septembre, il déclare dans le National Catholic Register que l'Occident (actuel) doit s'identifier de manière plus claire à la chrétienté, comme d'ailleurs le font les adversaires musulmans. Pour le père Neuhaus, la guerre est donc à mener au nom de l'Occident chrétien ou de la chrétienté contre l'ennemi islamique. Tel un nouveau saint Bernard, il prêche une nouvelle croisade. Dans l'Homme nouveau, Thomas Storck répondra à cette confusion qui assimile l'Occident moderne à la chrétienté.
Homme intelligent, Neuhaus est aussi un homme de convictions, qui n'hésite pas à les assener avec aplomb. Se présentant comme théologien et moraliste, il déclare que « la guerre juste, destinée à établir la paix juste, est le chemin obligatoire de la charité. » La guerre en Irak est ainsi justifiée puisqu'il s'agit d'établir, selon ses auteurs, une paix juste.
Seulement, la bonté morale du but poursuivi ne suffit pas pour justifier une guerre. Le Catéchisme de l'Église catholique (CEC) rappelle succintement les conditions à remplir en vue d'une guerre juste :
« Il faut considérer avec rigueur les strictes conditions d’une légitime défense par la force militaire. La gravité d’une telle décision la soumet à des conditions rigoureuses de légitimité morale. Il faut à la fois :
– Que le dommage infligé par l’agresseur à la nation ou à la communauté des nations soit durable, grave et certain.
– Que tous les autres moyens d’y mettre fin se soient révélés impraticables ou inefficaces.
– Que soient réunies les conditions sérieuses de succès.
Que l’emploi des armes n’entraîne pas des maux et des désordres plus graves que le mal à éliminer. La puissance des moyens modernes de destruction pèse très lourdement dans l’appréciation de cette condition. Ce sont les éléments traditionnels énumérés dans la doctrine dite de la " guerre juste ". L’appréciation de ces conditions de légitimité morale appartient au jugement prudentiel de ceux qui ont la charge du bien commun. »
(n.2309).

 

A suivre… 

Les commentaires sont fermés.