Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • Question de la semaine : faut-il se marier entre catholiques ?

    De moins en moins de catholiques en France. Une société qui n'est plus portée par le catholicisme, au plan des mœurs et de la foi. La nécessité pourtant d'évangéliser pour ne pas garder notre lampe cachée. L'inquiétude aussi de transmettre aux générations suivantes l'essentiel de notre vie. 

     

    Face à cette réalité d'un monde post-chrétien, faut-il se marier entre catholiques ?  

  • Peut-on ne pas être d’accord publiquement ?


    Sur ce blogue, plusieurs intervenants ont tenu à réagir à mon commentaire du dernier numéro de Permanences et des propos de Nicole Buron lors d’un entretien accordé à e-deo.
    J’avoue ma surprise devant ces réactions. En gros, on me reproche de m’en prendre à Nicole Buron et de montrer mon désaccord sur plusieurs points. Il y a là une erreur de perspective. Nicole Buron a tenu des propos publics. Le numéro de Permanences est disponible et je l’ai reçu. Je connais un grand nombre de ceux qui y ont contribué et nous avons déjà parlé à plusieurs reprises de ces questions. Il me semble que discuter de leurs positions est tout le contraire que de leur manquer de respect. C’est au contraire les prendre au sérieux et chercher avec eux la vérité sur un point qui n’est pas facile. Si les catholiques se mettent à fuir les discussions directes sur ces questions, il n’y a plus qu’à fermer boutique. Que l’affectif ne prenne pas le pas sur la réflexion. Je n’ai rien contre Nicole Buron ou l’équipe de la Rue des Renaudes que je connais bien. Ils ont tenu des propos publiquement ; je discute leurs propos publiquement. Même chose, par exemple, quand je montre mon désaccord avec l’analyse de Jeanne Smits, que je connais bien par ailleurs, sur le sujet de l’école à la maison. Perte de temps ? Essayer d'y voir clair dans le brouillard, trouver la porte de sortie, ne sert jamais à rien. Permanences a proposé un chemin. Il me semble – en partie – discutable. D'autres voies peuvent être emprunter. Pourquoi ne pas le dire ? Ce n'est pas avec un accord de façade que nous arriverons les uns et les autres à avancer.
    Autre chose : d’autres lecteurs disent : il faut revenir à des considérations pratiques, assez de « bla-bla ». Là encore, je m’inquiète. Si je suis bien persuadé que c’est par nos pratiques et notre comportement que nous devons refonder un agir social et politique catholique dans une société post-moderne, celui-ci ne peut et ne doit pas faire l’économie d’une réflexion préalable sur les principes. Notre action doit découler de nos principes. Nos principes doivent refléter la doctrine catholique. Sinon notre agir flottera au gré des opinions et des passions. Je ne tiens pas à donner cette victoire au monde moderne, fondé sur le relativisme.

  • L'abbé Pierre et Dorothy Day

    medium_Day.jpeg

    On parle beaucoup de l'abbé Pierre. En le comparant à l'américaine Dorothy Day, on peut estimer que leurs chemins si proche ont pris un sens différent.

     

    La lecture de la presse ces derniers jours me laisse songeur. Déjà considéré comme un saint de son vivant, l’abbé Pierre est aujourd’hui canonisé par le monde médiatique, politique et une partie du monde religieux. Méfiance !
    Jouant jeudi dernier de « Grand témoin » sur les ondes de Radio Notre-Dame, en réponse à l’aimable invitation de Louis Daufresne, j’ai été interrogé sur l’abbé Pierre. Je n’ai dit que des banalités, à savoir que si l’on pouvait se féliciter de l’action de l’abbé Pierre contre la pauvreté, surtout dans les années cinquante, ses positions religieuses ces dernières années étaient contestables lorsqu’elles remettaient en cause l’enseignement de l’Église.
    Lors de la parution de son dernier livre, Daniel Hamiche avait signé dans L’Homme Nouveau un excellent article qui mettait en parallèle une déclaration de l’abbé Pierre et un passage du Catéchisme de l’Église catholique sur le même sujet. Éloquent ! Ce numéro est toujours disponible et peut être fourni à ceux qui le voudraient.
    Sur Radio Notre-Dame, j’en ai profité pour comparer l’abbé Pierre à Dorothy Day qui l’avait reçu aux Etats-Unis dans les années cinquante.
    Militante communiste, vivant maritalement, Dorothy Day avait recouru à l’avortement avant de se convertir au catholicisme, de se séparer de l’homme qu’elle aimait toujours pour élever sa fille comme une catholique. La Providence aidant, elle devait alors lancer, avec un Français, Pierre (Peter) Maurin, un mouvement catholique d’aide au pauvre et de revalorisation des personnes, par le travail agricole au sein de fermes. Le mouvement en question, The Catholic Workers, existe toujours.
    La différence entre l’abbé Pierre et Dorothy Day ? Elle a fait le chemin inverse, du monde moderne à la foi catholique, alors que l’abbé Pierre a souvent donné l’impression d’aller de la foi catholique au monde moderne.
    Dorothy Day s’appuyait fermement sur la doctrine sociale de l’Église, dans sa version anglo-saxonne, peu connue en France, et inspirée par Chesterton, Hilaire Belloc et le father dominicain, Vincent McNabb : le distributisme. Au socialisme qui dit, l’État doit être propriétaire et au libéralisme qui pratiquement ne permet qu’à quelques-uns d’être propriétaires, le distributisme répond : tous propriétaires. À cette époque, le distributisme avait une vision très rurale, anticipant d’ailleurs une analyse écologique. C’est cette vision que Dorothy Day et Peter Maurin ont tenté de mettre en application pour les pauvres et en vivant avec les pauvres.
    Dorothy Day était une pacifiste ainsi que Peter Maurin. Elle essayera au moment du Concile Vatican II d’obtenir une condamnation de la guerre par l’Église. Le pacifisme n’était cependant pas une doctrine officielle du mouvement Catholic Workers qui reposait par ailleurs officiellement sur l’enseignement catholique et sur sa doctrine sociale, diffusée et appliquée. Nombre de membres du Catholic Workers iront d’ailleurs se battre pendant la Seconde Guerre mondiale pendant que d’autres s’y refuseront. Bien que je ne sois pas moi-même un pacifiste, je trouve que Dorothy Day a posé avec raison la question de la pérennité de la doctrine de la guerre juste dans un contexte moderne.
    Bref, son procès en béatification est ouvert et il est fort discuté. Cette béatification est soutenue par plusieurs évêques américains, plutôt traditionnels.
    Mais, j’avoue ma faiblesse : je préfère l’exemple de Dorothy Day à celui de l’abbé Pierre.