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09/11/2007

A propos de Jean Vanier


217c565c263691b2bf473624ebe3251b.jpegDenis Sureau (ici) ayant évoqué l'influence exercée par Jean Vanier, fondateur de l'Arche, sur William Cavanaugh, notamment dans sa perception de la communauté comme cellule de vie, une bataille de commentaires a été engagée. Celle-ci semble surtout reposer sur une confusion – voulue ou non ? – entre l'Arche de Jean Vanier et l'Arche de Zoé qui fait tristement la Une de nos journaux. Il m'a semblé intéressant de publier ci-dessous la note biographie de Jean Vanier, que l'on peut trouver sur le site de l'Arche (ici), afin que d'éventuelles discussions reposent sur des informations plus justes.
c3e89ffd2784064b56bf19fae1924736.jpeg La thèse de philosophie de Jean Vanier a porté sur la morale d'Aristote. Il en a donné une adaptation pour le grand public dans un livre publié en 2000, aux Presses de la Renaissance, sous le titre : Le goût du bonheur, au fondement de la morale avec Aristote. Une perception moderne de la morale la réduit aux règles de conduite individuelle ou à l'expression d'un système de valeurs. Jean Vanier montre qu'il n'en est rien, notamment quand il explique le lien chez Aristote, entre ce que nous appelons la morale (individuelle) et la politique. Voici l'explication (grand public) de Jean Vanier, extrait de son livre, Le goût du bonheur :
« À première vue, l'éthique d'Aristote apparaît très individualiste. Elle se fonde sur le désir de chacun d'être heureux, et celui-ci se réalise dans une recherche qui pour un petit nombre aboutit à l'émerveillement de la contemplation. C'est se méprendre sur Aristote que d'en rester à ce niveau. Dès le début de L'Éthique, il dit que cette science est subordonnée à la science politique. Car il est plus noble d'agir pour qu'un grand nombre atteigne le bonheur que d'agir seulement pour soi-même. Il y a une relation subtile entre ces deux sciences. Si l'éthique est orientée vers la politique, celle-ci est orientée vers l'éthique. Elle doit s'efforcer de créer des lois, avoir une constitution et des institutions qui encouragent chaque citoyen à faire de bons choix pour devenir autant que possible des hommes parfaitement accomplis » (pp.232-233).
Pour en revenir aux liens entre William Cavanaugh et Jean Vanier, on peut penser que l'expérience de l'Arche, communauté de vie avec les personnes atteintes d'un handicap, le livre Communauté, lieu du pardon et de la fête (Fleurus/Bellarmin) ainsi que cette réflexion sur la morale d'Aristote, ont joué un rôle sur la pensée de l'auteur d'Etre consommé (éditions de l'Homme Nouveau, voir ici).


Notice sur Jean Vanier, Fondateur de L’Arche
Jean Vanier est né le 10 septembre 1928 à Genève, en Suisse, où son père, le Général Georges Vanier, effectue une mission diplomatique. Jean Vanier effectuera la plus grande partie de sa scolarité en Angleterre où il vit avec sa famille jusqu'aux débuts de la guerre 40-45, moment où ses parents le rapatrient au Canada avec ses quatre frères et sa sœur.

Deux ans plus tard, le jeune Jean décide d'entrer au Collège de la Marine Royale en Angleterre. Trop jeune pour devenir soldat, il assiste sa mère à la Croix Rouge de Paris et aide les personnes revenant des camps de concentration. En 1945, Jean devient officier et entame sa carrière dans la Marine Royale Britannique.

Malgré la carrière prometteuse qui s'offre à lui dans la Marine, Jean Vanier s'investit de plus en plus dans la prière et dans ses réflexions sur l'appel de Dieu. En 1950, il démissionne de l'armée pour étudier la philosophie et la théologie à l'Institut Catholique de Paris. C'est là qu'il rencontre le Père Thomas Philippe, professeur et prêtre dominicain qui deviendra son père spirituel et ami.

En 1963, après avoir publié sa thèse sur Aristote, il retourne au Canada pour enseigner à l'université de Toronto. Il prend à nouveau une décision allant à l’encontre d’une carrière prometteuse et quitte son travail pour rejoindre le Père Thomas devenu aumônier au «Val Fleuri» à Trosly-Breuil, une institution pour hommes ayant des déficiences intellectuelles. En 1964, Jean décide de s'installer à Trosly pour vivre avec des personnes ayant une déficience intellectuelle et achète une petite maison pour les accueillir, un lieu qu’il baptise «L'Arche» en référence à l'arche de Noé.

Très impliqué dans la croissance rapide de L'Arche à Trosly, Jean commence aussi à donner des conférences et des retraites à travers le monde. En 1968, après une retraite donnée à Ontario, il fonde Foi et Partage, des communautés créées pour se réunir et prier en groupe une fois par mois. Trois ans plus tard, lors d'un pèlerinage à Lourdes qui réunit 12.000 personnes, comprenant des personnes ayant une déficience intellectuelle, leurs amis et leurs parents, Jean Vanier crée Foi et Lumière. Ce mouvement proche de L'Arche réunit, au moins une fois par mois, des groupes de 15 à 40 personnes (enfants, adolescents ou adultes ayant une déficience intellectuelle, leur famille, des amis) pour une rencontre d'amitié, de partage, de prière et de fête. Jean Vanier est aussi le fondateur de Intercordia qui encourage des étudiants universitaires à vivre une expérience inter-culturelle parmi les personnes pauvres et marginalisées dans les pays en voie de développement.

Jean Vanier a reçu de nombreuses récompenses dont la «Légion d'Honneur» française, le «Companion de l'Ordre du Canada», le Prix «Rabbi Gunther Plaut Humanitarian» 2001 et le prix de l’Union Théologique Catholique de Chicago «Blessed are the peace makers» en 2006.

Jusqu’à aujourd’hui, Jean Vanier, continue à donner ses conférences et à mener des retraites autour du monde. Sa conférence de carême donnée à Notre-Dame de Paris en 2006 ou son intervention aux JMJ de 2005 n'en sont que des exemples. En 2006, il a voyagé en Afrique, Indonésie, et Etats-Unis mais il reste très proche de sa première communauté à Trosly où il habite encore aujourd’hui. Jean continue à écrire et ses livres ont été traduits dans 29 langues.
 
 
4f523638bcf6107017a140f600b6442a.jpegLa version de poche de ce livre, disponbile auprès de la librairiecatholique.com () et le petit commentaire de présentation paru dans L'Homme Nouveau sous la signature de Stéphen Vallet :
" Sous ce titre éclairant, Jean Vanier, fondateur de l’Arche, fort de son expérience auprès des personnes handicapées et de sa formation philosophique, explore la morale aristotélicienne. Grande nouvelle: le bonheur est une idée aussi ancienne que l’homme lui-même et Aristote en fait le fondement même de son éthique. Destiné à un grand public, très accessible, ce petit traité, qui ne cache pas les limites historiques d’Aristote, non seulement explique et explicite mais donne vraiment goût au bonheur. Une vraie réussite. Un petit format pour un grand livre."
 
 

Commentaires

Comme l'indique la notice "Wikipedia", l'Arche de Jean Vanier n'est pas reconnue canoniquement par l'Eglise. Gare aux confusions. La Charte de cet organisme s'appuie sur une référence de nature syncrétiste à Dieu : un Dieu indifférencié qui n'est pas celui de Jésus Christ. Lex orandi lex credendi. Et les practicandi.
Quant à la référence à Aristote, un ouvrage récent : "Aristote ou le vampire du théâtre occidental" (Florence Dupont) vient de soulever une question très importante sur l'influence néfaste que celui-ci a eue sur la théâtre. (http://www.lemonde.fr/cgi-bin/ACHATS/acheter.cgi?offre=ARCHIVES&type_item=ART_ARCH_30J&objet_id=1009374)
Mais, un chrétien peut très bien élargir la réflexion. Contrairement à ce que désirerait l'erreur thomiste, le Dieu d'Aristote ausquel on peut "s'élever" par la réflexion est l'anti-thèse du Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, qui s'abaisse vers l'homme et même se met à ses genoux.
Au demeurant, le Seigneur a dit : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l'as révélé aux tout petits." Combien de fois les Sorbonnicoles se sont trompés ? Déjà, ils ont condamné Jeanne d'Arc. Ils la détestait, eux qui voulaient "s'entendre avec l'Anglais". ëtre un docteur ne prémunit pas contre les erreurs. En général, le Seigneur les a plutôt dénoncé les docteurs de la Loi.

Il existe d'autrre part dans les ouvrages de Jean Vanier des erreurs factuelles sur le Seigneur: par exemple, selon Jean Vanier, le Seigneur fut accusé d'être "un menteur" et cela serait une cause de sa condamnation. On ne trouve ceci nulle part dans les Evangiles. Au contraire, si le motif de la condamnation est le blasphème ("il s'est fait fils de Dieu"), saint Luc précise que "c'est par jalousie qu'ils L'ont livré".

"Arnaque à la charité" a écrit Lecteur. Si celle-ci se fait sur le dos des assistants qu'on exploite ou ceux qui dénoncent le gourouisme, où est la logique chrétienne ?

"Malheur à vous si tout le monde dit du bien de vous, c'est ainsi que leurs pères traitaient les faux prophètes".


Ce site ne peut pas à la fois souscrire aux thèses de Cavanaugh démontant subtilement la logique in fine totalitaire de l'Etat-nation (Eucharistie et mondialisation) et ne pas voir les incohérences d'un organisme financé par l'Etat, fonctionnant non sur le principe de l'appartenance à l'ekklesia , mais de la constitution de petites communautés de style new age où toutes les religions sont mises sur un pied d'égalité.

Il y aurait beaucoup à dire sur ce sujet, même si le besoin de se raccrocher à des "sauveurs" du milieu "catho" l'empêche de regarder les réalités en face. "Il ne faut pas déséspérer l'ouest parisien" ?

Le mythe d'une Eglise des pauvres, des petits a dans l'Histoire été le fait de "charlatans" "se trompant et trompant les autres" (Saint Paul à Thimothée). Cf. l'ermite Pierre le Picard, par exemple.

Même saint François d'Assise a voulu être reconnu par l'Eglise. Et ne s'est pas contenté d'un vague humanisme compassionel, mis en cause, à juste titre par Benoît XVI dans "DEUS EST CARITAS". La charité n'est pas le philantropisme, comme les anglo-saxons sous influence protestante le voudraient.

Écrit par : velux | 09/11/2007

et d'après vous cher velux, qu'est-ce-que la charité ?

Écrit par : bénédicte | 09/11/2007

Jean Vanier fait des conférences de par le monde. La belle affaire ! "Pharisiens hypocrites, vous courez le monde pour faire un prosélyte. Et quand vous en avez trouvé un vous le rendez deux fois passible de la géhenne".
Quant à sa conférendce de carême à la cathédrale de Paris - bel aveuglement du clergé parisien - : elle se résume à la morale gnangnan du Petit Prince. Saint Exupéry n'est pas le Seigneur Et le "petit prince", cette fable pour midinette, pas l'Evangile : il y a une différence : la Croix.
Le Christ l'a soufferte. Saint Exupéry l'a fait souffrire à son épouse. Je préfère "le témoin fidèle, l'Amen véritable".

Écrit par : Lecteur | 10/11/2007

A Velux : vous écrivez que "l'Arche de Jean Vanier n'est pas reconnue canoniquement par l'Eglise. Gare aux confusions." Et alors ? Est-ce que Radical Orthodoxy est reconnue par l'Eglise ? Est-ce que ce blog est reconnu par l'Eglise ? Est-ce que votre commentaire est reconnu par l'Eglise ?
Saint François créait un ordre religieux, rien de plus normal qu'il ait voulu que l'Eglise le reconnût. Ce n'est pas le cas de l'Arche, que je sache. Gandhi, c'était un salaud aussi, parce que "pas reconnu" par l'Eglise ?
Vous n'êtes, vous et "Lecteur", que les Saducéens de ces ces Pharisiens.

Écrit par : Relecteur | 12/11/2007

Ce site ne se prétend pas inspiré par Dieu. Ni Gandhi.
.
Quant à moi, je me soumet à l'Eglise sur tout.

"Qui n'a pas l'Eglise pour mère, ne saurait avoir Dieu pour Père".

Écrit par : Lecteur | 12/11/2007

Il est quand même terrifiant que, grâce aux merveilles de la technique, d'obscurs lecteurs ne connaissant du monde que ce qu'ils voient depuis leur velux, puisssent se permettre de ridiculiser Jean Vanier.

Relisons ce qu'écrit ce "Velux", donc : "Quant à la référence à Aristote, un ouvrage récent : "Aristote ou le vampire du théâtre occidental" (Florence Dupont) vient de soulever une question très importante sur l'influence néfaste que celui-ci a eue sur la théâtre."

Vraiment, quel rapport avec la choucroute ? Parce que Vanier a fait une thèse sur Aristote et qu'un article du Monde dit que celui-ci a été très méchant avec le théâtre, il faudrait condamner Vanier ? Rappelons que notre Sainte Mère l'Eglise, que vous citez à tout bout de champ, et à l'envers, est accusée sans cesse par les mêmes d'avoir persécuté les comédiens en les excommuniant au XVIIème siècle.

"Contrairement à ce que désirerait l'erreur thomiste, le Dieu d'Aristote ausquel on peut "s'élever" par la réflexion est l'anti-thèse du Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, qui s'abaisse vers l'homme et même se met à ses genoux."

Il me semblait que l'Eglise considérait saint Thomas comme le docteur commun. Mais j'ai dû me tromper.

"Combien de fois les Sorbonnicoles se sont trompés ?"

Ils se sont tellement trompés ces sorbonicoles qu'ils ont condamné, avec vous, saint Thomas en 1277.

Que les incultes cessent donc de salir Jean Vanier et aillent relire leur théologie, leur philosophie et leur droit canon.

Écrit par : Relecteur | 12/11/2007

Comme la compagnie des médiocres a dû faire souffrir le Seigneur.
Probablement, c'est elle qui lui a inspiré des paroles comme "Vous n'avez toujours pas compris". "Que vos intelligences sont longues à comprendre" Ou "Que vos yeux sont longs à voir".
"De peur que leurs yeux ne s'ouvrent et que je ne les guérisse".

Écrit par : Velux | 13/11/2007

C'est quand même intriguant toutes ces personnes qui se suicident ou qui sortent détruites de chez Jean Vanier à Trosly-Breuil.

Ca fait penser à ces suicides chez Renault que la "justice républicaine" a requalifié en "accident dui travail

Écrit par : chemin faisant | 17/11/2007

Et comme cette organisation n'est pas fondée sur le Christ, il lui faut des boucs émissaires chargé régulièrement de tous les péchés du groupe : ce sont les animaux malades de la peste qui diabolisent les pauvres ânes - quand ils sont encore en vie - qui n'en peuvent mais, eux qui furent les seuls honnêtes.
Rien de chrétien du tout dans tout cela, mais une grosse arnaque à la charité. Et les gogos cathos (à bien différencier des catholiques) s'y font prendre jusqu'à ce que ce soit leur enfant qui sera détruit par cette secte.
Il y en a déjà eu tellement.
Comme le vice est intrinsèque, la seule solution serait de rentrer dans le giron de l'Eglise. Mais pour cela, il faudrait commencer par apurer le passé, reconnaître les erreurs, faire des excuses. Et enfin se vouloir explicitement fondé sur le Christ, rendre obligatoire la vie sacramentelle, ce qui impliquerait de rompre avec l'angélisme ("pauvres petits handicapés", pauvres "blessés de la vie" : il n'y a probabalement pas d'idéologie plus malsaine et plus dangereuse du point de vue de la foi, qui ait été développée avec ampleur dans l'époque actuelle, que cette psychologisation de la foi, à la sauce Vanier, dans la veine des sectes anglo-saxonnes protestantes, car qui veut faire l'ange fait la bête, comme chacun sait.
Cette fausse pitié est dangeureuse. Elle est une contrefaçon perverse de la compassion, pour reprendre une formule de lSaint Augustin.

Écrit par : Léon | 07/12/2007

Du directeur d'une association catholique : "Je connais l'arche (...)... tout a changé car cette communauté a été récupére par la DDASS, donc laicisé à outrance. La vocation initiale était magnifique, le démon a gagné une bataille sur ce coup là ! "

Écrit par : Léon | 20/12/2007

ce que vous dites m'interpelle, car j'ai travaillé à l'arche en tant qu'intervenante extérieure . j'ai été surprise des partis prix très maladroits de l'équipe de bénévoles qui encadraient les gens que je venais distraire une fois par semaine , leurs réflexions me paraissaient destructives . ces encadrants ne semblaient pas avoir reçu la moindre formation et considéraient davantage les personnes handicapées dont ils avaient la charge comme des enfants ne devant jamais grandir que comme des personnes avec une dignité . Ils leur étaient tellement fréquent de faire des commentaires désobligeant quand les handicapés étaient sur scène à mon atelier, que j'ai décidé de mettre un drap entre eux ..et faire ainsi du théâtre d'ombre .par la suite, cette équipe m'a violemment attaquée par de fausses accusations . ils ont vraiment été odieux .

Écrit par : bénédicte | 03/02/2008

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