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20/04/2007

Élections : nos valeurs ne sont pas négociables

Un catholique ne peut pas voter, en conscience, pour n'importe qui. Je n'ai aucune autorité ni compétence pour donner des consignes de vote. Mais, j'en ai un peu pour rappeler que depuis 2002 avec la Note de la Congrégation pour la doctrine de la foi sur l'engagement des catholiques en politique (ici) jusqu'aux récents et multiples discours du Saint-Père sur la question, y compris l'exhortation Sacramentum Caritatis () il y a des valeurs qui ne sont pas négociables.

La Note de 2002 rappelait qu’« aucun fidèle chrétien ne peut cependant en appeler au principe du pluralisme et de l’autonomie des laïcs en politique pour favoriser des solutions qui compromettent ou qui atténuent la sauvegarde des exigences éthiques fondamentales pour le bien commun de la société ». Parmi ces « exigences éthiques fondamentales », le texte énonçait :
– le refus de l’avortement,
– le refus de l’euthanasie,
– la protection de l’embryon humain,
– la protection de la famille monogame fondée sur le mariage entre personnes de sexe différent
– ainsi que le droit inaliénable des parents à la liberté d’éducation.
À ce sujet, on reste consterné par le silence abyssal du monde catholique en ce qui concerne la récente loi restreignant la faculté de l’école à la maison qui met en cause directement ce que l’Église considère comme une « exigence éthique fondamentale ».   

Devenu pape, Benoît XVI n’a pas changé de discours. Il l’a rappelé avec une constance qui ne doit rien au hasard. Il est fermement convaincu que si le christianisme ne doit pas être entaché par un lien privilégié avec le pouvoir séculier, il lui appartient, en revanche, d’être intraitable sur ce qui constitue l’homme comme créature divine.
Le 30 mars 2006, il rappelait ainsi, une nouvelle fois, les « principes non négociables » en politique :

– « La protection de la vie à toutes ses étapes, du premier moment de sa conception jusqu’à sa mort naturelle ;
– la reconnaissance et la promotion de la structure naturelle de la famille – comme union entre un homme et une femme fondée sur le mariage – et sa défense contre des tentatives de la rendre juridiquement équivalente à des formes d’union radicalement différentes qui, en réalité, lui portent préjudice et contribuent à sa déstabilisation, en obscurcissant son caractère spécifique et son rôle social irremplaçable ;
– la protection du droit des parents d’éduquer leurs enfants.
»

Je renvoie au Salon Beige qui présente de manière claire cette question (ici).

J'entends et je lis dans une certaine presse catholique liée aux grands groupes industriels (eux-mêmes liés à certains candidats) que nous pourrions choisir de voter pour un candidat au regard de sa personnalité et non de son programme sous prétexte que nous ne votons pas pour une loi lors de cette élection mais pour le chef de l'État.
Le sophisme qui consiste à séparer l'individu de son programme est odieux.
Il répond à d'étranges sous-entendus qui n'ont rien à voir avec l'avenir de notre pays. Nous ne sommes pas en mesure de savoir ce que vaut réellement un candidat au plan personnel. Nous ne vivons pas avec lui ni près de lui. Nous n'avons que le reflet des médias, un reflet détourné, modifié et engagé en fonction d'intérêts politiques et financiers.
Nous ne pouvons choisir qu'en fonction d'un programme.
S'il y a un vote utile, c'est le vote pour ses idées, en fonction des valeurs non négociables.

On laisse entendre qu'un candidat sélectionné dès le premier tour avec nos voix (le vote utile) pourra être influencé plus tard dans le sens catholique, sous prétexte que les catholiques auront voté majoritairement pour lui. Si ce candidat était perméable à ce que nous représentons (mais représentons-nous quelque chose ?), c'est pendant la campagne électorale qu'il aurait pris des engagements sérieux en fonction des critères catholiques. C'est avant l'élection que ce raisonnement est juste, pas après. Après il est libre. Après nos voix sont mélangées avec celles du lobby gay, avec les voix de ceux qui sont favorables à l'avortement, l'euthanasie et à la restriction de la liberté d'éducation des familles comme on l'a vu sous un gouvernement de droite avec la loi restreignant de manière totalitaire l'école à la maison. 

Si la notion de moindre mal (au sens théologique et moral) doit être appliquée, il me semble (je ne suis ni moraliste ni théologien) que cela ne peut être qu'aux candidats qui défendraient au moins une application prudente des principes avancées par le pape et non à ceux qui n'en défendent aucun. [correction apportée par Michel Janva du Salon Beige : "Sur le moindre mal, il me semble plutôt que cela s'applique au candidat qui s'appliquerait à "limiter les préjudices" (expression de JPII dans Evangelium vitae) d'un mal existant sans abroger totalement ce mal : mesures pro-vie sans abrogation de la loi Veil, ou restriction de la loi Veil à certains cas comme le viol (cf Pologne en 1993)"].

 

Nous n'avons pas à choisir entre l'"anti-culture de mort"(1) et l'"anti-culture de mort".

 

1) L'expression "anti-culture de mort" est du cardinal Ratzinger. En soi, en effet, la culture ne peut que favoriser la vie. La culture est en vue du bien et du vrai.

 

Commentaires

Pour ma part, c'est exactement de la façon que réprouve Philippe Maxence que je fais mon choix pour le premier tour.
Ainsi j'élimine d'emblée les divorcés et les concubins. Quelqu'un qui ne peut pas tenir l'engagement du mariage ne me paraît pas pouvoir tenir celui qui lie le président au peuple.
Ensuite, bien évidement, je ne voterais pas pour quelqu'un qui me détesterait, ainsi j'élimine tous les tenants de la lutte des classes, les "bouffeurs de curés", ceux qui n'aiment pas les "aristos et les bourges", ceux qui pensent que l’avenir n’appartient qu’aux métissés et ceux qui trouvent qu’il est honteux d’être français. J’arrête là l’énumération…
Enfin, je tiens compte du bon bilan, à la tête d’une région, d’un département ou d’une municipalité, que peut présenter un candidat.
En fait, il ne s’agit à aucun moment de choisir le candidat en fonction de son programme. On serait d’ailleurs bien en peine d’en trouver un vraiment original : tous veulent réduire le chômage, augmenter les revenus, une France forte, etc. La présidentielle, c’est avant tout la rencontre entre un homme et un peuple et je suis plutôt d’accord, faute de mieux.
Du coup, mon choix est assez aisé. Mon candidat est marié et père de famille, mène une vie conforme à la morale, aime la France et n’en récuse pas les racines chrétiennes, a réussi en tant que responsable politique local et semble apprécié par ses administrés.
Je comprends bien que ma façon de faire n’est pas très bonne, voire irresponsable, mais j’aimerais tant être enfin représenté par quelqu’un qui me ressemble et ne plus me sentir exilé dans mon propre pays. Je vote donc avec mes sentiments, même si quelques aspects du candidat que j’ai choisi et de son programme ne m’emballent pas.

Écrit par : Passionné | 21/04/2007

Le problème est qu'aucun candidat ne respecte les trois points essentiels.

L'extrême droite vers laquelle vous semblez pencher est elle-même en rupture avec le premier des trois points :

"La protection de la vie à toutes ses étapes, du premier moment de sa conception jusqu’à sa mort naturelle."

Il faut en effet rappeler que Jean Marie Le Pen et Philippe de Villiers sont favorables au rétablissement de la peine de mort. Si bien que l'abstention que vous méprisez si copieusement semble moins imbécile que vous l'insinuez.

De plus, être particulièrement vigilant sur ces trois points n'implique pas d'ignorer les autres.

Écrit par : Quentin | 21/04/2007

APPEL A NOS EVEQUES
Vous avez été quelques uns à porter haut et fort la parole de l'Evangile et à rappeler qu'au coeur de tout projet politique il y l'homme, son éminente dignité, créé à l'image de Dieu, l'homme à qui la société est ordonnée, l'homme au centre. Vous avez rappelé qu'il n'était pas possible de fonder une société sur la culture de mort, sur l'élimination des plus faibles, sur le massacre des innocents dans le sein de leur mère, sur la destruction programmée de la famille naturelle, sur les restrictions au droit des parents d'élever leurs enfants comme ils le souhaitent. Vous avez répété, après Jean-Paul II et Benoît XVI, qu'il n'était jamais permis de donner sa voix à un candidat dont la position personnelle était connue en faveur des graves atteintes à la vie : avortement et euthanasie.

Le second tour de l'élection présidentielle oppose deux candidats qui proposent, à des degrés différents et avec des nuances, de perservérer dans la direction prise depuis quelques années : Contrat d'union civique ou Mariage homosexuel. Absence de remise en question de la loi Veil et refus de mettre en oeuvre les mesures destinées à limiter le nombre d'avortement. Loi Vincent Humbert ou propos très ambigus sur la fin de vie. Resserrement du carcan imposé à l'Ecole libre. La cohérence et la fidélité nous imposent un rejet clair et net de ces propositions. Aucun catholique ne peut, au nom d'un "moindre mal" hypocrite, cautionner un candidat qui ne prendrait pas clairement position sur les sujets fondamentaux dont dépend l'avenir d'une société, par la regard qu'elle porte sur ses enfants.

C'est pour cela que vous, nos évêques, devez ensemble, avec courage et force, appeler à voter blanc. Pour que les Français prennent conscience qu'il existe des limites au débat politique, qu'il existe une loi plus forte que la loi positive, que tout ce qui touche à l'humanité de chacun oblige à opposer un non possumus net et tranché.

Relayons cette proposition, envoyons là à nos évêques, au nonce, à nos prêtres, à nos familles et amis !

Écrit par : François TEUTSCH | 23/04/2007

APPEL A NOS EVEQUES
Vous avez été quelques uns à porter haut et fort la parole de l'Evangile et à rappeler qu'au coeur de tout projet politique il y l'homme, son éminente dignité, créé à l'image de Dieu, l'homme à qui la société est ordonnée, l'homme au centre. Vous avez rappelé qu'il n'était pas possible de fonder une société sur la culture de mort, sur l'élimination des plus faibles, sur le massacre des innocents dans le sein de leur mère, sur la destruction programmée de la famille naturelle, sur les restrictions au droit des parents d'élever leurs enfants comme ils le souhaitent. Vous avez répété, après Jean-Paul II et Benoît XVI, qu'il n'était jamais permis de donner sa voix à un candidat dont la position personnelle était connue en faveur des graves atteintes à la vie : avortement et euthanasie.

Le second tour de l'élection présidentielle oppose deux candidats qui proposent, à des degrés différents et avec des nuances, de perservérer dans la direction prise depuis quelques années : Contrat d'union civique ou Mariage homosexuel. Absence de remise en question de la loi Veil et refus de mettre en oeuvre les mesures destinées à limiter le nombre d'avortement. Loi Vincent Humbert ou propos très ambigus sur la fin de vie. Resserrement du carcan imposé à l'Ecole libre. La cohérence et la fidélité nous imposent un rejet clair et net de ces propositions. Aucun catholique ne peut, au nom d'un "moindre mal" hypocrite, cautionner un candidat qui ne prendrait pas clairement position sur les sujets fondamentaux dont dépend l'avenir d'une société, par la regard qu'elle porte sur ses enfants.

C'est pour cela que vous, nos évêques, devez ensemble, avec courage et force, appeler à voter blanc. Pour que les Français prennent conscience qu'il existe des limites au débat politique, qu'il existe une loi plus forte que la loi positive, que tout ce qui touche à l'humanité de chacun oblige à opposer un non possumus net et tranché.

Relayons cette proposition, envoyons là à nos évêques, au nonce, à nos prêtres, à nos familles et amis !

Écrit par : François TEUTSCH | 23/04/2007

APPEL A NOS EVEQUES
Vous avez été quelques uns à porter haut et fort la parole de l'Evangile et à rappeler qu'au coeur de tout projet politique il y l'homme, son éminente dignité, créé à l'image de Dieu, l'homme à qui la société est ordonnée, l'homme au centre. Vous avez rappelé qu'il n'était pas possible de fonder une société sur la culture de mort, sur l'élimination des plus faibles, sur le massacre des innocents dans le sein de leur mère, sur la destruction programmée de la famille naturelle, sur les restrictions au droit des parents d'élever leurs enfants comme ils le souhaitent. Vous avez répété, après Jean-Paul II et Benoît XVI, qu'il n'était jamais permis de donner sa voix à un candidat dont la position personnelle était connue en faveur des graves atteintes à la vie : avortement et euthanasie.

Le second tour de l'élection présidentielle oppose deux candidats qui proposent, à des degrés différents et avec des nuances, de perservérer dans la direction prise depuis quelques années : Contrat d'union civique ou Mariage homosexuel. Absence de remise en question de la loi Veil et refus de mettre en oeuvre les mesures destinées à limiter le nombre d'avortement. Loi Vincent Humbert ou propos très ambigus sur la fin de vie. Resserrement du carcan imposé à l'Ecole libre. La cohérence et la fidélité nous imposent un rejet clair et net de ces propositions. Aucun catholique ne peut, au nom d'un "moindre mal" hypocrite, cautionner un candidat qui ne prendrait pas clairement position sur les sujets fondamentaux dont dépend l'avenir d'une société, par la regard qu'elle porte sur ses enfants.

C'est pour cela que vous, nos évêques, devez ensemble, avec courage et force, appeler à voter blanc. Pour que les Français prennent conscience qu'il existe des limites au débat politique, qu'il existe une loi plus forte que la loi positive, que tout ce qui touche à l'humanité de chacun oblige à opposer un non possumus net et tranché.

Relayons cette proposition, envoyons là à nos évêques, au nonce, à nos prêtres, à nos familles et amis !

Écrit par : François TEUTSCH | 23/04/2007

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