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28/06/2007

De Nouvelle France

Une fois n’est pas coutume, le texte de cette semaine concerne un groupe Québécois au nom évocateur : Mes Aieux.
Un ami vient de me le faire découvrir et j’ai particulièrement apprécié le texte – oui, c’est de la chanson à texte – de Dégénération. Pour ceux qui ne comprendraient pas toutes les paroles, accent du Québec oblige, ils trouveront le texte de cette chanson en bas de ce post. En attendant, vous pouvez voir et entendre le clip de cette chanson :

N’étant pas un connaisseur ni un spécialiste du courant « néo-trad. » dans lequel s’inscrit le groupe Mes Aieux, ne connaissant pas davantage l’histoire de ce dernier, je ne peux en dire plus. On pourra se faire une idée en allant sur le site du groupe. Suivez le guide, c’est ici.

En plus de la chanson Dégénération, j’ai bien aimé les paroles de Lettre à ma descendance :


« - 20 janvier 1906, lettre à ma descendance
- À toi qui porteras mon nom à travers les âges
- Toi qui prolongeras ma main en terre de Nouvelle-France
- Si je te lègue un bien lourd bagage
- Comme un mauvais sort, une mauvaise chance
- Si tu hérites, sans l’avoir mérité, d’un passé criblé de défaites
- D’un pays mille fois rêvé qui n’existe que dans la tête
- Si tu dois te battre sans relâche et sans cesse pour ta langue et ta survivance.
- Alors voici les armes pour ton combat
- Que ta résistance se fasse par le chant et par la danse
- Dans la parole et dans le geste, tu forgeras ta foi
- Comme le dira celui qui sera à la fois le poète, le chantre et le roi
- Je te propose le plus doux des combats
Chante, chante et le Québec ne mourra pas »


C’est une manière de dire que le combat culturel est important, et que plus encore, un pays vit et existe, à travers ses modes de vie qui se reflètent dans ses danses et dans ses chansons. Le peuple du moyen âge chantait en permanence. Il n’était pas gavé de biens de consommation, ni de publicité. Il n’avait pas la télévision ni de voiture. Mais il chantait. Nous chantons peu ou pas. Et c’est bien dommage. Car c’est une part de l’âme de la France qui s’en va ainsi. Non pas pour laisser place au silence, mais au bruit.

- Alors voici les armes pour ton combat
- Que ta résistance se fasse par le chant et par la danse
- Dans la parole et dans le geste, tu forgeras ta foi
- Comme le dira celui qui sera à la fois le poète, le chantre et le roi
- Je te propose le plus doux des combats
Chante, chante et la France ne mourra pas ».

 

Parole de Dégénération :

 Ton arrière-arrière-grand-père il a défriché la terre
Ton arrière-grand-père il a labouré la terre
Et pis ton grand-père a rentabilisé la terre
Pis ton père il l'a vendue, pour devenir fonctionnaire

Et pis toi mon p'tit gars tu sais pus c'que tu vas faire
Dans ton p'tit trois et d'mie, ben trop cher fret en hiver
Il te vient des envies de dev'nir propriétaire
Et tu rêves la nuit d'avoir ton petit lopin d'terre.

Ton arrière-arrière-grand-mère elle a eu quatorze enfants
Ton arrière-grand-mère en a eu quasiment autant
Et pis ta grand-mère en a eu trois c'tait suffisant
Pis ta mère en voulait pas, toi t'étais un accident

Et puis toi, ma p'tite fille, tu changes de partenaire tout l'temps
Quand tu fais des conn'ries, tu t'en sors en avortant
Mais y a des matins, tu te réveilles en pleurant
Quand tu rêves la nuit, d'une grand' table entourée d'enfants

Ton arrière-arrière-grand-père a vécu la grosse misère
Ton arrière-grand-père il ramassait les cennes noires
Et pis ton grand-père, miracle, y est devenu millionnaire
Ton père en a hérité il a tout' mis dans ses REER

Et pis toi p'tite jeunesse tu dois ton cul au ministère
Pas moyen d'avoir un prêt dans une institution bancaire
Pour calmer tes envies de "hold-uper" la caissière
Tu lis des livres qui parlent de simplicité volontaire

Tes arrière-arrière-grands-parents ils savaient comment fêter
Tes arrière-grands-parents ça swinguait fort dans les veillées
Pis tes grands-parents ont connu l'époque yé-yé
Tes parents c'tait les discos c'est là qu'ils se sont rencontrés

Et pis toi mon ami qu'est-ce que tu fais de ta soirée ?
Éteins donc ta TV faut pas rester encabané
Heureus'ment que dans vie certaines choses refusent de changer
Enfile tes plus beaux habits car nous allons ce soir danser

Commentaires

Un grand succès de la chanson québécoise cette chanson. La première fois que je l'ai entendue était au gymnase il y a quelques mois, je n'en croyais pas mes oreilles. Je l'ai encore entendue la semaine passée lors des célébrations nocturnes de la Saint Jean-Baptiste. J'espère que des jeunes vont enfin comprendre à quoi mène le matérialisme "laïc" (athée donc) : la mort dans nos familles, la mort de nos nations.

Écrit par : Diberville | 29/06/2007

C'est de la bombe; est-elle passée sur les ondes en France? Je suis sûr que pour les pouvoirs idéologiques de notre pays, il n'y a rien de pire qu'une telle chanson. Ils la considèrent probablement plus dangereuse que n'importe quelle chaîne islamiste sur le satellite.

Écrit par : Olivier | 29/06/2007

Cette chanson fait un tabac au Quebec : télé, radio etc. Je l'avais découverte pendant la compagne présidentielle sur le site du MPF 85. C'est vite devenu un Hymne très motivant pour les collages, boitages, etc. A chantonner en tout lieu et de préférence au bureau...

Écrit par : Maximilien FRICHE | 16/07/2007

Tout n'est pas fameux au Québec....

Roxton Falls, le 1^er août 2007

Nietzsche avait raison : « L'État est un monstre froid »

Des mennonites conservateurs, ces pacifistes d’origine allemande arrivés
au Canada il y a plusieurs siècles, se sont installés aux confins de
l’Estrie. Oh! on ne les remarque guère. Ils ont appris le français
(certes ils le parlent encore avec un accent), ils ont des voitures,
l'électricité comme tout le monde. Ils travaillent. Leurs nombreux
enfants sont disciplinés et inconnus des services de police. Je précise
qu’il ne s’agit pas d’une « secte » moderne : nul gourou, point de
manifestation exubérante chez ces quiétistes. Non, ils se distinguent à
peine par une barbe chez les hommes, des robes fleuries et une sobre
coiffe chez les femmes.

Après avoir acheté des fermes et fondé des petites entreprises, voilà
qu'ils considèrent quitter le Québec dont les frontières sont toujours
annoncées par un grand « Bienvenue ! ». Qu'est-ce qui les force à
envisager cette décision déchirante, ce déménagement onéreux et
douloureux? Les lois sur l’Instruction publique du Québec.

Ces mennonites ont partout ailleurs au Canada et en Amérique du Nord
leurs écoles avec leurs propres enseignants. Cela ne pose pas de
problème. Ils se sont donc établis au Québec et, en toute bonne foi,
leurs enfants sont allés à l’école mennonite. Sans demander
l’autorisation pour ce qu’ils considèrent comme un droit fondamental des
parents : celui d’instruire leurs enfants comme ils l’entendent. Tout
allait bien, jusqu’au jour où, à la suite de multiples reportages
l’automne dernier sur les écoles illégales et un appel du Ministère qui
invitait la population à signaler les écoles suspectes, l’attention
dudit Ministère reçut un signalement.

Depuis lors, on assiste à une discussion à sens unique entre les
fonctionnaires de Québec et les membres de cette communauté. Le
Ministère veut que son programme soit enseigné dans son intégralité et
que seuls des professeurs certifiés par ses soins le dispensent. Quand
les parents mennonites s'y opposent pour des motifs religieux et moraux
et rappellent que selon eux (et la Bible) la primauté de choix
d'enseignement revient aux parents, les fonctionnaires leur répondent
que la société a « évolué » et que les enfants ont également des droits.
Les enfants devront fréquenter une école « approuvée » par le Ministère
ou les enfants devront être éduqués à la maison probablement sous la
surveillance tatillonne de l’État.

S'il est certain que les enfants ont le droit à ne pas être maltraités
par leurs parents, est-ce qu'on peut dire que les enfants mennonites
sont martyrisés dans leur petite école? Et si c’était le cas, en quoi
interdire leur instruction à la mode mennonite en groupe, à l’école,
mais la permettre à la maison, ce qui est légal, changerait-il quoi que
ce soit? S’agit-il juste de mesures vexatoires qui cherchent à rendre
coûteuse l’instruction que les parents mennonites voudraient prodiguer
selon leurs convictions?

Autre droit des enfants que prétend protéger l’État : celui à une
éducation de qualité. Mais les enfants mennonites sont-ils plus ignares
que ceux qui fréquentent l’école publique? Au vu des résultats des
enfants mennonites aux tests normalisés dans les autres provinces où ils
se situent souvent au-dessus de la moyenne provinciale, c’est clairement
faux. Et puis, les résultats sont là : les enfants mennonites ne sont
pas une charge pour la société, ils ne connaissent pas le chômage, ils
sont fermiers, ouvriers qualifiés recherchés ou infirmières diplômées.

Mais est-il même sain que le Ministère ait un monopole des programmes
scolaires, même celui des écoles privées ? Pourquoi ce qui est bon
ailleurs dans notre société : le choix, la concurrence ne devrait-il pas
avoir cours dès qu'il s'agit de l'école ? Combien de parents et d’élèves
n’auraient pas bénéficié d’une véritable concurrence dans le domaine
scolaire pour échapper aux ratés du « renouveau » pédagogique imposé par
Québec?

Dernier droit derrière lequel se cache habituellement le Ministère :
l’école ouvre l’esprit des enfants, les libère du poids des
superstitions parentales, elle agit comme facteur d'intégration dans une
société québécoise de plus en plus « métissée ». C'est à mon avis là
qu'il faut chercher la raison de la raideur de l’État qui cherche à
imposer ses valeurs – enfin celles des fonctionnaires en charge des
programmes. Ces fonctionnaires semblent incapables de tolérer les
convictions religieuses des mennonites. La vision du monde du programme
unique que l’État veut leur imposer s’oppose à leurs convictions :
valorisation de la permissivité sexuelle, des « expériences » chez
l’adolescent, du relativisme moral, absence de Dieu et de la
spiritualité sauf à titre d’objets d'étude ethnologique comparative. Les
responsables de ces programmes substituent simplement leur credo
permissif et d’où Dieu est chassé au credo religieux des parents, les
enfants dans les deux cas n’ont guère le choix.

Le bien public impose-t-il cette violence faite aux parents qui ont la
charge morale et financière de leurs enfants? Est-ce que les Amish de
Pennsylvanie empêchent les États-Unis d'être une puissance économique et
scientifique? Est-ce que le rigorisme moral des mennonites pose
réellement problème dans la vie de tous les jours au Québec? Eux qui ne
pratiquent pas de prosélytisme militant, eux qui sont pacifistes et dont
la foi exigeante n’attire pas de nombreux convertis ? En tant
qu'habitant de Roxton Falls, je ne le crois pas du tout. À Québec, dans
un bureau, on pense différemment.

L'État, qui se dira bien sûr tolérant sur bien d'autres sujets, fait ici
preuve d’un manque de souplesse, d’une crispation froide et légaliste
qui ne se justifie en rien : ces enfants ne sont pas menacés, l'école
publique ne leur garantira pas un meilleur avenir, ni une meilleure
intégration. En outre, les mennonites n’ont jamais posé de problème au
cours des siècles de leur présence au Canada : le chômage est chez eux
quasi inexistant, tout membre est libre de quitter la communauté, leurs
jeunes ne se droguent pas et ils ne pratiquent pas la violence. Que
demander de plus?

Entretemps, les mennonites, qui par conviction pacifique refusent
d'intenter une action en justice contre le Ministère, s'apprêtent à
quitter le Québec et à vendre leurs fermes et entreprises. Quand ils
demandent s'ils auront le droit à un sursis pendant qu'ils procèdent à
la vente de leurs biens et s'ils pourront continuer à enseigner leurs
enfants dans leur école, le Ministère le leur interdit et les menace de
faire intervenir la D.P.J. qui pourra faire enlever ces enfants.

Que cherche Québec? Décourager les parents religieux à s’établir au
Québec, s’assurer que leurs enfants ne soient pas religieux? Quand cette
intolérance institutionnelle envers des groupes religieux historiques au
Canada a-t-elle jamais été approuvée?



Je ne suis pas mennonite!

Écrit par : Patrick Andries | 02/08/2007

Meilleur lien vers le même texte :

http://familleandries.iquebec.com/nietzsche_avait_raison.htm

Écrit par : P. Andries | 03/08/2007

Il est à noter que le groupe Mes Aïeux s'est indigné de l'exploitation de sa chanson dans un sens pro-vie, parlant de « kidnapping moral ». Voir ici : http://www.lifesite.net/ldn/2007/aug/07080106.html
Il a à cette occasion affirmé être « unanimement pro-choix ».

Écrit par : Jérôme | 29/08/2007

Jérôme à écrit :

>Il est à noter que le groupe Mes Aïeux s'est indigné de
>l'exploitation de sa chanson dans un sens pro-vie, parlant de
>« kidnapping moral ».
> Il a à cette occasion affirmé être « unanimement pro-choix ».

Ça ne m'étonne pas étant donné la "religion" laïque québécoise: il faut protéger les ventes des chansons et pas se mettre à dos les relais médiatiques qui sont quasi unaniment de gauche, bien à gauche.

un point de vue québécois plus conservateur:
http://pouruneecolelibre.blogspot.com/

Écrit par : Pierre Z. | 30/08/2007

Pour tout savoir sur le « monstre froid » de Patrick Andries, rendez-vous sur notre Forum d'un simple clic sur mon lien.

N.B. Si vous faite toute cette abondante lecture, vous constaterez que la France n'est pas épargné par ce véritable fléau de société à notre honte à tous. Je pèse mes mots.

Vive le Québec Libre et au diable les droits et libertés de nos Enfants!

Ça! C'est le petit détail que "Mes Aieux" ne chantent pas.

Écrit par : PapaThème | 22/10/2008

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