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10/03/2007

Le progrès

Simple question (dans sa formulation) pour cette semaine, pour ceux qui voudront bien apporter leurs lumières :

 

 Le progrès est-il inévitable ?

Commentaires

On entend communément par progres, le fait de passer d'une situation donnée, à une situation meilleure. Le progressisme, lui, considère que demain sera nécessairement meilleur qu'hier. Ce qui n'est pas vrai. Il prône comme un progrès toutes les innovations et proscrit comme un non progrès, c'est-à-dire comme une "régression" tout référence au passé.
L'Abbé Meinvielle a écrit un excellent ouvrage sur la question. CLC rue des Renaudes 75017 PARIS

Écrit par : Baizeau Jean-Brice | 10/03/2007

En ce qui concerne le progès, il faut brièvement distinguer:

Le progrès pragmatique technico-scientifique qui est inéluctable, car accumulatif et auto-multiplicateur, ( sauf catastrophe sociétale... L'impact des invasions brabares, ne fut effacé - en ce domaine - que très laborieusement et des siècles plus tard).

Le progrès cognitif de la science fondamentale qui lui, ne cesse de se complexifier et de progresser dans le domaine de la connaissance factuelle par des "explications" locales qui ne sont souvent que des narrations.
Cependant il n'y a pas de progrès évident au niveau de la com-préhension (au sens global du terme) du monde où nous sommes. Ainsi, on n'aurait pas pu imaginer, voici quelques années, que l'univers soit composé à 75% (chiffre 2007) d'"énergie sombre" dont on ignore tout sauf une petite partie de ses effets. Einstein disait: "plus nous savons moins nous comprenons". Cette boutade est toujours d'actualité dans toutes les sciences. En témoigne cette citation (2001) d'un préhstorien éminent (Pr. Michel brunet, découvreur de deux préhomminiens essentiels) : « Le progrès scientifique, c’est : remplacer une question à laquelle on croyait avoir une réponse, par deux questions auxquelles on sait ne pas avoir de réponse ! » On peut aussi ajouter cette citation du Pr. de psychiatrie Paul Verhaeghe : « Assister à un congrès n’apporte pas de nouvelles connaissances mais de nouvelles incertitudes et de nouveaux doutes. » (2000). De telles citations abondent. Le Scientisme réducteur et dogmatique "sécurisant"à fait faillite. Il aurait pu redéboucher sur le sens du mystére, mais il entraîne plutôt vers le New-Age et /ou le relativisme.

Le progrès de la philosophie est très subjectif et donc contestable, et ceci, sans même aller jusqu'à Wittgensten qui la détruit à force de vouloir purifier son langage, ou aux philosophies de la déconstruction sytématique, où la réflexion philosophique ne subsiste (infirme) que pour mieux démolir la société en vue d'utopies intégralement déconnectées du réel.

Reste le "progrès" de nos moeurs, de nos aspirations politiques à nos comportements intimes. Là le progrès n'existe que dans les fantasmes de constructivistes fallacieux.
Actuellement l'involution est même flagrante. La raison de tout celà a parfaitement été résumée par le philosophe Vladimir Jankélévitch : « Le diabolique, en morale, serait (bien plutôt) de se fier aveuglement à la permanence du sillon : car le travail éthique est un sillon qui ne laisse pas de sillage. »
Or justement notre société se fie aveuglément à un pseudo sillage qui remonte aux dites "Lumière", ce pseudo-sillage se révèle une ornière de plus en plus fangeuse.
Nous n'avons plus d'autre projet, plus d'autre repère, puisque nous avons prétendu éteidre la seule Lumière transcendante qui, en avant de nous, nous ouvrait le chemin. Plus que jamais comme le disait Valéry: " Nous entrons dans l'avenir à reculons "
En résumé, l'homme est à la fois: techniquement de plus en plus puissant, de plus en plus privéde repères donnant sens, et de moins en mois relié à la transcendance ; il devient une sorte de prométhée incontrôlable, voulant régir la vie par l'instrumentalisation de la mort et de la perversion. Il est donc plus dangereux pour lui-même qu'il ne l'a jamais été.
En conséquence le "progrès" (mythe jadis scralisé) risque de se muer en progression inéluctable vers la débâcle. Comme le disait encore Jankelevitch : " Nous vivons du poison dont on meurt." Sauf Miséricore divine, ce poison finira par faire son oeuvre. Les catastrophes sont malheureusment d'autant plus amples qu'elles tardent à venir.

Écrit par : Exupéry | 10/03/2007

Gustave Thibon a remarqué qu'on confondait souvent la nouveauté avec le progrès , et que c'était une erreur de prendre ainsi "ce qui bouge" pour "ce qui monte". Pour répondre à Philippe Maxence, il me semble que c'est le mouvement qui est inévitable, mais non le progrès.

Écrit par : Thibaut Dary | 13/03/2007

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