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11/12/2006

Secte : une audition intéressante

À la suite du commentaire d’Odile (ICI), j’ai été amené à lire l’audition de deux inspecteurs d’Académie par la Commission d’enquête parlemantaire relative à l'influence des mouvements à caractère sectaire et aux conséquences de leurs pratiques sur la santé physique et morale des mineurs.(Texte de l'audition ici)
Cette audition visait à faire ressortir les moyens mis en œuvre par l’Éducation nationale pour contrôler la scolarité à la maison, notamment dans le but de lutter contre les sectes. Au fil de la discussion, le sujet a dérivé sur l’école hors-contrat et sur certaines théories enseignées qui déplaisent souverainement à la Commission.
 
J’ai lu très vite cette audition. J’en retire plusieurs points :

1°) Alors qu’on nous assure qu’il y a un danger sectaire qui s’exprime par le biais de l’école à la maison, les deux inspecteurs d’Académie ont fait état de chiffre ridicule concernant le nombre de victimes touchées. Sur 1 149 contrôles, il y a eu seulement 23 mises en demeure de scolarisation.
2°) La lutte contre les sectes apparaît clairement comme un prétexte. Déclaration d’un des inspecteur : « mais il est bien entendu en plus que les enfants éduqués dans les familles ne le sont pas parce que les parents appartiennent systématiquement à des mouvements sectaires, ils le sont la plupart du temps pour des raisons purement idéologiques qui tiennent la plupart du temps à une méfiance des familles devant l'enseignement dispensé par les ...par le réseau des écoles publiques ».
3°) Les écoles hors-contrat ont été contrôlées à hauteur de 86 écoles. Mais, déclaration d’un inspecteur : « Les écoles de sectes, elles sont connues, elles sont fort peu nombreuses en France, il y en deux qui sont connues, il y en avait jusqu'ici une, très connue qui est celle de "Tabitha’s Place", qui avait une école sectaire que nous connaissons et que nous contrôlons depuis des années ». Donc, là encore la lutte contre les sectes apparaît comme un prétexte. Rappelons que la Commission a organisé une descente très médiatique dans une école de "Tabitha’s Place".
4°) Pour détecter les enfants en danger – dont le critère n’apparaît pas clairement – l’Éducation nationale semble avoir mis au point un système de délation et un maillage du territoire. Déclaration de l’un des inspecteurs : « l'importance du maillage, le fait qu'on attire beaucoup l'attention de nos correspondants et qu'après eux, ils attirent l'attention des gens pour qui ils organisent également des stages de formation sur ce phénomène, fait que le contrôle est devenu plus étroit, et je pense, effectivement, les sectes ont probablement désinvesti l'enseignement initial. »
5°) Le soutien scolaire – dont on connaît le développement actuel – a fait l’objet aussi de l’attention de la Commission. Pour le député Fenech, président de la Commission, il faut une ingérence plus grande de l’État dans ce domaine : « Messieurs les inspecteurs, il y a aussi une autre question que nous nous posons sur le soutien à domicile, il se trouve que le soutien à domicile n’est pas réglementé par le code de l’Education Nationale mais par le code du travail, c’est de l’aide à domicile en fait donc là encore il n’y a pas de contrôle de l’Education Nationale. Or on s’aperçoit qu’à travers le soutien … c’est carrément de la pédagogie et de l’éducation quelquefois, plus que du soutien … alors comment expliquer … est-ce qu’il y a des mesures à prendre ? Est-ce que vous êtes, en fait je crois dans le projet de loi prévention et délinquance, il est prévu quelque chose ? »
Cette phrase sous-entend que dans l’esprit du député Fenech, il devrait y avoir une « pédagogie » et une « éducation » d’État ou, au moins, contrôlée par l’État. Pédagogie d’État  ? Éducation d’État ? Des concepts lourds de sens et qui ne sont pas sans rappeler un certain passé.
6°) Le député Brard, également membre de la Commission, s’inquiète quant à lui de l’enseignement de certaines matières : « Quant aux écoles qui remettent en cause l’enseignement de l’Etat … et qui contestent en particulier les disciplines scientifiques … donc j’imagine la biologie, l’évolutionnisme… » Rappelons que les théories de l’évolution ne sont que des… théories. De quel droit l’école devrait-elle enseigner une théorie plutôt qu’une autre, sous prétexte qu’elle est la théorie choisie par l’État ? La réponse le député Brard la donne plus loin : D’abord, nous sommes là pour défendre l’école laïque …. C'est-à-dire que nous n’avons pas à connaître l’appartenance religieuse des enfants fréquentant les écoles … ça c’est bien clair … nous notre souci … je crois que la mission qui est la notre, c’est de défendre réellement la laïcité, c’est le principe qui nous guide en toute circonstance.
Sur la laïcité, selon Vatican Information service, voici justement ce que vient de déclarer le Pape :
CITE DU VATICAN, 9 DEC 2006 (VIS). Le Pape a reçu aujourd'hui les participants au 56 Congrès national d'études, organisé à Rome par l'Union des Juristes catholiques italiens sur le thème "La laïcité et les laïcités".
A l'origine, le concept de laïcité a dit le Saint-Père indique "la condition du simple fidèle chrétien, qui n'appartient ni au clergé ni à l'état religieux". Au Moyen Age il a pris le sens "d'opposition entre les pouvoirs civils et les hiérarchies ecclésiastiques, et à l'époque moderne il a pris celui de l'exclusion de la religion et de ses symboles de la vie publique les reléguant à la sphère privée et de la conscience individuelle. Ainsi au concept original de ce mot a été attribué une acceptation idéologique opposée".
Après avoir expliqué qu'aujourd'hui, la laïcité a pris le sens de "séparation totale entre l'Etat et l'Eglise, sans que celle-ci ait le droit d'intervenir sur des thèmes relatifs à la vie et au comportement des citoyens", comme "l'exclusion des symboles religieux des lieux publics", Benoît XVI a précisé que l'on parle aujourd'hui de pensée laïque, de morale laïque, de science laïque, de politique laïque. Et à la base d'un telle conception, il y a une vision anti-religieuse de la vie, de la pensée et de la morale, une vision où il n'y a pas de place pour Dieu, pour un Mystère qui transcende la raison pure en faveur d'une loi morale de valeur absolue, en vigueur en tous temps et en toutes situations".
Le Saint-Père a alors rappelé qu'il est nécessaire "d'élaborer un concept de laïcité qui, d'une part reconnaît Dieu et sa loi morale, le Christ et son Eglise et la place qui leur ait due dans la vie humaine, individuelle et sociale et d'autre part, qui affirme et respecte 'l'autonomie légitime de la réalité terrestre'".
Le Pape a redit que l'Eglise ne saurait intervenir en politique car cela "constituerait une ingérence indue", mais que d'autre part "une saine laïcité demande à l'Etat de ne pas considérer la religion comme un simple sentiment individuel qui pourrait se confiner au seul domaine privé". La religion "doit donc être reconnue comme présence communautaire publique. Cela implique d'ailleurs que chaque confession religieuse (à condition qu'elle ne soit pas en opposition avec l'ordre moral et qu'elle ne soit pas dangereuse pour l'ordre publique) ait la garantie du libre exercice de ses activités de culte".
"L'hostilité -a t-il poursuivi- à toute forme d'importance politique et culturelle de la religion; à la présence, en particulier, de tout symbole religieux dans les institutions publiques" n'est pas laïcité mais laïcisme comme également refuser "à la communauté chrétienne et à ceux qui la représentent légitimement, le droit de se prononcer sur les problèmes moraux qui aujourd'hui interpellent la conscience de toutes les personnes, en particulier les législateurs et les juristes".
"Il ne s'agit pas -a ajouté le Saint-Père- d'une ingérence de l'Eglise dans les activités législatives, propre et exclusive à l'Etat, mais de l'affirmation et de la défense des grandes valeurs qui donnent un sens à la vie des personnes et en sauvegardent la dignité. Ces valeurs, avant d'être chrétiennes, sont humaines, telles à ne pas laisser l'Eglise indifférente et silencieuse, car elle a le devoir de proclamer avec fermeté la vérité sur l'homme et son destin".
Le Pape a conclu en rappelant la nécessité de "faire comprendre que la loi morale que Dieu nous a donnée, et qui se manifeste à nous par la voix de la conscience, a le but non de nous opprimer, mais de nous libérer du mal et de nous rendre heureux. Il s'agit de montrer que sans Dieu, l'homme est perdu et que l'exclusion de la religion de la vie sociale, en particulier la marginalisation du christianisme, mine les bases même de cohabitation humaine. Avant d'être d'ordre social et politique, ces bases sont en effet d'ordre moral".


7°) Les centres d’enseignement à distance sont mis en cause : « Le moins qu'on puisse dire et c'est vrai aussi pour d'autres centres d'enseignement à distance qui sont des centres chrétiens intégristes,  c’est peut-être pas des sectes, mais enfin ça véhicule une idéologie qui n’est qui n’est pas très très républicaine. Si vous voulez, les parents qui inscrivent leur enfants à ces centres là ne peuvent avoir aucune illusion sur le contenu des enseignements proposés parce que … vous pouvez aller sur les sites Internet, on ne peut avoir absolument aucun doute sur le contenu de ce qui est enseigné ... […] ces centres d’enseignement à distance qui effectivement refusent, par exemple, la théorie de l’évolution qui diffusent les théories créationnistes, oui, existent. »
Ce type d’affirmation qui vient d’un Inspecteur d’Académie pose quand même un certain nombre de problème. Outre la non-définition du terme secte, il y a l’absence de définition de la notion de « républicain ». Ne pas enseigner la théorie de l’évolution revient-il à ne pas être républicain ? Intégriste : qu’est-ce que l’on met sous ce terme ? En quoi un inspecteur d’Académie, fonctionnaire d’un État neutre religieusement, est-il habilité à déterminer les chrétiens qui seraient intégristes et ceux qui ne le seraient pas ? La mise en cause de certaines matières ou de la manière de les enseigner nie directement un des droits de l’homme : la liberté de l’enseignement.
On pourrait multiplier les exemples et les questions en reprenant chaque point de cette audition qui en est une parmi d’autres. Elle révèle les sous-entendus idéologiques de certains membres de la Commission, de ceux qu’ils ont interrogés et jettent le discrédit sur les conclusions qui seront prochainement dévoilées.
En s’attaquant aux enfants et aux familles, à la liberté concrète du choix de l’éducation et de l’enseignement, ces députés révèlent leur projet totalitaire.


Commentaires

La lecture de tout ce qui sort de ces Commissions est effectivement instructive. Des "experts" se réunissent et statuent sur des questions qui touchent à l'autonomie de chacun.
La question de l'Education est particulièrement sensible en France car l'Education Nationale est vue comme l'institution qui, à elle seule, doit régler tous les problèmes de violence, de dépression, de chômage, d'ignorance, de marginalité (etc...). Quand on ose soulever la question de son efficacité, pourtant largement discutable, on se voit répliquer aussitôt : "Ouai mais si on avait plus de moyens...".
Il existe de nombreux ouvrages pointant la nullité des méthodes de cette institution, et d'ailleurs, les résultats partout visibles parlent d'eux-mêmes.

L'ingérence progressive de l'Ecole dans bien des domaines qui étaient jadis de l'ordre du privé a de quoi étonner et inquiéter. Elle en vient, on le voit ici, à destituer la famille dans son rôle éducateur.
Les Français n'ont pas même le loisir d'élever leurs enfants comme ils le souhaitent. C'est bel et bien de l'ordre du projet totalitaire.

J'aime particulièrement la définition que donne René Rémond de la laïcité. Pour cet historien, la laïcité n'a pas d'autres but que de permettre la coexistence pacifique et le dialogue entre les différentes confessions. On est bien loin de la censure globalisée prônée par Michel Onfray, qui assimile le sexe à l'acte de prier : "Tout ça, ça ne doit pas sortir de la chambre à coucher."
Et c'est en cela que
la religion "doit être reconnue comme présence communautaire publique", pour permettre un dialogue, une participation au débat public.

Écrit par : Quentin | 11/12/2006

Bonjour!
Je suis étonnée de constater qu'autour de nous il y a peu de familles déscolarisantes qui réagissent, l'association" les enfants d'abord" a néanmoins envoyé une lettre type à plusieurs personnalités. J'ai éssayé d'envoyer un mail à monsieur Finkelkraut par l'intermédiaire de RCJ mais l'adresse n'est plus bonne. C'est dommage, d'autant que ce soir il donne une conférence à Paris salle Rashi...Je pense qu'il serait important que le contenu de cette réunion soit publié et lu par un large public. Enfin heureusement que vous êtes intervenus, il faut espérer que monsieur Vanneste réussira à se faire entendre le 19 décembre.
Odile

Écrit par : odile | 12/12/2006

A Odile : je peux vous donner l'adresse, si vous le souhaitez.

Écrit par : ZZ | 12/12/2006

pour zz!

Je veux bien
Odile barrinodile@yahoo.fr merci

Écrit par : odile | 12/12/2006

"En s’attaquant aux enfants et aux familles, à la liberté concrète du choix de l’éducation et de l’enseignement, ces députés révèlent leur projet totalitaire."
Comment lutte-t-on contre un projet totalitaire soutenu par des élus que les Français ont choisis ? Si des députés se préoccupent de cette question, c'est qu'ils y trouvent une motivation majeure. C'est cette motivation majeure et non-dite qu'il serait utile de dévoiler. Je parle de dévoilement : le choix des mots a un sens.

Écrit par : Eric Gaillot | 12/12/2006

Hé bien, dévoilons !

Écrit par : JG | 13/12/2006

Pour répondre à la demande de JG :
Un premier dévoilement pourrait être celui pratiqué par Benoît XVI : « […]A l'origine, le concept de laïcité a dit le Saint-Père indique "la condition du simple fidèle chrétien, qui n'appartient ni au clergé ni à l'état religieux". Au Moyen Age il a pris le sens "d'opposition entre les pouvoirs civils et les hiérarchies ecclésiastiques, et à l'époque moderne il a pris celui de l'exclusion de la religion et de ses symboles de la vie publique les reléguant à la sphère privée et de la conscience individuelle. Ainsi au concept original de ce mot a été attribué une acceptation idéologique opposée".[…] ». Ramener les enfants dans l’école laïque correspond donc bien à les retirer de la secte chrétienne, le christianisme étant aux yeux de nombreux idéologues plus ou moins religieux, voire intégristes, une secte parmi d'autres.
Mais ce premier dévoilement n’est qu’une étape vers l’objectif caché que je ne dévoilerais pas encore ici. Par contre, je vais donner un exemple similaire et historique. Cela se passait en Italie, pendant la seconde guerre mondiale. Les juifs italiens ont été regroupés dans des centres, en Italie, pour les protéger des lois antisémites. Mais lorsque Mussolini s’allia à Hitler, ce dernier n’eu qu’à se servir pour garnir ses camps. Tout le travail avait été préparé d’avance même si ces premiers regroupements n’avaient pas pour but d’envoyer les juifs dans les camps d’extermination mais bien de les protéger sur place. La loi sur les sectes dont nous débattons présentement pourrait être l’équivalent de la première étape. Une fois tout le monde regroupé dans les établissements de l’Education Nationale, il ne reste plus qu’à « dévoiler » aux ordres de qui pourrait, un jour ou l’autre, travailler cette Education Nationale.
A chacun d’imaginer l’avenir en fonction des éléments d’information qu’il peut facilement trouver en surfant un peu dans la blogosphère, cette blogosphère que certains participants au Web3 considèrent déjà comme le cinquième pouvoir. Un cinquième pouvoir que d’autres, et pas des moindres puisqu’il s’agit de deux des principaux candidats à l’Elysée, préfèrent voir dans une sorte de cinquième colonne qui mériterait, selon ces gens-là, un véritable ministère.
Le blog de Philippe Maxence n’est pas un lieu pour débattre de la politique mais on ne peut pas non plus réfléchir comme si la politique n’existait pas. Je me contente donc de suggérer qu’au delà des prétextes sociaux qui motiveraient ces nouvelles propositions de loi contre les sectes, il existe un non-dit de nature politique et par respect pour le travail de Philippe Maxence, je n’en parlerai donc pas davantage ici.

Écrit par : Eric Gaillot | 13/12/2006

Si j'ai bien compris : Web3 + 2 candidats = cinquième colonne.

C'set ça ?

Écrit par : JG | 13/12/2006

Réponse à JG :
Le Web3 – un forum international qui a regroupé ce week-end à Paris plus de 3000 blogueurs « influents » du monde entier – n’est pas sans rapport avec les sectes puisque certaines de ces dites sectes enseignent aux enfants par correspondance, c’est à dire, de plus en plus souvent, par l’Internet. Les propositions pour une nouvelle loi sur les sectes s’occupent naturellement de l’Internet. L’Internet, cette nouvelle technologie du diable, est donc ciblé par le pouvoir via une loi presque anodine sur les sectes. Comment interdire la liberté d’expression, de communication, de formation et d’éducation par le Net ? En votant une loi anti-secte. Qui va critiquer une loi anti-secte ? Quel bon chrétien peut refuser que l’Etat protège ses enfants contre le danger sectaire ?
Tout bon internaute sait que sur le net on ne peut techniquement pas contrôler à priori les flux et les signaux. Soit on coupe les canaux, c’est à dire qu’on interdit l’Internet, ce qui est difficile tant que le réseau est contrôlé par les Américains (d’où les tentatives européennes de créer un euronet), soit on contrôle à posteriori et sur délation, comme cela se pratique sur les blogues. Pour qu’une délation soit recevable juridiquement, il faut donc créer une loi avec des articles de loi qui permettent à la justice de qualifier ces délations en crimes sectaires (les juristes sauront trouver les termes adéquats). Cette loi sur les sectes vise donc à créer un délit de sectarisme sur le net. C’est ce type de procédure qui a été utilisée pour interdire, à la fin des années 80, les radios libres et qui fait qu’aujourd’hui, il ne reste plus qu’une seule radio-libre en France, à savoir Radio-courtoisie. Une radio libre est une radio qui n’est pas subventionnée par l’Etat et fonctionne uniquement grâce au bénévolat et aux adhésions des auditeurs. Les radios religieuses ne sont pas plus libres que les radios officielles puisque ce ne sont pas les auditeurs qui financent ces radios.
L’école à la maison est une éducation libre. Les parents sont bénévoles. Ils financent eux-mêmes l’éducation de leurs enfants. Ils choisissent ce qu’ils veulent sur le net. Avec cette nouvelle loi, cette pratique sera considérée comme un crime sectaire et le net servira de preuve à charge. Vous avez téléchargé un fichier sur le créationnisme pour instruire vos enfants à la maison ? Vous êtes un criminel ! C’est en cela que l’Internet en général et la blogosphère en particulier sont considérés par certain comme le cinquième pouvoir. Quant à la cinquième colonne, et les deux candidats qui la soutiennent, je ne développerais pas ici par respect pour le travail de Philippe Maxence. Le rapport entre la cinquième colonne et le cinquième pouvoir, pour répondre complètement à JG, est autant un jeu de mot qu’une alerte analytique. Le net est un outil. Il va devenir une arme. La question, c'est à dire le non-dit : une arme au service de qui et de quoi ?

Écrit par : Eric Gaillot | 13/12/2006

Si le projet de loi des anti-sectes vise à contrôler le net, c'est bien qu'il n'est pas en lui-même une arme. L'arme est juridique et législative.

Alors, le net est-il "du diable" ou est-il un bon instrument pour qui veut éduquer ses enfants à la maison ?

J'avoue que je ne comprends pas vraiment le raisonnement. Et que je ne vois pas en quoi la loi qui contrôle la presse et l'édition ne s'appliquerait pas au net.

Écrit par : JG | 14/12/2006

Réponse à JG :
« Si le projet de loi des anti-sectes vise à contrôler le net, c'est bien qu'il n'est pas en lui-même une arme. L'arme est juridique et législative. »
Réponse : le net est bien davantage qu’une arme. C’est un monde en soi dont nous ignorons tout. C’est pourquoi je l’appelle le Nouveau Nouveau Monde. C’est la grande aventure de l’humanité de ce siècle et en ce qui me concerne, c’est déjà mon monde.

« Alors, le net est-il "du diable" ou est-il un bon instrument pour qui veut éduquer ses enfants à la maison ? »
Réponse : les politiques n’ont rien compris à ce qu’est le net. Je déplore d’ailleurs la manière dont l’Education Nationale initie les enfants à l’Internet. Je pense que les parents qui éduquent les enfants à la maison sont des pionniers de l’avenir et que ce sont eux qui, dans les années à venir, permettront à l’Education nationale de faire sa révolution virtuelle. Les enfants issus de cette éducation à la maison grâce à l’Internet seront les grands gagnants de demain puisque aujourd’hui déjà, dans le monde de l’entreprise, le net fait toute la différence.


« J'avoue que je ne comprends pas vraiment le raisonnement. Et que je ne vois pas en quoi la loi qui contrôle la presse et l'édition ne s'appliquerait pas au net. »
Réponse : parce que, encore une fois, le net est un monde en soi qui ne fonctionne pas selon les mêmes catégories que le monde traditionnel. Je me sens davantage citoyen de ce monde virtuel que citoyen du pays où j’habite. J’y trouve tout ce que je cherche dans la vie y compris des instants pour échanger avec des inconnus comme vous entre deux rendez-vous professionnels, un repas en famille et le plaisir de créer des architectures virtuelles qui seront, dans quelques mois, le futur et bien réel cadre de vie d’autres familles que j’ai rencontrées grâce au net, avec lesquelles je travaille pour concevoir leur projet par le net et qui éduqueront peut-être leurs enfants à la maison grâce au net, maison que je conçois donc parfois, lorsque le programme le prévoit, avec des équipements spécialement adaptés à l’usage convivial du net.
Travailler avec le net exige un aménagement particulier de la maison à tel point que cela peut constituer ce qu’on appelle un « lot » au même titre que l’électricité ou la plomberie. Pour travailler correctement avec le net, avoir de bonnes connexions partout dans la maison, dans le jardin, au bord de la piscine ou dans sa voiture, ne pas être entravé par des dizaines de fils, éviter les pannes et tant d’autres inconvénients, cela ne s’improvise pas. Le monde virtuel, contrairement à ce que les gens pensent généralement, est un monde très contraignant physiquement qui exige un environnement complexe parfaitement maîtrisé. Sinon, c’est la galère !


Bien cordialement et merci à Philippe Maxence.

Écrit par : Eric Gaillot | 14/12/2006

Je vous plains.

Le net n'est pas du tout un monde compliqué, il est totalement enfantin comme vous le rappelez et n'importe quel crétin est capapble de s'y mouvoir. D'ailleurs ce n'est pas un "monde". Ce sont des textes et des images qui apparaissent sur un écran. Et la fascination que vous éprouvez vous le fait percevoir comme une réalité autonome et close sur soi.

Sortez-en vite.

Ou vous êtes mort.

Écrit par : JG | 14/12/2006

Réponse à JG : je vous ai peut-être fait découvrir l’existence d’un monde que vous ignoriez. Vous n’êtes pas le seul dans ce cas. Je pense que les autorités publiques n’imaginent absolument pas l’importance du net pour une part de plus en plus grande de la population. Le cas des sectes est marginal. Celui des familles qui élèvent leurs enfants à la maison l’est déjà beaucoup moins. Mais j’insiste sur ceci : le monde de l’entreprise est aujourd’hui totalement intégré au net. Une entreprise qui refuse le net est morte. Je considère qu’avec une vraie politique du net – c’est à dire tout le contraire d’une loi anti-secte qui n’est qu’une loi anti-net - la France pourrait retrouver sa place de leader mondial. Des millions d’emplois pourraient être créés en quelques années. Ne pas utiliser le net aujourd’hui est équivalent à refuser l’électricité il y a un siècle ou le téléphone il y a cinquante ans. Les gens, les entreprises et les Etats qui ne basculent pas aujourd’hui dans le net sont virtuellement morts. Cela devrait faire réfléchir les chrétiens qui défendent des valeurs sociales. La première de ces valeurs est celle du travail. Elle conditionne toutes les autres. Je ne parle pas des travaux forcés. Je parle d’un travail créateur de richesses. Richesses sans lesquelles rien n’est possible. Le net permet de créer du travail, au sens de création : là où aujourd’hui il n’y a pas de travail au sens classique du terme, le net peut en générer à l’infini en particulier dans le tertiaire, le domaine qui conditionne tous les autres. Ce n’est pas un miracle ou un délire. C’est seulement la description d’une révolution sociale à faire. Le politique qui comprendra cela et aura le courage d’appliquer les mesures nécessaires pour cette révolution virtuelle sauvera le pays.
Je le répète : les chefs de demain sont les enfants qui aujourd’hui sont éduqués en dehors de l’Education nationale par leur propre famille ou par des groupes parallèles grâce au net. L’enjeu pour chaque famille est risqué mais si ces familles ont la foi chrétienne – ce qu’elles ont à priori puisqu’elles refusent l’Education nationale - et qu’elles restent ouvertes au monde – ce qui est quasi obligatoire avec le net - c’est gagné d’avance. Avoir la foi chrétienne, c’est avoir confiance en la vie et oser sauter dans l’inconnu, c’est à dire aujourd’hui le virtuel. Alors, « n’ayez pas peur ! »

Écrit par : Eric Gaillot | 14/12/2006

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