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10/11/2007

Hilaire Belloc, distributisme et propriété privée (IV)

Après avoir rappelé le rôle fondamental de la famille au plan économique ainsi que la nécessité de l'échange et de l'État, Hilaire Belloc, dans le premier chapitre de son essai, propose une première définition large de la propriété privée.



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Première définition de la propriété
Mais la propriété dans tout cela ? Belloc lui apporte une définition au sens large du terme qui pourra surprendre au premier abord. Il écrit, en effet, que « la propriété est le nom donné au contrôle des moyens de production ». Quand ce contrôle est exercé solidairement par des unités individuelles, nous parlons de « propriété privé ». Quand un grand nombre de familles possèdent la propriété privée, en quantité suffisante, nous pouvons parler de propriété largement distribuée. Pour Belloc donc, la « propriété largement distribuée comme condition de la liberté est nécessaire pour la satisfaction normale de la nature humaine ».
On touche là au sens du mot distributiste qui, en français du moins, entraîne d'autres interprétations, d'autres compréhensions. Au sens de Chesterton et de Belloc, au sens du courant distributiste catholique anglo-saxon en général, il s'agit bien d'une distribution de la propriété privée ou plus exactement de la possession et du contrôle par le plus grand nombre possible de familles – unité sociale et économique de base – de la propriété.

Première différence avec le capitalisme libéral
Quelle est, alors, la différence avec ce que nous entendons habituellement par capitalisme, principalement dans sa version libérale ? Un capitalisme qui défend lui aussi la propriété privée et la vigueur de l'initiative personnelle ! Tout l'essai de Belloc tente de montrer la différence entre le distributisme et le capitalisme. Disons pour l'instant que cette différence porte sur les éléments suivants :

– Le distributisme s'insère dans une vision chrétienne et morale de la société et de l'économie qui fait que l'un et l'autre sont considérées comme devant permettre une vie suffisamment décente qui elle-même donne la possibilité aux hommes de poursuivre leur fin qui est Dieu, à travers une vie vertueuse, une vie morale. Le capitalisme libéral sépare radicalement la finalité de la vie humaine des moyens mis à la disposition de l'homme. Dans le meilleur des cas, il reconnaît seulement que l'économie ne doit pas se faire au détriment des hommes et il estime que la liberté est le garant de ce respect de l'homme.
– Le distributisme considère que la famille est la première unité sociale et économique et que l'organisation sociale et économique doit traduire cette priorité. En sens inverse, le capitalisme moderne et industriel ne considère que l'individu, déconnecté de ses responsabilités sociales.
– Le distributisme considère que la propriété privée doit appartenir, sous une forme ou une autre, au plus grand nombre possible de familles, à toutes les familles. Le capitalisme libéral estime que cette propriété sera le fruit d'une régulation naturelle due à l'échange, au marché. Autrement dit, il postule sans le dire le droit du plus fort.
– Le distributisme estime que l'Etat a un rôle à jouer pour favoriser les conditions de la liberté économique. Ce rôle est précis et limité. Nous y reviendrons.

Le rapport à la liberté
Belloc n'hésite pas à écrire qu'il considère le capitalisme industriel comme une maladie, contraire à la pleine santé morale de la famille. Cette maladie vient du fait que les moyens de production sont la propriété d'un petit nombre. Or la propriété privée des moyens de production est un signe concret de la liberté. Donc la liberté n'est plus la marque du grand nombre.
Il apporte également quelques distinctions de vocabulaire.
a) Le capitalisme ne signifie pas une société dans laquelle le capital est accumulé, protégé et investi en partie dans la production de nouvelles richesses. N'importe quelle société, même communiste, possède normalement cette caractéristique.
b) Le capitalisme ne signifie pas non plus une société dans laquelle les citoyens possèdent le capital.

Selon Belloc, le capitalisme est une société dans laquelle une minorité contrôle les moyens de production.
 
À suivre… 

Commentaires

Chic, encore un "isme" !

Écrit par : dfdfd | 10/11/2007

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