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04/10/2007

Penty : un distributiste différent

 
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Alors que la doctrine sociale de l’Église peine à se répandre en France, elle connaît aujourd’hui un véritable regain aux… États-Unis. Les éditions IHS Press se sont ainsi spécialisées dans la réédition des ouvrages fondamentaux du courant distributiste, incarnation anglo-saxonne de l’enseignement de l’Église sur le plan social et politique. Ce courant qui connaît actuellement un véritable renouveau a été naguère illustré par des personnalités comme Chesterton, Belloc ou le père Vincent MacNabb.
Autre grand nom parmi eux : Arthur J.Penty. Né en 1875, décédé en 1937, Arthur Penty illustre, par ses écrits, combien le courant distributiste a pu être visionnaire en plusieurs domaines : économiques, social, environnemental, etc. La raison ? Arthur Penty l’explique à plusieurs reprises dans ces livres : c’est en s’inspirant des réussites du passé que l’on peut parvenir à rétablir une véritable société humaine. À ceux qui useront de l’argument facile qui consiste à dire que l’on ne retourne pas en arrière, Penty prend soin de répondre en deux temps. D’abord en affirmant qu’il ne s’agit pas de retourner vers une société rêvée – sa critique de l’échec des Guildes anglaises le montre à sa façon. Ensuite, que pour un malade, le retour s’effectue toujours vers la santé. Sinon, il s’agit d’avancer vers la mort. On l’aura compris, la philosophie de Penty est anti-progressiste.
Le sous-titre que les éditions IHS ont donné à The Gauntlet recueil de textes d’Arthur Penty le dit assez : A challenge to the myth of progress. À défaut de pouvoir découvrir pour l’instant les œuvres intégrales de Penty, cette anthologie permet d’aller à l’essentiel de cette pensée dont le discours rompt avec les habituelles récupérations libérales ou socialistes de la doctrine sociale de l’Église. Six textes de Penty sont ainsi disponibles, extraits de ses ouvrages : Towards a Christian sociology ; Means ands Ends ; Olds worlds for new  et Post-industrialism. Outre la critique du mythe du progrès et de la nécessité de considérer l’économie, non pas seulement comme une technique neutre mais comme une science morale, Penty développe deux thèmes principaux : la place de la monnaie et le système des Guildes. Il estime ainsi que l’apparition de la monnaie a bouleversé l’ordre social et qu’il y a une nécessité absolue à soumettre les prix à la justice. De là découle selon lui le recours aux Guildes, c’est-à-dire aux corporations, chargées de réguler l’activité professionnelle, notamment par la fixation juste des prix, tout en laissant s’épanouir la libre initiative.
Contrairement à Chesterton et Belloc, Penty insiste davantage sur l’organisation en corps professionnels que sur la large distribution de la propriété. Déçu du socialisme Fabian, Penty gardera toujours une vision plus large de l’organisation de l’économie, même s’il a rompu radicalement avec toutes formes d’organisation socio-économique pouvant donner naissance à une hypertrophie de la bureaucratie au détriment de la libre initiative. C’est tout le sujet de la discussion dont on trouve dans ce recueil un écho à travers le texte Regulative and producing Guilds. Penty y fait montre également d’un véritable sens prudentiel, sachant prendre en compte les données du réel.
The Gauntlet est précédé d’une très intéressante introduction du professeur Chojnowski sur la pertinence de relire Penty aujourd’hui – et plus largement les auteurs distributistes. Un chapitre est consacré également à la vie de Penty, qui permet de resituer dans son contexte cette pensée et son évolution. Enfin, comme à leur habitude, les éditions IHS proposent un ensemble de notes biographiques sur les noms cités. Déjà utiles pour le lecteur anglo-saxon, ces notes le sont encore davantage pour le lecteur français qui découvre ainsi un univers d’une grande richesse.

The Gauntlet, A challenge to the myth of progress, Arthur J. Penty, a first anthology, introduced by Dr. Peter Chojnowski, IHS Press. À commander sur www.ihspress.com.

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