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Télévision : la mise en garde

Une étude publiée lundi aux États-Unis dans le Journal of the American Medical Association's Archives of Pediatrics and Adolescent Medicine révèle qu’environ 40% des bébés de 3 mois et 90% des enfants de 2 ans regardent régulièrement la télévision. La plupart des enfants américains commenceraient à regarder le petit écran vers l'âge de 9 mois.
Menée auprès de 1009 familles en février 2006, cette étude montre qu’à 3 mois, les bébés regardent la télévision une heure par jour en moyenne. À 2 ans, cette moyenne atteint deux heures et demie.
Selon le principal auteur de cette étude, Frederick Zimmerman de l'Université de l'État de Washington, il est clair pourtant que regarder la télévision avant l’âge de deux ans et demi est néfaste pour le développement cérébral.
La même revue publie également une autre étude qui porte sur les adolescents et la télévision. Cette enquête montrerait que les adolescents trop assidus au petit écran sont sujets plus que les autres à des troubles du comportement, à des difficultés d'attention et ont tendance à s'ennuyer à l'école.

Pourquoi cette place de la télévision dans la vie des tout-petits ? Tout simplement parce qu’elle sert de garde-bébé. Un « baby-sitter » bien pratique, car jamais malade, toujours disponible, de bonne humeur et qui, surtout, n’entraîne aucun coût supplémentaire. Pour les parents, sortir (qui est parfois bien nécessaire pour bien s’occuper ensuite de ses enfants) entraîne des frais. Dont la charge de la garde d’enfants. La télévision est un recours facile. C’est pourquoi 21 % des parents américains avouent confier leurs enfants âgés de deux à vingt-quatre mois au petit écran.

La France n’est pas en reste. En moyenne, un adulte passe trois heures vingt-six minutes devant l’écran. Les enfants passent en moyenne 2 heures et 6 minutes devant la télévision chaque jour entre 4 et 14 ans (chiffres 2006, selon les données de Médiamétrie).

Selon un article du Dr Aric Sigman paru dans la revue scientifique Biologist (février 2007) et reposant sur l’analyse de trente-cinq études scientifiques publiées à ce sujet, plusieurs effets indésirables de la télévision ont été recensés, faisant du petit écran « le plus grand scandale sanitaire méconnu de notre temps ». D’autant plus scandaleux qu’il touche des enfants et des adolescents et qu’il est lié également à de gros intérêts financiers.

Parmi les effets indésirables de la télévision relevé par le docteur Aric Sigman :

- Obésité liée au manque d'exercice physique
- Dérèglement hormonal
- Système immunitaire diminué
- Puberté plus précoce
- Troubles du sommeil
- Autisme à cause du manque d'interaction sociale
- Problèmes de concentration
- Hausse du risque de diabète de type 2
- Manque de concentration
- Difficultés à lire à cause du manque de stimulation intellectuelle
- Hausse du cholestérol liée à l'inactivité
- Métabolisme ralenti par la position assise ou allongée
- Problèmes de vue à force de fixer l'écran
- Augmentation du risque de maladie d'Alzheimer


Face à ce problème, que faire ?

– Renoncer progressivement à la télévision pour soi-même, ou, en tous, les cas, s’imposer une véritable ascèse. Progressivement, veut dire qu’à terme on accepte de ne plus la voir, sauf dans des cas très précis et bien encadré. S’imposer, au moins un jour bien précis, le « jeûne » télévisuel proposé par le pape Jean-Paul II: « Dans combien de familles le téléviseur semble remplacer le dialogue. Un certain ‘jeûne’, dans ce domaine aussi, peut être salutaire, soit pour consacrer davantage de temps à la réflexion et à la prière, soit pour cultiver les rapports humains » (10 mars 1996).
– En renonçant, remplacer. En profiter pour renouer avec des amis, organiser des soirées de détente (jeux de société, lecture à voix haute, musique, etc.…). La télévision habituellement éloigne des autres. En profiter pour recréer ce qu’on appelle aujourd’hui du lien social et d’abord du lien familial.
– Préférer la sortie au cinéma, malgré la dépense, à la télévision.
– Préférer la lecture, accessible à tous (bibliothèque) et si possible le jardin qui détend et entretien la forme physique.
– En profiter pour prier : prière en famille, chapelet, récitation de l'Office, etc.
– Pour les parents, décider en commun de ne plus jamais confier son enfant à la télévision. Se retrouver entre époux est nécessaire, donc sacrifier autre chose pour pouvoir payer la garde d’enfant (soit en monnaie, soit par un système d’échange de service ou de bien). La santé de l’enfant d’abord. Lui donner le goût de la lecture très tôt. Un enfant qui lit est un enfant heureux. Son imagination est active et non pas passive comme devant une scène de télévision.
– Il existe certainement mille autres idées pour sortir de cette véritable « dépendance » et retrouver une vraie liberté physique et morale.



Documents (non exhaustif) :

Discours de Benoît XVI aux participants de l’Assemblée plénière du Conseil pontifical pour les communications sociales (9 mars 2007).[ici]
 
Message de Benoît XVI pour la 41ème Journée mondiale des Communications sociales. []
 
Télévision et style de vie : extrait de l’encyclique de Jean-Paul II, Familiaris consortio. [Television_et_style_de_vie.doc)

Méditation du Père Raniero Cantalamessa OFM Cap, prédicateur de la Maison pontificale [Cantalamessa_.doc]

Commentaires

  • Bravo pour cet article.

    Les deux dernières fois que j'ai regardé la télévision furent le 4 mai 2007 et le 11 septembre 2001.

    Cordialement

  • Beaucoup de familles ou de célibataires ont renoncé à la TV. Quand il y a vraiment qqch "à voir" on va chez les uns ou les autres, c'est une occasion de frapper chez le voisin etc... Pour ma part je regarde quelques séquences choisies de temps en temps sur internet... J'ai le même état d'esprit avec les jeux vidéos : interdits chez moi je laisse mes enfants le découvrir chez les autres tout en gardant un oeil...

  • Merci de nous rappeler le danger permanent du petit écran qui n'a plus sa place dans notre maison depuis plusieurs années.
    Conséquence : en couple nous avons le temps de discuter tous les soirs. Les enfants sont préservés et ne risquent pas de visionner des images imorales (il y en a à toute heure de la journée) et ne connaissent pas l'agression permanente de la publicité.
    Cela ne les empêche pas de visionner de temps en temps un DVD, choisi par les parents sur l'ordinateur familial...

  • La difficulté en renonçant à la TV chez soit (a mon avis la meilleure solution, et en réalité un renoncement pour des choses bien meilleures) c'est que les enfants n'ont plus les pseudo références culturelles pour s'integrer à l'école. Il en va de même pour les jeux vidéos. Il faut sans doute éduquer ses enfants dans l'idée (voir le site immédiatement) que être chrétien aujourd'hui c'est aussi être un résistant culturel... qu'il y faut du courage, mais que c'est aussi plein de joies et de richesses...

  • Bonjour,

    De plus en plus de jeunes couples renoncent à la TV. Elle n'est plus la"référence" culturelle pour beaucoup et n'offre que peu d'intérêt pour beaucoup. Internet devient de plus en plus le moyen d'information au détriment de la TV qui à force de vulgariser devient de plus en plus vulgaire.

    Servus !

    KTOvox

  • Cher Philippe Maxence je voudrais vous contacter concernant cet article. Quelle est votre adresse?
    Merci

  • Bonjour à tous,

    Merci de votre visite sur KTOvox

    KTOvox

  • Bonjour,
    Commentaire poster sur le Salon Beige à la suite de ce même article.

    Après lecture des commentaires et pour commencer, puisqu’il faut bien commencer, je rappellerai que la télévision est un média dans son sens premier, puis un « médiator » (entre). C’est donc un outil qui transmet une information…

    Il ne faut donc pas confondre le contenu et le contenant.
    Pour le contenu, il y a de tout comme partout (des chefs d’œuvres et des merdes), mais l’on a la télévision que l’on mérite.

    Pour le contenant, puisque le vrai sujet de départ se trouve ici, le reproche qui lui est fait est sans doute la grande passivité qu’il autorise.
    À la différence du livre ou même d’Internet, qui pourrait lui être assimilé, la télévision ne demande aucun effort.
    Le danger se trouve là.
    Passivité physique et la passivité intellectuelle en font un média doublement nocif s’il est mal« consommé ».
    Cette passivité intellectuelle facilite la diffusion de contenus qui sont parfois contestables pour ne pas dire quelques fois de l’ordre de la propagande.
    Comme pour tous nos sens, il convient d’être vigilant et de forger nos propres opinions.
    Cependant la télévision est aussi un outil d’éducation de diffusion de la connaissance et - ou de divertissement, mais il n’est rien sans le téléspectateur !

    Arrêtons d’incriminer un « objet inerte » alors que le véritable coupable n’est que notre propre personne.

    Tout comme l’argent qui peut être un mauvais maître ou un bon serviteur, c’est NOTRE choix et non l’inverse!

    Hormis le problème des personnes âgées (impotentes), je serais plus critique quant à ce qu’écrit Denis Merlin. Dire que l’on garde un lien social avec la réalité me semble faux.
    Bien au contraire, la télévision enferme l’individu sur lui-même et casse le tissu familial.
    La télévision donne l’illusion de partage. Ce n’est pas par ce que vous dînez le soir avec le présentateur du 20H que vous devenez son intime. Ce n’est pas parce que vous vibrez avec des acteurs ou des joueurs de football que vous êtes moins seul. La télévision isole de notre entourage.
    Elle est surtout tellement gratifiante pour notre ego. Pas de discussion, pas contestation, pas de jugement, pas de compétition ou de rivalité avec les autres. La télévision repose notre conscience par l’absence de remise en cause de notre personne, vis-à-vis de nous-même comme des autres…

    La télévision est une sorte de médicament. À certaines doses, elle peut agir de façon bénéfique mais à d’autres, être destructrice.

    Les pauvres, dont parle Denis Merlin, ont encore un toit et peuvent payer le téléviseur et la redevance. Qu’advient-il alors de ceux qui ne peuvent acquérir ce « bien culturelle consommable » ?
    «… chez les chômeurs on ne sort plus à partir du 15 du mois » ?
    Je travaille et si je sors une fois par mois c’est déjà pas mal…
    Pour garder le lien avec le monde, je vis tout simplement comme tout le monde.
    Mais au monde virtuel, je préfère celui du réel.

    La télévision n’est rien. Elle n’agit pas, ne pense pas. Elle n’est pas douée d’intelligence. Elle ne peut donc être coupable.

    Pour connaître son ennemi ou la nocivité d'un objet il vaut mieux cependant le côtoyer ou en connaître l'usage.

    Nous avons toujours notre libre-arbitre et un bouton pour allumer et - ou éteindre cet objet, sujet passionnel.

    Courtoisement

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