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20/04/2007

Élections : les réflexions de Thibaud Collin

Dans le prochain numéro de L'Homme Nouveau (ici), le jeune philosophe Thibaud Collin s'intéresse dans une Tribune libre à l'objection de conscience électorale et préconise pour l'avenir une Charte éthique à soumettre aux candidats pour qu'il s'engage clairement en fonction de critères auxquels les catholiques tiennent.

C'est un élément de réflexion à prendre en compte, dès maintenant. L'avenir se prépare aujourd'hui.

Le texte est à télécharger :  Th.Collin.pdf

Commentaires

Pourquoi publier juste avant le premier tour cette réflexion - cet appel à l'abstention - censée concerner le second tour ?

Écrit par : Yves Daoudal | 21/04/2007

au premier tour, en effet, abstenons-nous de nous abstenir.
Cela nous assurera sans aucun doute un choix très clair au second tour : pour ou contre la loi naturelle, soit pour ou contre la Vie.
Ce qui ne devrait pas donner lieu à davantage d'usage de l'abstention qui peut demeurer une arme respectable lorsque tous les autres moyens de combat ont été épuisés.
Pour que tel puisse être le cas , encore faudrait-il que la catholicité puisse arguer d'avoir combattu avec foi et raison en tant que telle.
Est-ce bien le cas lorsque , pour seul exemple, l'on ne compte à peine quatre pour cent des évêques pour soutenir la très digne marche pour la Vie ?

Écrit par : sancenay | 22/04/2007

Excellent article qui synthétise assez efficacement le débat sur ce premier scrutin. L'idée d'une charte ethique (soutenue par une pétition) est excellente mais intervient un peu tard.

Je veux aussi rappeler avec force l'importance de l'engagement de proximité (association, groupe de prière, paroisse, ...) qui selon moi fonde tous les autres engagements.

Et enfin, j'approuve les derniers mots de Sancenay : le clergé français ne soutient pas les nouvelles exigences qui naissent chez les laïcs, il ne lit pas assez Benoit XVI. Nos pasteurs sont trop discrets, trop peu radicaux dans leurs exigences. L'expérience m'a montré qu'une paroisse ne peut s'animer et se dynamiser que si son curé a le désir et la volonté de demander toujours plus aux fidèles. Le service minimum dont se contentent bien des prêtres, leur silence incompréhensible dans le débat public (déploré par Nicolas Sarkozy), obligent aussi à admettre que nous n'avons pas les moyens d'un engagement politique aussi fort que celui réclamé par le Saint Père.

Écrit par : Quentin | 22/04/2007

Merci à Thibaud Collin de nous rappeler qu'il est possible de dépasser la seule question du vote catholique !

L’actuelle campagne électorale marque pour les catholiques deux nouveautés profondes : pour la première fois depuis la disparition du MRP de la scène politique après 1958, la question du vote catholique est clairement posée, et pour la première fois depuis bien longtemps, elle est posée à partir de bases doctrinales sûres, à commencer par la « Note Ratzinger » de 2002, jusqu’à la lettre ouverte de Monseigneur Cattenoz de mars 2007. Ces deux raisons suffisent à expliquer le débat actuel, particulier et complexe, puisque différents auteurs proposent une exégèse de la Note doctrinale sur l’engagement des catholiques en politique sans qu’une même lecture ne soit faite du document du Magistère romain.

L’interprétation de l’article de Décryptage de François de Lacoste Lareymondie intitulé : « Pour qui voter en conscience ? La responsabilité de l’électeur chrétien » consiste à distinguer, en arguant du texte même du Cardinal Ratzinger, l’obligation morale qui pèse sur les parlementaires de celle qui pèse sur les électeurs. Pour résumer le propos, la sentence du Cardinal Ratzinger : « Dans ce contexte, il faut ajouter que la conscience chrétienne bien formée ne permet à personne d’encourager par son vote la mise en œuvre d’un programme politique ou d’une loi dans lesquels le contenu fondamental de la foi et de la morale serait évincé par la présentation de propositions différentes de ce contenu ou opposées à lui. » n’obligerait que les parlementaires, tandis que les électeurs catholiques pourraient en conscience apporter le concours matériel de leur vote à un candidat ne se réclamant pas de la foi ou de la morale. Trois observations me semblent possibles : la première concerne la pertinence même de la distinction proposée, la seconde concerne l’interprétation possible de la note doctrinale et la troisième esquisse un possible dépassement de la question du « vote catholique ».

Peut-on et doit-on interpréter la citation ci-dessus comme étant à l’usage des parlementaires plutôt que des électeurs ? Cela revient à s’interroger : l’électeur catholique peut-il et doit-il faire un usage de son vote dans un sens non pas contraire (la réponse est « non ») mais « distinct » de l’obligation morale que contient la note doctrinale ? Evoquant la dualité des catholiques soumis à l’Etat dans les affaires temporelles et à Dieu dans leur vie spirituelle, le théologien américain William Cavanaugh évoque un « état de schizophrénie » . Que dirait-il d’une logique qui conduirait des catholiques à élire un représentant politique en lui délégant la responsabilité d’agir en conscience à leur place au parlement, alors qu’ils l’auraient dispensé de professer durant la campagne son attachement à la foi et à la morale qu’ils voudraient ensuite le voir défendre à l’assemblée ? Une telle casuistique ne semble pas avoir été l’intention du Cardinal Ratzinger…

Est-il possible d’avancer une autre interprétation ? Il semble en effet que la Note doctrinale contienne des critères d’appréciation plus précis : « Si les chrétiens sont tenus «de reconnaître la légitime multiplicité et diversité des options temporelles», ils sont également appelés à s’opposer à une conception du pluralisme marquée par le relativisme moral, qui est nuisible pour la vie démocratique elle-même, celle-ci ayant besoin de fondements vrais et solides, c’est-à-dire de principes éthiques qui, en raison de leur nature et de leur rôle de fondement de la vie sociale, ne sont pas «négociables ». Le texte propose donc des critères de discernement d’un régime démocratique « vrai et solide ». On pourra en tirer des enseignements en le confrontant à la manière dont ce régime est institué en France : « L’Église a conscience que si, d’une part, le chemin de la démocratie exprime au mieux la participation directe des citoyens aux choix politiques, d’autre part, il n’est possible que dans la mesure où il est fondé sur une juste conception de la personne. Sur ce principe, l’engagement des catholiques ne peut tolérer aucun compromis, car, autrement, le témoignage de la foi chrétienne dans le monde, ainsi que l’unité et la cohérence interne des fidèles eux-mêmes, feraient défaut. La structure démocratique sur laquelle entend se construire un État moderne aurait une certaine fragilité si elle ne prenait pas comme fondement le caractère central de la personne. C’est d’ailleurs le respect de la personne qui rend possible la participation démocratique. ». La question que l’électeur catholique doit se poser est donc tout simplement celle-ci : le candidat qui brigue mon suffrage partage-t-il avec moi cette « juste conception de la personne » et prend-il comme fondement de la démocratie « le caractère central de la personne » ? La réponse est assez claire : un candidat qui n’inscrit pas à son programme le souci d’une politique de la vie respectueuse de la personne humaine dans les domaines de l’avortement, de l’euthanasie, de la famille, etc., ne peut recevoir le vote des catholiques. L’analyse du Père Jean-Michel Garrigues dans un numéro précédent de Décryptage est ici entièrement corroborée. Il en va même de la « participation démocratique » dans son ensemble. Appliqué au cas de la France, on peut se demander si les conditions de la participation démocratique des fidèles sont aujourd’hui remplies, ce qui soulève la question de la légitimité même du régime pour les catholiques, et par voie de conséquence celle de l’objection de conscience électorale.
Poser ainsi le débat est une invitation à dépasser le dilemme électoral des prochains mois. Les catholiques doivent faire preuve d’imagination, de convictions et de courage, comme les y convie la Note doctrinale. Le document du Magistère esquisse en effet une ligne d’action que Thibaud Collin a raison de souligner : « La nécessité de présenter en termes culturels modernes le fruit de l’héritage spirituel, intellectuel et moral du catholicisme apparaît aujourd’hui marquée par une urgence qu’on ne peut différer(…). Il ne suffit pas de penser, et ce serait réducteur, que l’engagement social des catholiques puisse se limiter à une simple transformation des structures, car, si à la base il n’y a pas une culture capable de recevoir, de justifier et d’envisager les exigences qui découlent de la foi et de la morale, les transformations reposeront toujours sur des fondements fragiles. »
Il serait erroné de croire que le vote catholique, en confiant le pouvoir exécutif ou législatif à tel candidat plutôt que tel autre, puisse agir au delà des structures de l’Etat. Deux cent ans de régime parlementaire constituent une leçon d’histoire suffisante pour le démontrer. Le combat politique auquel les catholiques sont invités est un combat culturel, pour transformer, au-delà des structures politiques, toute une vision du monde. C’est un combat à la fois anthropologique et eschatologique. Pour vaincre la « culture de mort », il faut restaurer la conception chrétienne de l’homme. Pour que notre société échappe à la mort, il faut restaurer la chrétienté. Voilà l’enjeu du combat politique catholique. Il se situe bien loin des combinaisons électorales, car il engage le chrétien tout entier dans un combat temporel qui ne se confond pas avec les structures du pouvoir. Cessons de nous distraire de ce combat par des calculs électoraux. Engageons-nous dès maintenant à constituer dans nos cités, dans nos écoles, dans nos entreprises, une chrétienté en acte qui agisse comme une dénonciation de la « dictature relativiste ».

Nous ferons, en cela, un acte de dissidence catholique. C’est sans doute une option aussi légitime que le bulletin de vote…

Écrit par : Philippe DARANTIERE | 23/04/2007

D'accord pour le combat culturel. Mais il ne s'agit donc pas de dissidence, puisque c'est à l'intérieur même du champ du monde qu'il faut agir. Pourquoi utiliser ce terme ?

Écrit par : Robert | 24/04/2007

D'accord pour le combat culturel. Mais ce n'est pas dissidence alors, puisque le combat se fait dans le champ même du monde.
Pourquoi employer ce terme ?

Écrit par : Robert | 24/04/2007

Qui vient se battre aujourd'hui dans les mairies, les cantons, les départements, les régions, les ministères...
Où sont les chrétiens dans la vie politique ? Est-ce ces absents qui votent blanc pour soutenir une charte qui arrive trop tard ?
Engagez-vous, on se sent bien seuls, nous chrétiens en politique. Par ce travail, Nicolas Sarkozy a dit non à l'euthanasie. L'aviez-vous remarqué ? Eh bien demandez à Mme Boutin tout le travail qui est fait derrière pour informer M. Sarkozy. Où sont les autres chrétiens pour informer "le moins pire" (!) des candidats ?
Chrétiens de transat, comme sportif de télé. Levez- vous n'ayez pas peur.

Écrit par : Valérie | 01/05/2007

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