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Le distributisme, cet inconnu (II)

Dans une note précédente, j'ai évoqué le distributisme catholique, à travers la présentation de Distributist perspectives, édité par IHS Press. Voici le deuxième volet de cette présentation.

 

Dans une longue citation placée en tête de Distributist Perspectives I, S. Sagar apporte un premier éclairage sur cette vision : « le Distributisme n'est pas un 'isme' dans le sens où ce terme est compris aujourd'hui. Il ne s'agit pas  d'une nouvelle voie qui viendraient après une série d'échecs et qui aurait été pensé par quelques hommes intelligents dans la solitude d'une bibliothèque ou d'une université. Ce n'est pas une nouvelle tendance de la sociologie. C'est une chose organique (…) qui a été la marque de la vie européenne pendant des siècles; il a été considéré comme allant de soi par les hommes qui ont fondé le Nouveau Monde. (…) Le distributisme a semblé une chose si normale que les hommes ne lui ont pas donné de nom avant qu'il ne soit détruit ». [Photo : Thomas H. Naylor]
a4f79a8be655653042eeac125ae06ef5.jpg Outre les textes historiques présentés dans ce premier volume (un second volume devrait paraître prochainement), les éditeurs ont placé en tête de l'ouvrage plusieurs interventions montrant la nécessité d'une clarification au sujet du distributisme, sa pertinence face aux maux actuels engendrés par l'économie libérale, la globalisation, la société de consommation et la destruction de la planète. Professeur honoraire d'économie à la Duke University, Thomas H. Naylor en profite pour apporter une tentative de définition de cette vision socio-politique non-identifiée qu'est le distributisme : « le distributisme appelle à la décentralisation de la propriété privée aussi bien que des petits commerces, des petites usines, des  petites écoles, des  petites fermes, des petits métiers et des  petites villes. Il préconise un retour à l'agriculture, à la primauté de la campagne, aux méthodes organiques, au respect de l'intégrité de l'environnement et aux entreprises à échelle humaine ». En un mot, et selon la formule d'Ernst Schumacher, économiste de réputation mondiale et auquel se réfère les distributistes aujourd'hui : small is beautiful. [Photo : E.F. Schumacher]e73fb84e370e5f3a190ab589ec589d36.jpeg
Cette défense de la petitesse en économie n'est pas qu'un slogan. C'est la traduction imagée du principe de subsidiarité, qui est au cœur de la doctrine sociale de l'Eglise et au cœur du courant distributiste. Les petites villes ou les petits commerces ne sont pas seulement plus humains parce que l'autre est identifiable et que l'on vit avec lui en permanence. Ils sont plus humains aussi parce que l'on prend des décisions dans des domaines qui sont les nôtres, pour lesquels notre responsabilité est directement engagée. Répondre de ces choix, poser des actes concrets qui engagent directement la vie de l'homme, en mesurer les effets, éventuellement les corriger immédiatemment, n'est-ce pas une traduction pratique du principe du respect de la dignité de la personne humaine ?

Parmi les textes historiques proposés dans ce recueil, il convient de citer particulièrement le Manifeste distributiste (Distributism : a manifesto) d'Arthur J. Penty, peut-être la tentative la plus élaborée d'apporter une vue synthétique sur cette vision du monde. Le texte date de 1937, mais il conserve une valeur historique et certaines réflexions mériteraient juste d'être mises à jour. Penty s'inspire ouvertement de Marx et il s'appuie, comme exemple historique, sur l'influence qu'a rencontré son manifeste. Il prend évidemment le contre-pied des thèses marxistes mais aussi de celles du capitalisme libéral de son époque. Il dénonce dans les deux systèmes un point commun : la défense d'une société industrielle (et pas simplement la défense d'une industrie, ce qui n'est pas la même chose). [Photo : Arthur J. Penty]

d72b0de54afc6fa527d08e9753481b63.jpg Selon Penty,  la société industrielle  a bouleversé le mode de vie organique des hommes, créant non seulement la pauvreté du prolétariat, mais aussi une mauvaise vie pour tous. Sans précaution rhétorique, il affirme : « L'établissement de la propriété privée est organiquement une partie de l'ancien monde que l'industrialisme a détruit. De là, sa restauration implique dans une certaine mesure le rétablissement des valeurs qui a permis à l'ancien monde d'exister. En un mot, les distributistes travaillent pour un retour au passé. » Il précise, toutefois, qu'il s'agit de retenir les aspects positifs des valeurs anciennes et non tout un système qui, d'une certaine manière, a failli. Parmi les distributistes, Penty est certainement l'un des plus critiques vis-à-vis de la sclérose  du système des Guildes (équivalent anglo-saxon des corporations) dont il défend pourtant le principe. Il s'attaque de front au problème véritablement métaphysique posé par l'utilisation massive de machines qui conduisent paradoxalement les hommes à devenir les esclaves d'engins créés pour les aider. Penty reproche à la machine, dans le cadre professionnel, de réduire l'homme à une spécialité, de l'empêcher de déployer toute sa mesure et les potentialités de sa nature. Il lui reproche surtout de prendre le primat au détriment de ce qui caractérise la vie humaine : la religion, la culture, l'art.
Impossible de revenir en arrière, lui rétorque-t-on. Penty est conscient de cette impossibilité : « Qu'il y ait de grandes difficultés pour réaliser un tel idéal, il ne faut pas le nier. (…) Le public s'éveille enfin à l'existence d'un problème de la machine, au fait que, sans restriction, elle devient un instrument de pouvoir plutôt que de richesse, qu'elle mécanise la vie, créant le chômage, et, en sapant le pouvoir d'achat, menace d'apporter à l'industrie un coup d'arrêt. En augmentant énormément la compétition pour des marchés et la matière première, avec le pouvoir destructif des armes, cette situation menace l'existence de la civilisation. Mais beaucoup de personnes ne se rendent pas encore compte que la civilisation est dans le péril, non seulement par la stagnation économique et la guerre, mais aussi par l'effet du machinisme désagrégeant le tissu social.  ».
Le Manifeste de Penty est, bien sûr, loin d'être le seul texte intéressant de ce volume. Bien que sa personnalité soit très controversée, il convient de lire, par exemple, les réflexions d'Eric Gill sur l'art ou celle de Massingham sur le même sujet.  

Commentaires

  • Intéressant, mais n'est-ce pas complètement utopique que de vouloir retourner à la "petitesse" ? J'ai du mal à concevoir comment un système économique pourrait tenir sans centralisation, sans marchés, sans machines.

    D'autant que cela engendrerait certainement une hausse du cout de la vie, dont nous avons à peine idée. Les machines, c'est utile aussi, ça fait baisser les prix...

    Et comme je l'ai développé ailleurs, c'est l'échec et l'abandon du christianisme comme religion dominante et de référence, qui cause cette situation, non le capitalisme en lui-meme. Que la société soit ordonnée vers Dieu ne me pose pas de problèmes particuliers, le problème est de savoir ce que concrètement un système économique tourné vers Dieu veut dire.

    Et quand on sait que St Thomas d'Aquin a justifié le profit et la propriété privée, je vois mal par quoi on pourrait remplacer, dans cette perspective, le systeme actuel.

  • A Polydamas

    St Thomas n'est pas le seul, toute la DSE (et B. XVI très récemment) après lui rappelle l'utilité de la propriété privée, sans en fair,e comme chaucn sait un droit absolu. Et tout en modérant ce droit par le principe de la destination universelle des biens. C'est-à-dire que la richesse matérielle produite a intrinqèquement, ce n'est pas négociable, vocation à servir à la vie et à la survie de tous.

    La "petitesse", la simplicité volontaire sont justement des instruments utiles pour bâtir un "système économique tourné vers Dieu". L'évangile de dimanche dernier (forme ordinaire du rite romain) rappelait assez violemment le caractère trompeur de l'argent. Qui doit, en permanence, être ravalé à sa médiocre place, sous peine de devenir une idole.

    Un système économique distributiste, relocalisé, entraînerait nécessairement, en effet, une hausse de certains produits de base. La contrepartie étant que le superflu soit découvert comme tel.

  • Pouvez vous m'expliquer concrètement comment fonctionne le principe de la "destination universelle des biens" ? Que le droit de propriété soit soumis à des impératifs moraux, nul doute à cela. Mais généralement cela entraine une compensation, comme dans le cas des expropriations.

    Ensuite, dans notre société hypercapitaliste, ce n'est pas par un retour à la nature, à la "petitesse" que le superflu sera découvert comme tel. C'est par la rechristianisation de notre société qu'il faut commencer, non par la destruction de ce système qui me parait tout de meme des plus efficaces. Et cela m'etonnerait que l'on trouve un système aussi performant sur le plan technologique...

    Les villes prospères et capitalistes conquises par les rois très chrétiens (Florence, Venise, Anvers, etc) ont toutes périclité après que les rois aient décidé de les accabler d'impots. Ce n'est pas comme cela que j'envisage le capitalisme du futur.

  • Personne n'a dit que l'alternative était libéralisme total ou étatisation. Il n'est pas question d'impôts. Il est question de ramener le capitalisme à sa vraie vocation qui est entrepreneuriale - et non financière, c'est-à-dire destructrice comme les flux gigantesques du monde contemporain nous le prouvent.

    Quant à la performance sur le plan technologique, elle réclame peut-être une première discrimination, pour juger du bien-fondé des technologies à développer.

    Ne coryez-vous aps qu'il y ait un lien entre la rechristianisation d ela soxciété et la promotion d'un fonctionnement économique plus humain, moins envieux, moins rapace, plus sobre, frugal et continent ?
    Le XIXème siècle européen s'est cru fondamentalement chrétien quand la bourgeoisie entraînait les masses dans une révolution industrielle où elle avait préalablement supprimé toutes leurs défenses possibles.

    La destination universelle des biens est un principe qui réclame un ajustement modal aux circonstances : elle tient par exmeple que le capital a d'abord un rôle de service et non de prédation ; qu'il ne peut en aucun cas se prendre lui-même pour fin. Que les richesses ne peuvent être concentrées dans les main de quelques uns quand les autres crèvent de fin.
    Ce n'est pas une solution pratique immédiate, c'est une orientation, comme le principe de la propriété privée.

  • @ JG:

    Vous ne m'expliquez pas concrètement comment il est possible d'appliquer ce principe. A moins de faire de la confiscation la seule règle qui vaille. Et je suis d'accord avec vous sur la rechristianisation. Mais c'est par celle-ci qu'il faut commencer, non par la démolition d'un système qui, globalement, a procuré plus de prospérité que n'importe quel autre, sur cette planète.

    Quant à la morale, qui décide du principe de destination universelle ? Qui décide la répartition, c'est à cela que je faisais référence quand j'évoquais l'étatisation. Quant à la finance destructrice, il faudra m'expliquer en quoi, parceque les emplois perdus ici, font le bonheur de beaucoup de l'autre côté de la planète. Et eux aussi sont des humains à qui il faut penser, et qui ont droit à la répartition universelle des biens...

  • A Polydamas :

    Il est faux de croire que les emplois "perdus" ici en engendrent d'autres ailleurs. Savez-vous combien il y a de chômeurs en Chine ? Il ne faut se fier à une courbe d'augmentation du PIB.
    La croissance mondialisée telle qu'elle est conçue aujourd'hui, non seulement détruit le tissu économique des pays occidentaux, mais encore ruine l'essentiel des populations "émergentes". Pour un milliardaire indien, on fabrique des dizaines de millions d'esclaves, qu'on prend et qu'on jette à volonté.
    Pour moi, dans ma petite conscience, je refuse absolument de cautionnner tel système, qui, last but not least, massacre l'environnement et donc l'homme, à moyen terme.

  • Bonjour,

    Je découvre, je dévore; merci Mr Maxence.

    Je pense à la pratique et une question m'obsède: quel organisme, quelle institution, décidera des redistributions? je suis d'accord sur le principe, à savoir que l'économie doit être tendu vers un but moral donc chrétien. Mais qui pour incarner ces décisions? quel souverainisme en 2007 serait donc assez légitime pour se passer des urnes, et fort pour rester moral et faire en sorte que le système fonctionne??

    Par le passé il y avait une caste forgée dans l'acier, à qui revenait cette charge: la noblesse. On a ensuite essayé les guildes et corporations, les syndicats, les potentats, les chambres de sages, etc... tout fut balayé par le libéralisme démocratique, version capitaliste.

    Comment donc re-distribuer les surplus, qui en fixera le prix de vente?

    Cordialement,
    Olivier

  • @ JG:

    Sauf que les biens qui ne sont plus produits ici, ils sont bien produits quelque part, non ? Et le taux de chomage en Chine n'est pas vraiment représentatif, vu que sur bien des points, cela reste un pays communiste. Même si je veux bien qu'il ne faut pas se fier au PIB, je me demande alors d'où proviennent ces chinois qui viennent attaquer nos marchés, si ils ne sont pas aussi puissants que vous le dites.

    La croissance aujourd'hui ne détruit pas le tissu économique, elle le réorganise, le pousse vers les services. Aujourd'hui, la richesse des pays occidentaux est immatérielle. Quant aux millions d'esclaves, demandez leur ce qu'ils préfèrent, entre cette situation, et celle qui était la leur, sans libéralisme.

    Pour ce que j'en ai vu, il n'y a pas photo.

  • A Polydamas :

    Je ne dis pas que les Chinois ne sont pas puissants, je dis justement que l'économie néolibérale repose sur une déconnexion totale de la puissance financière et de l'emploi. Son but est de fonctionner de manière mondialisée en n'employant que 20% de la population.
    Et l'on voit bien que l'économie communiste se révèle in fine comme la meilleure propédeutique, par destruction du tissu social, à l'établissement d'une économie néolibérale.
    Mais l'on peut continuer de croire que le seul choix est communisme ou libéralisme. C'est reposant.

  • "Son but est de fonctionner de manière mondialisée en n'employant que 20% de la population."

    Ce n'est pas ce que l'on constate dans des pays que vous qualifierez de "libéraux". Et vous ne répondez aucunement à ma question concernant les services, ni sur la richesse immatérielle, sur le savoir, la recherche, qui fait également toute la puissance, et l'avance occidentale.

    Aujourd'hui, les métiers des secteurs secondaire et tertiaire ne représentent plus rien. Je n'arrive pas à voir en quoi ce serait mauvais.

    Personnellement je préfère 100 fois bosser dans un bureau dans une boite d'assurance plutôt que de travailler dans les champs...

  • Vous voulez sans doute dire les secteurs primaire et secondaire.

    Tant mieux pour vous si vous aimez votre bureau.

    Mais que pensez-vous de la situation des millions de pauvres, parmi lesquels une bonne proportion d'enfants, sans aucune protection sociale, qui vivent dans vos pays libéraux, comme le Royaume-Uni ou les Etats-Unis ? De ces travailleurs pauvres japonais qui, quoiqu'ils aient un salaire, n'ont même pas de quoi se payer un logement ?

    Les risques du métier, sans doute ?

  • Oui, désolé pour l'erreur, je voulais dire secteur secondaire et primaire.

    Quant aux pauvres aujourd'hui, ils sont proportionnellement 100 fois mieux lotis que les pauvres d'il y a seulement 50 ans. En outre, jamais vous ne trouverez dans mes propos une remise en cause de la protection sociale.

    Mais il faut reconnaitre que cette législation a des effets pervers qu'il faut contrer, ce qui ne veut pas dire qu'il faille jeter le bébé avec l'eau du bain, cela veut juste dire perfectionner un peu mieux le système.

    Et ce n'est évidemment pas la peine de comparer par rapport aux autres systèmes économiques qui ont tous prouvé leur inefficacité. Pour paraphraser Churchill, le capitalisme est le pire système à l'exception de tous les autres.

    C'est pour cela que j'attends avec impatience les développements sur le distributisme.

  • Pardonnez-moi, mais ce que vous dites sur les pauvres est totalement faux. Croyez-vous qu'on mourait de faim, il y a cinquante ans, il y a cent ans, ou même deux cents ans, toutes les deux minutes ? Croyez-vous que le taux de chômage était supérieur à celui que l'on mesure aujourd'hui ?
    On n'avait pas la télé dans toutes les pièces, c'est vrai...

    En revanche ce que vous dites est vrai pour les riches : ils sont 100 fois mieux lotis aujourd'hui qu'il y a cinquante ans.

  • Désolé de vous décevoir, mais l'hygiène pour tous, l'eau courante, etc, tout cela est du au progrès technique, et au capitalisme. Quant au taux de chômage et à la prospérité, ils n'ont jamais été aussi importants. Je vous rappelle que jamais il n'y a eu autant d'habitants en France, pour un taux de mortalité infantile aussi bas, le tout avec une longévité sans équivalent.

    Et vous continuez à me dire que les époques précédentes étaient comparables ? Les pauvres, à part quelques cas marginaux, n'habitent plus dans des bidonvilles comme c'était le cas après guerre...

  • "Quant au taux de chômage et à la prospérité, ils n'ont jamais été aussi importants" : pour le premier, vous avez en effet raison, il n'a jamais été aussi important...

    Vous racontez vraiment n'importe quoi :la Rome antique connaissait l'eau courante et le Moyen-Âge l'hygiène, cela n'ne fait pas des sociétés capitalistes.
    Le capitalisme ne dépend de moyens technologiques, comme l'on veut nous faire croire, mais de l'esprit rapace qui pousse à en user pour "gagner plus".

    Vous savez qu'un Grec ancien avait inventé la machine à vapeur ?

    Quant à vos bidonvilles, vous oubliez un peu vite que c'est le développement du capitalisme que vous chérissez tant, qui les avait créés au XIXème.

  • Pourquoi ce ton agressif ? C'est toujours amusant de voir à quel point les esprits s'échauffent vite sur ce sujet, sans répondre à aucune de mes objections. A croire que je suis un suppôt de Satan.

    Alors allons-y point par point.

    Que je sache, les ordures étaient balancées à même la rue, vous conviendrez avec moi que ce n'est pas la panacée.

    Au MA, il y avait du capitalisme, pour preuve les villes italiennes, qui avaient déjà mis au point des règles très élaborées de comptabilité. Et comme par hasard, c'était les plus prospères. Il faut vraiment que vous lisiez ce livre...

    http://abimopectore.over-blog.com/article-12855495.html

    Au fait les monarchies absolutistes n'ont pas été, économiquement les plus performantes, cette manie de vendre des monopoles à tous n'étant pas propre à favoriser l'esprit d'initiative...

    Et le développement du capitalisme est aussi à l'origine du progrès technique et médical. Il faut aussi le reconnaitre avant d'en voir les défauts. Bien sûr qu'il est fondé sur l'appât du gain, mais c'est cet appât qui est le plus à même de développer l'économie et contribuer au bien de tous. C'est d'ailleurs pour cela qu'il est né en Occident et uniquement en Occident. L'esprit d'initiative, de progrès et de bénéfice sont des conceptions qui ne sont nées qu'ici...

  • Vous persévérez dans l'erreur.

    Vos objections tenables, où sont-elles ?

    Les ordures n'ont jamais été balancées dans la rue, il y avait à Rome quelque chose que vous ignorez sans doute, comme à peu près tout, qui s'appelait la cloaqua maxima, gigantesque réseau d'égoût.

    Je connais bien le livre que vous indiquez et qui fait bander les cathos incultes depuis six mois, sans avoir besoin même de suivre le lien destiné à me ramener vers votre bloagua maxima. Je ne vois vraiment de motif de se réjouir que les catholiques aient créé les lettres de créance et généralisé le prêt à taux usuraire. Mais vous allez m'expliquer.

    M'expliquer aussi comment, si le MA était capitaliste comme vous le croyez, il y avait encore des centaines de milliards de gens entassés dans des bidonvilles à mourir de faim comme vous le croyez aussi.

    Par ailleurs, vous devez fortement haïr votre civilisation pour l'identifier au lieu béni du développement de l'appât du gain.

    Tout cela nous fait une bien jolie Eglise, si l'on vous suit.

  • Votre agressivité est ridicule et là encore, vous ne prouvez rien. Je ne hais en rien ma civilisation, je reconnais juste qu'elle a été le lieu unique du développement de tous les arts, de toutes les sciences, mais aussi de l'économie, couplée à une amélioration de l'espérance de vie jamais constatée auparavant. C'est tout, et c'est déjà pas mal. Et je suis convaincu que ces progrès sont liés à la religion.

    Il faudra m'expliquer ce que vous proposez, en quoi notre système capitaliste condamnerait tout le monde au chômage (la bonne blague), sachant que vous avez l'air d'oublier la part croissante des services dans le PIB.

    Sinon, non, ce bouquin ne fait pas que fantasmer des mecs comme moi, même des personnes à l'origine proche de vos positions ont été convaincues par ce livre. Mais pour cela, au lieu de rejeter en bloc, il faudrait au minimum le lire, ou au moins en parcourir un résumé, comme je le propose sur mon blog.

    Enfin, concernant le MA, tout dépend de ce qu'on entend par capitalisme. Mais la corrélation entre libéralisme et prospérité est évidente. Et je n'arrive pas à voir en quoi ce serait détestable...

  • Polydamas, cet inconnaissant.

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