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30/05/2007

Revivre à la campagne

C’est un classique de l’autarcie ou de l’autosuffisance (Self-sufficiency) que viennent de rééditer les Éditions de Borée (ici). Un classique d’origine anglaise, qui a connu plusieurs éditions en langue étrangère. En France, « The complete book of Self-sufficiency » a été édité sous le titre Revivre à la campagne. Il a été publié en 1976, 1996 et 2003. À chaque fois, des succès puisque l’ouvrage a toujours fini par être épuisé, demandé, âprement recherché, acheté, parfois à prix d’or, chez les bouquinistes. Il connaît aujourd’hui une nouvelle parution française, la quatrième.
Son auteur ? John Seymour (1914-2004) est à la fois le théoricien et le praticien de l'autosuffisance, idée qui vise à refuser la course en avant de la consommation et de l’industrialisation par une vie autarcique reposant sur l’indépendance familiale, la responsabilité, la petite propriété et la vie conviviale. Sans y faire directement référence, les idées de John Seymour sont proches du courant catholique distributiste, développé par G.K. Chesterton et Hilaire Belloc en Angleterre. Loin d’être un « idéologue », John Seymour a surtout présenté les moyens pratiques à mettre en œuvre pour tendre à l’autarcie. Il sait que celle-ci, dans le contexte moderne, n’est pas à la portée de tous et qu’elle n’est pas complètement atteignable. D’abord au Pays de Galle, puis en Irlande, Seymour a mis ses idées en application et a monté une ferme où il a vécu comme un petit exploitant. Il est allé cependant plus loin puisque celle-ci est devenue une véritable école de formation, accueillant des stagiaires du monde entier (le site de la ferme Seymour ).

Que contient le livre ? Le mieux est de proposer la table des matières de cette nouvelle édition (cf. album photo Sommaire, colonne de droite).
Derrière, cette multitude de renseignements, John Seymour développe une philosophie de la vie qui mérite d’être prise en considération. Le terme de « philosophie de la vie » ne doit pas être entendu au sens de la pensée d’un auteur qui aurait bâti un système cohérent et logique. John Seymour n’est ni un maître, ni un gourou. L’expérience de son existence lui a appris que l’homme pouvait parvenir à vivre par lui-même, en s’inspirant notamment de l’héritage des anciennes pratiques et coutumes. Certes John Seymour a préféré vivre à la campagne qu’en ville. Mais il n’en détaille pas moins les moyens de mettre sur pied des jardins urbains, pratique expérimentée dans certaines villes en faveur des handicapés et des personnes âgées. Certes, encore, il peut être qualifié d’agriculteur biologique, mais jamais n’apparaît dans son livre un aspect militant.
Plus simplement, il explique comment organiser sa parcelle de terrain pour pouvoir vivre le plus possible de sa production. Il donne également des conseils très pratiques pour faire son vin, sa bière ou filer la laine de son mouton. L’ouvrage est tellement riche qu’il est en fait impossible de le résumer. Le mieux est de le lire. On aura la satisfaction de voir que ce n’est pas un programme que propose Seymour. Il ne s’agit pas de faire tout ce qu’il a fait ou tout ce qu’il préconise. Faites ce que vous pouvez, explique-t-il, et ne cherchez même pas à tout faire. La nature est exigeante. Elle implique un facteur important que nos sociétés modernes ont perdu de vue : le temps. Dans son avant-propos, Seymour est très clair : « Conseillerais-je à quelqu’un d’adopter ce style de vie ? Je ne conseillerai rien à personne. L’objet de ce livre n’est pas de forger la vie des autres mais simplement d’aider les autres à faire ce qu’ils ont décidé d’entreprendre. (…) Je donnerais simplement un conseil gratuit : n’essayez pas de tout faire d’un coup. Il s’agit d’un mode de vie organique et les processus organiques sont lents et réguliers. »
Derrière cet appel à l’autosuffisance, c’est en fait un réapprentissage d’une vie humaine plus calme, plus contemplative, plus ancrée dans le réel et dans le temps, que propose John Seymour.
On pourra, bien sûr, estimer que l’autosuffisance est une utopie, une nostalgie et forme un certain retour en arrière. Ce serait une utopie si elle s’élevait au rang d’un système total de pensée et de vie, qui prétendrait s’imposer à tous et immédiatement. C’est certainement une nostalgie et elle forme, d’une certaine manière, un retour en arrière. Mais il ne faut pas avoir peur des mots. La nostalgie du malade, c’est la santé. Le retour en arrière pour celui qui est perdu, c’est de retrouver le croisement et de prendre le bon chemin. Le vrai danger consisterait effectivement à ne pas respecter la démarche « organique » et de vouloir effectuer ce retour en arrière de manière moderne, c’est-à-dire en brûlant les étapes, vite, et sans précaution. Le malade que l’on gave ne retrouve pas la santé.
Ce que propose Seymour, c’est le fruit de son expérience et de l’expérience du passé, rassemblé dans un livre pour adopter lentement des styles de vie différents. « Il existe des changements simples que les individus peuvent apporter à leurs styles de vie et qui pourraient tout changer. Et, si nous faisons preuve de sagesse, nous n’attendrons pas l’apocalypse pour apporter ces changements. Je ne vous demanderai pas de suivre aveuglément ce que je préconise, mais tout simplement d’en tenir compte lorsque vous réfléchissez à l’avenir ».
En un mot, Seymour nous invite à réfléchir à la conséquence de nos actes, à prendre nos vies en main, en fonction de ce qu’il appelle la « tragédie des biens communs ». Ces « biens communs » sont la nature, l’air, la terre. Mais pourquoi parler à leur endroit de « tragédie » ? Tout simplement parce que personne ne nous paie pour les préserver alors qu’ils sont déterminants pour nos vies et que nous en sommes tous responsables. Nos actes quotidiens, les plus simples, peuvent jouer sur le sort de la nature en général, homme compris. Nous sommes co-responsable de la Création. D’où la conclusion de simple bon sens de Seymour : « Mais s’il est vrai que la seule personne dont je puisse maîtriser les actes est ma propre personne, alors ce que je fais m’importe. Le monde dans son ensemble peut s’en moquer, mais moi pas. Et, par chance, un facteur important peut nous aider à progresser en matière d’économie d’énergie. Car non seulement nos muscles aident-ils la planète, mais ils nous tiennent également en bonne santé et actifs. »
Étrangement, John Seymour, qui peut être considéré comme l’un des précurseurs de mouvement récupéré aujourd’hui par une certaine gauche, ne semble plus faire partie des références de celle-ci. Sa vision de la « maison » donne peut-être la clef de cette mise à l’écart. « La maison idéale, écrit-il, doit être le creuset de l’hospitalité retrouvée, de la vraie culture et de la convivialité, du plaisir, du confort et, surtout, de la vraie civilisation. Et tout un chacun en ce bas monde peut atteindre la créativité suprême : avoir une maison idéale. En effet, le maître (ou la maîtresse) de maison est aussi important que la maison elle-même, et la qualité de ‘femme au foyer’ est le travail le plus créatif et le plus important sur terre ». Parler de vraie civilisation pour ceux qui nient le concept même de civilisation (et qui préférent parler des civilisations) et mettre en avant la femme au foyer, voilà une manière de penser ni très progressiste, ni très à gauche.
On pourrait craindre que cette apologie de l’autarcie ne finisse surtout par être une apologie du repliement sur soi. Le danger n’est pas irréel. Le refus de la surconsommation, des nuisances citadines, le désir de vivre à la campagne (voir mon post sur les néo-ruraux, ici), peuvent très bien amener au refus pratique de la sociabilité, c’est-à-dire, si l’on en croit Aristote (pour qui l’homme est un « animal social »), de l’humanité qui est en nous. Seymour en est bien conscient. Il insiste sur la nécessité d’avoir de bons amis et un bon voisinage. « Assurément, précise-t-il, lorsque je parle d’autosuffisance, mes idées ne se bornent pas à la simple production d’aliments et de boissons. Nous devons également nous forger d’autres talents et participer comme nous le pouvons au tissu social qui nous entoure. Plus nous y contribuons, plus nous en serons récompensés. Et si nous pouvons nous amuser, spontanément, sans que l’industrie ne nous impose nos divertissements, alors, c’est tant mieux. J’ai passé des nuits fabuleuses au pub au son de la musique galloise, dans une ambiance extraordinaire ».
Y a-t-il des zones d’ombre dans ce tableau ? On regrette dans le livre de Seymour l’absence de tout enracinement spirituel, alors que l’homme est un être fondamentalement religieux et que l’on ne peut pas passer par perte et profit la Révélation. De la même manière, il semble que Seymour ait été sensible au mythe de la surpopulation (il parle ainsi de la « croissance démographique insupportable »). S’il honore la « femme au foyer », il ne parle guère de ce foyer. La famille, élément social de base et le plus traditionnel, le plus naturel, est absente de son discours comme elle l’est généralement des propos de ceux qui entendent refuser les styles de vie moderne pour retrouver des modes de vie plus conformes à la nature de l’homme. Mais ce faisant, ils oublient une grande part de ce qui constitue l’homme, comme la famille et la religion. Révélateur d’un refus moderne de la modernité, souvent plus dans ses accidents que dans ses fondements.
Ces bémols n’enlèvent rien aux conseils pratiques et à l’expérience de Seymour livrés dans cet ouvrage. Ils demandent seulement d’être replacés dans une perspective plus juste et plus complète.
 
Pour découvrir Revivre à la campagne, n'hésitez pas à tourner quelques pages (soit ci-dessous, en pointant la souris sur le bas ou le haut de la page, soit pour voir les images en grand dans un diaporama, dans la rubrique Album, colonne de droite) :  
 
 

Commentaires

Bravo! Sincères félicitations d'aborder un problème crucial que les cathos, et autres Français, semblent ignorer complètement (mis à part l'Alliance sociale dans un excellent livre "Alimentation, santé, écologie" éditions de Paris).

1- défendre l'environnement ne peut passer que par une meilleure vie pour les humains (cf;, Hainard, Cousteau, Seymour, etc.) et une réelle appréciation de celle-ci.
2- un mode de vie traditionnel est "écologique" par nature.
3- bâtir une contre-société réllement autonome et autosuffisante est notre seule chance face à la civilisation actuelle.
4- seuls des hommes libres et responsables peuvent être sincèrement et totalement des cathos. Or Seymour nous propose l'indépendance alimentaire, énergétique, éducationnelle. Cest déjà bien qd je regarde autour de nous...

Encore bravo! Le retour à la terre est bien peu abordé en France, manque de doctrine sociale de l'Église?
Les exemples anglais, écossais, américains, canadiens, australiens sont pourtant là. Peuples moins châtrés? Plus efficaces? Encore vivants? Je ne sais, mais les questions se bousculent dans ma tête à ce sujet.

Cordialement,

Emmanuel.

Écrit par : Emmanuel Mauger | 14/06/2007

Hum... Pour reprendre les quatre points d'Emmanuel Mauger:
1- "défendre l'environnement ne peut passer que par une meilleure vie pour les humains et une réelle appréciation de celle-ci." Oui, d'accord, mais que signifie cette phrase, et surtout que signifie la référence à Cousteau, ennemi de l'humanité ?
2- "un mode de vie traditionnel est "écologique" par nature." Ah bon, vraiment ? Comme l'écobuage ? Comme se chauffer au bois et réduire la forêt française à presque rien au XVIIIe siècle ?
3- "bâtir une contre-société réellement autonome et autosuffisante est notre seule chance face à la civilisation actuelle." Peut-être, mais une "contre-société" devrait surtout exister dans les têtes, pas spécialement dans les champs. Sans vouloir être cruel, je considère que les partisans de la fuite hors des villes sont essentiellement de deux types : ceux qui ne supportent plus l'invasion ethnique et qui le disent, et ceux qui ne supportent plus l'invasion ethnique mais qui n'osent pas l'avouer. On me permettra de préférer les premiers, qui ont le mérite de la franchise.
4- "seuls des hommes libres et responsables peuvent être sincèrement et totalement des cathos." Remplacez "cathos" par "citoyens", "républicains" ou "francs-maçons", et vous comprendrez peut-être où je veux en venir : on peut être chrétien en étant handicapé mental donc irresponsable, en étant enfant donc irresponsable, en étant esclave donc non libre. Pour être chrétien, il n'y a pas de sélection à l'entrée, et d'ailleurs le but n'est pas de s'élever (autrement que spirituellement, s'entend).
Bref, un commentaire consternant. Je ne serais qu'à moitié surpris que son auteur soit le même Emmanuel Mauger engagé au Forum des Républicains Sociaux, en d'autres termes le fan club de Christine Boutin, la femme qui pense qu'il y a trop de gens derrière les barreaux.

Écrit par : denis l. | 25/06/2007

Voilà une réponse bien française, donc stérile... Oups, je dérape dès le début, sorry old chap!

I- denis I., je n'apprécie pas du tt votre ton, qui ne consiste qu'à dénigrer et à accuser, sans bcp de démonstrations (vous êtes certainement au dessus de cela; votre méthode est très marxiste : amalgames, affirmations, mensonges et un petit coup de raccourci "dialectique" à la fin).

II- réponse:
1- Cousteau l'ennemi de l'humanité... je ne sais; réaliste certainement. À moins d'un aveuglement à faire frémir il serait bien impossible de considérer que les développements de populations humaines sur la surface du globe sont ingérables, et surtout impossibles à assumer à notre petite planète.
Pourquoi ne réagir que sur le négatif, pourquoi casser, pour vous rassurer?
Et Hainard? Et Seymour? Et Goldsmith? Et Berry? Et Charbonneau? Et Page? Et Schumacher?
Et les cathos : Et Chojnowski? Et McCann? Et Marx (Walter John)? Et Nutting? Et Mgr Williamson? Et Dreher? Et Belloc? Et Chesterton? Et Lanz? Et Rope? Et Maxwell? Et Shove? Et Dey? Et Jebb? Et McQuillan?

2- Intéressant point de vue. Il me semble que les sociétés traditionnelles, ne prenont que le cas de l'Europe voulez-vous, ce sont maintenues sans trop de mal pendant des siècles, alors que la société du Progrès a tt mangé en qq décennies...
Pour le chauffage au bois, vous avouerez qu'une bonne gestion des ressources semble relativement à notre portée. Au début de ce siècle, la forêt de France ne jamais mieux portée depuis des siècles (en surface, est entendu). Et les capacités énormes des bosquets, haies, etc. sont ignorées...
Le bois en brûlant produit des déchets recyclables tant qu'il y a des bois vivants afin de le faire.

3- a- La contre-société qui existe surtout dans les têtes, je l'ai encore fréquentée hier : elle me fait froid dans le dos! Des petits vieux stériles, certains très jeunes rassurez-vous, avec des phrases superbes plein la bouche : théologie, théories, hypothèses, "on va voir ce que l'on va voir", "il faut y aller", etc.
Ignorance crasse de la doctrine sociale de l'Église, de ses enseignements sociaux et économiques, et de leurs significations concrètes, et donc, et enfin, de leurs applications dans la vie de tout les jours (des petits riens qui pourraient changer bcp, car nous sommes encore qq uns!).
b- Voilà du grain pour votre conception des partisans du retour à la terre (et non de "la fuite hors des villes"): avec mon épouse, lorsque nous avons pris cette décision nous vivions dans des villes très accueillantes, à l'étranger, ou l'invasion ethnique ne se faisait vraiment pas sentir. Désolé!
C'est de notre part un choix autre : refus de l'anonymat, refus de la fuite hors du voisinage (avec ce que cela peut avoir de pesant), refus de la fuite hors de la vie, refus de la course pour tout, pour fuir la réalité vraie, celle de la Vie (avec ces difficultés, ces soucis, certes mais également sa qualité : nous savons ce que nous mangeons, comment nous nous chaufons, et ce qu'il en coûte de travail réel).
Je vous le retourne, avec à votre dispositions des références (cf., plus haut) et développements qd vous le souhaitez : les gens de la ville sont les lâches, les fuyants, les noyés dans la masse de l'anonymat, de l'irresponsabilité individuelle et collective, la fuite en avant perpetuelle, etc. Et la société des villes représente le règne du Malin parfait pour ces raisons entre autres.
Quand à votre invasion ethnique, elle ne s'y trompe pas : elle envahit principalement les villes...

4- Ttes mes excuses, je me suis mal exprimé certainement. À mon humble avis, et d'après les enseignemants sociaux de l'Église, et les enseignements du passé, l'idéal catho réside dans une société principalement constituée d'hommes libres et maîtres chez eux. Ce qui veut donc dire de gens maîtrisant leur nourriture, leur chauffage, leur énergie, leur toît, l'éducation et l'instruction de leurs enfants, etc. Construit autour des rythmes de la Création, artisans, paysans en étant la colonne vertébrale.
Mais bien sûr, il vaut mieux "s'élever spirituellement", c'est mieux en société, surtout urbaine, mon cher.

Je vous passe votre démonstration de petit bolchévique patenté de la fin...

Amicales salutations à tous,

Emmanuel Mauger.

Écrit par : Emmanuel Mauger | 25/06/2007

Cher Robert,
Où donc sont mes "mensonges" ? Et pour ce qui est de mon "ton", que voulez-vous, vos thèses appellent le sarcasme.
1 Je réagis sur Cousteau (l'ancien combattant devenu ennemi de la force de frappe française, qui voyait "dans l'excessive population humaine le principal obstacle à la sauvegarde des espèces animales et végétales") parce que vous le citez : ce devrait être facile à comprendre, non? Que vous soyez capable de lister quinze noms d'auteurs ne constitue pas une réponse.
2 "La société du progrès a tout mangé" (...) "la forêt de France ne s'est jamais mieux portée depuis des siècles". Il faut choisir ! Pour ma part, je trouve votre première affirmation ridicule, la seconde étant en revanche exacte.
3 "La société des villes représente le règne du Malin parfait" : tout en nuances le Robert. Si nous parlons français, il n'y a donc rien de bon dans les villes. Les campagnes, en revanche, c'est super : pollutions agricoles, maltraitance animale de masse et dépendance aux subventions (version moderne), commérages, incestes et euthanasie des poids morts (version traditionnelle). Mais bon, tant que les commérages sont rapportés pour avis à Monsieur le Curé, que le fruit des incestes est avorté discrètement, et que la grand-mère grabataire s'étouffe dans son sommeil, tout va bien...
4 L'idéal catho se construit autour d'une colonne vertébrale d'artisans et de paysans ? Ce doit être pour cela que les églises sont vides, alors. L'idée que cette fantaisie soit intégralement dépourvue de fondement évangélique, comme celle que les écrits du Magistère semblant aller dans ce sens, soient profondément datés, non, ces idées ne vous effleurent pas.
5 Comment arriver à discréditer l'écologie par les remugles de sacristie XIXe, et simultanément à ringardiser la Foi par des obsessions terriennes passéistes ? C'est possible, puisque vous y arrivez. Mais le malthusianisme catho, il fallait l'inventer, alors bravo l'artiste.
6 Et à propos de bravo l'artiste, applaudissez Christine Boutin de ma part. Notoriété acquise par un petit scandale lors de la crise du PACS, le positionnement trop à droite savamment corrigé, pendant des années, par des prosternations régulières devant les vaches sacrées de la gauche ("il y a trop de gens en prison en France", "il faut augmenter les transferts sociaux" et j'en passe) - au fait, Robert, qui c'est le plus bolchévique, de Christine ou de moi ? - et hop : un Ministère !
Et c'est ainsi que la France fut sauvée. En attendant mieux : que Robert sauve la planète à coups de ruralisme artisanal.

Écrit par : denis l. | 25/06/2007

Bonjour de nouveau à tous, même le denis I.,

Je me connectais de nouveau afin de préciser que le "retour à la terre" n'est pas obligatoirement synonyme de retour à la campagne.
En effet, c'est un des gros avantages du livre de Seymour, le retour à une vie saine, proche des rythmes de la nature, et donc de la Création peut parfaitement s'envisager en ville. Les jardins familliaux, les jardins très productifs sur de petites surfaces (dans un jardin modeste en surface) , ou même sur des balcons sont parfaitement envisageables et rentables. Idem pour les basse-cour, mais terrain minimum requis.
Se chauffer, ou se refroidir, de manières les moins polluantes possibles également.
Etc.
La décroissance est possible, vivre plus sainement pour nous et pour le reste de la Vie sur terre également. Des petits riens, un peu plus tous les jours, et des progrès énormes peuvent être faits!

Pour le gâs denis I.: je ne réponds qu'à ce qui me semble pouvoir intéresser les autres lecteurs (vos attaques personnelles et vos insultes gratuites, car vous n'êtes capable que de celà!, je vous les laisse).

Pour vos mensonges, amalgames et raccourcis pseudo dialectiques, votre bolchévisme de pensée évident, cf. les ouvrages qui sortent là dessus. J'ai été assez clair sur votre méthode dans premier mèl.

1- Pour Cousteau, laissons tomber : non la planète et sa biodiversité ne sont pas menacées par la surpopulation humaine, non l'arme nucléaire n'est pas un danger délirant. De pareilles évidences, excusez-moi, j'étais distrait.

Pour le reste, malheureusement, ce ne sont pas MES thèses... mais bien celles de l'Église catholique romaine dans le domaine... cf. propos sur ignorance crasse du peuple catho français dans "post" précédent. Pour les références, je vous en ai cité de nombreuses, ttes du XX et du XXIème siècle.
C'est un minimum de citer ses réfs. Mon but n'est pas de vous en ficher plein la tête, mais de tenter de vous intéresser.

2- Là encore, ttes mes excuses, tt va bien. Plein de ressources, pas de pollutions, TVB, RAS. Continuons!

3- Là encore, je ne fais que transmettre l'opinion de l'Église et de nombreux penseurs cathos... mais c'est également mon opinion profonde et ceci sans jugement de valeur sur les gens concernés par ce phénomène social.
Votre vision du monde rural est désopillante, très bourgeoisie éclairée, très misérabiliste, très marxiste, très progressiste, très XIXème! Et très Bobo, tt à la fois. Exquis! Ah, pauvres bouseux baignés dans l'obscurantisme... là, le Bolche pointe à nouveau furieusement son petit nez...
Je vous passe le fait que là où cela vous arrange les résultats du Progrès c'est mal car c'est bouseux...
REDNECK and PROUD of it all!

4- Pour tt cela, cf. réfs déjà citées. Et, pour rire, NSJC était un rural, fils et lui-même artisan, et c'est à la ville qu'ils Lui ont fait des misères...

5- "passéiste", "ringard"... tjs ce progressisme marxiste dans votre propos, Ah! les Lumières! C'est un peu lassant.

6- ...? Vous êtes bête ou vous le faîtes exprès?
Pour votre culture générale, la Christine Boutin qui hante vos fantasmes me parait plutôt être à ranger dans la catégories des "idiots utiles", cf. Trosky et Lénine (que vous avez certainement lus et compris...).

Bonne lecture.

Amicalement à tous,

Emmanuel Mauger.

Écrit par : Emmanuel Mauger | 25/06/2007

Cher Robert,
Où sont donc mes insultes ? (alors qu'"ignorance crasse", "bolche", "bobo", "bête", etc, sont des compliments, je suppose)
1 Donner une liste de noms n'est pas donner des "références"... J'émets les plus extrêmes doutes (et je suis poli) sur le fait que, au hasard, Chesterton ou Mgr Williamson aient fait état de la nécessité de réduire le nombre d'humains sur la surface de la terre, ce que Cousteau a exprimé clairement et souvent (et qui était la raison de mon étonnement). Le malthusianisme catho, c'est une contradiction dans les termes.
2 Où ai-je dit que "tout va bien" ? J'ai seulement contesté votre affirmation selon laquelle "la société du progrès a tout mangé". C'est vous qui prêtez des propos imaginaires à votre contradicteur, et vous seul.
3 "La société des villes représente le règne du Malin parfait". En réponse à ce propos, disons... exalté, je me suis contenté de pointer du doigt a° votre excès de langage b° le fait que la campagne, ce n'est pas tout rose non plus. C'est tout. Moi je ne suis pas expert en "perfection" du Malin. Mais j'irai maintenant plus loin. C'est une idée abominable que celle voulant que les habitants de la campagne soient, pour résumer, plus "sains" et ceux de la ville, forcément... moins sains. On retrouve cela dans l'imaginaire nazi (le cinéma et la peinture en particulier), ainsi que dans certaines variantes du communisme (maoïste, khmer, sendériste, etc). Que certains penseurs catholiques, lors d'époques troublées semant le doute (chez les plus faibles) quant à l'avenir de l'Eglise au sein d'une société en mutation, aient exprimé une certaine nostalgie, cela est indéniable ; hélas, quelques-uns ont prétendu faire système là-dessus. Le plus charitable que l'on puisse faire est de les considérer comme datés, et d'agir comme l'Eglise l'a fait depuis l'origine du christianisme : s'adapter, sans laisser le dogme se corrompre. L'Eglise a été Eglise sous l'Empire romain, sous le féodalisme, sous la modernité libérale ou social-démocrate. Elle est au-dessus de cela. Et elle ne prescrit, même indirectement, à personne, ni un genre d'habitat, ni un type de profession. Elle prêche simplicité et sobriété, mais on n'avait attendu ni le concept de décroissance, ni la doctrine Robertiste, pour le savoir et même parfois le mettre en pratique...
4 Vous sélectionnez certains écrits romains, d'une certaine époque. C'est votre droit de le faire, c'est mon droit de ne pas respecter cette méthode et de le dire. La "doctrine sociale de l'Eglise" n'est pas affaire de dogme (elle est donc "en option", Dieu soit loué), et au cas où vous l'ignoreriez, elle a évolué, et
il faut prier pour qu'elle évolue encore plus vite, car elle est largement, hélas, "irrelevant" (vous aimez écrire en anglais, je crois, mais naturellement pas pour impressionner qui que ce soit).
5 "ringardiser" la foi ? Oui, je maintiens (car nous ne reviendrons pas, ne vous en déplaise, à une société à dominante rurale ni à une économie à dominante agraire/artisanale), et j'ajoute pour être plus précis, que vous marginalisez et ridiculisez la foi chrétienne. Le fond de ma pensée - et de ma colère - est là. Votre colère à vous relève de l'ego froissé, et ne génèrera que peu de compassion en moi. Vous aimez la nature, moi aussi. La différence est que je ne me sens pas le droit de faire système autour d'un goût, et moins encore celui de convoquer Dieu et d'impliquer l'Eglise dans cette affaire.
Je vous invite à méditer sur ce que l'on risque à se placer sous le patronage d'un abominable personnage comme P.-Y. Cousteau, féroce homme d'affaires, à l'ego hypertrophié, anti-patriote, partisan du malthusianisme et de l'euthanasie, à la vie maritale et familiale déplorable, procédurier, truqueur de plus d'un reportage (fort beau néanmoins, comme tous ses reportages, j'en suis sûr).
Et pour terminer sur une note plus légère, je vous présente mes excuses les plus plates si vous n'êtes pas le Robert Mauger cadre local du groupuscule Boutiniste. J'ai bien dit : "si"...
Au plaisir de ne plus vous lire, car nous en sommes à trois commentaires partout, donc égalité (quantitative, s'entend), et nous risquerions de lasser l'excellent Philippe Maxence et son lectorat, n'est-ce pas ?

Écrit par : denis l. | 25/06/2007

Et aussi : www.terrevivante.org et son excellent magazine Les 4 Saisons du Jardinage qui aborde bien des sujets autres que ceux du jardin : maison, santé, alimentation, écologie, énergies, etc. Tout simplement passionnant et très très pratique!

Emmanuel Mauger.

Écrit par : emmanuel Mauger | 26/06/2007

En effet, certains commentaires sont très lassants pour les lecteurs.

Mais bravo à Emmanuel Mauger (pourquoi Robert, d'ailleurs ?) pour ses excellentes démonstrations et les non moins bonnes références qu'il donne ici.

Continuez !

Écrit par : JG | 27/06/2007

Inventeurs du malthusianisme catho, sectateurs du boutinisme rural, moussaillons du commandant Cousteau, détourneurs de Chesterton... et surtout potes à Robert, pardon à Manu, bonjour !

Oui, au fait, pourquoi Robert ? J'imagine qu'au plus fort de ma sainte colère, une mauvaise connexion neuronale a dû ponctuellement s'opérer. C'est regrettable, mais du moins dans mon cas était-ce passager. Je suppose que mes neurones étaient imprégnés de la notoriété de Robert Mauger. Celui des deux qui laissera une trace dans l'histoire ( http://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Mauger ). Celui des deux qui a opté pour la Résistance, et non pour un néo-pétainisme de pacotille. Pardon à lui, il ne méritait pas ça.

Et pour ma part, je me refuse à convoquer mes amis pour générer un semblant de soutien populaire dans ce débat.

Écrit par : denis l. | 27/06/2007

Au paranoïaque sévissant sous le nom de Denis I. :

1. Pour Robert Mauger, vous voulez parler du rad-soc qui vota les pleins pouvoirs à Pétain, c'est bien ça ?

2. Vu le taux lapinique de reproduction de ma famille, je fais partie de tout, sauf du malthusianisme catho.

3. Je ne suis pas un ami d'Emmanuel Mauger (mais j'aimerais bien) : jamais vu, jamais entendu parler auparavant.

4. Au fait, c'est quoi votre problème ?

Écrit par : JG | 27/06/2007

1. Extrait du commentaire de JG : "Pour Robert Mauger, vous voulez parler du rad-soc qui vota les pleins pouvoirs à Pétain, c'est bien ça ?"
1 bis. Extrait de la notice biographique de Robert Mauger : "Le 10 juillet 1940, il vote contre les pleins pouvoirs à Philippe Pétain. Il s'engage dans la Résistance et rejoint le réseau Buckmaster. Après le démantèlement de celui-ci, Robert Mauger rejoint Libération Nord. Il dirige le comité départemental de Libération en août 1944. En 1944-1945, il appartient à l'Assemblée consultative provisoire."
1 ter. Sans commentaire...
2. Je me contrefiche de votre famille. Vous soutenez quelqu'un qui se place sous le patronage d'un partisan du malthusianisme (et partisan d'une politique active de réduction de la population humaine), le commandant Cousteau, et qui ose se draper dans la mention d'une liste de noms d'auteurs catholiques !
3. Les lecteurs apprécieront la vraisemblance de cette affirmation. Le point 1 dit ce qu'il y a à dire de votre crédibilité. Admettons, pour le sport, qu'elle soit exacte. En ce cas vous n'auriez même pas la pauvre excuse de l'amitié...
4. Comme dit clairement dans des commentaires précédents, mon problème ce sont les gens qui détournent le catholicisme au profit de leurs obsessions personnelles (et contribuent à le marginaliser plus encore), qui ne supportent pas la contradiction, et qui insultent. La liste (partielle) des insultes de Robert, pardon d'Emmanuel, est postée plus haut - la liste de ses réponses à mes critiques précises, par contraste, se résumant à zéro. Vous venez d'ajouter à ces insultes le mot "paranoïaque". Même procédé. Une coïncidence, probablement.

Écrit par : denis l. | 27/06/2007

La discussion tournant à la foire et aux invectives, je propose que l'on en reste là. L'expérience de ce blogue a montré que personne ne sort au mieux de ce genre d'échange. Donc, merci d'arrêter. Personne n'est obligé de lire ce blogue, ni d'être d'accord avec ses positions, ses réflexions, ses préférences et ses défauts.

Écrit par : Philippe Maxence | 27/06/2007

Une dernière chose, à Denis I. : "...un abominable personnage comme P.-Y. Cousteau..."

Vous voulez dire Jacques-Yves Cousteau sans doute, et non Pierre-Antoine, le collabo ?

Écrit par : JG | 27/06/2007

@ JG : merci de me permettre de corriger mon erreur. Le Cousteau que j'avais en tête était évidemment Jacques-Yves. Nul n'étant responsable de son frère (et ledit frère ayant payé sa dette à la société), je m'étais abstenu d'ajouter la collaboration de Pierre-Antoine à la si longue liste des péchés de l'abominable homme des mers.

@ au maître des lieux : merci de votre intervention. Ce commentaire sera mon dernier, et j'obtempère avec d'autant plus de facilité, que j'avais proposé d'en rester là après le sixième commentaire. Au passage, j'admets bien volontiers que j'aurais dû mieux contrôler ma colère. J'ajoute que j'ai essentiellement de la sympathie pour le livre qui était l'objet originel de votre post, et même, à quelques réserves près, pour la revue signalée ensuite par Emmanuel Mauger.

Écrit par : denis l. | 27/06/2007

Désolé pour tt cela sur votre blogue, c'est ma faute en grande partie : je n'aurais jms dû répondre au second message du denis.

Ttes mes excuses si je ne suis pas tjs clair ou un peu abrupte (énoncer des faits, est, en France à l'heure actuelle, pris pour donner son opinion ou un jugement de valeur, ce qui n'est pas tjs mon intention). Je serai ravi d'apporter tt renseignement supplémentaire.

Sinon, dans le même sujet qu'initialement, càd, le livre de Seymour, je suis preneur de ttes infos sur des équivalents français; ainsi que sur les cathos, conservateurs, ou réactionnaires (ou autres!) pronant le "retour à la terre".
Ce qui ne veut pas dire qu'il faut tous être paysans et artisans à la campagne, comme je l'ai déjà fait remarquer, mais s'en inspirer (autonomie alimentaire, énergétique, éducationnelle, etc.) dans sa vie quotidienne ("smallholding" anglosaxon, intraduisible : exploitation familiale autarcique au maximum et à but uniquement familial et autarcique).
Intraduisible également le "redneck" : bouseux mais il y a dedans une référence à une musique, des danses, une littérature, une nourriture, des sports, une façon de vivre et de penser ruraux et vécus, populaires. Ce qui est inexistant en France actuellement... Là, je m'égare du sujet principal.

Bien amicalement à tous.

Écrit par : Emmanuel Mauger | 27/06/2007

Merci pour ce billet, je ne sais que dire si ce n'est que j'ai adoré vous lire. Auriez-vous des forums ou blogs à me recommander ?

Écrit par : graine | 16/03/2010

Super conseil, je reviendrai régulièrement vous lire. J'vais quand même avoir besoin d'un peu de temps pour bien assimiler le tout.

Écrit par : bricolage | 16/03/2010

pour moi la question ne se pose pas, depuis tout petit je fuis les villes et je ne m'en porte que mieux
la qualité de vie est nettement meilleure

Écrit par : degustation vin | 22/03/2011

Super conseil, je reviendrai régulièrement vous lire. J'vais quand même avoir besoin d'un peu de temps pour bien assimiler le tout.

Écrit par : bobo choses | 04/07/2011

Merci au deux cons pour leurs commentaires de merde complétement inintéressants et qui gâche la lecture de cet article

Écrit par : jo | 12/07/2011

@ Jo : L'un des deux vous remercie de votre contribution hautement constructive malgré quelques dérapages lexicaux et une faiblesse du côté de la conjugaison.

Au sujet des commentaires par vous visés, j'ai tout de même la faiblesse de croire qu'il y avait un peu de contenu au-delà des invectives. Notamment sur l'étonnant phénomène d'un malthusianisme se prétendant catholique.

Merci de prier pour Emmanuel Mauger et pour votre serviteur.

Bonne journée à vous.

Écrit par : denis l. | 12/07/2011

... Push Up ! @ le deux pièces cuisine, le blanc-mesnil sur votre Myspace, Facebook. ... Betty Seymour chante en français des chansons engagées et festives. ...

Écrit par : Yporqué | 27/07/2011

Waw, j'adore votre blog, merci de partager ces idées et notez en 1er lieu que je "plussoie" moi aussi entièrement ce point de vue. Permettez-moi d'insister, oui votre site est vraiment bien bon, et spécialement pour les néophytes.

Écrit par : poele bouilleur | 19/08/2011

Super conseil, je reviendrai régulièrement vous lire. J'vais quand même avoir besoin d'un peu de temps pour bien assimiler le tout

Écrit par : organiser vacances | 30/06/2012

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