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20/04/2007

L'humeur de Pasquin sur les élections

Pasquin* est un collaborateur de L'Homme Nouveau (ici). Exceptionnellement, je mets en ligne son "Humeur" qui paraitra dans le prochain numéro du journal que nous venons de boucler.

Ce soir ou demain, je mettrai aussi en téléchargement la Tribune libre du philosophe Thibaud Collin, à paraître dans notre prochain numéro, réflexions liées aussi aux élections.

Attention : la chronique de Pasquin n'est pas un article de théologie, mais une "humeur", un "coup de gueule", genre journalistique en soi et qui a le mérite de tenter de sortir du ron-ron facile. Bien sûr, on aime ou on n'aime pas. Mais comme on dit : si vous n'aimez pas , n'en dégoutez pas les autres.  Nous, à L'Homme Nouveau, on aime.
Voici donc la colère de Pasquin** au sujet du :

 

Moindre mal
De grâce, épargne-nous ta pensée spi-confortable ; cesse de nous « bassiner » avec cette aberration christo-mondaine de moindre mal. Comme si le bien, le mal se choisissaient au rayon crémerie. Après le beurre sans cholestérol, il y aurait un mal allégé, un mal à 20 pour cent de matière peccamineuse, plus ou moins light à choisir selon la situation ou l’état de ton âme ? « J’ai un mortel et deux véniels sur la conscience ! Cette semaine c’est moindre mal tous les jours. Période d’élection ?
Un candidat ne respecte pas le droit à la vie mais promet du mieux pour mon portefeuille d’actions ? Allez, un petit moindre mal, ça ne peut pas être mauvais ! »
Il y a la bière sans alcool et le café décaféiné, toi tu nous inventes le mal sans péché ou le péché sans mal, à la fois bon pour le moral et pas mauvais pour l’âme, à vendre en épicerie fine, avec comme slogan : « Moindre mal, le mal qui libère la pulsion sans abîmer l’âme ». Ton concept fait rire jusqu’en Paradis ! Comme si saint Paul et Marie-Madeleine avaient agi façon sucrette.
Imagine Pierre déguiser sa trahison par des « c’était plus prudent », « étant donné la conjoncture », « peut-on aujourd’hui se permettre de », « s’afficher aurait fait plus de mal que de bien ». Si au moins, ton moindre mal était un péché mignon, si tu le regardais avec gourmandise, on pourrait comprendre… mais tu ne veux pas qu’on puisse croire que tu prennes plaisir au mal, même moindre. Alors tu ajoutes, sortie de ton arsenal de gagne-petit du Salut, la position de victime ! Et là, tu es grandiose : « ce n’est pas que ça m’amuse », « franchement j’aimerais faire autrement mais c’est pas possible », « c’est désespérant, mais on est obligé de faire comme ça », « si on ne fait pas… ce sera encore pire, je sais, c’est triste, mais que voulez-vous ? ». Tu es peut-être parfait en petit saint tiédasse, mais tu te trompes car « il est toujours et en toute circonstance possible de faire le bien, (…) personne sans exception n’est jamais condamné à mal faire » (Jean-Paul II, Veritatis splendor).


* Selon une tradition populaire de Rome, Pasquin était un tailleur de la cour pontificale au XVe siècle qui avait son franc-parler. Sous son nom, de courts libelles satiriques et des épigrammes (pasquinades) fustigeant les travers de la société étaient placardés sur le socle d’une statue antique mutilée censée le représenter avec son compère Marforio à un angle de la Place Navona et contre le Palais Braschi.

** : ne le cherchez pas ailleurs, il n'écrit que dans L'Homme Nouveau. 

Commentaires

Nous aussi chez nous on aime bien Pasquin et sa plume cruellement ironique: il manie très bien la dérision dans ses articles et sait peindre le réalisme d'une situation avec un regard affiné qui peut à juste titre choquer nos petites habitudes bourgeoises et mondaines...
Je suis d'ailleurs intimement persuadée que nous "cathos" ferons des progrès en matière de rayonnement lorsque nous aurons pris un peu de recul et de distanciation face à nos attitudes issues d'une bonne éducation.
Le concept de moindre mal me semble très flou et je suis assez ignorante en la matière mais prétendre voter Sarko au nom d'un certain conservatisme économique (parce que l'on craint pour son portefeuille et ses actions), je peux le concevoir...mais voter Sarko parce qu'il se fait le hérault de l'identité nationale et des valeurs familiales m'apparaît ridicule. Quelle tête ferons-nous lorsque l'on aura Simone Veil comme ministre de la famille?

Écrit par : brunissen | 01/05/2007

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