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16/12/2006

Réflexions (trop) rapides et variées sur une phrase de Pie XII

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« C'est tout un monde qu'il faut refaire depuis les fondations; de sauvage, il faut le rendre humain; d'humain, le rendre divin, c'est-à-dire selon le coeur de Dieu ».

Cet appel est extrait d’un discours du pape Pie XII en date du 11 février 1952.
Bien que j’aie une certaine répugnance à employer ce terme, galvaudé à force d’être utilisé, je ne peux m’empêcher de trouver ce texte de Pie XII réellement prophétique. Il semble pourtant que ceux qui l’ont entendu n’en ont pas mesuré l’exacte portée. À l’époque, le monde sortait du second conflit mondial. Il était divisé en deux blocs. Il s’agissait alors de retrouver une organisation du monde, de la société, telle qu’on l’avait toujours connue. On espérait pouvoir, en quelque sorte, passer par pertes et profits, le ravage des totalitarismes. Surtout, comme des lambeaux du monde ancien (familles, ruralité, métiers, etc.) tenaient encore, on a eu tendance dans certains milieux à identifier la nécessité de refaire le monde depuis les fondations au devoir de couronner la société par un État chrétien. Or, il y a là, semble-t-il, une confusion, entre les fondations et le toit. Pourtant, le pape appelait bien à refaire les fondations, peut-être parce qu’il pressentait que les lambeaux de société allaient disparaître eux aussi.
Et, de fait, la famille a éclaté ; le monde rural sur lequel Pie XII a eu des discours éloquents a disparu ; les métiers ont presque été englouti par le salariat généralisé.

C’est bien tout un monde qu’il faut refaire depuis les fondations et non plus seulement une société à couronner.
Nous devons donc reconstruire un monde, notre monde, le monde dans lequel nous vivons. C’est-à-dire rebâtir une société humaine et chrétienne, digne de ce nom.
Cela implique de prendre conscience d’abord que la société moderne ne repose en aucun cas, dans un aucun domaine, sur les fondations dont parlait Pie XII.
Cela implique ensuite de réfléchir aux fondations nécessaires à un monde humain et divin. Ces fondations sont aussi ce que nous appelons des « fondamentaux », des principes et réalités sur lesquels nous ne pouvons pas transiger. Comme, par exemple :
– le respect de la vie humaine, depuis les origines jusqu’à la mort naturelle ;
– la place de la famille, cellule fondamentale et socle de la société ;
– le principe de subsidiarité, qui dans un mouvement ascendant, du bas vers le haut, apportera aux familles ce qui leur manque et dans la mesure où elles en ressentent le besoin ou que s’en impose la nécessité. C’est à travers ce principe que s’organise la société qui aide, complète et soutien la famille au plan de l’éducation, au plan économique, etc.

medium_Maurin.jpg – Comme l’a écrit Peter Maurin (photo), co-fondateur des Catholic Workers avec Dorothy Day, « L’enfant n’appartient pas à l’État ; il appartient aux parents. Dieu a donné l’enfant aux parents ; Dieu ne l’a pas donné à l’État ». D’une certaine manière, cette vérité, première et fondamentale, doit se dérouler pour l’ensemble de la vie sociale. C’est pourquoi, nous avons besoin de plus de société et de moins d’État. Et nous avons besoin d’urgence de sortir de ce que Hilaire Belloc (dessin ci-dessous) appelait "l’État servile" qui détruit la société en créant ce que Marcel De Corte a si bien qualifié de « dissociété » (le terme vient d’être repris en titre d’un livre de Jacques Généreux au Seuil, qui propose une analyse de gauche que l’on ne partage pas forcément, mais stimulante pour la réflexion).

Notre christianisme doit donc être à la fois personnel, familial et communautaire.
Les communautés nouvelles, nées dans le sillage de Vatican II et de Mai 68, ont perçu intuitivement que le christianisme des XIXe et XXe siècle s’était focalisé dans un individualisme typiquement moderne et qu’il fallait retrouver l’essence communautaire de la vie catholique.
Les traditionalistes ont perçu la nécessité d’un ordre social conforme aux lois de l’Évangile pour aider les homme à parvenir à leur fin qui est Dieu.
Ces deux éléments vivants et féconds du christianisme contemporains ont mis le doigt sur une vérité primordiale abordés à travers deux réalités complémentaires et non opposées.
La vérité primordiale est l’importance d’un retour au sacré.
Les charismatiques ont mis en évidence l’importance de la prière communautaire et de la vie communautaire.
Les traditionalistes ont mis en évidence l’importance de l’enracinement dans la Tradition de l’Église, de l’importance des dévotions traditionnelles, toujours fécondes et de la liturgie dont Dieu est la principale fin et le principal acteur.
Il s’agit évidemment d’un exposé schématique.
L’heure aujourd’hui est à une synthèse du meilleur de ces deux composantes du christianisme contemporain, dans l’effort de reconstruction d’une société naturelle ordonnée au surnaturel, respectueuse du christianisme, de l’homme et de son environnement.

 

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11:05 Publié dans Divers | Lien permanent | Commentaires (6)

Commentaires

Il faut surtout et d'abord prier, pour ne pas faire ce que nous voudrions mais ce que Dieu veut. Il sait bien mieux que nous ce qui est bon pour nous. Car "vos chemins ne sont pas mes chemins, vos pensées ne sont pas mes pensées, dit le Seigneur." Ceci dit non pour décourager les bonnes volontés mais pour les garder de la dispersion.

Cf. Tertio Millenio Ineuente , un texte qu'on ne lit, relit, cite et ne met pas assez en pratique, alors qu'il s'agit du cap fixé par le Pape pour le millénaire.

Écrit par : PHR | 16/12/2006

la citation originale est salutaire, il y a beaucoup de bonnes choses dans ce que vous dites.La comparaison, entre" tradis" et charismatiques est un peu schématique.L'institut du Christ-roi Souverain Prêtre illustre parfaitement le fait que l'on peut être attaché à liturgie traditionnelle et n'en constituer pas moins une communauté fraternelle, si ce n'est une grande famille.

Écrit par : Marc Bergerot | 16/12/2006

Effectivement, les paroles de Pie XII apparaissent comme des exemples d'extrême lucidité.

Il convient de refonder la société par la reconstitution des cellules de base que vous évoquez : la famille, la communauté chrétienne (paroisse ou groupe), l'enseignement authentiquement catholique (pour reconquérir les intelligences)...

L'Etat est aujourd'hui l'ennemi le plus sûr de ce qui reste de Chrétienté : il veut tout, s'occuper de tout, dicter à tous ce qu'ils ont le droit de dire et même de penser. L'immixtion étatique dans la sphère privée est aussi le contre-coup de l'incapacité de la sphère publique (élite politico-administrative) à peser sur le destin politique et économique des sociétés : d'où cette inflation de réglementations sociétales qui délitent la société et broie les individus.

Le Christianisme survivra en partie grâce à la reconquête patiente des intelligences et des coeurs.

Écrit par : Tibère | 17/12/2006

"III REPARTIR DU CHRIST

29. « Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde » (Mt 28,20). Cette certitude, chers Frères et Sœurs, a accompagné l'Église pendant deux mille ans, et elle vient d'être ravivée dans nos cœurs par la célébration du Jubilé. Nous devons y puiser un élan renouvelé pour notre vie chrétienne, en en faisant même la force inspiratrice de notre cheminement. C'est dans la conscience de cette présence du Ressuscité parmi nous que nous nous posons aujourd'hui la question adressée à Pierre à Jérusalem, aussitôt après son discours de la Pentecôte: « Que devons-nous faire? » (Ac 2,37).

Nous nous interrogeons avec un optimisme confiant, sans pour autant sous-estimer les problèmes. Nous ne sommes certes pas séduits par la perspective naïve qu'il pourrait exister pour nous, face aux grands défis de notre temps, une formule magique. Non, ce n'est pas une formule qui nous sauvera, mais une Personne, et la certitude qu'elle nous inspire: Je suis avec vous!

Il ne s'agit pas alors d'inventer un « nouveau programme ». Le programme existe déjà: c'est celui de toujours, tiré de l'Évangile et de la Tradition vivante. Il est centré, en dernière analyse, sur le Christ lui-même, qu'il faut connaître, aimer, imiter, pour vivre en lui la vie trinitaire et pour transformer avec lui l'histoire jusqu'à son achèvement dans la Jérusalem céleste. C'est un programme qui ne change pas avec la variation des temps et des cultures, même s'il tient compte du temps et de la culture pour un dialogue vrai et une communication efficace. Ce programme de toujours est notre programme pour le troisième millénaire.

Il est toutefois nécessaire qu'il se traduise par des orientations pastorales adaptées aux conditions de chaque communauté. Le Jubilé nous a donné l'occasion extraordinaire de nous engager, pour quelques années, sur un chemin commun à toute l'Église, un chemin de catéchèse articulée autour du thème de la Trinité et accompagnée d'engagements pastoraux spécifiques pour réaliser une féconde expérience jubilaire. J'exprime mes remerciements pour l'adhésion cordiale avec laquelle on a largement accueilli la proposition que j'avais faite dans la lettre apostolique Tertio millennio adveniente. Maintenant, ce n'est plus un objectif immédiat qui se présente à nous: c'est l'horizon le plus large et le plus exigeant de la pastorale ordinaire. Au milieu des données universelles et inaliénables, il est nécessaire que le programme unique de l'Évangile continue à s'inscrire dans l'histoire de chaque réalité ecclésiale, comme cela est toujours advenu. C'est dans les Églises locales que l'on peut fixer les éléments concrets d'un programme — objectifs et méthodes de travail, formation et valorisation du personnel, recherche des moyens nécessaires — qui permettent à l'annonce du Christ d'atteindre les personnes, de modeler les communautés, d'agir en profondeur par le témoignage des valeurs évangéliques sur la société et sur la culture.

J'exhorte donc vivement les Pasteurs des Églises particulières, aidés par la participation des diverses composantes du peuple de Dieu, à tracer avec confiance les étapes du chemin futur, en harmonisant les choix de chaque communauté diocésaine avec ceux des Églises limitrophes et avec ceux de l'Église universelle.

Une telle harmonie sera certainement facilitée par le travail collégial, devenu maintenant habituel, qui est mené par les Évêques dans les Conférences épiscopales et dans les Synodes. N'est-ce pas aussi le sens des Assemblées continentales du synode des Évêques, qui ont scandé la préparation du Jubilé, en élaborant des lignes significatives pour l'annonce actuelle de l'Évangile dans les multiples contextes et dans les diverses cultures? On ne doit pas laisser tomber ce riche patrimoine de réflexion, mais le rendre concrètement opérationnel.

C'est donc une œuvre de reprise pastorale enthousiasmante qui nous attend. Une œuvre qui nous implique tous. Je désire toutefois indiquer, pour l'édification et l'orientation communes, quelques priorités pastorales, que l'expérience même du grand Jubilé a fait ressortir à mes yeux avec une force particulière.

La sainteté

30. Et tout d'abord je n'hésite pas à dire que la perspective dans laquelle doit se placer tout le cheminement pastoral est celle de la sainteté."

http://www.vatican.va/holy_father/john_paul_ii/apost_letters/documents/hf_jp-ii_apl_20010106_novo-millennio-ineunte_fr.html

Écrit par : PHR | 17/12/2006

"III REPARTIR DU CHRIST

29. « Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde » (Mt 28,20). Cette certitude, chers Frères et Sœurs, a accompagné l'Église pendant deux mille ans, et elle vient d'être ravivée dans nos cœurs par la célébration du Jubilé. Nous devons y puiser un élan renouvelé pour notre vie chrétienne, en en faisant même la force inspiratrice de notre cheminement. C'est dans la conscience de cette présence du Ressuscité parmi nous que nous nous posons aujourd'hui la question adressée à Pierre à Jérusalem, aussitôt après son discours de la Pentecôte: « Que devons-nous faire? » (Ac 2,37).

Nous nous interrogeons avec un optimisme confiant, sans pour autant sous-estimer les problèmes. Nous ne sommes certes pas séduits par la perspective naïve qu'il pourrait exister pour nous, face aux grands défis de notre temps, une formule magique. Non, ce n'est pas une formule qui nous sauvera, mais une Personne, et la certitude qu'elle nous inspire: Je suis avec vous!

Il ne s'agit pas alors d'inventer un « nouveau programme ». Le programme existe déjà: c'est celui de toujours, tiré de l'Évangile et de la Tradition vivante. Il est centré, en dernière analyse, sur le Christ lui-même, qu'il faut connaître, aimer, imiter, pour vivre en lui la vie trinitaire et pour transformer avec lui l'histoire jusqu'à son achèvement dans la Jérusalem céleste. C'est un programme qui ne change pas avec la variation des temps et des cultures, même s'il tient compte du temps et de la culture pour un dialogue vrai et une communication efficace. Ce programme de toujours est notre programme pour le troisième millénaire.

Il est toutefois nécessaire qu'il se traduise par des orientations pastorales adaptées aux conditions de chaque communauté. Le Jubilé nous a donné l'occasion extraordinaire de nous engager, pour quelques années, sur un chemin commun à toute l'Église, un chemin de catéchèse articulée autour du thème de la Trinité et accompagnée d'engagements pastoraux spécifiques pour réaliser une féconde expérience jubilaire. J'exprime mes remerciements pour l'adhésion cordiale avec laquelle on a largement accueilli la proposition que j'avais faite dans la lettre apostolique Tertio millennio adveniente. Maintenant, ce n'est plus un objectif immédiat qui se présente à nous: c'est l'horizon le plus large et le plus exigeant de la pastorale ordinaire. Au milieu des données universelles et inaliénables, il est nécessaire que le programme unique de l'Évangile continue à s'inscrire dans l'histoire de chaque réalité ecclésiale, comme cela est toujours advenu. C'est dans les Églises locales que l'on peut fixer les éléments concrets d'un programme — objectifs et méthodes de travail, formation et valorisation du personnel, recherche des moyens nécessaires — qui permettent à l'annonce du Christ d'atteindre les personnes, de modeler les communautés, d'agir en profondeur par le témoignage des valeurs évangéliques sur la société et sur la culture.

J'exhorte donc vivement les Pasteurs des Églises particulières, aidés par la participation des diverses composantes du peuple de Dieu, à tracer avec confiance les étapes du chemin futur, en harmonisant les choix de chaque communauté diocésaine avec ceux des Églises limitrophes et avec ceux de l'Église universelle.

Une telle harmonie sera certainement facilitée par le travail collégial, devenu maintenant habituel, qui est mené par les Évêques dans les Conférences épiscopales et dans les Synodes. N'est-ce pas aussi le sens des Assemblées continentales du synode des Évêques, qui ont scandé la préparation du Jubilé, en élaborant des lignes significatives pour l'annonce actuelle de l'Évangile dans les multiples contextes et dans les diverses cultures? On ne doit pas laisser tomber ce riche patrimoine de réflexion, mais le rendre concrètement opérationnel.

C'est donc une œuvre de reprise pastorale enthousiasmante qui nous attend. Une œuvre qui nous implique tous. Je désire toutefois indiquer, pour l'édification et l'orientation communes, quelques priorités pastorales, que l'expérience même du grand Jubilé a fait ressortir à mes yeux avec une force particulière.

La sainteté

30. Et tout d'abord je n'hésite pas à dire que la perspective dans laquelle doit se placer tout le cheminement pastoral est celle de la sainteté."

http://www.vatican.va/holy_father/john_paul_ii/apost_letters/documents/hf_jp-ii_apl_20010106_novo-millennio-ineunte_fr.html

Écrit par : PHR | 17/12/2006

« LA SAINTETE »

30 - «[…] Dire que l'Église est sainte signifie présenter son visage d'Épouse du Christ, pour laquelle il s'est livré, précisément en vue de la sanctifier (cf. Ep 5,25-26). Ce don de sainteté, pour ainsi dire objective, est offert à chaque baptisé.
Mais le don se traduit à son tour en une tâche, qui doit gouverner toute l'existence chrétienne: « La volonté de Dieu, c'est que vous viviez dans la sainteté » (1 Th 4,3). C'est un engagement qui ne concerne pas seulement certains chrétiens: « Tous les fidèles du Christ, quel que soit leur état ou leur rang, sont appelés à la plénitude de la vie chrétienne et à la perfection de la charité ».16
« Veux-tu recevoir le Baptême? » signifie lui demander en même temps: « Veux-tu devenir saint? » Cela veut dire mettre sur sa route le caractère radical du discours sur la Montagne: « Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait » (Mt 5,48).
31 – « […] Comme le Concile lui-même l'a expliqué, il ne faut pas se méprendre sur cet idéal de perfection comme s'il supposait une sorte de vie extraordinaire que seuls quelques « génies » de la sainteté pourraient pratiquer. Les voies de la sainteté sont multiples et adaptées à la vocation de chacun. […]Il est temps de proposer de nouveau à tous, avec conviction, ce « haut degré » de la vie chrétienne ordinaire: toute la vie de la communauté ecclésiale et des familles chrétiennes doit mener dans cette direction. Il est toutefois évident que les parcours de la sainteté sont personnels, et qu'ils exigent une vraie pédagogie de la sainteté qui soit capable de s'adapter aux rythmes des personnes. Cette pédagogie devra intégrer aux richesses de la proposition adressée à tous les formes traditionnelles d'aide personnelle et de groupe, et les formes plus récentes apportées par les associations et par les mouvements reconnus par l'Église. »
Source : http://www.vatican.va/holy_father/john_paul_ii/apost_letters/documents/hf_jp-ii_apl_20010106_novo-millennio-ineunte_fr.html

Écrit par : Eric Gaillot | 17/12/2006

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