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01/12/2006

Deux leçons du voyage du pape en Turquie

 
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La rencontre entre le Pape et le patriarche de Constantinople a été un moment important du voyage de Benoît XVI en Turquie. La déclaration commune qu’ils ont signée aussi. Il y a eu beaucoup de commentaires sur ce voyage et je m’en voudrais de redire exactement ce que d’autres ont expliqué de manière éloquente ou avec beaucoup plus de rapidité.
Nous savons tous que ce voyage visait d’abord à cette rencontre, que son but n’était pas d’abord « politique », mais « œcuménique ». Évidemment, se rendant en Turquie, le Pape se trouvait interpellé, de facto, sur la question de l’entrée de ce pays au sein de l’Union européenne puisque les deux protagonistes sont en négociation sur ce sujet. Évidemment, aux lendemains de Ratisbonne, la question des relations avec l’islam ne pouvait être absente de ce voyage dans la mesure où la majorité des Turcs sont musulmans et les chrétiens minoritaires, souvent persécutés. Il est tout aussi clair que la déformation et la désinformation médiatiques jouent à fond actuellement. Je conseille sur ces sujets de lire les propos de Yves Daoudal : ICI
Reste que la rencontre avec le patriarche de Constantinople, le dialogue avec l’Église orthodoxe, étaient les moments clefs de ce voyage. De la déclaration commune du pape et du Patriarche (texte intégral), je ne voudrais retenir que deux aspects, en lien avec les thèmes de ce blogue.
Premier aspect : l’annonce du message chrétien dans la société moderne :
« Comme Pasteurs, nous avons tout d’abord réfléchi à la mission d’annoncer l’Évangile dans le monde d’aujourd’hui. Cette mission, «Allez donc, de toutes les nations faites des disciples» (Mt 28, 19), est aujourd’hui plus que jamais actuelle et nécessaire, même dans les pays traditionnellement chrétiens. De plus, nous ne pouvons pas ignorer la montée de la sécularisation, du relativisme, voire du nihilisme, surtout dans le monde occidental. Tout cela exige une annonce renouvelée et puissante de l’Évangile, adaptée aux cultures de notre temps. Nos traditions représentent pour nous un patrimoine qui doit être partagé, proposé et actualisé continuellement. C’est pourquoi nous devons renforcer les collaborations et notre témoignage commun devant toutes les nations. »
Sans gommer les différences,et dans l’attente de l’unité retrouvée sous l’autorité du successeur de Pierre, il est clair que les catholiques et les orthodoxes ont suffisamment de choses en commun pour faire face aujourd’hui à la sécularisation, au relativisme, au nihilisme et à l’islam.
Deuxième aspect : l’environnement, la technique, les conditions économiques ont rapport avec notre foi.
« Actuellement, devant les grands dangers concernant l’environnement naturel, nous voulons exprimer notre souci face aux conséquences négatives pour l’humanité et pour la création tout entière qui peuvent résulter d’un progrès économique et technologique qui ne reconnaît pas ses limites. En tant que chefs religieux, nous considérons comme un de nos devoirs d’encourager et de soutenir tous les efforts qui sont faits pour protéger la création de Dieu et pour laisser aux générations futures une terre dans laquelle elles pourront vivre. »
Comment agir dans ces directions ?
La réponse est donnée à un autre moment de cette déclaration commune :
« Nos traditions théologiques et éthiques peuvent offrir une base solide de prédication et d’action communes. Nous voulons avant tout affirmer que tuer des innocents au nom de Dieu est une offense envers Lui et envers la dignité humaine. Nous devons tous nous engager pour un service renouvelé de l’homme et pour la défense de la vie humaine, de toute vie humaine" ».
 
En résumé, nous sommes devant les assauts du sécularisme, du relativisme, du nihilisme. L'économie moderne et la technologie, quand elles ne se reconnaissent pas de limites, ont des conséquences négatives pour l'humanité. Nous devons puiser dans la théologie et la morale chrétienne les principes de notre action qui doit rester ordonnée à Dieu. À nous de traduire cet appel dans ces aspects pratiques et dans le quotidien de nos vies.
Mais cette déclaration me semble condamner aussi bien la politique de l'enfouissement que le catholicisme a mis en application pendant les quarante dernières années en France.
Cette déclaration redit clairement les dangers qui menace le monde chrétien – catholique et orthodoxe – si nous ne témoignons pas clairement du Christ. Même et y compris dans les questions de société (cf. l'affaire du Téléthon, par exemple).
Cette déclaration redit clairement aussi que la Création nous a été confiés et que nous devons prendre garde à ce messianisme particulier qui est celui de la technologie sans limites, tentation propre à notre époque, après la disparition des messianismes communiste (au moins en Europe de l'Est) et national-socialiste.

16:58 Publié dans Divers | Lien permanent | Commentaires (0)

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