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10/02/2007

Question de la semaine : y a-t-il une vision chrétienne des loisirs ?

Notre société a souvent été définie comme une "société de loisirs". Chaque semaine, nous attendons avec impatience le W.E., la possibilité non seulement de reprendre des forces mais aussi de "changer d'air", de "vivre enfin", de se "réaliser pleinement", etc. Pour certains, ce changement se concrétise par la fuite de leur lieu habituel de vie, ou par l'absorption massive de DVD ou par d'autres activités que l'on se refuse, par obligation, dans la semaine. Nous prévoyons longtemps à l'avance nos vacances, nous les planifions, nous faisons du "tourisme" et, parfois même pour nous donner bonne conscience, du "tourisme religieux". Souvent, elles deviennent le but de notre vie comme le film du soir, la soirée au restaurant ou le jeu sur Internet, devient le but de notre journée. Dans ce contexte : 

 

Comme chrétien, quelle est notre conception des loisirs et du travail ?

Quelle conception des loisirs et du travail aimerions-nous voir émerger ?

 

Commentaires

Quelle conception des loisirs ? Mais un foyer chrétien doit avoir des loisirs en fonction des nombreuses activités qui lui incombe quand on a charge de famille. C'est à dire que ces loisirs doivent s'intégrer dans une démarche organisée et non dans le défoulement et la satisfaction d'un plaisir personnel. Il y va de notre équilibre et de celui des enfants qui sont à notre charge.
Le travail est nécessaire. Il " devrait " être un loisir !!! et non une corvée ou au contraire un abrutissement qui permet d'échapper à ces autres responsabilités. Il faut connaître et remplir ces devoirs d'état :
"Il est trop facile de choisir celui de nos devoirs d'état qui nous plaît davantage et d'écarter lés autres.

L'ordonnance d'une vie vertueuse et sainte n'est rien d'autre que l'heureuse solution apportée à ce problème de la coexis­tence de multiples et irréductibles devoirs d'état.

Devoirs d'état... envers Dieu ,. puisque nous sommes par état ses créatures.
Devoirs d'état... envers nos parents; puisque par état, nous sommes leurs enfants.
Devoirs d'état... envers notre conjoint; si, par état, nous sommes mariés.
Devoirs d'état... envers nos fils et nos filles; si, par état, nous sommes père ou mère.
Devoirs d'état... envers la Cité, la patrie: puisque, par état, nous sommes membres de ces communautés.
Devoirs d'état... professionnels. Devoirs d'état... amicaux. Devoirs d'état de bon voisinage..., etc.
Aucun devoir d'état ne peut être récusé tant que nous res­tons dans l'état, qui, précisément, nous l'impose.
Libre à chacun de regretter que nos modernes démocraties soient venues accroître nos charges en imposant à chaque citoyen une plus grande participation à la vie publique. Cette obligation n'en est pas moins indiscutable. Obligation d'autant plus impérieuse qu'à ce degré les biens les plus sacrés risquent d'être perdus par la défection des meilleurs.
A l'action, donc !
Elle est le grand devoir de l'heure."


p.25 de "L 'Action" de Jean OUSSET

Écrit par : canet | 10/02/2007

Sans contredire Jean Ousset, dont je connais la pensée éminente, les loisirs sont nécessaires. Mais selon les situations familiales, ils sont vécus différemment. Ils sont nécessaires, mais contrairement à ce qu'avance notre monde, les loisirs ou les vacances ne veulent pas dire tout oublier, ne rien faire. Cela veut seulement dire : changer d'activité. Et changer d'activité en restant, à chaque minute, des enfants de Dieu, des chrétiens pour qui il n'y a pas une vie professionnelle, une vie familiale, une vie religieuse. Bref, l'unité de vie. C'est ainsi que nous devons vivre même si cela semble difficile. Un prêtre que je connais disait, fort justement, que les vacances d'une mère de famille " c'est changer d'évier". Au fond, c'est valable (ou ça devrait l'être) popur tout le monde : on change d'activité, mais on ne devient pas, du jour au lendemain, un larve devant sa télé ou un simple " pousse-caddie".

Écrit par : xila | 10/02/2007

Je note que la question est posée aux chrétiens, et non pas aux catholiques ce qui nous offrirait effectivement quelque chose de bizarre, au moins à l’oreille : y a-t-il une vision catholique des loisirs ? Il faudrait alors distinguer entre les catholiques pratiquants et les non-pratiquants, les couples mixtes et les autres, etc. L’Eglise s’est-elle exprimée sur les loisirs autorisés et les autres ? Le concept même de loisir est-il catholique ? Or, j’ai dans l’idée que le loisir, celui des prolétaires que nous sommes, ne trouve pas ses origines dans le jour de repos de la genèse, jour de repos qui fut tout relatif pour notre Seigneur puisqu’il créa, ce jour-là, la femme. Si mes souvenirs sont bons. Oui, mais alors, qu’en est-il du repos du dimanche ? Traditionnellement, les paysans, à l’époque où cette race existait encore, consacraient le dimanche à visiter leurs champs. C’était le jour où ils réglaient les questions litigieuses, les problèmes de bornage, les découpages, les louages, etc. C’était également ce jour-là qu’étaient fixées les dates des récoltes et calculés les partages, bref, et pour faire court, c’était le jour où les choses étaient décidées dans le respect de la loi divine. C’était également un jour que l’on consacrait aux communaux, aux biens communs dirions-nous aujourd’hui. Finalement, les seuls loisirs qui pourraient être considérés comme tels, étaient les fêtes des saints, les mariages et les baptêmes. Les enterrements étant, eux, fixés par le destin.
Ce que nous appelons aujourd’hui loisirs, me semble plutôt être une forme dégénérée du renouvellement des forces de travail, un concept plutôt marxiste, qui n’a donc rien à voir avec le repos du dimanche chrétien, voire catholique. Le paysan ne connaît pas le repos, car les animaux mangent tous les jours. Son rythme de vie est en harmonie avec la terre et les astres. Le travailleur est un paysan arraché à la terre, placé dans des mines et des usines. Ce travailleur, aujourd’hui plus ou moins employé à des tâches plus ou moins définies à la régularité plus ou moins douteuse se trouve plus ou moins obligés d’accepter d’être mis en loisir pour cultiver, plus ou moins, son oisiveté. En réalité, le loisir est une façon de maintenir la paix sociale : quatre heures de télé en moyenne par jour, ça vous grille un cerveau vite fait bien fait. Sommes-nous dans une société de loisir ou une société de zombis ? Au rythme où vont les choses, il se pourrait bien qu’un jour plus très lointain, ce soit les chrétiens qui deviennent le jouet de certaines formes d’oisiveté pas très catholiques. L’actualité ne manque pas de nous le rappeler régulièrement.
Je suis bien conscient de ne pas avoir répondu directement à la question posée qui avait un tout autre sens. J’ai un peu l’impression d’avoir comme décapité la question originale. C’est qu’effectivement, j’estime qu’aujourd’hui prendre des loisirs dans le monde tel qu’il va est un geste déplacé que je ne pratique plus depuis longtemps. N’y a-t-il l’obligation, pour nous chrétiens, de rester éveiller toute la nuit en attente du Seigneur ? Et le jour n’est pas de trop pour assumer ses devoirs qu’il faut essayer de pratiquer avec la plus grande perfection, ce qui prend aussi du temps et règle de fait la question des loisirs.

Écrit par : Eric Gaillot | 11/02/2007

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